{"id":563,"date":"2012-10-12T11:05:21","date_gmt":"2012-10-12T11:05:21","guid":{"rendered":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/?p=563"},"modified":"2012-10-12T11:05:21","modified_gmt":"2012-10-12T11:05:21","slug":"litterature-algerienne-dexpression-francaise-monologue-avec-rachid-boudjedra","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/litterature-algerienne-dexpression-francaise-monologue-avec-rachid-boudjedra\/","title":{"rendered":"Litt\u00e9rature Alg\u00e9rienne d\u2019expression fran\u00e7aise : Monologue avec Rachid Boudjedra"},"content":{"rendered":"<div><strong><a href=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2012\/10\/ALGERIE_Rachid_Boudjedra.jpg\"><br \/>\n<\/a>Abdelouahab Mokhbi<\/strong><\/div>\n<div><\/div>\n<div>Beaucoup d\u2019\u00e9crivains alg\u00e9riens d\u2019expression fran\u00e7aise abordent des th\u00e8mes qui se superposent aux clich\u00e9s que la soci\u00e9t\u00e9, dans laquelle ils se sont le plus souvent volontairement expatri\u00e9, v\u00e9hicule sur la soci\u00e9t\u00e9 dont ils sont originaires. Boudjedra, qui exasp\u00e8re parfois par son manque d\u2019humilit\u00e9 et suscite la col\u00e8re quand il pr\u00e9tend \u00ab\u00a0\u00e9crire alg\u00e9rien\u00a0\u00bb.<\/div>\n<p>Boudjedra est venu, \u00e0 la mi-d\u00e9cembre 2004, assumer devant les \u00e9tudiants et les enseignants de l\u2019universit\u00e9 de Mostaganem son statut de transgresseur de tabous. \u00ab\u00a0L\u2019ic\u00f4ne\u00a0\u00bb de la litt\u00e9rature alg\u00e9rienne post-ind\u00e9pendance \u00e9tait bien l\u00e0\u00a0! Certains ont m\u00eame cru devoir souligner pour l\u2019assistance estudiantine, subjugu\u00e9e par l\u2019aura de l\u2019auteur de la <em>r\u00e9pudiation<\/em>, le plus provocateur des \u00e9crivains alg\u00e9riens \u00e9tait bien l\u00e0 devant elle \u00ab\u00a0en chair et en os\u00a0\u00bb\u00a0!<\/p>\n<p>La pr\u00e9cision \u00e9tait aussi utile pour les quinquag\u00e9naires comme moi qui auraient pu \u00eatre troubl\u00e9s par le nouveau look de la star du jour. En effet, la crini\u00e8re si caract\u00e9ristique de Rachid Boudjedra a disparu. Elle lui allait si bien tout en suppl\u00e9ant avantageusement \u00e0 sa calvitie avanc\u00e9e et frontale. J\u2019ai du me reprendre par deux fois pour discerner <em>l\u2019escargot ent\u00eat\u00e9<\/em> sous le crane ras\u00e9. Une voix int\u00e9rieure m\u2019a presque effray\u00e9 en s\u2019exclamant\u00a0: \u00ab\u00a0Mon Dieu\u00a0! Que les ann\u00e9es passent vite\u00a0!\u00a0\u00bb Du coup, me voil\u00e0 r\u00e9concili\u00e9 avec le blanc qui embrase ma propre tignasse.<\/p>\n<p>Pour mettre en exergue la spontan\u00e9it\u00e9 de l\u2019\u00e9change qu\u2019il voulait avec la salle, Boudjedra a rassur\u00e9 tout le monde sur le fait qu\u2019il n\u2019a rien pr\u00e9par\u00e9. En r\u00e9alit\u00e9, les r\u00e9ponses aux questions d\u2019un public bon enfant constituaient autant d\u2019\u00e9l\u00e9ments d\u2019un discours bien rod\u00e9 et d\u00e9fra\u00eechi. La frustration de ne pouvoir v\u00e9ritablement d\u00e9battre avec le plus embl\u00e9matique des \u00e9crivains de la litt\u00e9rature alg\u00e9rienne post-ind\u00e9pendance allait en s\u2019accentuant au cours des \u00e9changes quasi-\u00e9pistolaires.