{"id":5283,"date":"2015-09-29T17:15:55","date_gmt":"2015-09-29T17:15:55","guid":{"rendered":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/?p=5283"},"modified":"2015-09-29T17:15:55","modified_gmt":"2015-09-29T17:15:55","slug":"mere-mon-algerie-danne-marie-carthe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/mere-mon-algerie-danne-marie-carthe\/","title":{"rendered":"\u00abM\u00e8re, mon Alg\u00e9rie\u00bb d&rsquo;Anne-Marie Carth\u00e9."},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><strong>Premier roman de la po\u00e9tesse plasticienne Anne-Marie Carth\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><u>Par Mohamed Senni.<\/u><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des titres sur l\u2019Alg\u00e9rie, surtout ceux abordant la p\u00e9riode coloniale, ne cessent d\u2019alimenter les \u00e9talages des librairies et tout indique que cela ne va pas s\u2019arr\u00eater de sit\u00f4t. Les Editions La Cheminante n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 en reste puisqu\u2019elles ont \u00a0gratifi\u00e9 les lecteurs par la mise \u00e0 leur disposition, cet \u00e9t\u00e9, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment d\u00e8s le 18 juin 2015 d\u2019un roman que nous recommandons aux f\u00e9rus de cette longue page commune \u00e9crite sur les deux bords de la M\u00e9diterran\u00e9e. \u00a0Dans ce livre, une m\u00e8re et un pays (l\u2019Alg\u00e9rie) y tiennent une place pr\u00e9pond\u00e9rante. Les premiers \u00e9chos re\u00e7us ou lus sur divers supports nous indiquent que les lecteurs, quelles que soient leurs sensibilit\u00e9s, ont bien \u00e9t\u00e9 tenus en haleine. Personnellement, je ne le fus pas moins. Je me propose, ici, de tenter de restituer le contenu de ce livre et, pour mettre nos lecteurs dans les meilleures conditions pour le savourer, j\u2019avance d\u2019embl\u00e9e que, de mani\u00e8re presqu\u2019anodine, cette histoire sort des sentiers battus, non pas parce que l\u2019auteure l\u2019a voulu mais parce que le r\u00e9cit qui s\u2019impose, sans artifice aucun, en a \u00ab\u00a0d\u00e9cid\u00e9 ainsi\u00a0\u00bb. Je commencerai donc par pr\u00e9senter l\u2019auteure dans une premi\u00e8re phase avant de \u00a0faire part des sensations que son premier roman nous a \u00a0procur\u00e9es.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-5414 aligncenter\" src=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/M\u00e8re-mon-Alg\u00e9rie-215x300.jpg\" alt=\"M\u00e8re, mon Alg\u00e9rie\" width=\"215\" height=\"300\" \/><\/h3>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">1.\u00a0L<strong>\u2019auteure Ann<\/strong><strong>e-Marie Carth\u00e9.<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Madame Anne-Marie Carth\u00e9 est n\u00e9e le 10 mai 1954 \u00e0 Sidi-Bel-Abb\u00e8s. Ses parents \u00e9taient enseignants au Coll\u00e8ge Technique de jeunes filles apr\u00e8s avoir exerc\u00e9 \u00e0 Relizane (\u00e0 environ 140 km de la capitale de la Mekerra). Avant de chuter dans cette derni\u00e8re ville, sa m\u00e8re fut enseignante \u00e0 Mazouna. Sa famille \u00e9tait surtout connue par ses grands-parents maternels qui tenaient un commerce \u00e0 la rue Catinat (aujourd\u2019hui Soraya Bendimered) sur le trottoir oppos\u00e9 \u00e0 celui qui m\u00e8ne au th\u00e9\u00e2tre de la ville.