{"id":5930,"date":"2016-03-03T11:34:35","date_gmt":"2016-03-03T11:34:35","guid":{"rendered":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/?p=5930"},"modified":"2025-05-07T22:26:17","modified_gmt":"2025-05-07T22:26:17","slug":"mazouna-histoire-dune-culture","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/mazouna-histoire-dune-culture\/","title":{"rendered":"MAZOUNA : Histoire d&rsquo;une Culture"},"content":{"rendered":"<h3><\/h3>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>Par Mohamed &#8211; Senni.<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6936 aligncenter\" src=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Mazouna.jpg\" alt=\"\" width=\"284\" height=\"213\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><u>\u00a0<\/u><strong><u>1.INTRODUCTION<\/u><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><u><\/u>Raconter , avec toutes les tentatives d\u2019impartialit\u00e9 possibles, l\u2019histoire de Mazouna, depuis sa fondation par les Maghraoua, en passant par toutes les \u00e9tapes de l\u2019Histoire auxquelles elle participa, soit directement, soit en attisant les convoitises de grandes dynasties qui ont domin\u00e9, durant plusieurs si\u00e8cles, le Maghreb central \u2013 telles celles des Hammadites, Almohades, Bani Ziane, Bani Abd El Oued ou des Turcs pour ne citer que celles-l\u00e0 &#8211; \u00e0 une indicible \u00e9poque o\u00f9 toute une faune d\u2019 historiens auto proclam\u00e9s se d\u00e9m\u00e8nent piteusement et non moins dangereusement \u00a0pour accoucher d\u2019\u0153uvres qui assouvissent des fantasmes qui traduisent davantage une g\u00eane atavique dont ils assument mal les tenants, est une op\u00e9ration d\u00e9licate, complexe et surtout \u2013pour peu qu&rsquo;elle soit men\u00e9e \u00e0 bon terme &#8211; \u00a0extr\u00eamement f\u00e9conde que nous ne nous hasarderons pas \u00e0 aborder, parce que peu \u00a0qualifi\u00e9, mais dont nous souhaitons parler aujourd&rsquo;hui pour la sauvegarde p\u00e9renne de la fantastique contribution culturelle que cette ville l\u00e9gua au patrimoine de notre Pays.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce sera \u00e9galement une marque de conviction et de reconnaissance \u00e0 l\u2019endroit de la richesse de ce patrimoine et un respect profond pour tous ceux, connus ou anonymes qui l\u2019ont fa\u00e7onn\u00e9, ainsi que pour ceux, nombreux, qui, en d\u00e9pit de vicissitudes certaines, tentent de le faire survivre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais parler de Mazouna sans parler de son Histoire peut \u00a0sembler discutable et d\u00e9plaire. Aussi, prendrons-nous un raccourci en nous limitant \u00e0 signaler quelques r\u00e9f\u00e9rences qui peuvent pallier ce qui peut &#8211; \u00eatre consid\u00e9r\u00e9, \u00e0 tort, comme une d\u00e9ficience, notre souci \u00e9tant de brosser un tableau \u2013qui sera sans nul doute imparfait \u2013 de l\u2019apport grandiose de cette ville sur le plan culturel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour la partie historique, aussi importante que l\u2019est la partie culturelle, nous renvoyons les lecteurs qui le souhaitent\u00a0:<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0&#8211;\u00a0 \u00e0 l\u2019Histoire d\u2019Ibn Khaldoun (1332-1406), 4 volumes, traduite par le Baron de Slane, librairie Paul\u00a0 Geuthner (Paris 1978) et plus pr\u00e9cis\u00e9ment aux tomes III (pages 314, 319 et 370) et IV (pages 13, 142, 145 et 146).