<\/p>\n<p>Beaucoup d\u2019aspects importants relatifs \u00e0 l\u2019\u00e9crivain d\u2019abord puis \u00e0 son r\u00f4le en tant que citoyen porteur d\u2019opinions politiques ont \u00e9t\u00e9 discut\u00e9s. Des jugements surprenant ont \u00e9t\u00e9 formul\u00e9s sur des \u00e9crivains alg\u00e9riens ou arabes comme Kateb Yacine ou Naguib Mahfouz. Selon Boudjedra, on prendra soin de ne pas lui faire dire ce qu\u2019il n\u2019a pas dit, l\u2019auteur de <em>Nedjma<\/em> (1956) se serait fourvoy\u00e9 dans des productions tr\u00e8s m\u00e9diocres du th\u00e9\u00e2tre populaire \u00e0 Sidi-Bel-Abb\u00e8s.<\/p>\n<p>J\u2019ai un souvenir \u00e9mu d\u2019une pi\u00e8ce extraordinaire de Kateb Yacine , <em>la guerre de 2000 ans<\/em>, jou\u00e9e sur la sc\u00e8ne du Cinemonde \u00e0 Mostaganem au milieu des ann\u00e9es 70. C\u2019\u00e9tait une synth\u00e8se spatio-temporelle magnifique des luttes de peuples aussi diff\u00e9rents que peuvent l\u2019\u00eatre les Vietnamiens et les Chaouis des Aur\u00e8s. Leur d\u00e9nominateur commun se cristallise autour de leur r\u00e9sistance \u00e0 toutes les formes d\u2019imp\u00e9rialisme et d\u2019oppression . La pi\u00e8ce se termine par l\u2019Internationale d\u2019Eug\u00e8ne Pottier.<\/p>\n<p>Enthousiasm\u00e9, le public mostagan\u00e9mois entonne, \u00e0 l\u2019unisson avec les com\u00e9diens, le plus all\u00e9gorique des chants r\u00e9volutionnaires. Le drapeau rouge est d\u00e9ploy\u00e9 sur la sc\u00e8ne. Ce ne fut pas banal\u00a0! Nous sommes tous un peu revenu de cette r\u00e9volution, mais Kateb Yacine restera pour beaucoup celui qui ne craignait pas de c\u00f4toyer les petites gens. N\u2019en d\u00e9plaise \u00e0 Boudjedra, l\u2019oeuvre de Kateb Yacine exhale un parfum de sinc\u00e9rit\u00e9 et d\u2019authenticit\u00e9 dont le seul souvenir \u00e9voque la nostalgie.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 Naguib Mahfouz, r\u00e9f\u00e9rence incontournable de la litt\u00e9rature arabe, il aurait re\u00e7u le prix Nobel de litt\u00e9rature pour l\u2019ensemble de son \u0153uvre en 1988 qu\u2019en r\u00e9compense \u00e0 son all\u00e9geance au pr\u00e9sident Sadate et \u00e0 la caution intellectuelle qu\u2019il apporta aux accords de Camp David. Boudjedra en est convaincu et du coup il profite pour classer l\u2019\u0153uvre du penseur et \u00e9crivain \u00e9gyptien aux rayons de la biblioth\u00e8que verte. C\u2019est un peu court. Comme sur plein d\u2019autres sujets, Rachid Boudjedra dit toujours trop ou pas assez. Il n\u2019y va avec le dos de la cuill\u00e8re. Il a le m\u00e9rite d\u2019\u00eatre clair mais ne s\u2019embarrasse pas d\u2019argumenter ses opinions. Elles deviennent souvent des doctrines esquiss\u00e9es tr\u00e8s approximativement.<\/p>\n<h3>A propos de lin\u00e9arit\u00e9 dans la narration.<\/h3>\n<p>Mais avant de revenir sur les fantasmes et paradoxes chez Rachid Boudjedra commen\u00e7ons par corriger une grosse inexactitude commise par un des universitaires pr\u00e9sents \u00e0 la tribune. Bien s\u00fbr les propos des enseignants pour accueillir et pr\u00e9senter le grand romancier alg\u00e9rien qu\u2019est Rachid Boudjedra et son \u0153uvre furent, comme de juste, \u00e9logieux voire m\u00eame un tantinet laudateurs, soit\u00a0! Mais se laisser aller \u00e0 conclure la rencontre en attribuant au h\u00e9ros du jour un r\u00f4le pr\u00e9curseur dans la litt\u00e9rature alg\u00e9rienne de la narration non lin\u00e9aire, voil\u00e0 qui est moins \u00e9l\u00e9gant.