{"id":6413,"date":"2017-07-11T13:02:29","date_gmt":"2017-07-11T13:02:29","guid":{"rendered":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/?p=6413"},"modified":"2019-07-28T18:44:09","modified_gmt":"2019-07-28T18:44:09","slug":"les-racines-occidentales-du-terrorisme-moyen-oriental","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/les-racines-occidentales-du-terrorisme-moyen-oriental\/","title":{"rendered":"Les racines occidentales du \u00abterrorisme moyen-oriental\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>Convaincus que le terrorisme, sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations, quels qu\u2019en soient les auteurs, le lieu et les buts, est inacceptable et injustifiable, les Etats membres de l\u2019ONU avaient finalement pu adopter, le 8 septembre 2006, une d\u00e9marche commune pr\u00e9voyant des mesures globales, coordonn\u00e9es et coh\u00e9rentes visant \u00e0 pr\u00e9venir et combattre le terrorisme, dans le cadre d\u2019une \u00ab Strat\u00e9gie antiterroriste mondiale des Nations Unies \u00bb. Mais, dix ann\u00e9es plus tard, la \u00ab communaut\u00e9 internationale \u00bb n\u2019est toujours pas parvenue \u00e0 s\u2019entendre sur une d\u00e9finition consensuelle de l\u2019objet \u00e0 combattre en commun. Or, celui-ci ne cesse de s\u2019amplifier et de s\u2019\u00e9tendre en infligeant une d\u00e9vastation et des souffrances indicibles, principalement aux Etats et aux peuples du monde arabo-musulman.<\/p>\n<p>Paradoxalement, c\u2019est \u00e0 ces m\u00eames victimes et \u00e0 leur religion majoritaire -l\u2019Islam- que certains, au m\u00e9pris des v\u00e9rit\u00e9s historiques les plus \u00e9tablies, imputent la paternit\u00e9 du terrorisme transnational et, partant, la mise en p\u00e9ril de la paix et de la s\u00e9curit\u00e9 internationales.<\/p>\n<p>Qu\u2019en est-il au juste de la responsabilit\u00e9 des uns et des autres dans la naissance et l\u2019expansion du ph\u00e9nom\u00e8ne de la violence dans les temps modernes ; une violence et ses cons\u00e9quences contre lesquelles des penseurs visionnaires comme Malek Bennabi et Eric E. Hobsbawm[1] avaient pourtant mis en garde le monde, au si\u00e8cle pass\u00e9 d\u00e9j\u00e0 ?<\/p>\n<p>Les avis ici expos\u00e9s sur cette th\u00e9matique br\u00fblante ne sont pas ceux exprim\u00e9s par des officiels ou des penseurs arabo-musulmans ; ni par des victimes civiles innocentes ne trouvant personne pour leur donner justice concernant les bombardements aveugles et meurtriers d\u2019avions et de drones occidentaux qu\u2019ils subissent \u00e9pisodiquement[2] ; ni m\u00eame par des Occidentaux, femmes et hommes de tous milieux, se convertissant \u00e0 l\u2019Islam nonobstant la diabolisation syst\u00e9matique dont celui-ci est l\u2019objet de mani\u00e8re constante[3]. Ils sont exprim\u00e9s par des Occidentaux, situ\u00e9s \u00e0 diff\u00e9rents niveaux d\u2019autorit\u00e9 et de responsabilit\u00e9 politique et morale, repr\u00e9sentant l\u2019avers et l\u2019envers de la m\u00e9daille du \u00abterrorisme\u00bb et pointant du doigt la responsabilit\u00e9 historique de certains gouvernements de pays occidentaux dans les trag\u00e9dies qui accablent les peuples du Moyen-Orient et d\u2019Afrique du Nord et dont le terrorisme barbare n\u2019est que la partie \u00e9merg\u00e9e de l\u2019iceberg des m\u00e9faits d\u2019une minorit\u00e9 d\u2019acteurs hyperpuissants et sans scrupules. A l\u2019\u00e9vidence, pour une partie de cette minorit\u00e9[4], celle notamment appartenant au complexe militaro-industriel, la vie humaine et l\u2019avenir de la civilisation universelle ne repr\u00e9sentent, au mieux, que de la menue monnaie.