{"id":4869,"date":"2015-09-10T22:07:58","date_gmt":"2015-09-10T22:07:58","guid":{"rendered":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/?p=4869"},"modified":"2015-09-10T22:07:58","modified_gmt":"2015-09-10T22:07:58","slug":"cheikh-mouloud-ben-houssaine-chou%ce%84aibi-1847-2-aout-1922","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/cheikh-mouloud-ben-houssaine-chou%ce%84aibi-1847-2-aout-1922\/","title":{"rendered":"Che\u00efkh Mouloud Ben Houssa\u00efne CHOU\u0384A\u00cfBI. (1847? &#8211; 2 ao\u00fbt 1922)."},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><strong><u>Par Mohamed \u2013 Senni\u00a0 El \u2013 M\u2019haji.<\/u><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><u>Contact\u00a0: <\/u><\/strong><a href=\"mailto:mohamedsenni@yahoo.fr\"><strong>mohamedsenni@yahoo.fr<\/strong><\/a><\/p>\n<p>Fascin\u00e9 par les grands rep\u00e8res de mon pays et d\u2019ailleurs, mon int\u00e9r\u00eat se d\u00e9cuple toujours quand il s\u2019agit de g\u00e9ants qui risquent de plonger, sans la moindre chance de refaire surface, dans les abysses de l\u2019oubli surtout si ce dernier est entretenu pour diverses motivations. J\u2019ai d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9 Ahmed Al-Makarri Tilim\u00e7ani, le Chahid Si-Kacem un des cerveaux du 1<sup>er<\/sup> Novembre 1954 assassin\u00e9 le 6 du m\u00eame mois, le Chahid Adda Boudjelal, le l\u00e9gendaire Khalifat Mohamed Ben Allal de Kol\u00e9a (dit Sidi Embarek) ainsi que d\u2019autres. Aujourd\u2019hui je me\u00a0 propose de tenter de d\u00e9poussi\u00e9rer le souvenir de l\u2019un des <strong><em>plus grands Oulama<\/em><\/strong> d\u2019Alg\u00e9rie de son temps (et de tr\u00e8s forts indices indiquent qu\u2019il aurait \u00e9t\u00e9 le plus grand)\u00a0: Le Che\u00efkh Chou\u2019a\u00efbi.<\/p>\n<p>Je me dois de pr\u00e9ciser que le pr\u00e9sent article \u00e9tait boucl\u00e9 d\u00e9finitivement au soir du jeudi 19 septembre 2013. J\u2019attendais juste de recevoir les photos de l\u2019\u00e9cole de ce grand Ma\u00eetre et de sa tombe pour lancer sa publication. Une semaine d\u2019attente tirait \u00e0 sa fin mais rien ne me parvenait et tout m\u2019indiquait que je ne recevrai rien.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s plusieurs lectures du texte, un go\u00fbt d\u2019inachev\u00e9 planait. Je compris que mon message ne passerait que si j\u2019y ajoutais\u00a0 les impressions que me laisserait la visite des lieux qui ont cet inconv\u00e9nient d\u2019\u00eatre tr\u00e8s peu pr\u00e9cis\u00e9s dans la documentation \u00e0 ma disposition. Une question me tourmentait\u00a0: si je retrouve le lieu, ce qui n\u2019\u00e9tait pas \u00e9vident, l\u2019\u00e9cole existe-elle pour autant ainsi que la tombe du Che\u00efkh qui est mort depuis 92 ans\u00a0? Et dans quel \u00e9tat sont-elles\u00a0?<\/p>\n<p>Trop d\u2019\u00e9l\u00e9ments non ma\u00eetris\u00e9s militaient en faveur de cette crainte de me retrouver face au n\u00e9ant et par voie de cons\u00e9quence \u00e0 la d\u00e9ception. Je pris ma d\u00e9cision\u00a0:\u00a0 je pris la\u00a0 route de T\u00e9n\u00e8s\u00a0 pour essayer de retrouver quelque vestige ou des personnes qui peuvent m\u2019apporter quelque \u00e9clairage pour d\u00e9blayer le chemin qui pourrait me conduire au but. J\u2019avais un maigre avantage\u00a0: ce que je recherche d\u00e9pend beaucoup plus du citoyen Lambda que d\u2019une quelconque administration et, sur cet aspect pr\u00e9cis, le r\u00e9sultat fut au-dessus de mes esp\u00e9rances. La visite fut pleine d\u2019une intense \u00e9motion.<\/p>\n<p>Ce que je vis me commandait, toutes affaires cessantes, de reconsid\u00e9rer mon texte que je livre ici aux aimables lecteurs. Je ne m\u2019attendais nullement \u00e0 retrouver cette \u00e9cole de mani\u00e8re presque enfantine et ce gr\u00e2ce \u00e0 deux personnes dont le d\u00e9vouement \u00e9tait tel que j\u2019en fus g\u00ean\u00e9. Le spectacle du site me donnait l\u2019impression que le temps avait depuis longtemps fig\u00e9 son cours l\u00e0.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><u>1.Un regrettable constat.<\/u><\/strong><\/p>\n<p>Dans un pays qui compte une\u00a0 universit\u00e9 dans chacune de ses quarante-huit Wilayate et l\u2019on annonce m\u00eame que certaines Da\u00efrate en seront pourvues, ce travail devrait \u00eatre accompli,\u00a0 avec plus de chance de r\u00e9ussite,\u00a0 par un chercheur aux dents longues, qui aurait l\u2019avantage sur moi d\u2019acc\u00e9der \u00e0 d\u2019\u00e9ventuelles archives si tant est qu\u2019elles existassent et \u00e9marger au budget allou\u00e9 pour la recherche.<\/p>\n<p>Force est de reconna\u00eetre que chez nous les Universit\u00e9s sont r\u00e9alis\u00e9es pour leurs infrastructures qui remplissent les espaces et pour un besoin de statistiques pour la consommation populaire et rien d\u2019autre\u00a0! Mais l\u2019homme auquel je m\u2019int\u00e9resse aujourd\u2019hui n\u2019a pas laiss\u00e9 de traces \u00e9crites \u00e0 l\u2019exception de quelques \u00ab\u00a0ijazates\u00a0\u00bb (reconnaissances d\u2019aptitude \u00e0 l\u2019enseignement) d\u00e9cern\u00e9es \u00e0 des \u00e9tudiants qui l\u2019ont sollicit\u00e9 et qu\u2019il a pris soin de mettre \u00e0 l\u2019\u00e9preuve comme la coutume l\u2019exigeait et quelques annotations en marge d\u2019un certain nombre de livres selon ce que rapporte notre source.<\/p>\n<p>De plus il est n\u00e9, a grandi, \u00e9tudi\u00e9 (dans une premi\u00e8re phase) et enseign\u00e9 exclusivement, en milieu rural extr\u00eamement enclav\u00e9 \u00e0 plus de 1 200 m\u00e8tres d\u2019altitude, surplombant la plaine de Chlef mais desservi aujourd\u2019hui par des routes modernes. Penser \u00e0 la situation de ceux qui se trouvaient l\u00e0 il y a plus de quatre-vingt-dix ans, \u00e0 la disparition du Che\u00efkh, c\u2019est mesurer toutes les terribles difficult\u00e9s auxquelles ils \u00e9taient confront\u00e9s et auxquelles ils le sont s\u00fbrement toujours.