<\/p>\n<p>Le n\u00e9ophyte que je suis conserve dans ses rudiments scolaires que c\u2019est Kateb Yacine, avec <em>Nedjma<\/em>, qui fut le premier \u00e9crivain alg\u00e9rien \u00e0 \u00eatre compar\u00e9 \u00e0 William Faulkner (1896-1962), immense figure de la litt\u00e9rature am\u00e9ricaine du XXe si\u00e8cle. La similitude entre les deux \u00e9crivains r\u00e9sidait justement dans ce style litt\u00e9raire tr\u00e8s particulier et la progression typique qu\u2019il imposait au roman. Ce style particulier est inh\u00e9rent \u00e0 l\u2019adoption de la technique du monologue int\u00e9rieur, utilis\u00e9e pour la premi\u00e8re fois au d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle dans le dessein de supplanter la r\u00e9alit\u00e9 subjective et objective, en r\u00e9v\u00e9lant une suite d\u2019\u00e9tats de conscience \u00e9prouv\u00e9s par une personne quelconque, souvent sans suite logique, comme dans la pens\u00e9e r\u00e9elle. Faulkner a \u00e9norm\u00e9ment d\u00e9velopp\u00e9 cette pratique litt\u00e9raire qui fut magistralement impos\u00e9 par l\u2019\u00e9crivain irlandais, James Joyce (1882-1941) dont l\u2019\u0153uvre (Ulysse, 1922\u00a0; Finnegans Wake, 1939) exploite notamment les ressources du monologue int\u00e9rieur.<\/p>\n<h3>Sexualit\u00e9 et litt\u00e9rature<\/h3>\n<p>Sexualit\u00e9 et \u00e9rotisme sont des mots qui reviennent souvent dans l\u2019\u00e9criture et le discours de Boudjedra. Aur\u00e9ol\u00e9 par la reconnaissance internationale pour son talent incontestable de romancier et sa s\u00e9lection par un m\u00e9c\u00e8ne italien au sein des dix plus grands \u00e9crivains vivants du 20e si\u00e8cle, il s\u2019en est all\u00e9 reprocher \u00e0 <em>Nedjma<\/em>de Kateb Yacine son \u00e9r\u00e9mitisme sexuel. M\u00eame s\u2019il a jug\u00e9 n\u00e9cessaire de pr\u00e9ciser qu\u2019\u00e0 l\u2019inverse de Kateb, il est titulaire d\u2019un dipl\u00f4me universitaire, ce qui est pu\u00e9ril au regard de la stature des deux hommes, cela ne l\u2019autorise pas \u00e0 d\u00e9biter des inepties comme autant de v\u00e9rit\u00e9s. Boudjedra a toujours pr\u00f4n\u00e9 son droit d\u2019introduire du sexe dans ses \u00e9crits pour offrir \u00e0 son lecteur de la sensualit\u00e9. Il r\u00e9p\u00e8te depuis d\u00e9j\u00e0 tant d\u2019ann\u00e9es que l\u2019art d\u2019\u00e9crire requiert d\u2019accorder une importance \u00e9gale au contenu et au contenant.<\/p>\n<p>Soit\u00a0! L\u00e0 o\u00f9 Boudjedra s\u2019\u00e9gare c\u2019est qu\u2019il oublie que si Kateb Yacine n\u2019\u00e9tale pas la sexualit\u00e9 de <em>Nedjma<\/em> c\u2019est tant mieux. Nous sommes en 1956. En plus, cette discr\u00e9tion ou cette pudicit\u00e9 lui permet d\u2019incarner un espoir commun \u00e0 beaucoup d\u2019hommes et de femmes de l\u2019Alg\u00e9rie de 1956. <em>Nedjma<\/em> n\u2019est pas un r\u00e9quisitoire contre la soci\u00e9t\u00e9 comme <em>la r\u00e9pudiation<\/em>. L\u2019absence de sexualit\u00e9 chez <em>Nedjma<\/em> n\u2019a jamais nui \u00e0 l\u2019\u0153uvre de Kateb Yacine. L\u2019h\u00e9ro\u00efne n\u2019est pas clo\u00eetr\u00e9e en dehors de la vie. Elle \u00e9tait convoit\u00e9e par une multitude d\u2019hommes diff\u00e9rents pour lesquels elle est devenue un symbole presque vivant de l\u2019id\u00e9e qu\u2019ils se font de la libert\u00e9. <em>Nedjma<\/em> n\u2019a nul besoin d\u2019exhiber ses seins.<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e0 chacun de l\u2019accueillir dans ses r\u00eaves avec les plus impudiques des pens\u00e9es. D\u2019o\u00f9 le trouble qu\u2019elle fait na\u00eetre chez les deux fr\u00e8res Mourad et Lakhdar. La sensualit\u00e9, c\u2019est aussi cela\u00a0! Pour le reste tout le monde conviendra avec Rachid Boudjedra que la lecture est d\u2019abord un plaisir. \u00ab\u00a0Prendre un livre s\u2019y plaire et s\u2019y plonger\u00a0\u00bb dit joliment et simplement Victor Hugo.<\/p>\n<h3>La trinit\u00e9 taboue.