<\/p>\n<p>Ces avis sont repr\u00e9sentatifs d\u2019une voix \u00abpolitiquement incorrecte\u00bb dont l\u2019\u00e9cho peine \u00e0 se frayer un passage au milieu du tumulte m\u00e9diatique des discours d\u00e9magogiques des \u00abnouveaux bien-pensants\u00bb. Ce qui sera analys\u00e9 dans cette \u00e9tude c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce que l\u2019\u00ab\u00e9rudition\u00bb de ces derniers ne dit pas ou ne veut pas dire concernant la face cach\u00e9e du \u00abterrorisme\u00bb, tout entier et ind\u00fbment coll\u00e9 \u00e0 la peau de l\u2019Islam et des musulmans, et qui explique dans une large mesure les tenants et les aboutissants du d\u00e9r\u00e8glement de notre monde d\u00e9sormais irr\u00e9versiblement globalis\u00e9.<\/p>\n<p>A la recherche de l\u2019introuvable d\u00e9finition commune du \u00abterrorisme\u00bb<\/p>\n<p>Il y a peu, le magistrat Vincent Sizaire, auteur d\u2019un livre sur l\u2019\u00abimposture s\u00e9curitaire\u00bb[5], expliquait dans un article du MONDE diplomatique[6] les difficult\u00e9s qui s\u2019attachent de nos jours \u00e0 la qualification, sans risque de tomber dans le pi\u00e8ge de la manipulation, de la notion de \u00abterrorisme\u00bb. Voil\u00e0 plus de trente ans, dit-il, que \u00abla m\u00eame sc\u00e8ne se rejoue. A chaque attentat pr\u00e9sent\u00e9 comme terroriste, les partisans d\u2019un suppos\u00e9 r\u00e9alisme sortent du bois et nous pressent d\u2019adopter (enfin) des mesures qui, cens\u00e9es r\u00e9pondre \u00e0 la gravit\u00e9 du p\u00e9ril, exigent la mise entre parenth\u00e8ses plus ou moins durable de l\u2019Etat de droit\u00bb. Pour ce magistrat, la qualification de terrorisme rel\u00e8ve davantage du rapport de forces politique que de l\u2019herm\u00e9neutique juridique puisqu\u2019elle r\u00e9sulte n\u00e9cessairement d\u2019un rapport de forces et d\u2019une appr\u00e9ciation politiques, au terme desquels les pouvoirs en place l\u2019appliquent de fa\u00e7on plus ou moins discr\u00e9tionnaire \u00e0 tel ph\u00e9nom\u00e8ne d\u00e9lictueux plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 tel autre. Il souligne \u00e0 quel point il est probl\u00e9matique d\u2019utiliser, aujourd\u2019hui encore, le m\u00eame terme pour d\u00e9signer les activit\u00e9s de groupuscules fanatiques et obscurantistes et l\u2019action d\u2019opposants politiques \u00e0 des r\u00e9gimes autoritaires. Car en fait, ajoute-t-il, qualifier un acte de terroriste contribue, au moins autant que les revendications de ses auteurs, \u00e0 transformer ces derniers en \u00abh\u00e9rauts d\u2019une philosophie, d\u2019une religion, d\u2019une doctrine politique ou, pis encore, d\u2019une civilisation\u00bb. Ce qui pourrait avoir pour effet ind\u00e9sirable de contribuer \u00e0 rehausser la cause dont ces groupes se r\u00e9clament et de nourrir leur pouvoir de s\u00e9duction vis-\u00e0-vis d\u2019une jeunesse en d\u00e9sh\u00e9rence. Pour esp\u00e9rer d\u00e9samorcer ce pouvoir, Sizaire est d\u2019avis que le plus simple serait de refuser \u00e0 ces groupes l\u2019onction terroriste, pour ne les regarder que comme de vulgaires organisations criminelles ; autrement dit, de cesser de leur donner \u00abf\u00fbt-ce indirectement, cr\u00e9dit de leur pr\u00e9tention \u00e0 repr\u00e9senter autre chose que leur app\u00e9tit de pouvoir ou leur pulsion de mort\u00bb.