<\/p>\n<p>S\u2019il n\u2019a pas \u00e9crit, c\u2019est parce que, \u00e0 travers l\u2019Histoire, les hommes de science ont \u00e9t\u00e9 divis\u00e9s en ceux qui \u00e9crivaient et ceux qui privil\u00e9giaient l\u2019enseignement estimant que, par leur grand savoir, leurs pr\u00e9d\u00e9cesseurs avaient \u00ab\u00a0tout\u00a0\u00bb dit. Une telle approche a le m\u00e9rite, pour la deuxi\u00e8me cat\u00e9gorie, d\u2019allier intimement la raison \u00e0 la modestie qui ont toutes deux presque disparu de nos m\u0153urs.<\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9e d\u2019\u00e9crire ce que je sais sur lui remonte \u00e0 environ\u00a0 deux\u00a0 ann\u00e9es. Je m\u2019en suis ouvert \u00e0 l\u2019un de mes cousins, tr\u00e8s vers\u00e9 sur le patrimoine national dans sa double dimension historique et culturelle. Il m\u2019avait mis au courant que le p\u00e8re du Ministre des Affaires Religieuses de l\u2019\u00e9poque, Monsieur Ghoulamallah,\u00a0 aurait \u00e9t\u00e9 \u00e9l\u00e8ve du Che\u00efkh Chou\u2019a\u00efbi. Il aurait m\u00eame \u00e9crit un livre sur notre auteur sur la base de ce que lui en avait narr\u00e9 son p\u00e8re.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s de longues recherches, nous n\u2019avons pu obtenir ni confirmation ni\u00a0 infirmation de l\u2019existence de ce livre. N\u2019ayant aucun moyen d\u2019acc\u00e9der au Ministre, je me suis d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 regrouper ce que je sais. Or, lors de ma visite, j\u2019apprends que le Ministre s\u2019\u00e9tait rendu \u00e0 cette \u00e9cole dont le responsable, Che\u00efkh Abdelkader Ben Saadia (voir photo) dont le grand \u2013 p\u00e8re paternel \u00e9tait le neveu du Che\u00efkh Chou\u2019a\u00efbi, s\u2019\u00e9tait inspir\u00e9 exactement des m\u00eames sources (que celles qui m\u2019ont servi)\u00a0 pour parler au Ministre dont le p\u00e8re n\u2019a jamais \u00e9tudi\u00e9 aupr\u00e8s de son prestigieux a\u00efeul.<\/p>\n<p>Et pour cause\u00a0: les raisons d\u2019\u00e9viter Che\u00efkh Chou\u2019a\u00efbi \u00e9taient connues\u00a0: sa position inflexible vis-\u00e0-vis des confr\u00e9ries maraboutiques m\u00eame si, comme les grands de l\u2019Islam, il devait s\u00fbrement \u00eatre impr\u00e9gn\u00e9 du soufisme d\u2019Abi Hamid El Ghazzali ou El Jouna\u00efd Etta\u2019i entre autres.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><u><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-7063 aligncenter\" src=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/Che\u00efkhs-Messaoudi-A.E.K-Choua\u00efbi-et--300x189.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"189\" \/>De gauche \u00e0 droite : Che\u00efkh A\u00efssa Messaoudi Imam \u00e0 A\u00efn M\u00e9riane (Ex-Rabelais) ,\u00a0 Che\u00efkh Abdelkader Ben Saadia, descendant de Che\u00efkh Chou\u2019a\u00efbi\u00a0 et Monsieur Tahri Miloud sans qui je n\u2019aurais rien\u00a0 pu faire.<\/u><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><u>2.Mes sources.<\/u><\/strong><\/p>\n<p>La principale source que j\u2019ai utilis\u00e9e \u2013 parce que je n\u2019en connais pas d\u2019autres et ne suis pas certain qu\u2019elles existent\u00a0 &#8211;\u00a0 est ce qui est rapport\u00e9 par \u00a0mon grand-oncle paternel, le Fqih Si Tayeb El-M\u2019haji, un des membres fondateurs de l\u2019Association des Oulama Alg\u00e9riens, dans son autobiographie\u00a0 intitul\u00e9e <b>:<\/b><\/p>\n<h5 style=\"text-align: center;\"><strong>\u00ab\u0623\u0646\u0641\u0633 \u0627\u0644\u0630\u062e\u0627\u0626\u0631 \u0648\u0623\u0637\u064a\u0628 \u0627\u0644\u0645\u0622\u062b\u0631 \u0641\u064a \u0623\u0647\u0645 \u0645\u0627 \u0627\u062a\u064f\u0641\u0640\u0650\u0640\u0642 \u0644\u064a \u0641\u064a \u0627\u0644\u0645\u0627\u0636\u064a \u0648\u0627\u0644\u062d\u0627\u0636\u0631\u00bb<\/strong><\/h5>\n<p>(<strong><em>Les pr\u00e9cieux bienfaits et les m\u00e9morables souvenirs de ce que j\u2019ai v\u00e9cu d\u2019important au pass\u00e9 et au pr\u00e9sent<\/em><\/strong><strong>), 1\u00a0<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9dition,\u00a0 Soci\u00e9t\u00e9 Alg\u00e9rienne d\u2019Edition et de Papeterie, Oran, 1966,\u00a0 <\/strong>o\u00f9 il consacre une poign\u00e9e de pages \u00e0 ce grand Alem.<\/p>\n<p>J\u2019ai jug\u00e9 n\u00e9cessaire d\u2019apporter quelques pr\u00e9cisions sur certains de ses ma\u00eetres en donnant en plus des \u00e9clairages succincts sur les mati\u00e8res qu\u2019ils lui ont enseign\u00e9es et tenu compte d\u2019anecdotes rapport\u00e9es par le Fqih Si Tayeb.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><u>3.Qui fut ce Che\u00efkh\u00a0?<\/u><\/strong><\/p>\n<p>Dans la \u00ab\u00a0ijaza\u00a0\u00bb qu\u2019il \u00e9tablit au Fqih Si Tayeb El-M\u2019Haji (ajout\u00e9e en annexe),\u00a0 il se pr\u00e9sente\u00a0 comme \u00e9tant\u00a0: Mouloud ben Ali ben Mouloud, ben Mohamed, ben Al-Houssa\u00efne ben Maamar ben El Biskri, ben Abi-Choa\u00efb, ascendant de la septi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration de Chou\u2019a\u00efbi, enterr\u00e9 dans ce qui s\u2019apparente \u00e0 un mausol\u00e9e situ\u00e9 \u00e0 quelque cent m\u00e8tres en contrebas de l\u2019\u00e9cole de notre auteur. Par ailleurs, aucune source &#8211; pour le moment du moins \u2013 ne situe exactement sa date de naissance.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-7065\" src=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/Mausol\u00e9e-300x187.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"187\" \/> \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-7066\" src=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/Fqih-Si-Tayeb-El-MHaji-2-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"300\" \/><a href=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/Fqih-Si-Tayeb-El-MHaji.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-5520\" src=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/Fqih-Si-Tayeb-El-MHaji.jpg\" alt=\"Fqih Si Tayeb El M'Haji\" width=\"219\" height=\"206\" \/><\/a><\/p>\n<p><strong><u>Mausol\u00e9e de Abi Choa\u00efb (XVIII \u00e8me si\u00e8cle).<\/u><\/strong><strong>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0<u>Fqih Tayeb El M\u2019haji.