<\/h3>\n<p>La volont\u00e9 de casser la trinit\u00e9 taboue de la litt\u00e9rature alg\u00e9rienne et arabe, constitu\u00e9e par la religion, le sexe et la politique est affirm\u00e9e avec beaucoup de force. La haine accumul\u00e9e contre un p\u00e8re tyrannique et f\u00e9odal par l\u2019a\u00een\u00e9 de trente-six enfants, ayant souffert de l\u2019humiliation faite \u00e0 sa m\u00e8re, premi\u00e8re \u00e9pouse d\u2019un homme quatre fois polygame semble encore intacte. La blessure est apparemment toujours b\u00e9ante et la douleur toujours aussi \u00e9prouvante chez l\u2019\u00e9crivain.<\/p>\n<p>Les traumatismes subis par le malheureux jeune Rachid Boudjedra ont certainement g\u00e9n\u00e9r\u00e9 chez lui un besoin d\u2019\u00e9crire irr\u00e9pressible. Ils ont aussi fortement orient\u00e9 la th\u00e9matique de l\u2019\u00e9crivain. Une fois ce constat fait, la th\u00e9matique tout aussi provocatrice que l\u2019\u00e9criture elle-m\u00eame deviennent plus compr\u00e9hensible. Cependant le fait que l\u2019\u00e9criture, v\u00e9cue comme une pratique th\u00e9rapeutique par Boudjedra, reste vaine pour le gu\u00e9rir du traumatisme fondateur soul\u00e8ve des questions troublantes.<\/p>\n<p>Pourquoi cette propension initiale \u00e0 investir ce fameux polygone interdit de la litt\u00e9rature ne s\u2019est-elle pas \u00e9mouss\u00e9e\u00a0? L\u2019esprit provocateur s\u2019est-il transmut\u00e9 en une sage mise en conformit\u00e9 de la th\u00e9matique avec les st\u00e9r\u00e9otypes que la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise, o\u00f9 il est principalement \u00e9dit\u00e9 et donc lu, v\u00e9hicule sur la soci\u00e9t\u00e9 arabe et musulmane d\u2019o\u00f9 il est originaire et sur laquelle il \u00e9crit\u00a0? En l\u2019\u00e9coutant, je n\u2019ai pas pu m\u2019emp\u00eacher de repenser \u00e0 cette sc\u00e8ne terriblement d\u00e9formante de la r\u00e9alit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 alg\u00e9rienne du film de Lakhdar Hamina, <em>le Vent de sable<\/em> (1982).<\/p>\n<p>Le laur\u00e9at de la palme d\u2019or du festival de Cannes pour Chronique des ann\u00e9es de braise, dont Boudjedra est aussi sc\u00e9nariste, s\u2019appesantit longuement sur l\u2019inhumanit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 alg\u00e9rienne. Souvenez-vous de cette femme, abandonn\u00e9e par sa belle-m\u00e8re, se tordant dans d\u2019atroces douleurs pour accoucher dans des conditions bestiales. D\u00e9pit\u00e9 d\u2019apprendre que le b\u00e9b\u00e9 est une fille l\u2019irascible mari rentre \u00e0 la maison pour battre sa femme. La s\u00e9quence est insupportable de cruaut\u00e9. Questionn\u00e9 sur l\u2019invraisemblance de cette barbarie ainsi mise en sc\u00e8ne, Lakhdar Hamina justifie la sc\u00e8ne par le fait qu\u2019il a personnellement connu au moins un cas similaire. C\u2019est sid\u00e9rant d\u2019irresponsabilit\u00e9\u00a0! A-t-on vu un \u00e9crivain ou un cin\u00e9aste japonais faire passer, \u00e0 travers la r\u00e9alit\u00e9 d\u2019un fait divers d\u2019un malheureux \u00e9tudiant, la gente masculine nippone pour des d\u00e9coupeurs inv\u00e9t\u00e9r\u00e9s de leurs petites amies hollandaises pour les faire frire et les d\u00e9guster\u00a0?<\/p>\n<h3>Obsession de plaire\u00a0?