<\/p>\n<p>D\u00e8s lors, il ne saurait \u00eatre question pour nous, \u00e0 travers ces lignes, de nourrir une quelconque pr\u00e9tention d\u2019avancer une nouvelle d\u00e9finition de cette notion de terrorisme, qui soit moins \u00e9quivoque que ce qui existe d\u00e9j\u00e0. Il faut savoir en effet qu\u2019il n\u2019existe pas encore de d\u00e9finition consensuelle au niveau international \u00e0 ce sujet. Alex Schmid et Albert Jongman recensent 109 d\u00e9finitions diff\u00e9rentes dans leur livre[7]. L\u2019ONU n\u2019arrive toujours pas \u00e0 s\u2019entendre sur une d\u00e9finition agr\u00e9\u00e9e de tous ses Etats membres depuis le 17 d\u00e9cembre 1996, date de l\u2019adoption par l\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de la r\u00e9solution 51\/210 par laquelle il fut d\u00e9cid\u00e9 de cr\u00e9er un Comit\u00e9 sp\u00e9cial charg\u00e9 d\u2019\u00e9laborer une convention g\u00e9n\u00e9rale sur le terrorisme international. M\u00eame les Etats-Unis d\u2019Am\u00e9rique d\u2019o\u00f9 fut lanc\u00e9e la \u00abguerre globale contre le terrorisme\u00bb (GWOT) en 2001, \u00abpersonne n\u2019est tout \u00e0 fait s\u00fbr de ce qu\u2019est au juste le terrorisme\u00bb, \u00e0 en croire Oliver Libaw d\u2019ABC News[8]. Ceci inclut les agences gouvernementales qui utilisent diff\u00e9rentes d\u00e9finitions de cette notion. Libaw pr\u00e9cise qu\u2019en d\u00e9pit de la pression exerc\u00e9e par les attaques du 11 Septembre sur le gouvernement pour s\u2019accorder sur une d\u00e9finition unique, aucun r\u00e9sultat notable n\u2019a pu \u00eatre obtenu. Selon Richard Betts, Directeur de l\u2019Institute of War and Peace Studies de l\u2019Universit\u00e9 de Columbia, cela est d\u00fb principalement au fait que \u00abtout le monde peut trouver une exception \u00e0 toute d\u00e9finition abstraite\u00bb.<\/p>\n<p>De beaux jours semblent ainsi promis \u00e0 la fameuse expression \u00able terroriste de l\u2019un, c\u2019est le combattant de la libert\u00e9 de l\u2019autre\u00bb[9], si souvent cit\u00e9e depuis qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e, pour la premi\u00e8re fois en 1975, par Gerald Seymour dans son livre \u00abHarry\u2019s Game\u00bb dont la trame se d\u00e9roule en Irlande du Nord autour d\u2019une histoire de \u00abterrorisme\u00bb de l\u2019IRA.<\/p>\n<p>Terrorisme, barbarie et\u2026 Islam !<\/p>\n<p>Pour une certaine pens\u00e9e en Occident, le terrorisme, la barbarie et l\u2019intol\u00e9rance sont consubstantiels \u00e0 l\u2019Islam en tant que religion ; ils ne constituent pas, comme l\u2019affirment \u00abcertains intellectuels rendus aveugles par leur pacifisme\u00bb, une d\u00e9viation par rapport au \u00abvrai Islam\u00bb. Par cons\u00e9quent, face aux \u00abfous de Dieu\u00bb musulmans qui \u00abconsid\u00e8rent le progr\u00e8s comme un mal, la tol\u00e9rance comme une faiblesse et le pacifisme comme un p\u00each\u00e9\u00bb et sont \u00abporteurs d\u2019un appel au meurtre et \u00e0 la destruction\u00bb, il faut opposer une r\u00e9sistance et une lutte implacables dans le cadre d\u2019une \u00ablongue Quatri\u00e8me Guerre mondiale\u00bb[10] ; \u00e0 l\u2019instar de celles livr\u00e9es par le \u00abmonde libre\u00bb contre le fascisme et le nazisme durant les Premi\u00e8re et Seconde Guerres mondiales et contre le communisme durant la \u00abTroisi\u00e8me Guerre mondiale\u00bb qui se serait achev\u00e9e avec la fin de la Guerre froide en 1989.