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 &#8211;\u00a0 aux \u00a0\u00ab\u00a0 Chroniques d\u2019Oran, d\u2019Alger, d\u2019Espagne et de France jusqu\u2019\u00e0 la fin du XIX\u00e8me si\u00e8cle \u00bb dont le titre en arabe est\u00a0: \u00ab\u00a0 Tulu\u2019 Sa\u2019d \u2013 A\u2019s Su\u2019u\u2019d\u00a0\u00bb\u00a0 de Ben Aouda El M\u2019zari, publi\u00e9 par Dar Algharb Al Islami de Beyrouth en 1990 et o\u00f9 Mazouna est cit\u00e9 dix fois dans le premier tome. Ce livre, dont l\u2019auteur n\u2019est autre que le petit &#8211; neveu de Mustapha Ben Sma\u00efl, qui mourut en mai 1843, sur le territoire des Flitas apr\u00e8s avoir particip\u00e9, aux c\u00f4t\u00e9s du Duc d\u2019Aumale, \u00e0 la prise de la Smala de l\u2019Emir Abd\u2013El -Kader, doit \u00eatre lu avec les plus grandes pr\u00e9cautions sauf, peut \u2013 \u00eatre pour les r\u00e9cits anecdotiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 &#8211;\u00a0 \u00e0 la Revue Africaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette liste n\u2019est pas restrictive\u00a0: on peut y ajouter, outre nombre d\u2019ouvrages, des dizaines, voire des centaines de po\u00e8mes classiques ou populaires \u00e9crits, en diverses occasions, \u00e0 la gloire \u00e9v\u00e9nements dont Mazouna a \u00e9t\u00e9 le th\u00e9\u00e2tre ainsi que des sommit\u00e9s\u00a0 qui se sont distingu\u00e9es dans un large chapelet de domaines.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>2.<u>L\u2019APPORT CULTUREL DE\u00a0 MAZOUNA<\/u><\/strong><\/p>\n<p><u><\/u>Sur ce plan qui nous int\u00e9resse tout particuli\u00e8rement, nous pouvons affirmer, sans risque d\u2019\u00eatre d\u00e9menti, que la culture de Mazouna est un \u00e9norme puzzle dont h\u00e9las\u00a0! Beaucoup d\u2019\u00e9l\u00e9ments manquent et manqueront \u00e0 tout jamais. Aussi, irons-nous droit au but.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6882 alignleft\" src=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/Ibn-Khaldoun.png\" alt=\"\" width=\"268\" height=\"258\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A quelque 200 kilom\u00e8tres au sud de Mazouna, et plus exactement \u00e0 Kalaat Ben Slama o\u00f9 il se retira pendant une longue p\u00e9riode pour \u00e9crire sa monumentale Histoire ( Kitab El Ibar ), Ibn Khaldoun (1332 &#8211; 1406) nous brosse une analyse\u00a0 originale dans laquelle il explique que l\u2019in\u00e9luctable d\u00e9cadence des civilisations savantes et raffin\u00e9es tient dans leur propre d\u00e9veloppement. Au milieu du XIV\u00e8me si\u00e8cle, il n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 parler du recul du Maghreb \u00a0estimant qu\u2019un cycle complet dure environ 120 ans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce cycle fait passer les membres d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 du stade de b\u00e9douins ( marqu\u00e9 par les liens du sang, l\u2019esprit de clan, le respect du chef ) \u00e0 celui d\u2019une socialisation qui les am\u00e8ne \u00e0 s\u2019occuper d\u2019arts, de bien &#8211; \u00eatre tout en entamant leur esprit clanique, perdant tout ce qui faisait leur force et devenant ainsi une proie facile pour tout envahisseur.