<\/h3>\n<p>Boudjedra est rentr\u00e9 en litt\u00e9rature avec \u00e2me et bagages. C\u2019est \u00e0 dire avec beaucoup de sinc\u00e9rit\u00e9 et une r\u00e9elle obsession de se dire. C\u2019est, affirme-t-il, cette pr\u00e9disposition \u00e0 s\u2019assumer avec franchise qui l\u2019a amen\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9criture. En d\u00e9pit de la diversit\u00e9 des sujets abord\u00e9s, le seul th\u00e8me de sa litt\u00e9rature c\u2019est lui-m\u00eame. Son traumatisme central du sang, la haine du p\u00e8re, l\u2019amour de la m\u00e8re sont ses forces motrices. Si bien qu\u2019il dit lui-m\u00eame \u00a0\u00bb j\u2019ai l\u2019impression d\u2019\u00e9crire \u00e0 chaque fois le m\u00eame livre\u00a0\u00bb On pourrait m\u00eame r\u00e9sumer sa production par une phrase \u00ab\u00a0moi, Boudjedra\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Un de ses romans relativement r\u00e9cent <em>Timimoun<\/em> (1994) aborde l\u2019homosexualit\u00e9. Boudjedra s\u2019attaque \u00e0 l\u2019exclusion qu\u2019elle engendre au sein de la soci\u00e9t\u00e9. Plus que provocant, le sujet est d\u00e9concertant\u00a0! Rachid Boudjedra choisi le moment o\u00f9 la soci\u00e9t\u00e9 s\u2019essaye \u00e0 gu\u00e9rir ses maux avec des mots en parlant de r\u00e9conciliation et d\u2019amnistie pour nous dire la t\u00e9m\u00e9rit\u00e9 qu\u2019il a eu de commettre un livre dont la th\u00e9matique est aux antipodes des pr\u00e9occupations majeures et graves d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 convalescente. Si, en Alg\u00e9rie, la pr\u00e9sence de l\u2019homosexualit\u00e9 est ind\u00e9niable, elle reste anecdotique. Le sort et le traitement que la soci\u00e9t\u00e9 r\u00e9serve \u00e0 l\u2019homosexualit\u00e9 ne constitue ni ne pose pas un probl\u00e8me particulier pour les Alg\u00e9riens. Le poser maintenant n\u2019est ni opportun ni pertinent.<\/p>\n<p>Mohamed Dib dont une partie essentielle de l\u2019\u0153uvre a accompagn\u00e9 le mouvement national de lutte contre l\u2019oppression coloniale disait \u00a0\u00bb une \u0153uvre ne peut avoir de valeur que dans la mesure o\u00f9 elle puise sa s\u00e8ve dans le pays auquel on appartient, o\u00f9 elle nous introduit dans un monde qui est le n\u00f4tre avec ses complexit\u00e9s et ses d\u00e9chirements\u00a0\u00bb s\u2019agissant de Boudjedra, on reste tr\u00e8s dubitatif sur l\u2019ancrage de ses racines. Se nourrissent-elles de ce besoin vital d\u2019\u00e9crire pour traduire de mani\u00e8re sophistiqu\u00e9e les angoisses et les esp\u00e9rances de son pays ou bien est-il mu par l\u2019obsession de plaire \u00e0 ceux qui l\u2019on fait figurer parmi les dix meilleurs \u00e9crivains vivants du si\u00e8cle\u00a0? Dans quel cas, ses livres se vendraient-ils en plusieurs millions d\u2019exemplaires qu\u2019ils ne constitueront jamais une \u0153uvre.<\/p>\n<h3>Intellectuel ou dou\u00e9 d\u2019ubiquit\u00e9\u00a0?<\/h3>\n<p>L\u2019intellectuel Boudjedra souffre-t-il d\u2019une implication m\u00e9diatique plut\u00f4t discr\u00e8te dans les questionnements d\u00e9cisifs que la soci\u00e9t\u00e9 alg\u00e9rienne doit r\u00e9soudre, par comparaison \u00e0 un Rachid Mimouni qui \u00e9tait, de son vivant, m\u00e9diatiquement omnipr\u00e9sent\u00a0? Pour la petite histoire, Rachid Boudjedra n\u2019a pas une grande opinion sur le travail de Mimouni ni d\u2019ailleurs sur celui de Benhadougga\u00a0; se sont, dit-il, des \u00e9criveurs de discours. La r\u00e9ponse de Rachid Boudjedra arrive comme un smash au volley-ball.