<\/p>\n<p>Rien ne semble \u00e9branler les certitudes des tenants de cette \u00abpens\u00e9e dominante\u00bb souvent qualifi\u00e9e de n\u00e9oconservatrice, v\u00e9hicul\u00e9e principalement par des think tanks occidentaux et isra\u00e9liens et relay\u00e9e par nombre de leurs redoutables m\u00e9dias de masse. Et il serait vain de leur rappeler, par exemple, qu\u2019en l\u2019absence d\u2019une convention g\u00e9n\u00e9rale internationale sur le terrorisme (en raison notamment des divergences avec les pays occidentaux sur la d\u00e9finition du terrorisme, qu\u2019il faudrait distinguer de la lutte l\u00e9gitime des peuples pour l\u2019autod\u00e9termination et dans laquelle il faudrait inclure le \u00abterrorisme d\u2019\u00c9tat\u00bb), les Etats arabo-musulmans ont \u00e9labor\u00e9 leurs propres instruments juridiques contre le terrorisme dans le cadre des ensembles r\u00e9gionaux auxquels ils appartiennent ; que dans les ann\u00e9es 1990, un pays comme l\u2019Alg\u00e9rie avait lutt\u00e9 seul contre le terrorisme, durant une d\u00e9cennie et devant un mutisme international douteux; un terrorisme qui lui a co\u00fbt\u00e9 plus de 200.000 morts et des pertes \u00e9conomiques estim\u00e9es \u00e0 plus de 30 milliards de dollars[11] ; que les victimes de la \u00abbarbarie terroriste\u00bb continuent d\u2019\u00eatre \u00e0 95% musulmanes, vivant dans le monde arabo-musulman[12] ; que les plus hautes autorit\u00e9s officielles et les grands savants de l\u2019Islam ont condamn\u00e9 sans appel tant l\u2019id\u00e9ologie que les actions des groupes terroristes et que l\u2019\u00e9crasante majorit\u00e9 des populations du monde arabo-musulman rejette le terrorisme sous toutes ses formes et manifestations, comme le confirment les statistiques fournies par des agences et des instituts de sondage occidentaux eux-m\u00eames[13].<\/p>\n<p>En son temps, Julien Benda d\u00e9non\u00e7ait la \u00ab trahison des clercs \u00bb dans son livre le plus c\u00e9l\u00e8bre. Plus pr\u00e8s de nous, Pascal Boniface \u00e9pingle les \u00ab intellectuels faussaires \u00bb qui portent une lourde responsabilit\u00e9 dans \u00ab la place occup\u00e9e par le mensonge dans le d\u00e9bat public \u00bb. Il vise en particulier ceux qui, recourant \u00e0 l\u2019amalgame, font r\u00e9f\u00e9rence au \u00ab fascislamisme \u00bb et s\u2019inscrivent ainsi dans une d\u00e9marche n\u00e9oconservatrice qui prosp\u00e8re en Occident depuis les attentats du 11 septembre 2001.<\/p>\n<p>Nous avons d\u00e9j\u00e0 abord\u00e9 cette probl\u00e9matique de l\u2019Islam comme \u00e9pouvantail mobilisateur et rassembleur en Occident dans un travail pr\u00e9c\u00e9dent[14]. Nous y avions notamment signal\u00e9 \u00abun dangereux glissement s\u00e9mantique que nous ne cessons d\u2019observer depuis la chute du Mur de Berlin: de la \u201clutte antiterroriste\u201d, l\u2019on est pass\u00e9 \u00e0 la guerre contre le \u201cterrorisme islamiste\u201d puis \u00e0 celle contre l\u2019 \u201cextr\u00e9misme islamique\u201d. Et nous nous \u00e9tions alors interrog\u00e9s: \u00abAssistera-t-on bient\u00f4t \u00e0 l\u2019abandon des qualificatifs superflus et des euph\u00e9mismes hypocrites pour revendiquer ouvertement la guerre contre l\u2019Islam tout court ?\u00bb. Le temps semble nous avoir donn\u00e9 raison \u00e0 ce sujet, comme nous le verrons \u00e0 travers quelques exemples d\u2019\u00e9crits r\u00e9cents.