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Son grand-p\u00e8re maternel est n\u00e9 \u00e0 Sidi-Bel-Abb\u00e8s au d\u00e9but des ann\u00e9es quatre-vingt-dix du XIX \u00e8me si\u00e8cle tandis que, celui, du c\u00f4t\u00e9 paternel, est n\u00e9 dans le Gers et sa grand-m\u00e8re dans le Tarn \u2013 et \u2013 Garonne. Sa grand-m\u00e8re maternelle est n\u00e9e \u00e0 Elche (Espagne) et foula la terre alg\u00e9rienne \u00e2g\u00e9e de trois mois. Ainsi, notre auteure baigna dans sa tendre enfance dans une ambiance o\u00f9 l\u2019on parlait valencien, castillan, le parler oranais et le fran\u00e7ais. Elle entama sa scolarit\u00e9 \u00e0 l\u2019Ecole Paul Bert (aujourd\u2019hui \u00abAffane Fatima\u00bb).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un peu plus d\u2019un mois apr\u00e8s avoir f\u00eat\u00e9 son huiti\u00e8me anniversaire, elle se retrouva \u00e0 bord d\u2019un \u00ab\u00a0Noratlas\u00a0\u00bb militaire qui l\u2019emmenait, avec sa famille, d\u00e9finitivement en France closant ainsi la pr\u00e9sence de trois g\u00e9n\u00e9rations qui ont \u00e9volu\u00e9, convivialement,\u00a0 au milieu de classes moyennes d\u2019origines diverses.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0S\u2019i fallait citer ces ingr\u00e9dients qui traduisent la convivialit\u00e9, nous nous limiterions \u00e0 un seul d\u00e9tail\u00a0: \u00e0 l\u2019enterrement du grand-p\u00e8re maternel d\u2019Anne-Marie, il y avait plus \u00ab\u00a0d\u2019indig\u00e8nes\u00a0\u00bb, issus du village de Tessalah, qui fut un passage oblig\u00e9 durant des si\u00e8cles pour les flux qui allaient d\u2019Est en Ouest et vice-versa, qui suivaient le cort\u00e8ge fun\u00e8bre que de Pieds Noirs.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">2.\u00a0<strong><u>Le nouveau d\u00e9part.<\/u><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans\u00a0 une \u00ab\u00a0<strong>petite g\u00e9obiographie d\u2019Anne-Marie Carth\u00e9<\/strong>\u00a0\u00bb, son \u00e9ditrice, Madame Sylvie Darreau \u00e9crit en page 156 et suivante\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0<em>Son p\u00e8re qui aimait peindre et dessiner, lui transmet sa passion. Inscrite \u00e0 l\u2019\u00e9cole ABC de dessin puis, adolescente, \u00e0 l\u2019\u00e9cole universelle de dessin, elle gagne des concours encourageants. Un baccalaur\u00e9at arts plastiques \u00e0 Bayonne la propulse vers l\u2019\u00c9cole des beaux-arts de Toulouse o\u00f9 apr\u00e8s cinq &lt; ans &gt; d\u2019\u00e9tudes elle obtient le Dipl\u00f4me national des beaux-arts option\u00a0 design et architecture d\u2019int\u00e9rieur. &lt;\u2026&gt;. Elle ouvre<\/em> <em>son propre bureau d\u2019\u00e9tude \u00e0 Anglet, puis \u00e0 Oloron-Sainte-Marie. &lt;\u2026&gt;. Anne-Marie change de cap professionnel, obtient son Capes et devient enseignante puis conseill\u00e8re p\u00e9dagogique en arts plastiques dans l\u2019\u00e9ducation nationale.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mari\u00e9e et m\u00e8re de deux gar\u00e7ons, elle a derri\u00e8re elle vingt ans d\u2019enseignement. Et, ultime h\u00e9ritage familial, elle se mettra, comme son p\u00e8re, \u00e0 la po\u00e9sie qu\u2019elle adjoindra \u00e0 la peinture et \u00e0 la sculpture, mati\u00e8res li\u00e9es intimement en vue d\u2019un but unique\u00a0: critique des \u0153uvres litt\u00e9raires, fran\u00e7aises, basques, africaines, maghr\u00e9bines ainsi que des lointaines \u00celes. Des dizaines de tableaux, de po\u00e8mes et de sculptures para\u00eetront et traduiront toutes les \u0153uvres qui l\u2019inspireront. Notre ic\u00f4ne nationale, Assia Djebar tiendra une bonne place. Ce travail, on peut le deviner ais\u00e9ment contraignant par la diversit\u00e9 et la particularit\u00e9 des \u0153uvres retenues. Celles-ci se singularisent par l\u2019\u00e9cho que leur donne Anne-Marie et qui convergera vers l\u2019\u00e9mergence du <strong>\u00ab\u00a0 mouvement artistique contemporain<\/strong>\u00a0\u00bb qui se vulgarisera sous le titre \u00ab\u00a0 <strong>Chemin de peinture, ligne d\u2019\u00e9criture<\/strong>\u00a0\u00bb. Il s\u2019agit d\u2019un glissement artistique homog\u00e8ne, fid\u00e8le interpr\u00e8te puisque partant et finissant de et pour les \u0153uvres litt\u00e9raires retenues.