<\/p>\n<p>Il refuse le statut d\u2019intellectuel et de penseur. Il se suffit d\u2019\u00eatre le romancier qu\u2019il est. On se surprend \u00e0 penser \u00e0 cette mani\u00e8re dont William Faulkner aurait aim\u00e9 qu\u2019on r\u00e9sume sa vie\u00a0: \u00ab\u00a0Il \u00e9crivit ses livres et mourut\u00a0\u00bb. D\u2019ailleurs, il persiste \u00e0 expliquer longuement qu\u2019il fait le distinguo entre le citoyen, le militant des droits de l\u2019homme, l\u2019homme des convictions politiques clairement \u00e9nonc\u00e9es et l\u2019\u00e9crivain qu\u2019il est. Il n\u2019est pas philosophe dit-il m\u00eame si la philosophie correspond au profil de sa formation initiale.<\/p>\n<p>Accordons \u00e0 notre g\u00e9ant de la litt\u00e9rature ce don d\u2019ubiquit\u00e9 qui lui permet de g\u00e9rer herm\u00e9tiquement ses diff\u00e9rentes facettes d\u2019homme, de citoyen et de romancier. Mais alors, quel statut endosse-t-il pour promulguer ses sentences sur la soci\u00e9t\u00e9 alg\u00e9rienne\u00a0? Rappelons certaines d\u2019entre-elles. \u00ab\u00a0L\u2019Alg\u00e9rie a toujours \u00e9t\u00e9 une terre de gens humili\u00e9s\u00a0\u00bb1 \u00ab\u00a0Bien avant Pascal, il y a un texte du Proph\u00e8te Mohamed qui disait\u00a0: \u00ab\u00a0Dieu garde-moi de mon Je.\u00a0\u00bb Je crois que c\u2019\u00e9tait assez grave comme situation, \u00e7a donnait une soci\u00e9t\u00e9 musulmane objectale, donc cach\u00e9e et scl\u00e9ros\u00e9e. Morte.<\/p>\n<p>Mortif\u00e8re\u00a0\u00bb2 ou encore \u00a0\u00bb Cette fa\u00e7on de r\u00e9duire la religion \u00e0 une s\u00e9rie de dogmes et de rituels m\u00e9caniques \u00e9tait r\u00e9voltante. Cela avait donn\u00e9 et donne encore une soci\u00e9t\u00e9 hypocrite o\u00f9 tout se passe dans les arri\u00e8re-boutiques, dans les arri\u00e8re-cours et o\u00f9 le mensonge est \u00e9rig\u00e9 en dogme absolu et s\u00e9cr\u00e9tait une nuisance incroyable.<\/p>\n<p>J\u2019ai connu une soci\u00e9t\u00e9 alg\u00e9rienne fig\u00e9e, avec quelque chose de pr\u00e9fabriqu\u00e9, de lourdement et massivement r\u00e9ifi\u00e9\u00a0\u00bb3 c\u2019est une \u00e9vidence, les jugements sont excessifs, d\u00e9nu\u00e9s de toute nuance et amen\u00e9s sans une analyse cr\u00e9dible. Rachid Boudjedra fait abstraction de l\u2019histoire et \u00e9nonce des diagnostics sans appels sur la soci\u00e9t\u00e9 alg\u00e9rienne comme autant de r\u00e9solutions du politburo du d\u00e9funt PCUS. Il est presque superflu qu\u2019il p\u00e9rore sur sa fid\u00e9lit\u00e9 au communisme, tant l\u2019\u00e9nonc\u00e9 sans nuance des ses opinions fait de lui l\u2019arch\u00e9type du militant primaire d\u2019 un quelconque parti unique. Si nous \u00f4tions \u00e0 ces th\u00e8ses la notori\u00e9t\u00e9 du romancier, elles appara\u00eetraient plus nettement pour ce qu\u2019elles sont\u00a0: Un tas d\u2019insanit\u00e9s prof\u00e9r\u00e9es iniquement \u00e0 la face de la soci\u00e9t\u00e9. C\u2019est l\u2019attitude m\u00eame du r\u00e9volt\u00e9, qu\u2019il pr\u00e9tend \u00eatre, qui suscite de la col\u00e8re.<\/p>\n<p>Sur l\u2019amnistie g\u00e9n\u00e9rale, corollaire de la politique de r\u00e9conciliation nationale envisag\u00e9e par le pr\u00e9sident alg\u00e9rien Abdelaziz Bouteflika, la r\u00e9ponse de Boudjedra \u00e0 une question d\u2019une \u00e9tudiante, jaillit des tripes, un peu p\u00e9remptoire et sentencieuse \u00a0\u00bb je n\u2019ai pas \u00e9cris le FIS* de la haine pour en arriver \u00e0 admettre une telle issue\u00a0\u00bb. A qui conviendra-t-il d\u2019attribuer cette d\u00e9claration faite ce jeudi 16 d\u00e9cembre devant les \u00e9tudiants mostagan\u00e9mois\u00a0? Au citoyen, au militant ou \u00e0 l\u2019\u00e9crivain qui expliqua d\u2019embl\u00e9e qu\u2019il ne faisait pas de politique dans ses romans. Logiquement, il ne devrait pas leur faire de la politique, non plus\u00a0! Les choses finissent par para\u00eetre si abracadabrantes que, depuis, je me taraude la cervelle pour trouver la d\u00e9finition du fait politique et de la politique chez Rachid Boudjedra. Dites- moi\u00a0! Suis-je un cas\u00a0?