<\/p>\n<p>Ainsi, Alexandre Del Valle, l\u2019auteur du livre \u00ab Le complexe occidental: Petit trait\u00e9 de d\u00e9culpabilisation \u00bb, est convaincu que \u00ab l\u2019Occident se trompe syst\u00e9matiquement d\u2019ennemis depuis la fin de la Guerre froide en d\u00e9signant comme tel la Russie, qui est pourtant un alli\u00e9 naturel g\u00e9opolitique et \u00e9nerg\u00e9tique face aux p\u00f4les totalitaires de l\u2019islamisme, donc face \u00e0 nos vrais ennemis \u00bb. Explicitant davantage sa pens\u00e9e, il soutient que \u00ab la pire menace pour nos soci\u00e9t\u00e9s gangren\u00e9es de l\u2019int\u00e9rieur par des Etats et institutions islamiques ayant pour horizon la charia et qui ambitionnent de conqu\u00e9rir\/islamiser l\u2019Europe, n\u2019est pas le djihadisme de Daech ou Al-Qa\u00efda \u00bb d\u00e8s lors que, pour lui, la source id\u00e9ologique et th\u00e9ologique du djihadisme r\u00e9side dans la charia, et que celle-ci n\u2019est ni remise en question ni r\u00e9form\u00e9e par les p\u00f4les soi-disant \u00ab mod\u00e9r\u00e9s \u00bb[15].<\/p>\n<p>Le m\u00eame discours guerrier est adopt\u00e9 par l\u2019historien Gabriel Martinez-Gros[16] qui estime que l\u2019Occident est tellement soucieux de pr\u00e9server paix et prosp\u00e9rit\u00e9 qu\u2019il ne veut pas se donner les moyens de lutter contre la violence, et s\u2019en trouve ainsi handicap\u00e9 face aux terroristes. Instrumentalisant les th\u00e8ses du grand penseur musulman Ibn Khaldoun, il pense que l\u2019Islam \u00ab est une religion n\u00e9e arm\u00e9e, aux marges d\u2019empires par d\u00e9finition pacifi\u00e9s, Byzance et l\u2019Empire sassanide, dont les tribus arabes formaient la contrepartie violente \u00bb et que les djihadistes d\u2019aujourd\u2019hui \u00ab ne font que prendre exemple sur Mahomet et les premiers califes \u00bb. Que faire alors ? Martinez-Gros affirme que face \u00e0 ce qu\u2019il appelle l\u2019 \u00ab imp\u00e9rialisme de la culpabilit\u00e9, un n\u00e9ocolonialisme de la repentance \u00bb et aux djihadistes, \u00ab la seule chose que peuvent opposer les d\u00e9mocraties, c\u2019est l\u2019action solidaire. Les producteurs de l\u2019empire doivent faire face ensemble \u00e0 la violence des confins \u00bb.<\/p>\n<p>Pis encore, des intellectuels comme Del Valle et Martinez-Gros r\u00e9ussissent \u00e0 entra\u00eener dans leur sillage une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de chroniqueurs de service z\u00e9l\u00e9s, originaires du Sud. En effet, dans une singuli\u00e8re entreprise d\u2019incrimination d\u2019un \u00ab certain discours colonial qui absout les islamistes \u00bb et au m\u00e9pris des faits historiques les plus av\u00e9r\u00e9s, ces chroniqueurs n\u2019h\u00e9sitent gu\u00e8re \u00e0 s\u2019en prendre publiquement et violemment \u00e0 tous ceux qui vilipendent l\u2019islamophobie rampante et qui se rendent \u00ab coupables \u00bb de ce fait d\u2019une \u00ab dangereuse d\u00e9rive qui, au nom de la d\u00e9nonciation du crime colonial ou \u2018imp\u00e9rialiste\u2019, s\u2019allie avec le discours islamiste \u00bb ! Ils encha\u00eenent dans l\u2019amalgame et l\u2019auto-flagellation en affirmant que \u00ab l\u2019Islam n\u2019est plus la forme d\u2019une foi, mais d\u2019un refus de vivre et de laisser vivre (\u2026) si aujourd\u2019hui l\u2019Islam est islamisme, c\u2019est aussi par ce que les gens de sa foi se taisent, laissent faire et s\u2019accommodent de la prise en otage de leur parole et de leur statut de victime pour geindre et confondre droits et abus \u00bb[17].<\/p>\n<p>Devant une aussi grossi\u00e8re confusion des genres, comment s\u2019emp\u00eacher de rappeler le mot retentissant d\u2019Arundati Roy \u00ab d\u00e9sormais, la guerre est appel\u00e9e paix et le noir est appel\u00e9 blanc \u00bb? Et comment ne pas compatir avec ceux qui, vaillamment, tentent de faire entendre sur cette th\u00e9matique du terrorisme \u00ab islamiste \u00bb, voire \u00ab islamique \u00bb, un discours plus constructif, diff\u00e9rent de celui omnipr\u00e9sent d\u2019aujourd\u2019hui, \u00e0 un moment o\u00f9 s\u2019exacerbent partout les plaies de l\u2019extr\u00e9misme, de l\u2019islamophobie, du racisme, de la x\u00e9nophobie et, au bout du compte, de l\u2019affrontement de tous contre tous !