<\/u><\/strong><\/p>\n<p>Esp\u00e9rons que nos jeunes loups auront plus de chance pour circonscrire ces \u00e9l\u00e9ments. Toujours est-il qu\u2019il est n\u00e9, ainsi que ses quatre fr\u00e8res dont l\u2019un, Maamar ne laissera pas de descendance,\u00a0 \u00e0 Sbih\u00a0 qui se trouve \u00eatre une vaste r\u00e9gion englobant douars et hameaux qui, selon toute vraisemblance, tirerait son nom de celui des tribus dites Sbih, qui s\u2019\u00e9tendaient de part et d\u2019autre de l\u2019Oued Chlef.<\/p>\n<p>Le lieu o\u00f9 il vit le monde s\u2019appelle aujourd\u2019hui \u00ab\u00a0A\u00efn `Azla\u00a0\u00bb. C\u2019est donc \u00e0 quelque 30 km de T\u00e9n\u00e8s, 13 de Mazouna et 13 de Boukadir qu\u2019il a acquis tout l\u2019enseignement qui y \u00e9tait dispens\u00e9. Apr\u00e8s quoi, il se dirigea vers la Ze\u00eftouna o\u00f9 les \u00e9l\u00e8ves de sa trempe ne d\u00e9passaient gu\u00e8re trois ann\u00e9es d\u2019\u00e9tudes au lieu des cinq programm\u00e9es pour des \u00e9l\u00e8ves normaux. Il quitta la Tunisie au cours d\u2019une ann\u00e9e de grande famine pour Al Azhar, au Caire. Cela se passait en 1867.<\/p>\n<p>Si l\u2019on estime qu\u2019un \u00e9tudiant extr\u00eamement dou\u00e9 comme lui d\u00e9passe rarement l\u2019\u00e2ge de vingt \/ vingt-deux ans pour sortir de la Ze\u00eftouna, on peut avancer, sous toute r\u00e9serve, qu\u2019il serait n\u00e9 aux environs de 1847 (\u00e0 plus ou moins trois \u00e0 cinq ann\u00e9es). Le responsable de l\u2019\u00e9cole soutient qu\u2019il a toujours entendu dire qu\u2019il s\u2019\u00e9tait \u00e9teint \u00e0 quatre-vingts ans ce qui peut corroborer, \u00e0 quelques petites diff\u00e9rences, ce que nous avons avanc\u00e9 ci-avant. Ceci, en ce qui concerne sa date de naissance.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><u>4.Comment le Fqih Si Tayeb a connu Che\u00efkh Chou\u2019a\u00efbi.<\/u><\/strong><\/p>\n<p>Notre Fqih avait d\u00e9j\u00e0 termin\u00e9 tout ce qu\u2019il pouvait apprendre dans son douar natal\u00a0: El-Gaada, \u00e0 quarante kilom\u00e8tres au Sud \u2013 est d\u2019Oran, qu\u2019il quitta en 1906 une ann\u00e9e apr\u00e8s s\u2019\u00eatre consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019enseignement. Il apprit que le Che\u00efkh Mohamed\u00a0 Belguendouz qui enseignera, plus tard, durant 14 ann\u00e9es \u00e0 El Gaada, originaire de Sbih et n\u2019ayant connu comme seul Ma\u00eetre que le Che\u00efkh Chou\u0384a\u00efbi, s\u2019\u00e9tait install\u00e9 \u00e0 Sig pour y enseigner.<\/p>\n<p>Il d\u00e9cida d\u2019aller le solliciter pour r\u00e9viser avec lui tout ce qu\u2019il avait appris. Il demeura chez lui une seule ann\u00e9e durant laquelle il repassa en revue l\u2019essentiel du <strong>\u00ab\u00a0R\u00e9sum\u00e9\u00a0\u00bb<\/strong> de Sidi Khalil (mort 13 Rabi\u2019e I 776\u00a0\/ mardi 22 ao\u00fbt 1374), la <strong>\u00ab\u00a0Ajroumia\u00a0\u00bb<\/strong> r\u00e9sum\u00e9 sur la grammaire \u00e9crit par Mohamed Ben Daoud le Sanhaji Ajroum (672-723\/1274-1323) r\u00e9sum\u00e9 connu dans l\u2019ensemble du monde musulman et enseign\u00e9 \u00e0 nos jours, <strong>\u00ab\u00a0Les gouttelettes de ros\u00e9e\u00a0\u00bb \u00a0\u00a0\u0642\u0637\u0631 \u0627\u0644\u0646\u062f\u0649<\/strong> d\u2019Ibn Hicham Al Ansari (708-761\/1309-1369), <strong>\u00ab\u00a0La Alfia\u00a0\u00bb<\/strong> de Mohamed Ibn Malik (Ja\u00e9n- Andalousie\u00a0: 600\/1203 &#8211; Damas 672\/1273) qui englobe toute la grammaire arabe en 1\u00a0002 vers, <strong>\u00ab\u00a0la lamia\u00a0\u00bb<\/strong> des verbes compos\u00e9e par le m\u00eame Mohamed Ibn\u00a0 Malik en 114 vers dont la rime se termine par la lettre\u00a0\u00ab\u00a0l\u00a0\u00bb et le <strong>\u00ab\u00a0livre<\/strong> <strong>d\u2019Isagoge\u00a0\u00bb<\/strong>\u00a0 en logique d\u2019Al-Athir \u00a0Eddine al- Abhari (mort en 663 \/ 1264) et sur lequel nous reviendrons \u00e0 la fin de la pr\u00e9sente \u00e9tude.<\/p>\n<p>Selon toute vraisemblance, et avant de visiter l\u2019\u00e9cole de notre Alem, nous \u00e9tions convaincu que cette ann\u00e9e\u00a0 se situait au cours du deuxi\u00e8me lustre du XX \u00e8me si\u00e8cle. Notre intuition \u00e9tait fond\u00e9e puisque Si Abdelkader Ben Saadia nous a d\u00e9clar\u00e9 que le Fqih et ses camarades du Sig (avec eux le grand Che\u00efkh Bouchentouf d\u2019El Gaada) sont arriv\u00e9s \u00e0 Sbih en 1907. Apr\u00e8s les avoir test\u00e9s, Che\u00efkh Chou\u2019a\u00efbi demanda \u00e0 trois d\u2019entre eux \u2013 dont Si Tayeb et Si Bouchentouf &#8211; de ne pas rester chez lui puisqu\u2019ils avaient toutes les aptitudes n\u00e9cessaires. Devant leur insistance, il c\u00e9da.<\/p>\n<p>Au cours de l\u2019ann\u00e9e\u00a0 pass\u00e9e \u00e0 Sig aupr\u00e8s du Che\u00efkh Belguendouz, Si Tayeb El-M\u2019Haji fut captiv\u00e9 par ce que ce ma\u00eetre racontait sur le sien (Che\u00efkh Chou\u2019a\u00efbi). Convaincu qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une perle rare, il d\u00e9cida d\u2019aller conna\u00eetre cette sommit\u00e9 de plus pr\u00e8s et pourquoi pas\u00a0? En obtenir une ijaza. Accompagn\u00e9 par des camarades, il fit le voyage de Sig \u00e0 Sbih \u00e0 pied.<\/p>\n<p>Dans son autobiographie il dit de lui\u00a0:\u00a0<strong>\u00ab\u00a0Ma\u00eetre des Ma\u00eetres et Ma\u00eetre des critiques avertis, il portait l\u2019\u00e9tendard de\u00a0 la <u>supr\u00e9matie scientifique en territoire alg\u00e9rien.\u00a0<\/u><\/strong><u>\u00bb<\/u> Le d\u00e9cor \u00e9tait plant\u00e9 par cette reconnaissance en une seule phrase (qui, dans sa version arabe est compos\u00e9e de dix mots et d\u2019une conjonction de coordination) que des volumes entiers ne parviendraient peut-\u00eatre pas \u00e0 restituer si la vie et la pens\u00e9e\u00a0 de cet homme n\u2019avaient, dans une grande proportion, sombr\u00e9 dans l\u2019oubli.<\/p>\n<p>Les hommes de cette stature n\u2019avaient qu\u2019un d\u00e9faut\u00a0: ils ne savaient pas caresser dans le sens du poil aussi, tout t\u00e9moignage \u00e9manant d\u2019eux \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9, avant tout, un t\u00e9moignage en Dieu. Ils n\u2019en ont jamais exprim\u00e9 hors de cet esprit.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><u>5. La formation du Che\u00efkh Chou\u2019a\u00efbi.