<\/p>\n<p>Cette analyse est applicable au cas de Mazouna<\/p>\n<p>Environ\u00a0 un si\u00e8cle apr\u00e8s\u00a0 l\u2019\u00e9criture de \u00ab\u00a0Kitab El Ibar\u00a0\u00bb, en 1478, mourut \u00e0 Mazouna Yahya ben Moussa El Maghili, auteur \u2013 semble-t-il avec son p\u00e8re \u2013d\u2019un immense compendium de jurisprudence\u00a0: Al-Durar al- Makn\u00fbna, <strong>( \u00a0\u0627\u0644\u0640\u0640\u062f\u0631\u0631 \u0627\u0644\u0645\u0640\u0640\u0643\u0640\u0640\u0646\u0648\u0646\u0629 \u0641\u064a \u0646\u0648\u0627\u0632\u0644 \u0645\u0640\u0627\u0632\u0648\u0646\u0629 )<\/strong> \u00a0 connu dans la post\u00e9rit\u00e9 sous le nom de\u00a0\u00ab\u00a0 Naw\u00e2zil Mazouna \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><u>2.1. L\u2019Ecole de Mazouna<\/u><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pr\u00e8s de Mostaganem et \u00e0 l&#8217;embouchure de l&rsquo;Oued Ch\u00e9lif, se trouve le mausol\u00e9e d&rsquo;un Saint: Sidi Abdel Aziz. C&rsquo;est \u00e0 un membre de sa descendance Sidi Ben Charef El Beldaoui, fuyant l&rsquo;Andalousie, qu&rsquo;on attribue la construction de l&rsquo;Ecole de Mazouna.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si l&rsquo;on n&rsquo;est pas parvenu \u00e0 dater exactement son av\u00e8nement qui, en tous cas, est\u00a0 post\u00e9rieur\u00a0 \u00e0 la date o\u00f9 a \u00e9t\u00e9 compos\u00e9 Al \u2013 Durar, on sait qu&rsquo;elle ferma d\u00e9finitivement ses portes au cours de la deuxi\u00e8me guerre mondiale, le colonialisme ayant induit des transformations profondes dans les m\u0153urs des autochtones.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il faut signaler ici que de nombreuses bourgades du Pays ont \u00e9t\u00e9 des lieux privil\u00e9gi\u00e9s o\u00f9\u00a0 un enseignement de haute qualit\u00e9 \u00e9tait dispens\u00e9. Des \u00e9l\u00e8ves qui y avaient brill\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 investis de missions de formation qui les ont men\u00e9s \u00e0 F\u00e8s, Tunis, le Caire, Damas et les trois Lieux Saints de l&rsquo;Islam o\u00f9 certains d&rsquo;entre eux occup\u00e8rent les plus hautes chaires.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Leur souvenir subsiste dans le subconscient populaire ou \u00e0 travers des \u00e9crits gard\u00e9s jalousement par leur descendance. Tel ne fut pas le cas de Mazouna qui \u00e9tait une ville de plus grande importance que ces bourgades et, comme nous l&rsquo;avons avanc\u00e9 plus haut, a attis\u00e9 les convoitises de toutes les dynasties qui se sont succ\u00e9d\u00e9 dans le Maghreb central, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque dont nous parlons, ce qui n&rsquo;a pas toujours servi les int\u00e9r\u00eats des enfants de Mazouna. Mais son \u00e9cole faisait parler d&rsquo;elle.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;on lui\u00a0 lia les Nawwazil dont il faut bien dire un mot.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il s&rsquo;agit d&rsquo;un ensemble complet de r\u00e8gles jurisprudentielles traitant des conflits fonciers ainsi que de ce qui peut s&rsquo;apparenter \u00e0 des Fetwas, le tout \u00e9crit \u00a0par un jurisconsulte qui\u00a0 jouissait d&rsquo;un immense prestige doubl\u00e9 d&rsquo;une rare \u00e9rudition et d&rsquo;une haute autorit\u00e9 morale. Le livre porte en marge une postface de la main d&rsquo;El Ouancharissi, auteur du Mi&rsquo;y\u00e2r el mouarrab qui fut l&rsquo;autorit\u00e9 incontournable en fiqh \u00e0 travers tout le Maghreb. Son Mi&rsquo;y\u00e2r\u00a0 est presque inconnu en Alg\u00e9rie. Mais comme on le verra plus loin il ne sera pas le seul \u00e0 ne pas \u00eatre proph\u00e8te en son pays\u2026.