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-6800 alignleft\" src=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/Anne-Marie-Chemin-de-peinture-ligne-d\u00e9criture-213x300.jpg\" alt=\"\" width=\"213\" height=\"300\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le livre (ci-contre), d\u2019excellente conception, reprend nombre d\u2019ouvrages litt\u00e9raires, traduits par des po\u00e8mes et des tableaux ou sculptures ex\u00e9cut\u00e9es\u00a0 par l\u2019auteure. Paru en s\u00e9rie limit\u00e9e en mai 2015 aux \u00c9ditions Fred Noiret, la troisi\u00e8me page nous renseigne sur la \u00ab\u00a0 d\u00e9marche d\u2019Anne-Marie Carth\u00e9 qui s\u2019articule autour de trois th\u00e8mes\u00a0: la trace, la m\u00e9moire, le temps.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 .Penser la trace comme \u00e9l\u00e9ment plastique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 .Penser la m\u00e9moire comme concept\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 .Penser le temps comme rythme.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><u>3. Cinquante-un ans apr\u00e8s\u2026<\/u><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les 9, 10 et 11 mai 2013 et apr\u00e8s\u00a0 escales \u00e0 Alger et Tizi-Ouzou, en compagnie de Madame Amel Chaouati, Pr\u00e9sidente du \u00ab\u00a0Cercle des Amis d\u2019Assia Djebar\u00a0\u00bb venues toutes les deux pr\u00e9senter \u00ab\u00a0Lire, Assia Djebar\u00a0!\u00a0\u00bb une \u0153uvre collective, \u00e9dit\u00e9e par la Cheminante, Anne-Marie a retrouv\u00e9 sa ville natale, son domicile, son \u00e9cole primaire, le Coll\u00e8ge o\u00f9 ses parents avaient enseign\u00e9 et s\u2019est m\u00eame arr\u00eat\u00e9e en face du logement o\u00f9 vivait sa grand-m\u00e8re. L\u2019atmosph\u00e8re s\u2019\u00e9tait \u00e9lectrifi\u00e9e par une multitude de sensations o\u00f9 la dignit\u00e9 avait pris une telle place qu\u2019elle forgeait le respect de\u00a0 ceux qui avaient re\u00e7u les deux dames. Le 11 au matin quelque soixante-dix invit\u00e9s \u2013 et non des moindres &#8211; venus de cinq Wilayate (D\u00e9partements) ont suivi, avec un int\u00e9r\u00eat soutenu, les interventions des deux conf\u00e9renci\u00e8res.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-6806 alignleft\" src=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/Anne-Marie-Carth\u00e9-en-Nouvelle-Cal\u00e9donie-le-1er-janvier-2005-226x300.jpg\" alt=\"\" width=\"226\" height=\"300\" \/>Photo envoy\u00e9e de Nouvelle Cal\u00e9donie le 1\/1\/2015<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong>Cette rencontre ne put avoir lieu sans l\u2019inspiration et le judicieux conseil du Responsable avis\u00e9 de la Soci\u00e9t\u00e9 Edif 2000 d\u2019Alger, \u00e9ditrice et importatrice de livres et qui s\u2019appr\u00eaterait \u00e0 mettre ce roman sur le march\u00e9 alg\u00e9rien.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><u>\u00a0 M\u00e8re, mon Alg\u00e9rie.