<\/p>\n<p>Il existe plus d\u2019un paradoxe chez Rachid Boudjedra. \u00ab\u00a0j\u2019ai \u00e9t\u00e9 rebelle au p\u00e8re\u00a0: Cela a donn\u00e9 la n\u00e9cessit\u00e9 et l\u2019urgence d\u2019\u00e9crire\u00a0\u00bb . C\u2019est clair. En l\u2019\u00e9coutant on comprend vite que Boudjedra s\u2019est mur\u00e9 dans la haine du p\u00e8re jusqu\u2019\u00e0 ne plus \u00eatre capable de pardon. Lui-m\u00eame explique que ce terrible sentiment l\u2019habite irr\u00e9m\u00e9diablement.<\/p>\n<p>Le constat ne justifie pas de commentaires particuliers. C\u2019est un v\u00e9cu intime. Malgr\u00e9 l\u2019immense talent de l\u2019\u00e9crivain, le lecteur ne pourra donc jamais s\u2019immiscer et se forger un jugement. Cependant qu\u2019un auteur de la maturit\u00e9 de Boudjedra persiste \u00e0 transposer cette haine \u00e0 l\u2019ensemble de la soci\u00e9t\u00e9 et \u00e0 toute forme de pouvoir est discutable.<\/p>\n<p>Percevoir la r\u00e9alit\u00e9 d\u2019une soci\u00e9t\u00e9, forc\u00e9ment complexe et multiple \u00e0 travers un v\u00e9cu singulier et restreint finit par peser et choquer. L\u2019urgence d\u2019\u00e9crire apr\u00e8s tant d\u2019ann\u00e9es doit c\u00e9der la place \u00e0 davantage de r\u00e9flexions et d\u2019id\u00e9es plus \u00e9labor\u00e9es. C\u2019est un autre authentique po\u00e8te, S\u00e9naquien (du cercle de Jean S\u00e9nac) de premier ordre, aujourd\u2019hui enterr\u00e9 puis oubli\u00e9, Youssef Sebti, qui disait \u00a0\u00bb Chez nous il est toujours urgent de faire, aujourd\u2019hui il est urgent de r\u00e9fl\u00e9chir\u00a0\u00bb Ces paroles retrouvent toute leur fra\u00eecheur dans mon esprit quant je suis assailli par les incoh\u00e9rences du discours de Boudjedra le plus po\u00e8te de nos \u00e9crivains, dit-on.<\/p>\n<h3>Ecrire alg\u00e9rien<\/h3>\n<p>Ecrire alg\u00e9rien est une ambition, une revendication forte et peut-\u00eatre m\u00eame une autre obsession chez Rachid Boudjedra. Mais d\u2019abord, essayons de restituer son autoportrait. Il est Freudien mais en mati\u00e8re de psychanalyse qui oserait en renier le p\u00e8re. Il est marxiste ou m\u00eame communiste. Et l\u00e0, on comprend bien que sa r\u00e9volte contre le f\u00e9odalisme du p\u00e8re exige un fondement id\u00e9ologique. Cependant, on reste dans l\u2019expectative quant \u00e0 la port\u00e9e de son adh\u00e9sion aux id\u00e9es de Marx. Adopte-t-il le marxisme en tant que philosophie c\u2019est-\u00e0-dire le mat\u00e9rialisme scientifique ou ne retient-il du marxisme que son expression politique, c\u2019est \u00e0 dire le marxisme-l\u00e9ninisme\u00a0? Mais est-ce utile de chercher la r\u00e9ponse\u00a0?<\/p>\n<p>Je soup\u00e7onne, m\u00eame, Boudjedra d\u2019entretenir sciemment un flou artistique autour de sa pens\u00e9e. Ainsi, il lui est loisible de ne pas assumer pleinement ses id\u00e9es. Il fut r\u00e9v\u00e9l\u00e9 \u00e0 lui-m\u00eame par Bettelheim. En effet, le fantasme central du sang est rattach\u00e9, chez lui, entre autres \u00e0 l\u2019 \u00a0\u00bb Horrible mutilation (circoncision) pour un enfant de sept ans\u00a0\u00bb2 C\u2019est en lisant Bettelheim qui \u00ab\u00a0en tant que Juif lui-m\u00eame, donc circoncis\u00a0\u00bb3 avait bien analys\u00e9 ce probl\u00e8me de la circoncision et de l\u2019excision. La haine, tout est pr\u00e9texte \u00e0 ha\u00efr chez Rachid Boudjedra, qu\u2019il porte au sacrifice rituel du mouton de l\u2019A\u00efd El-Kebir \u00ab\u00a0J\u2019ai toujours ha\u00ef cette tradition sanglante\u00a0\u00bb participe aussi de ce fantasme du sang.