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Naw\u00e2zil Mazouna, qu&rsquo;on ne doit pas assimiler \u00e0 un trait\u00e9 de th\u00e9ologie, m\u00eame si celle \u2013 ci\u00a0 pr\u00e9side en grande partie aux arr\u00eats rendus, est un livre dont l&rsquo;utilit\u00e9 et le style incomparables auraient pu faire de lui un br\u00e9viaire des r\u00e8gles de fonctionnement du Fiqh. L&rsquo;unanimit\u00e9 faite autour de son contenu allait faire des \u00e9mules hors fronti\u00e8res notamment au Maroc o\u00f9 Abd \u2013El\u00a0\u00a0\u2013Aziz Ziyy\u00e2ti composa\u00a0 Nawazil Ghomara.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><u>2.2. CONCOURS HISTORIQUES DES\u00a0MA\u00ceTRES\u00a0DE MAZOUNA.<\/u><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><u><\/u>En 1686, Mazouna re\u00e7ut Hassan Ben Khe\u00efreddine Pacha comme Bey pour la r\u00e9gion Ouest. Neuf autres le suivront. Les habitants\u00a0 allaient \u00eatre \u00e9trangl\u00e9s par des spoliations immobili\u00e8res au profit des familles maraboutiques et par des imp\u00f4ts pr\u00e9lev\u00e9s par les Turcs. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne allait toucher toutes les r\u00e9gions de l&rsquo;Ouest. Pour celles auxquelles le Beylik ne pouvait pas acc\u00e9der faute d&rsquo;effectifs suffisants, la besogne \u00e9tait confi\u00e9e \u00e0 des serviteurs z\u00e9l\u00e9s qui se recrutaient au sein de factions des B\u00e9ni Amer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors on assista \u00e0 l&rsquo;\u00e9mergence des Robout (pluriel de Ribat). Il s&rsquo;agit de prestigieuses \u00e9coles semi itin\u00e9rantes, avec \u00e0 leur t\u00eate de grands Fokaha qui contestaient l&rsquo;autorit\u00e9 du Beylik, s&rsquo;opposaient aux confr\u00e9ries maraboutiques\u00a0 corrompues par la cupidit\u00e9 et s&rsquo;occupaient de dispenser un enseignement religieux\u00a0 conforme \u00e0 la Sunna \u00e0 des \u00e9l\u00e8ves qu&rsquo;ils pr\u00e9paraient \u00e0 \u00a0la guerre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est ainsi que deux Ribats de Mazouna prirent part aux c\u00f4t\u00e9s du l\u00e9gendaire Sidi Abdelkader Boudjelal de Mascara avec le Bey Bouchelaghem, en 1707, pour la premi\u00e8re reprise d&rsquo;Oran aux Espagnols.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Notons ici le c\u00e9l\u00e8bre pamphlet\u00a0 \u00e9crit par Sidi Boudjelal o\u00f9, citant quelque 63 factions des B\u00e9ni Hilal, d\u00e9non\u00e7a et condamna un certain nombre de ces tribus qui s&rsquo;\u00e9taient mises au service de l&rsquo;ennemi qu&rsquo;il a contribu\u00e9 \u00e0 chasser. Son \u0153uvre, son \u00e9rudition et celle de ses enfants \u00e9taient telles que l\u2019\u00c9mir Abd-El-Kader, qui avait fait appel \u00e0 trois de ses descendants pour composer son Majliss Echoura, le cite en termes choisis dans son autobiographie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><u><\/u>84 ans plus tard, le ma\u00eetre de l&rsquo;\u00e9cole de Mazouna, le Cheikh Boutaleb, \u00e2g\u00e9 de 80 ans, avec 200 de ses \u00e9l\u00e8ves participa \u00e0 la derni\u00e8re bataille qui lib\u00e9ra d\u00e9finitivement Oran des Espagnols. Un de ses fils, Henni, mourut au combat. Che\u00efkh Boutaleb d\u00e9c\u00e9da tr\u00e8s vieux en 1818.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><u>2.3. QUELQUES PRESTIGIEUX\u00a0\u00c9L\u00c8VES\u00a0DE L&rsquo;ECOLE DE MAZOUNA.