<\/u><\/strong><\/p>\n<p>Nous l\u2019avons d\u00e9j\u00e0 abord\u00e9e\u00a0 succinctement et avons\u00a0 not\u00e9 qu\u2019il re\u00e7ut sa formation initiale \u00e0 Sbih d\u2019o\u00f9 il partit pour la Ze\u00eftouna premi\u00e8re \u00e9tape avant d\u2019\u00e9chouer aux bords du Nil, \u00e0 Al-Azhar. La pr\u00e9cision des noms des ma\u00eetres qu\u2019il a eus au cours de ce p\u00e9riple et les mati\u00e8res \u00e9tudi\u00e9es aupr\u00e8s d\u2019eux peut faire \u00e9merger\u00a0 des\u00a0 questionnements chez d\u2019\u00e9ventuels sceptiques pour un \u00e9rudit dont je viens de dire qu\u2019il n\u2019avait pratiquement pas \u00e9crit.<\/p>\n<p>La raison en est fort simple\u00a0: lorsqu\u2019il retourna, en 1874,\u00a0 \u00e0 son \u00e9cole \u00e0 Sbih, un de ses \u00e9l\u00e8ves lui demanda de lui citer les noms des Ma\u00eetres qu\u2019il a connus et ce qu\u2019il en\u00a0 a re\u00e7u en Tunisie et en Egypte. Sous la dict\u00e9e du Che\u00efkh, l\u2019\u00e9l\u00e8ve consigna sa r\u00e9ponse et, la montrant au Fqih Si Tayeb au cours de son s\u00e9jour, celui-ci lui demanda de la lui recopier. C\u2019est ce qu\u2019il fit de sa main au dos de la ijaza que Che\u00efkh Chou\u2019a\u00efbi d\u00e9livra \u00e0 Si Tayeb (Voir annexe).<\/p>\n<p>En Tunisie, ce grand Ma\u00eetre eut comme professeur\u00a0 Che\u00efkh Mohamed Tahar Ben Achour, auteur d\u2019un commentaire sur le po\u00e8me mystique d\u2019Al-Bourda, \u00e9crit par le Maghr\u00e9bin Al-Boussa\u00efri (1213 \u2013 1295). Quelques ann\u00e9es plus tard son petit-fils, portant le m\u00eame nom que lui, recevra un autre prestigieux alg\u00e9rien comme \u00e9l\u00e8ve\u00a0 qui a d\u00e9velopp\u00e9 l\u2019enseignement et la prise de conscience d\u2019un grand nombre de ses compatriotes et\u00a0\u00e0 un tr\u00e8s haut niveau : Abdelhamid Ben Badis (Constantine le 5\/12\/1889 \u2013 ibidem le 16\/4\/1940).<\/p>\n<p>Ce petit-fils de Ben Achour (Tunis, septembre 1879 \u2013 La Marsa, le 12 ao\u00fbt 1973),\u00a0 fut moderniste et recteur de la Ze\u00eftouna. C\u2019est lui qui signera le dipl\u00f4me d\u2019Al-Ahlya, entre autres, \u00e0 bon nombre d\u2019alg\u00e9riens, parmi eux le Chahid Si Kacem fils du Fqih Si Tayeb. Il est d\u00fbment \u00e9tabli que cette famille est d\u2019ascendance idrisside qui, apr\u00e8s avoir fui l\u2019Andalousie pour le Maroc, a fini par \u00e9migrer de Figuig en Alg\u00e9rie en passant par ce qui fut l\u2019incontournable m\u00e9tropole culturelle du Sud- ouest alg\u00e9rien (1)\u00a0: Boussemghoun, passage oblig\u00e9 pour les flux migratoires, qui fera que\u00a0 Ben Achour, le deuxi\u00e8me du nom, qui \u00e9crivait abondamment dans la revue Al-Manar (qui a \u00e9dit\u00e9 du vendredi 29\/03\/ 1951 au vendredi 01\/01\/1954 quelque soixante num\u00e9ros avec des plumes, et non des moindres, des trois pays du Maghreb et m\u00eame d\u2019Egypte) parfaitement connues.<\/p>\n<p>Le si\u00e8ge de cette revue se trouvait au n\u00b028 de la rue de Mulhouse \u00e0 Alger (perpendiculaire \u00e0 la sortie du \u00abTunnel des Facult\u00e9s\u00a0\u00bb\u00a0. Ben Achour ajoutait toujours apr\u00e8s son nom\u00a0: \u00ab\u00a0Essemghouni\u00a0\u00bb ou signait par ce seul qualificatif.<\/p>\n<p>Che\u00efkh Chou\u2019a\u00efbi poursuivit ensuite ses \u00e9tudes aupr\u00e8s des Chouyoukh Tahar En-Na\u00effar de Sfax, Al-Baroudi Al-Hanafi, Hassouna Abb\u00e8s Al-Hanafi, Al-Maghribi Es-Salhi et Al-Bachir Ez-Zouaoui, correcteur de l\u2019Imprimerie Tunisienne. Tous ces Chouyoukh ont \u00e9t\u00e9 \u00e9l\u00e8ves de Mohamed Tahar Ben Achour Premier du nom.<\/p>\n<p>Comme signal\u00e9 plus haut il arriva au Caire en 1284\/1867. Il y passera sept ann\u00e9es. En cette ann\u00e9e-l\u00e0 un \u00e9l\u00e8ve entamait sa deuxi\u00e8me ann\u00e9e d\u2019\u00e9tudes dans cette Universit\u00e9 pour les terminer dix ann\u00e9es apr\u00e8s et qui sera l\u2019un des fondateurs du mouvement En-Nahdha\u00a0: c\u2019\u00e9tait le Che\u00efkh Mohamed Abdouh (1849-1905). C\u2019est au cours de la derni\u00e8re ann\u00e9e de sa vie- bien que des sources citent cette visite en 1903 &#8211; que Mohamed Abdouh visita l\u2019Alg\u00e9rie pour y rencontrer les pr\u00e9curseurs d\u2019El-Islah.<\/p>\n<p>Le premier Ma\u00eetre de notre Alem ne fut autre que le Grand Che\u00efkh Mohamed Alliche (1802 \u2013 1882) celui-l\u00e0 m\u00eame qui r\u00e9digea une Fetwa \u00e0 l\u2019Emir Abd-El-Kader lui \u00ab\u00a0indiquant\u00a0\u00bb l\u2019attitude \u00e0 prendre vis-\u00e0-vis du Sultan du Maroc Moulay Abderrahmane et l\u2019encourageant \u00e0 le combattre. Cette Fetwa faisait suite \u00e0 une longue lettre dans laquelle l\u2019Emir, \u00ab\u00a0consulta\u00a0\u00bb avec pr\u00e9cision les oul\u00e9mas d\u2019Egypte sur l\u2019attitude \u00e0 observer vis-\u00e0-vis du Sultan qui, en d\u00e9pit de ses propres difficult\u00e9s, avait livr\u00e9 des milliers de bovins \u00e0 l\u2019ennemi, intercept\u00e9 et saisi 1500 fusils anglais, 400 tenues et interdit \u00e0 ses sujets d\u2019accorder toute aide \u00e0 l\u2019Emir auquel il a ordonn\u00e9 d\u2019abandonner le combat etc.\u2026<\/p>\n<p>La r\u00e9ponse lui parvint donc de Cheikh Alliche, alors Muphti mal\u00e9kite d\u2019Al Azhar, commentateur du \u00ab\u00a0<strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong>\u00a0\u00bb\u00a0 \u00ab\u00a0<strong>Mokhtassar\u00a0\u00bb<\/strong> de Sidi Khalil dans un monumental ouvrage ayant pour titre\u00a0: <strong>\u0645\u0646\u062d \u0627\u0644\u062c\u0644\u064a\u0644 \u0634\u0631\u062d \u0645\u062e\u062a\u0635\u0631 \u062e\u0644\u064a\u0644<\/strong> \u00a0Signalons que les grands parents paternels de Cheikh Alliche \u00e9taient originaires de Alalcha, une tribu de la r\u00e9gion de\u2026 F\u00e8s\u00a0!