<\/u><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De format 19 \u02e3 14 et sur 154 pages du livre, l\u2019auteure retrace l\u2019itin\u00e9raire de sa m\u00e8re. Les mat\u00e9riaux utilis\u00e9s font sortir le roman de son canevas classique pour s\u2019\u00e9lever au rang de \u00ab\u00a0roman-vrai\u00a0\u00bb ce qui influe positivement sur le lecteur tout en l\u2019acculant au partage de la narration. Le titre peut aussi pr\u00e9disposer \u00e0 l\u2019hypoth\u00e8se de la lecture d\u2019un roman \u00ab\u00a0grave\u00a0\u00bb tout comme certains sont plus enclins \u00e0 lire plut\u00f4t des romans \u00ab\u00a0gais\u00a0\u00bb ou\u00a0\u00ab historiques\u00a0\u00bb. Ce n\u2019est pas le cas. L\u2019histoire v\u00e9hicul\u00e9e tout au long des pages peut \u00eatre multipli\u00e9e par des dizaines de milliers de cas similaires sans que personne ne s\u2019en offusque ou ne soit surpris. L\u00e0 se situe la premi\u00e8re grande particularit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je reconnais avoir \u00e9prouv\u00e9 des difficult\u00e9s \u00e0 m\u2019en imbiber\u00a0: ce beau roman m\u2019a tenu en haleine par la richesse-tout simplement humaine-de son contenu, son dosage mesur\u00e9 et strict, ses images saisissantes et le tout exprim\u00e9 avec une simplicit\u00e9 qui, en fin de compte, en fait la force tant la limpidit\u00e9 du texte est inattaquable. Je savais Anne-Marie po\u00e9tesse. Celle-ci a-t-elle d\u00e9teint sur la romanci\u00e8re\u00a0? J\u2019incline \u00e0 le penser.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0Dans mon propre pass\u00e9, j\u2019ai eu \u00e0 conna\u00eetre les lieux \u2013 cl\u00e9s du r\u00e9cit\u00a0: Mazouna, Mostaganem, Arzew, Oran, Orl\u00e9ansville, Relizane et surtout Sidi-Bel-Abb\u00e8s. Et cette connaissance d\u00e9cuple l\u2019attrait ce qui provoque in\u00e9luctablement une esp\u00e8ce d\u2019hypnose, de magn\u00e9tisme qui\u00a0 ont fait du lecteur que je suis \u2013 et je le dis sans pr\u00e9tention \u2013 un\u00a0\u00abt\u00e9moin\u00a0\u00bb et m\u00eame un \u00ab\u00a0figurant\u00a0\u00bb, malgr\u00e9 lui, du r\u00e9cit palpitant qui nous est propos\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai revu ces images originelles des cours o\u00f9 se rassemblaient les familles d\u2019alors. J\u2019ai \u00ab\u00a0hum\u00e9\u00a0\u00bb et ressenti ces senteurs caract\u00e9ristiques de l\u2019\u00e9poque et une foule de \u00ab\u00a0petits\u00a0\u00bb d\u00e9tails tels les succ\u00e8s litt\u00e9raires de l\u2019\u00e9poque, les titres de films mythiques et les chansons en vogue o\u00f9 la Grande Oum Kalthoum n\u2019est pas omise. Une belle symbiose qui n\u2019est rendue possible que par l\u2019harmonie observ\u00e9e naturellement par les uns et les autres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0Tout ce monde se construit mot apr\u00e8s mot avec autant de pond\u00e9ration que de sagesse. \u00a0Le r\u00e9cit sur une m\u00e8re telle que celle d\u2019Anne-Marie doit n\u00e9cessairement \u00eatre d\u00e9pouill\u00e9 de fioritures &#8211;\u00a0 dans lesquelles succomberaient beaucoup d\u2019autres \u2013 et, ainsi est \u00ab\u00a0conduit\u00a0\u00bb tout lecteur \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur le sens de la vie et de l\u2019existence o\u00f9, fatalement, la narratrice, inintentionnellement, le pousse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et il se laisse aller, buvant et savourant sans mod\u00e9ration, cette rigoureuse anaphore qui me renvoie au c\u00e9l\u00e8bre po\u00e8me \u00ab\u00a0mystico-existentiel\u00a0\u00bb du Libanais Ilya Abou Madhi (Les Talismans compos\u00e9 en 71 quatrains) : <strong>\u00ab\u00a0C\u2019est donc cela la vie\u2026\u00a0\u00bb, <\/strong>anaphore qui, par certains aspects, r\u00e9sume tout\u00a0: le combat de la vie pour la Vie, l\u2019amour de la terre notre premi\u00e8re m\u00e8re, celui des proches et des amis et seulement pour ce qu\u2019ils sont, et l\u2019impassibilit\u00e9, face aux vicissitudes, sublim\u00e9e par une dignit\u00e9 \u00e0 toute \u00e9preuve le tout \u00e9tant d\u00e9pourvu de la plus