<\/p>\n<p>Dans le contexte fran\u00e7ais, qui est de nos jours le plus marqu\u00e9 par ces plaies, un d\u00e9bat d\u2019opinion houleux sur le th\u00e8me de l\u2019identit\u00e9 -que les politiciens de toutes ob\u00e9diences ne manquent pas d\u2019exploiter en pr\u00e9vision de la prochaine \u00e9lection pr\u00e9sidentielle- s\u2019est solidement install\u00e9. Mais des voix nouvelles commencent \u00e0 \u00e9merger, comme le r\u00e9sume bien Nicolas Truong dans une tribune[18] : \u00ab En philosophie comme en \u00e9conomie, une fronde intellectuelle conteste cette h\u00e9g\u00e9monie. Une r\u00e9futation de la notion, un rejet de son obsession, un ras-le-bol vis-\u00e0-vis d\u2019un d\u00e9bat qui tourne en rond \u00bb. Ces frondeurs se sont fix\u00e9 pour objectif premier de ne plus devoir choisir entre les deux discours les plus saillants dans ce d\u00e9bat : \u00ab celui des \u2018r\u00e9publicains fervents et martiaux\u2019 qui rejouent ad nauseam la patrie en danger (\u2026) et celui des \u2018amis des musulmans\u2019 qui font de la lutte contre l\u2019islamophobie le refuge de l\u2019esprit frondeur et le point de ralliement contre le capitalisme (\u2026) Ces deux positions sont aussi incompl\u00e8tes et de mauvaise foi l\u2019une que l\u2019autre \u00bb[19]. Pour Guy Sorman, \u00ab face \u00e0 cette d\u00e9ferlante de l\u2019intol\u00e9rance, se taire serait une nouvelle trahison des clercs \u00bb[20].<\/p>\n<p>Pour les \u00ab intellectuels faussaires \u00bb, adeptes de la th\u00e8se du \u00ab choc des civilisations \u00bb de Bernard Lewis et de Samuel Huntington et autres thurif\u00e9raires de l\u2019extr\u00eame droite triomphante sp\u00e9cialement, et pour les faiseurs d\u2019opinion en g\u00e9n\u00e9ral, la lecture du dictionnaire des \u00ab barbares \u00bb[21] de l\u2019historien Bruno Dum\u00e9zil ne serait sans doute pas inutile. Fort opportun\u00e9ment, l\u2019auteur y explique comment et pourquoi les Grecs ont invent\u00e9 le mot \u00ab barbare \u00bb. Avant d\u2019\u00eatre une notion, dit-t-il, ce mot d\u00e9signait \u00ab celui qui parle bizarrement \u00bb. A l\u2019origine donc, les Grecs avaient un besoin anthropologique du \u00ab barbare \u00bb pour pouvoir se d\u00e9finir eux-m\u00eames: \u00ab Pour qu\u2019il y ait des Grecs, il faut qu\u2019il y ait des Barbares et, avant qu\u2019il y en e\u00fbt, il n\u2019y avait pas vraiment de Grecs \u00bb. Ce mot devient ensuite synonyme d\u2019 \u00ab un \u00eatre mena\u00e7ant (\u2026) l\u2019autre total, un autre militaire, politique, religieux, humain \u00bb. Une d\u00e9finition que l\u2019on retrouvera plus tard, en permanence, chez d\u2019autres civilisations. Il en sera ainsi pour la caract\u00e9risation de l\u2019Islam et des musulmans, selon Dum\u00e9zil : \u00ab l\u2019Islam de ce point de vue, a subi des variations ondulatoires. Le musulman est barbare \u00e0 l\u2019\u00e9poque de \u2018La chanson de Roland\u2019, o\u00f9 il est d\u00e9crit comme le pa\u00efen absolu[22]. Mais du temps des croisades, l\u2019Occident d\u00e9couvre vraiment le musulman et son monoth\u00e9isme. Il lui livre combat, mais passe son temps aussi \u00e0 n\u00e9gocier avec lui. Il cesse d\u2019\u00eatre le \u2018barbare\u2019 