<\/p>\n<p>Son p\u00e8re vit le jour en Libye et sa m\u00e8re en Egypte. Le grand Muphti fut surpris par les agissements du Sultan et il confirme une \u00e0 une les positions de l\u2019Emir et les sources qu\u2019il a cit\u00e9es dans sa propre lettre jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il dise\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>\u0648\u064e \u0627\u0644\u0652\u0645\u064e\u0642\u0652\u0640<\/strong><strong>\u0640\u062a\u0648<\/strong><strong>\u0644\u064f \u0645\u064d\u0646\u0652\u0643\u064f\u0645\u0652 \u0641\u064d\u064a \u0642\u064d\u062a\u064e\u0627\u0650\u0644\u0647\u0650 \u0643\u064e\u0627\u0644\u0652\u0645\u064e\u0642\u0652\u062a\u064f\u0648\u0644\u0650 \u0641\u0650\u064a \u0642\u0650\u062a\u064e\u0627\u064d\u0644 \u0627\u0644\u0652\u0643\u064f\u0641\u064e\u0627\u0631\u0650\u060c \u0644\u064e\u064a\u0652\u0633\u064e \u0628\u064e\u064a\u0652\u0646\u064e\u0647\u064f \u0648\u064e \u0628\u064e\u064a\u0652\u0646\u064e \u0627\u0644\u0652\u062c\u064e\u0646\u0651\u064e\u0629\u0650 \u0625\u0650<\/strong><strong>\u0644\u0622<\/strong><strong>\u0651\u064e \u0637\u064f\u0644\u064f\u0648\u0639\u064f \u0627\u0644\u0631\u0651\u064f\u0648\u062d\u0650 \u0641\u0635\u0645\u0645\u0648\u0627<\/strong><strong>\u00a0\u0639\u064e\u0640\u0644\u064e\u0649 \u0642\u0650\u0640\u0640\u062a\u064e\u0627\u0644\u0650\u0640\u0640\u0640\u0640\u0647\u0650 \u0648\u064e \u0623\u0639\u0650\u062f\u0651\u064f\u0648\u0627 \u0644\u064e\u0647\u064f\u0645\u0652 \u0645\u064e\u0627 \u0627\u0633\u0652\u062a\u064e\u0637\u064e\u0639\u0652\u062a\u064f\u0645\u0652 \u0645\u0650\u0646\u0652 \u00a0 \u0642\u064f\u0648\u0651\u064e\u0629\u064d\u060c \u0646\u064e\u0635\u064e\u0631\u064e\u0643\u064f\u0645\u064f \u0627\u0644\u0644\u0647\u064f \u062a\u064e\u0639\u064e\u0627\u0644\u064e\u0649 \u0639\u064e\u0644\u064e\u064a\u0652\u0647\u0650 \u0648\u064e \u0639\u064e\u0644\u064e\u0649 \u0623\u0639\u0652\u062f\u064e\u0627\u0621\u0650 \u0627\u0644\u062f\u0651\u064e\u064a\u0646\u0650 \u0648\u064e \u0628\u064e\u0627\u0631\u064e\u0643\u064e \u0641\u0650\u064a\u0643\u064f\u0645\u0652 \u0648\u064e \u0641\u0650\u064a \u0643\u064f\u0644\u0651\u0650 \u0645\u064e\u0646\u0652 \u0623\u0639\u064e\u0627\u0646\u064e\u0643\u064f\u0645\u0652 \u0645\u0650\u0646\u064e \u0627\u0644\u0652\u0645\u064f\u0633\u0652\u0644\u0650\u0645\u0650\u064a\u0646\u064e \u0648\u064e \u062e\u064e\u0630\u064e\u0644\u064e \u0643\u064f\u0644\u0651\u064e \u0645\u064e\u0646\u0652 \u0639\u064e\u0627\u062f\u064e\u0627\u0643\u064f\u0645\u0652 \u0648\u064e \u062c\u064e\u0639\u064e\u0644\u064e \u0643\u064e\u064a\u0652\u062f\u064e\u0647\u064f \u0641\u0650\u064a \u00a0\u0646\u064e\u062d\u0652\u0631\u0650\u0647\u0650 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0\u00a0 \u00ab\u00a0<\/strong> <strong>En le combattant, toute victime parmi vous est assur\u00e9e du m\u00eame m\u00e9rite que celle qui p\u00e9rit dans le combat des Infid\u00e8les. Ne la s\u00e9parera alors du Paradis que l\u2019ascension de l\u2019\u00e2me. R\u00e9solvez-vous \u00e0 le combattre et opposez-lui toute \u00e9nergie dont vous serez capable. Dieu vous fera triompher de lui et des ennemis de l\u2019Islam. Puisse-t-Il vous b\u00e9nir ainsi que ceux qui vous soutiennent d\u2019entre les Musulmans et puisse-t-Il faire \u00e9chec \u00e0 quiconque vous sera agressif en causant sa perte par ses propres pi\u00e8ges. (2).<\/strong><\/p>\n<p>Et le hasard voudra que ce soit son fils, Abderrahmane, qui accomplit la toilette mortuaire de l\u2019Emir. Tous les Ma\u00eetres que Che\u00efkh Chou\u2019a\u00efbi aura au Caire ont tous \u00e9crit et toutes leurs \u0153uvres font r\u00e9f\u00e9rence jusqu\u2019\u00e0 nos jours. Des nombreux titres \u2013 plus de quinze &#8211; que Che\u00efkh Alliche a l\u00e9gu\u00e9s \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9, je ne me suis limit\u00e9 \u00e0 ne signaler que le monumental commentaire du <strong>\u00ab\u00a0R\u00e9sum\u00e9\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0El Moukhtassar\u00a0\u00bb<\/strong> de Sidi Khalil sur le Fiqh Mal\u00e9kite.<\/p>\n<p>Signalons enfin que Che\u00efkh Alliche mourut en prison en 1882 lors de la r\u00e9volte du Ministre de la guerre \u2018Arabi Pacha (1839-1911) qui, appuy\u00e9 par l\u2019arm\u00e9e et cautionn\u00e9 par les Oul\u00e9mas, se dressa contre la pr\u00e9sence des Anglais qui finirent par le d\u00e9faire et l\u2019arr\u00eat\u00e8rent en septembre 1882.<\/p>\n<p>Accus\u00e9 de l\u2019avoir soutenu, Che\u00efkh Alliche fut arr\u00eat\u00e9 \u00e0 son domicile et\u00a0 transport\u00e9, malade, \u00e0 l\u2019infirmerie de la prison o\u00f9 il d\u00e9c\u00e9da. Les autorit\u00e9s refus\u00e8rent de remettre sa d\u00e9pouille \u00e0 sa famille et ses enfants furent exil\u00e9s\u00a0: il fut enterr\u00e9 pr\u00e8s de \u2018Abdellah\u00a0 Al Manoufi (686 \u2013Ramadhan 749\u00a0\/ 1287-d\u00e9cembre 1348) lui-m\u00eame de parents marocains.<\/p>\n<p>Il est \u00e9tabli que son fils Abderrahmane a \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9 pr\u00e8s de lui dans un cimeti\u00e8re r\u00e9serv\u00e9 principalement aux Mal\u00e9kites et o\u00f9 sont \u00e9galement enterr\u00e9s le Sultan Mamelouk Kaytbay (1416 -1496) qui gouverna avec panache durant vingt-huit ans, son \u00e9pouse ainsi que le philosophe Abd El Wahid Yahya (15\/11\/1886\u00a0 &#8211; 7\/01\/1951), philosophe fran\u00e7ais originaire de Blois, converti \u00e0 l\u2019Islam sous l\u2019autorit\u00e9 de Abderrahmane Alliche, et mondialement connu sous le nom de Ren\u00e9 Guenon qui nous a l\u00e9gu\u00e9 plus de vingt ouvrages.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Che\u00efkh Alliche\u00a0 fut compar\u00e9 \u00e0 son contemporain marocain Cheikh Kannoun le tang\u00e9rois ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019Imam\u00a0 Mohamed Choukani le Y\u00e9m\u00e9nite de Sanaa (1173-1255\/1759-1834) et le c\u00e9l\u00e8bre Irakien Chihab Eddine Al Aloussi (1217-1270\/1803-1854)\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Aupr\u00e8s de lui, notre Alem \u00e9tudia <strong>\u00ab\u00a0Oum El Barahine\u00a0\u00bb,<\/strong>\u00a0 (du grand th\u00e9ologien tlemc\u00e9nien Es-Sanoussi (732\/1428- 795\/1490) \u0153uvre connue dans tout le monde musulman et\u00a0 venue \u00e0 point nomm\u00e9 le secouer de sa profonde l\u00e9thargie. Puis il \u00e9tudia, toujours avec le m\u00eame Ma\u00eetre, <strong>\u00ab\u00a0La Samarcandia\u00a0\u00bb<\/strong> en rh\u00e9torique d\u2019Abou El Kacem Al-La\u00efthi mort en 888\/1483.<\/p>\n<p>Il passa ensuite chez Ahmed Er-Refa\u2019i\u00a0 connu pour avoir r\u00e9dig\u00e9 une gnose (hachia)\u00a0 sur le commentaire qu\u2019avait publi\u00e9 le y\u00e9m\u00e9nite Bahrek (869 &#8211; 930 \/ 1465 \u2013 1524)\u00a0 sur <strong>\u00ab\u00a0La Lamia\u00a0\u00bb<\/strong> des verbes cit\u00e9e ci-dessus et acquit aupr\u00e8s de lui <strong>\u00ab\u00a0Mokhtassar S\u00e2ad\u00a0\u00bb<\/strong> dans les sciences de la langue, S\u00e2ad \u00e9tant le diminutif de S\u00e2ad Eddine Taftazani du XV\u00e8me si\u00e8cle qui a v\u00e9cu \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque qu\u2019Ibn Khaldoun qui en parle dans son Histoire sans l\u2019avoir jamais rencontr\u00e9.