<\/u><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><u><\/u>-Che\u00efkh Mohamed Abou Ras, futur ma\u00eetre d&rsquo;une grande \u00e9cole \u00e0 Mascara o\u00f9 s\u00e9journa, pour quelque temps, le futur \u00c9mir Abd-El-Kader, et qui nous l\u00e8guera plus de 60 ouvrages, \u00e9tudia pendant environ 3 ann\u00e9es \u00e0 Mazouna. Il eut pour belle-fille la petite-fille du Che\u00efkh Boutaleb. Il mourut en 1823 et son fils, surnomm\u00e9 comme son p\u00e8re, le suivit en 1917.<\/p>\n<p>-Un nom qui doit \u00eatre restitu\u00e9 au patrimoine national, a lui aussi \u00e9t\u00e9 \u00e9l\u00e8ve du Che\u00efkh Boutaleb. Il s&rsquo;agit de Moustafa Rama\u00e7i, mort en 1823, et auteur d&rsquo;une glose sur le Mokhtassar de Sidi Khlil qui fit autorit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 du Caire jusqu&rsquo;\u00e0 ce que s&rsquo;en inspire Dardir dont l&rsquo;\u0153uvre fut introduite pour la premi\u00e8re fois en Alg\u00e9rie par un Alg\u00e9rien. Il est inutile de chercher \u00e0 conna\u00eetre le nombre des Alg\u00e9riens, vers\u00e9s sur le sujet, qui connaissent Moustafa Rama\u00e7i mais nous aurions tant aim\u00e9 voir son \u0153uvre r\u00e9\u00e9dit\u00e9e parmi les centaines de titres retenus par le Minist\u00e8re de la Culture \u00e0 l&rsquo;occasion de l\u2019\u00e9v\u00e9nement \u00a0\u00bb Alger Capitale de la Culture arabe\u00a0\u00bb. Lui aussi a sa bonne place dans l&rsquo;autobiographie de l\u2019\u00c9mir.<\/p>\n<p>-L&rsquo;insurg\u00e9 Bou Ma\u00e2za\u00a0 a \u00e9galement \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 Mazouna<\/p>\n<p>-Des centaines d&rsquo;\u00e9l\u00e8ves venus de toutes les r\u00e9gions du pays et m\u00eame de l&rsquo;\u00e9tranger sont pass\u00e9s par son Ecole.<\/p>\n<p>-Le Che\u00efkh Snoussi, fondateur de la confr\u00e9rie libyenne y a \u00e9galement poursuivi ses \u00e9tudes.<\/p>\n<p>Cette liste n&rsquo;est pas exhaustive. On peut y ajouter les grands noms des Rahalate, des\u00a0visiteurs illustres fuyant l&rsquo;Andalousie ainsi que des demandeurs d&rsquo;ijazate (certificats d&rsquo;aptitude \u00e0 l&rsquo;enseignement).<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">2.4 Les anc\u00eatres des fours cr\u00e9matoires.<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mazouna comptait une tr\u00e8s forte concentration de tribus Sbih et Ouled Riah, r\u00e9put\u00e9s pour leur farouche r\u00e9sistance \u00e0 la colonisation fran\u00e7aise. C&rsquo;est alors que les \u00abstrat\u00e8ges militaires\u00bb eurent recours \u00e0 ce qui inspirera aux nazis ce qui sera connu sous le nom de\u00a0\u00absolution finale\u00bb : les enfumades et les emmurements. Nous en citerons trois non sans pr\u00e9ciser qu&rsquo;il eurent lieu &#8211; \u00e0 quelques jours pr\u00e8s &#8211; un si\u00e8cle avant les massacres de 1945.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-8181 alignleft\" src=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/cavaignac.png\" alt=\"\" width=\"210\" height=\"268\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6825 alignleft\" src=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/cavaignac.png\" alt=\"\" width=\"210\" height=\"268\" \/>1\/C&rsquo;est Cavaignac (1802 &#8211; 1857) &#8211; photo de gauche &#8211; qui \u00e9crivit pour la France \u00a0la premi\u00e8re sinistre page en enfumant hommes, femmes et enfants des tribus Sbih \u00e0 A\u00efn M\u00e9rane qui sera baptis\u00e9e par le nom de Rabelais.\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-8182 alignright\" src=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Mar\u00e9chal-Pelissier-190x300.jpg\" alt=\"\" width=\"190\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Mar\u00e9chal-Pelissier-190x300.jpg 190w, https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Mar\u00e9chal-Pelissier.