<\/p>\n<p>Andr\u00e9 Brincourt du figaro litt\u00e9raire sous le titre l\u2019amour de la haine soutient que \u00ab\u00a0D\u00e9cid\u00e9ment, le roman de Rachid Boudjedra r\u00e9pond \u00e0 la pens\u00e9e m\u00eame de Bernard-Henri L\u00e9vy\u00a0: \u00ab\u00a0La vraie guerre des civilisations est celle qui est int\u00e9rieure \u00e0 l\u2019islam.\u00a0\u00bb4 . Quelque soit la pertinence du journaliste \u00e0 propos du livre les fun\u00e9railles, il est troublant qu\u2019il puisse relever que les fatwas de Rachid Boudjedra sur l\u2019Islam rejoignent celles de BHL.<\/p>\n<p>L\u00e9gitimement, on finit par s\u2019interroger sur ce que l\u2019\u00e9criture de Rachid Boudjedra rec\u00e8le d\u2019alg\u00e9rien. On retiendra tout de m\u00eame qu\u2019il ne s\u2019est pas tromp\u00e9 dans le choix de la rampe de lancement qui lui fera bien d\u00e9crocher un jour le prix Nobel. Pour la concision de ses phrases, la fluidit\u00e9 de sa narration, il le m\u00e9riterait certainement. A cause de la haine qu\u2019il s\u2019obstine \u00e0 cultiver, j\u2019en suis moins s\u00fbr. Mais quand il accuse les Alg\u00e9riens d\u2019\u00eatre incapables du don de soi et de vouloir ind\u00fbment le paradis, lui qui se complait dans l\u2019enfer du fils de la haine, du fils de son p\u00e8re, je crois qu\u2019il l\u2019obtiendrait que cela m\u2019indiff\u00e9rerait royalement.<\/p>\n<p>R\u00e9f\u00e9rences\u00a0:<\/p>\n<p>1. Rachid Boudjedra \u00ab\u00a0La fascination de la forme \u00ab\u00a0Le Matin 24 juin 2003.<\/p>\n<p>2. Rachid Boudjedra \u00a0\u00bb Ecrire pour att\u00e9nuer la douleur du monde\u00a0\u00bb Le Matin 17 juin 2003.<\/p>\n<p>3. Rachid Boudjedra conf\u00e9rence prononc\u00e9e \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Princeton (USA) en f\u00e9vrier 1992. Le Matin 29 janvier 2003.<\/p>\n<p>4. Andr\u00e9 Brincourt \u00a0\u00bb L\u2019amour de la haine\u00a0\u00bb, Le Figaro Litt\u00e9raire 26 juin 2003<\/p>\n<p>*FIS\u00a0: Front Islamique du Salut, dont la dissolution a suivi l\u2019arr\u00eat du processus \u00e9lectoral de d\u00e9cembre 1991<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/abdelhouahab-mokhbi\/\" target=\"_blank\"><strong>Abdelouahab Mokhbi<\/strong><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Abdelouahab Mokhbi Beaucoup d\u2019\u00e9crivains alg\u00e9riens d\u2019expression fran\u00e7aise abordent des th\u00e8mes qui se superposent aux clich\u00e9s que la soci\u00e9t\u00e9, dans laquelle ils se sont le plus souvent volontairement expatri\u00e9, v\u00e9hicule sur la soci\u00e9t\u00e9 dont ils sont originaires. Boudjedra, qui exasp\u00e8re parfois par son manque d\u2019humilit\u00e9 et suscite la col\u00e8re quand il pr\u00e9tend \u00ab\u00a0\u00e9crire alg\u00e9rien\u00a0\u00bb. Boudjedra est [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":5734,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":{"0":"post-563","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-abdelouahab-mokhbi"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/563","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=563"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/563\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=563"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=563"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=563"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}