<\/p>\n<p>Nos p\u00e8res directs connaissaient tous ce Mokhtassar de S\u00e2ad. Apr\u00e8s quoi il \u00e9tudia le <strong>Sahih<\/strong> de Boukhari\u00a0 et l\u2019ex\u00e9g\u00e8se du Coran aupr\u00e8s du Che\u00efkh Omar le Constantinois pour se retrouver entre les mains du Cadi d\u2019Alexandrie le Che\u00efkh Abdelouahab avec lequel il \u00e9tudia\u00a0<strong>\u00ab\u00a0Er-Rahbiyya\u00a0<\/strong>\u00bb qui traite des droits successoraux puis, en fiqh, entre celles\u00a0 du Che\u00efkh Es-Saoui et du Che\u00efkh Isma\u00efl, auteur d\u2019une gnose sur le commentaire d\u2019El-Kafraoui sur <strong>\u00abAl-Ajroumia\u00a0\u00bb<\/strong>\u00a0 et enfin le Che\u00efkh Al-Ajhouri (1237-1293\/1822-1876), auteur\u00a0 d\u2019annotations sur la gnose d\u2019Al-Ba\u00efjouri sur <strong>\u00abLa Substance\u00a0\u00bb<\/strong> \u00e9crite par Al-Lakkani (mort en 1047\u00a0\/ 1632) sur l\u2019Unicit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><u>6.L\u2019apport de Che\u00efkh Chou\u2019a\u00efbi.<\/u><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-7067\" src=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/Salle-de-cours-300x228.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"228\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><u>Salle de cours.<\/u><\/strong><\/p>\n<p>De retour \u00e0 Sbih en 1874, il se consacrera exclusivement \u00e0 l\u2019enseignement tout en s\u2019occupant des n\u00e9cessiteux et prodiguant conseils et r\u00e9confort. Il r\u00e9digeait divers contrats dont ceux de mariage ce qui l\u2019am\u00e8nera \u00e0 passer trois mois en prison suite \u00e0 une d\u00e9nonciation par un Cadi \u00e0 la solde de l\u2019Administration coloniale qui, \u00e0 la lib\u00e9ration du Che\u00efkh fut atteint \u00ab\u00a0de maladies chroniques\u00a0\u00bb et incommodantes qui lui donn\u00e8rent l\u2019aspect d\u2019un authentique pestif\u00e9r\u00e9 au point o\u00f9 ses proches le d\u00e9sertaient. Tr\u00e8s vite le lien fut \u00e9tabli entre ce qui lui arrivait et sa d\u00e9nonciation du Che\u00efkh.<\/p>\n<p>Au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie, notre Che\u00efkh prit pour habitude de passer tous les mois de Ramadhan \u00e0 Blida. Il assura des cours dans diverses disciplines qu\u2019il dispensait de jour et sp\u00e9cialement l\u2019ex\u00e9g\u00e8se du Coran qu\u2019il entamait apr\u00e8s la pri\u00e8re des Tarawih. Ses interventions se faisaient toujours dans le calme, la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 et un respect quasi religieux de tous les intervenants ou interlocuteurs.<\/p>\n<p>Parmi les sommit\u00e9s de Blida figurait le Che\u00efkh Abdelkader Ben Jelloul de Ghriss, sp\u00e9cialiste de la \u00ab\u00a0Alfia\u00a0\u00bb qui avait troqu\u00e9 d\u00e9finitivement les plaines de Mascara pour\u00a0 la ville des roses. Un jour, ce Che\u00efkh\u00a0 fit une remarque sur l\u2019aspect grammatical d\u2019une expression figurant dans la \u00abSamarcandia\u00a0\u00bb. Che\u00efkh Chou\u2019a\u00efbi lui fit une d\u00e9monstration ahurissante par sa simplicit\u00e9 lui faisant admettre qu\u2019il \u00e9tait dans l\u2019erreur.<\/p>\n<p>Un autre jour, on annon\u00e7a la venue d\u2019un \u00e9minent professeur, Che\u00efkh Abdelhalim, de l\u2019Ecole Th\u00e2alibiyya d\u2019Alger qui rendait tr\u00e8s souvent\u00a0 visite \u00e0 Blida. Les Blid\u00e9ens, assez habitu\u00e9s \u00e0 lui, n\u2019en demandaient pas tant. Le professeur aborda un th\u00e8me tr\u00e8s pointu en Fiqh (Quand la mati\u00e8re, objet de souillure \u00e9voluant par une autre mati\u00e8re souill\u00e9e, se purifie) \u2013 traduction \u00e0 prendre avec pr\u00e9caution &#8211;\u00a0 et, une fois l\u2019intervention termin\u00e9e, il demanda aux membres de l\u2019assistance de poser leurs questions.<\/p>\n<p>Che\u00efkh Chou\u2019a\u00efbi \u00e9mit une objection et le face-\u00e0-face allait devenir captivant. Se rendant \u00e0 l\u2019\u00e9vidence, le Professeur Abdelhalim s\u2019adressa \u00e0 l\u2019assistance lui disant\u00a0: \u00ab\u00a0\u00d4 Blid\u00e9ens\u00a0!\u00a0 Le rang de votre ville est trop bas pour qu\u2019un tel Alem y prenne la parole.\u00a0\u00bb\u00a0 Il faut bien saisir que c\u2019est lui-m\u00eame qui se remettait en cause et ne visait point les Blid\u00e9ens.<\/p>\n<p>Et c\u2019est ainsi qu\u2019au mois de Ramadhan 1340\/1922, continuant l\u2019ex\u00e9g\u00e8se du Coran, il arriva \u00e0 la sourate d\u2019El Kehf ce qui, <strong>en volume,<\/strong> repr\u00e9sente la moiti\u00e9 du Livre Sacr\u00e9. Il repartit \u00e0 Sbih o\u00f9 il rendit l\u2019\u00e2me le mercredi 8 Dhoul Hijja 1340 \/ 2 ao\u00fbt 1922 et fut enterr\u00e9 le jour de \u2018Arafat dans sa mosqu\u00e9e. Les notables de Blida demand\u00e8rent alors \u00e0 son brillant \u00e9l\u00e8ve Mohamed Belguendouz de terminer l\u2019ex\u00e9g\u00e8se du Coran ce qu\u2019il accepta. Cinq ann\u00e9es plus tard, en 1927, il reposera aupr\u00e8s de son ma\u00eetre. Abdelkader, fils de Che\u00efkh Chou\u2019a\u00efbi, qui prendra les destin\u00e9es de l\u2019Ecole de son p\u00e8re les rejoindra en 1929.<\/p>\n<p>Dans son autobiographie, le Fqih Si Tayeb El M\u2019haji rappelle, \u00e0 propos de l\u2019ex\u00e9g\u00e8se du Coran qu\u2019un seul cas similaire a \u00e9t\u00e9 v\u00e9cu dans le monde musulman. Il s\u2019agit\u00a0 de celle\u00a0 entam\u00e9e par Jalal Eddine El Mohala (791-864) qui d\u00e9c\u00e9da quand il atteignit la moiti\u00e9 du Coran et c\u2019est son \u00e9l\u00e8ve, Jalal Eddine Es-Sayouti (mort en Rajeb 849\/ Septembre 1445) qui termina la seconde moiti\u00e9 faisant que leur ex\u00e9g\u00e8se allait porter le nom de \u00ab\u00a0Tefsir Al-Jalala\u00efne\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Ex\u00e9g\u00e8se des deux Jalal Eddine.