infime vell\u00e9it\u00e9 d&rsquo;acrimonie. C\u2019est aussi compliqu\u00e9 que simple\u00a0: trop simple m\u00eame lorsque, sans calculs, on arrive \u00e0 se voir dans les yeux des autres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0Ma lecture s\u2019est longuement arr\u00eat\u00e9e quand l\u2019auteure \u00a0parle de l\u2019union de ses parents le 1<sup>er<\/sup>\u00a0ao\u00fbt 1953 \u00e0 l\u2019Eglise Saint-Vincent de Paul (je le suppose) en face de la maison de la \u00ab\u00a0Abuelita\u00a0\u00bb. Cette date et cette Eglise m\u2019ont longuement plong\u00e9 dans le souvenir de mon tr\u00e8s cher ami, P\u00e8re Mas Ernest\u00a0 Margerie qui \u00e9tait en charge de ce lieu de culte. Il y a une tr\u00e8s forte probabilit\u00e9 pour que ce soit lui qui ait dirig\u00e9 la c\u00e9r\u00e9monie qui a scell\u00e9 l\u2019union des jeunes tourtereaux. Ayant ce pays dans les tripes, il repose au cimeti\u00e8re chr\u00e9tien d\u2019Oran. L\u2019\u00e9motion d\u2019Anne-Marie se doit d\u2019\u00eatre \u00e0 la hauteur de ce combat qui s\u2019est impos\u00e9 \u00e0 ses \u00a0parents et, telle qu\u2019on la per\u00e7oit \u00e0 travers ses \u00e9crits sur les auteurs, fort nombreux et diss\u00e9min\u00e9s \u00e0 travers de grands espaces o\u00f9 la vie n\u2019est pas toujours rose, elle a d\u00fb beaucoup\u00a0 m\u00e9riter de ce couple accapar\u00e9 et attach\u00e9 \u00e0 la communication du savoir. Si Rousseau avait eu \u00e0 conna\u00eetre ces \u00ab\u00a0gens\u00a0\u00bb, il n\u2019aurait jamais \u00e9crit\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0L\u2019homme avance dans la vie par zigzag.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous avons sous les yeux le v\u00e9cu de trois g\u00e9n\u00e9rations dont mon pays \u2013 profond &#8211; peut \u00eatre honor\u00e9 de les avoir re\u00e7us, qui a certainement \u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9reux avec eux autant qu\u2019ils l\u2019ont \u00e9t\u00e9, sans nul doute, avec lui et ensuite par l\u2019aspect litt\u00e9raire d\u2019o\u00f9 s\u2019exhalent des senteurs et des ressentis qui s\u2019apparentent \u00e0 ceux que j\u2019ai savour\u00e9s voluptueusement suite \u00e0 ma tr\u00e8s ancienne lecture de \u00ab\u00a0A la recherche du temps perdu\u00a0\u00bb \u00e9crit par celui qui fut qualifi\u00e9, dans l\u2019Hexagone, comme \u00e9tant \u00ab\u00a0le p\u00e8re du roman moderne\u00a0\u00bb\u00a0: Marcel Proust.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Sidi-Bel-Abb\u00e8s, le 29 septembre 2015.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Premier roman de la po\u00e9tesse plasticienne Anne-Marie Carth\u00e9. Par Mohamed Senni. Des titres sur l\u2019Alg\u00e9rie, surtout ceux abordant la p\u00e9riode coloniale, ne cessent d\u2019alimenter les \u00e9talages des librairies et tout indique que cela ne va pas s\u2019arr\u00eater de sit\u00f4t. Les Editions La Cheminante n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 en reste puisqu\u2019elles ont \u00a0gratifi\u00e9 les lecteurs par la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":6809,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[12],"tags":[],"class_list":{"0":"post-5283","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-mohamed-senni"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5283","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5283"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5283\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5283"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5283"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5283"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}