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 190px) 100vw, 190px\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-6902 alignright\" src=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/Mar\u00e9chal-Pelissier-190x300.jpg\" alt=\"\" width=\"190\" height=\"300\" \/><\/p>\n<p>2\/ Il sera suivi par Aimable Pelissier (1794 &#8211; 1864) qui enfuma plus de 1500 personnes des Ouled Riah \u00e0 A\u00efn El- Frariche se contentant de noter noir sur blanc\u00a0 \u00ab\u00a0<strong>La peau d&rsquo;un seul de mes tambours avait plus de prix que la vie de tous ces mis\u00e9rables.\u00a0\u00bb\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>3\/ Le premier emmurement fut ordonn\u00e9 par Bugeaud (1784 &#8211; 1849) qui ordonna, en plein mois d&rsquo;ao\u00fbt 1845 d&#8217;emmurer 500 Arabes de Sbih a A\u00efn M\u00e9rane.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6937 alignleft\" src=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Ouled-Riah.jpg\" alt=\"\" width=\"192\" height=\"103\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6831 alignright\" src=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/Bugeaud.jpg\" alt=\"\" width=\"183\" height=\"285\" \/><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-5938\" src=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Grottes-de-Ouled-Riah.jpg\" alt=\"Grottes de Ouled Riah\" width=\"323\" height=\"259\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin nous sommes conscient d&rsquo;avoir dit peu de choses et esp\u00e9rons que ceux qui savent nous apprendront plus. Nous ajouterons, en toute sinc\u00e9rit\u00e9, que nous nous sommes inspir\u00e9 de deux sources essentiellement : \u00ab\u00a0L&rsquo;int\u00e9rieur du Maghreb XV\u00e8me \u2013 XIX\u00e8me si\u00e8cle\u00a0\u00bb de Jacques Berque publi\u00e9 aux \u00e9ditions Gallimard en 1978 et d&rsquo;une s\u00e9rie d&rsquo;entretiens que nous avons eus avec un authentique d\u00e9versoir de connaissances: le regrett\u00e9 Professeur Abdelmadjid M\u00e9ziane. Que les deux amis qu&rsquo;ils \u00e9taient reposent \u00a0en paix.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Mohamed &#8211; Senni. \u00a01.INTRODUCTION Raconter , avec toutes les tentatives d\u2019impartialit\u00e9 possibles, l\u2019histoire de Mazouna, depuis sa fondation par les Maghraoua, en passant par toutes les \u00e9tapes de l\u2019Histoire auxquelles elle participa, soit directement, soit en attisant les convoitises de grandes dynasties qui ont domin\u00e9, durant plusieurs si\u00e8cles, le Maghreb central \u2013 telles celles [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":9310,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[12],"tags":[],"class_list":{"0":"post-5930","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-mohamed-senni"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5930","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5930"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5930\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9309,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5930\/revisions\/9309"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9310"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5930"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5930"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5930"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}