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Six mois et cinq jours apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s du Che\u00efkh Chou\u2019a\u00efbi, naissait, \u00e0 Oran, le futur Chahid Si-Kacem, fils de Si Tayeb El M\u2019haji. Signalons que Che\u00efkh Chou\u2019a\u00efbi laissa six enfants dont un, El-Houssine, mourra assassin\u00e9 par l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise en 1957 et dont le corps ne sera jamais retrouv\u00e9.<\/p>\n<p>Il est utile de noter que la descendance du Che\u00efkh se reconna\u00eet, de nos jours, \u00e0 travers deux noms de famille\u00a0: MILOUD-HOSSINE et KADDOUR-HOSSINE.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-7068\" src=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/Tombes-300x220.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"220\" \/> \u00a0 \u00a0 <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-7069\" src=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/Tombes-2-300x232.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"232\" \/>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0<strong><u>Tombes de Chou\u2019a\u00efbi\u00a0 et Belguendouz.<\/u><\/strong><strong>\u00a0\u00a0\u00a0 <u>Celles de Belguendouz et de Abdelkader B. Chou\u2019a\u00efbi<\/u><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><u>7.Le livre d\u2019Isagoge (<\/u><\/strong><strong><u>\u0645\u062a\u0646 \u0625\u064a\u0633\u0627\u063a\u0648\u062c)<\/u><\/strong> <strong><u>.<\/u><\/strong><\/p>\n<p>Isagoge est un terme grec signifiant \u00ab\u00a0introduction\u00a0\u00bb, sous-entendant \u00abaux cat\u00e9gories (logique) d\u2019Aristote\u00a0\u00bb, \u00e9crit en 268 \u00e0 Sa\u00efda (Liban)\u00a0 par le Ph\u00e9nicien Porphyre n\u00e9 vers 223 et mort vers 310, \u00e9l\u00e8ve de Plotin (Egypte 205\u00a0? \u2013 Naples 270).\u00a0\u00ab\u00a0Porphyre y d\u00e9finit les pr\u00e9dicables\u00a0: genre, esp\u00e8ce, diff\u00e9rence, accident propre et accident commun.\u00a0\u00bb Ces pr\u00e9dicables sont s\u00fbrement \u00e0 l\u2019origine du nom arabe donn\u00e9 \u00e0 cet ouvrage\u00a0<strong>: \u00a0\u0627\u0644\u0645\u0642\u0648\u0644\u0627\u062a \u0627\u0644\u062e\u0645\u0633<\/strong>.<\/p>\n<p>Ce livre conna\u00eetra un rayonnement sur plusieurs si\u00e8cles. Il fut traduit \u00e0 l\u2019arabe par Mohamed Ibn Al-Mouqaffa\u00e2, fils de celui qui a l\u00e9gu\u00e9 \u00e0 l\u2019Humanit\u00e9 le c\u00e9l\u00e8bre <strong>\u00abKalila et Dimna\u00a0\u00bb<\/strong>\u00a0: Abdullah Ibn Al-Mouqaffa\u00e2 (106 \u2013 142\u00a0\/ 724 \u2013 756) et qui aurait lui \u2013 m\u00eame compos\u00e9 un \u00ab\u00a0Isagoge\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Or l\u2019Isagoge qui a fait \u00e9cole chez les Musulmans est celui de Athir Eddine Al-Abhari (mort en 1264) soit presqu\u2019un mill\u00e9naire apr\u00e8s Porphyre et environ un demi-mill\u00e9naire apr\u00e8s la traduction de Mohamed Ibn Al-Mouqaffa\u00e2 de l\u2019\u0153uvre du Ph\u00e9nicien. Ce livre au nombre de feuilles tr\u00e8s r\u00e9duites rec\u00e8le des notions extr\u00eamement complexes suscitant des interpr\u00e9tations\u00a0 auxquelles peuvent \u00eatre li\u00e9es les raisons qui ont dict\u00e9 la mise \u00e0 mort des Ibn Al-Mouqaffa\u00e2, p\u00e8re et fils, celle du p\u00e8re ayant \u00e9t\u00e9 d\u2019une cruaut\u00e9 telle qu\u2019il serait tr\u00e8s indiqu\u00e9 de ne pas en parler.<\/p>\n<p>Ceci m\u2019am\u00e8ne \u00e0 dire que le livre d\u2019Isagoge a \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9 dans toutes les \u00ab\u00a0\u00e9coles\u00a0\u00bb que fr\u00e9quentaient nos grands-parents directs. Et \u00e0 ce titre je signale qu\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9 de son autobiographie, le Fqih Si Tayeb El-M\u2019haji nous a l\u00e9gu\u00e9 cinq opuscules dont un sur la logique. J\u2019ai l\u2019intime conviction \u2013 et je peux difficilement me tromper &#8211;\u00a0 qu\u2019il y fut \u00ab\u00a0 pouss\u00e9\u00a0\u00bb par sa connaissance parfaite de l\u2019Isagoge d\u2019Ibn Al \u2013 Athir Al-Abhari d\u2019une part et, d\u2019autre part, par Abou Hamid Al-Ghazali et notamment son livre \u00ab\u00a0El-Kistas El moustakim\u00a0\u00bb qui s\u2019articule essentiellement par l\u2019outil utilis\u00e9 dans toute \u00e9tude de logique\u00a0: le syllogisme.<\/p>\n<p>Nous envisageons de reprendre ce th\u00e8me que nous n\u2019avons fait qu\u2019effleurer ici en alignant les pens\u00e9es (sur la logique) abord\u00e9es ci-dessus avec davantage d\u2019\u00e9l\u00e9ments en y adjoignant Aristote, Abou Hamid Al-Ghazali, Ibn Sina et l\u2019Anti- logique <strong>(\u0646\u0642\u0636 \u0627\u0644\u0645\u0646\u0637\u0642)<\/strong> \u00e9crit par le grand pol\u00e9miste hanbalite\u00a0 Ibn Ta\u00efmiyya ainsi que son livre <strong>\u00abMinhaj Es-Sounna En-Nabaouiyya\u00a0\u00bb<\/strong>\u00a0.<\/p>\n<p>Nous avons \u00e9crit au d\u00e9but de notre introduction que Che\u00efkh Chou\u2019a\u00efbi \u00e9tait un des grands Oulama d\u2019Alg\u00e9rie. Je laisse le dernier mot au Fqih Si Tayeb qui dit de lui\u00a0: <strong>\u00ab\u00a0Il choisit volontairement d\u2019enseigner en zone rurale o\u00f9 l\u2019ignorance \u00e9tait tr\u00e8s importante. S\u2019il avait opt\u00e9 de le faire en milieu citadin, nul doute qu\u2019il aurait \u00e9t\u00e9 universellement connu.\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong>Il est recommand\u00e9 de lire dans cette phrase celles qui, bien que sous \u2013 entendues, n\u2019apparaissent pas moins plus explicites sur ce jugement du Fqih Si Tayeb. Enfin signalons que sa position vis-\u00e0-vis des confr\u00e9ries qu\u2019il n\u2019a jamais cach\u00e9e ou tue le mettait sous surveillance, certes discr\u00e8te, mais non moins continue.<\/p>\n<p>Son grand \u00e9l\u00e8ve Belguendouz n\u2019a-t-il pas abouti \u00e0 Sig apr\u00e8s avoir claqu\u00e9 la porte de la Zaou\u00efa de Bentekkouk de Mostaganem\u00a0? Identit\u00e9 de vues entre Ma\u00eetre et \u00e9l\u00e8ve\u00a0? Tout le laisse croire.<\/p>\n<p>Sources\u00a0et notes : Outre celles cit\u00e9es dans le texte\u00a0:<\/p>\n<p>(1):\u00a0\u00ab\u0627<strong>\u0644\u0640\u062f\u0631 \u0627\u0644\u0640\u0646\u062b\u064a\u0631 \u0641\u064a\u0645\u0646 \u0627\u0634\u062a\u0647\u0631 \u0648\u0635\u062d \u0646\u0633\u0628\u0647 \u0645\u0646 \u0634\u0631\u0641\u0640\u0640\u0627\u0621 \u0627\u0644\u0640\u0640\u0640\u0648\u0627\u062f\u063a\u064a\u0631 <\/strong><strong>\u00a0<\/strong><strong>\u00bb <\/strong>(<strong>La<\/strong> <strong>perle diss\u00e9min\u00e9e de ceux qui se sont rendus c\u00e9l\u00e8bres par leurs\u00a0 appartenances prouv\u00e9es de Chorafa Ouadaghir)<\/strong> \u00e9crit en 1847 par Mohamed Ben Mohamed Ben Hassan El-Makhloufi o\u00f9 un travail d\u2019excellente facture a \u00e9t\u00e9 accompli, revu par notre ami et sp\u00e9cialiste g\u00e9n\u00e9alogiste Larabi El- Hilali de Figuig.<\/p>\n<p>(2): Les demandes de Fetwas de l\u2019Emir et les r\u00e9ponses qui lui ont \u00e9t\u00e9 adress\u00e9es existent toutes. Celles adress\u00e9es aux Oulama de F\u00e8s (Sidi Mohamed Boudjelal \u2013 partageant le m\u00eame arbre g\u00e9n\u00e9alogique que Mohamed Tahar Ben Achour &#8211; qui fut \u00e0 l\u2019avant-garde lors de la deuxi\u00e8me lib\u00e9ration d\u2019Oran \u2013 1791 &#8211; des Espagnols \u00e0 la t\u00eate de son Ribat) fut charg\u00e9 par l\u2019Emir, le 19 Dhoul Hijja 1252 &#8211; 27\/3\/1837, d\u2019une mission diplomatique aupr\u00e8s du Sultan Moulay Abderrahmane et avoir le point de vue du Faqih Muphti de F\u00e8s, Abdesslam Medchiche Tsouli sur un certain nombre de questions inh\u00e9rentes aux pr\u00e9occupations de l\u2019Emir et de son entreprise.<\/p>\n<p>La demande de l\u2019Emir et les r\u00e9ponses faites par Che\u00efkh Tsouli ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment publi\u00e9es. Quant \u00e0 celles adress\u00e9es \u00e0 Al Azhar en 1847, elles peuvent \u00eatre consult\u00e9es dans le livre \u00e9crit par le fils de l\u2019Emir, Mohamed, livre\u00a0 publi\u00e9 la premi\u00e8re fois en 1905 et r\u00e9\u00e9dit\u00e9 en 1964, ayant pour titre <strong>\u062a\u062d\u0641\u0629 \u0627\u0644\u0632\u0627\u0626\u0631<\/strong><strong>.<\/strong><\/p>\n<p><strong><u>Ma\u00eetres tunisiens et \u00e9gyptiens de Che\u00efkh Chou\u2019a\u00efbi, document \u00a0\u00e9crit par un de ses \u00e9l\u00e8ves<\/u><\/strong><strong>.<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-7070 aligncenter\" src=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/Ma\u00eetres-de-Che\u00a8kh-Choua\u00efbi-198x300.jpg\" alt=\"\" width=\"198\" height=\"300\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><u>Ijaza de Che\u00efkh Chou\u2019a\u00efbi au Fqih Si Tayeb. En Marge, \u00e0 droite une autre de\u00a0 Che\u00efkh Belguendouz.<\/u><\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-7071 aligncenter\" src=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/09\/Ijaza-204x300.jpg\" alt=\"\" width=\"204\" height=\"300\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><u>Remarque.<\/u><\/strong><\/p>\n<p>Quand on lit le manuscrit comportant les noms des Ma\u00eetres du Che\u00efkh Chou\u2019a\u00efbi et ce\u00a0 qui est rapport\u00e9 dans notre texte on peut ais\u00e9ment d\u00e9celer des diff\u00e9rences. Ceci tient au fait que nous nous sommes bas\u00e9 sur le contenu de l\u2019autobiographie du Fqih qui souligne qu\u2019il a pris la pr\u00e9caution d\u2019\u00e9liminer certaines erreurs dans le document qui lui a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9.<\/p>\n<p>Nous n\u2019avons donc pas touch\u00e9 au document qui a \u00e9t\u00e9 repris au dos de l\u2019ijaza de Che\u00efkh Choua\u00efbi et sommes tr\u00e8s au courant de l\u2019attitude du Fqih dans de\u00a0 pareilles situations qui foisonnent dans son itin\u00e9raire. Quoi qu\u2019il en soit, que tous ceux qui ont permis que le souvenir de ce grand Alem que fut Che\u00efkh Chou\u2019a\u00efbi perdure puissent \u00e9marger \u00e0 la r\u00e9compense du Seul R\u00e9tributeur. Tout le m\u00e9rite leur revient. Et ma derni\u00e8re pens\u00e9e ira aux quatre personnes qui m\u2019ont re\u00e7u aujourd\u2019hui, soutenu et guid\u00e9 au cours de ma visite \u00e9clair \u00e0 Sbih et qui furent honor\u00e9es de rencontrer un desendant du Fqih Si Tayeb El M\u2019haji sans qui la m\u00e9moire nationale aurait perdu \u00e0 tout jamais le souvenir de cet in\u00e9galable \u00e9rudit que fut Che\u00efkh Chou\u2019a\u00efbi. Inutile de dire que cet honneur fut partag\u00e9 puisque j\u2019ai eu l\u2019immense satisfaction de constater\u00a0 que le flambeau port\u00e9 jadis par notre grand Alem est d\u00e9sormais entre de bonnes mains de l\u2019un de sa propre descendance..<\/p>\n<p>D\u00e9pensant toute son \u00e9nergie \u00e0 enseigner utilement, et sans absolument rien enlever au m\u00e9rite de certains, je m\u2019autoriserai \u00e0 conclure qu\u2019il a du \u00eatre une r\u00e9f\u00e9rence pour les d\u00e9fenseurs de l\u2019Islah. Me tromperais-je si je disais qu\u2019il le fut avant eux, eux qui ont pourtant port\u00e9 l\u2019enseignement comme il ne le fut jamais chez nous\u00a0? Ils ne sont plus l\u00e0 mais ils vivent et vivront toujours dans les c\u0153urs des enfants f\u00e9rus des nobles rep\u00e8res de\u00a0 notre cher pays qui n\u2019en a jamais manqu\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Sidi-Bel-Abb\u00e8s, le 21 septembre 2013.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Mohamed \u2013 Senni\u00a0 El \u2013 M\u2019haji. Contact\u00a0: mohamedsenni@yahoo.fr Fascin\u00e9 par les grands rep\u00e8res de mon pays et d\u2019ailleurs, mon int\u00e9r\u00eat se d\u00e9cuple toujours quand il s\u2019agit de g\u00e9ants qui risquent de plonger, sans la moindre chance de refaire surface, dans les abysses de l\u2019oubli surtout si ce dernier est entretenu pour diverses motivations. J\u2019ai [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":7072,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[12],"tags":[],"class_list":{"0":"post-4869","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-mohamed-senni"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4869","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4869"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4869\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4869"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4869"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4869"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}