qu\u2019il redevient au XVIe si\u00e8cle, au moment des grands affrontements avec les Turcs. Au XVIIIe si\u00e8cle, la civilisation de l\u2019Islam est id\u00e9alis\u00e9e par les Lumi\u00e8res. Au si\u00e8cle suivant, avec la colonisation, le musulman redevient barbare, ce qu\u2019il cesse d\u2019\u00eatre avec la d\u00e9colonisation \u00bb. Dum\u00e9zil ajoute une judicieuse pr\u00e9cision selon laquelle on parle aujourd\u2019hui plus de barbarie que de barbare, car la dimension ethnique n\u2019est plus acceptable. Mais, \u00ab dans ces termes devenus tr\u00e8s vagues, on peut r\u00e9injecter tous les st\u00e9r\u00e9otypes: le barbare est l\u2019autre qui n\u2019est pas comme nous \u00bb. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 cela que Del Valle fait r\u00e9f\u00e9rence en parlant d\u2019 \u00ab Etats et organisations \u00e9trangers qui n\u2019adh\u00e8rent ni \u00e0 nos coutumes et lois occidentales ni \u00e0 la d\u00e9mocratie et au pluralisme religieux totalement bafou\u00e9s chez eux \u00bb[23].<\/p>\n<p>La responsabilit\u00e9 de l\u2019Occident dans la naissance et l\u2019\u00e9volution du terrorisme transnational<\/p>\n<p>D\u2019aucuns estiment que l\u2019islamisme radical et le djihadisme ne sont pas une \u00ab cr\u00e9ation \u00bb exclusive de l\u2019Occident. Soutenir le contraire, argumentent-ils, \u00e9quivaudrait \u00e0 surestimer l\u2019influence occidentale dans des r\u00e9gions comme le Moyen-Orient et le Sud-est asiatique o\u00f9 de nombreux autres facteurs, aussi bien locaux qu\u2019internationaux, ont contribu\u00e9 \u00e0 leur d\u00e9veloppement sur une longue p\u00e9riode de temps. Ceci est vrai. Mais, il est un fait toutefois -dont se convainc un nombre croissant de penseurs, d\u2019analystes politiques et de citoyens ordinaires de par le monde- que les politiques poursuivies par les puissances occidentales, anglo-saxonnes surtout, ont grandement favoris\u00e9 l\u2019\u00e9mergence et l\u2019expansion de ces ph\u00e9nom\u00e8nes, notamment depuis les \u00e9v\u00e9nements embl\u00e9matiques du 11 septembre 2001 et leurs \u00absous-produits\u00bb guerriers afghan et irakien.<\/p>\n<p>Le r\u00f4le de la Grande-Bretagne<\/p>\n<p>Ce point de vue est partag\u00e9 par Mark Curtis qui a document\u00e9 la collusion du Royaume-Uni avec l\u2019Islam radical depuis le si\u00e8cle dernier dans un livre[24] qui a fait couler beaucoup d\u2019encre depuis sa parution en 2010. S\u2019appuyant sur une documentation fiable[25], il d\u00e9cortique un aspect de la politique \u00e9trang\u00e8re britannique qui a \u00e9t\u00e9, longtemps, curieusement ignor\u00e9 ou d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment occult\u00e9 par les grands m\u00e9dias. Cette connivence a \u00ab une longue histoire qui a contribu\u00e9 non seulement \u00e0 la mont\u00e9e de l\u2019Islam radical lui-m\u00eame, mais aussi \u00e0 celle du terrorisme international que la nouvelle Strat\u00e9gie de S\u00e9curit\u00e9 Nationale du gouvernement britannique d\u00e9signe comme la plus grosse menace pour le pays \u00bb et que le plus haut grad\u00e9 des militaires du Royaume a identifi\u00e9e comme \u00ab le combat de notre g\u00e9n\u00e9ration, peut-\u00eatre notre Guerre de Trente Ans \u00bb.<\/p>\n<p>Curtis note que les raisons ayant conduit aux attentats de Londres du 7 juillet 2005, consid\u00e9r\u00e9s par les Britanniques comme leur \u00ab 11 septembre \u00bb, ont fait l\u2019objet d\u2019\u00e2pres discussions, notamment entre les commentateurs de droite qui bl\u00e2m\u00e8rent la culture lib\u00e9rale ambiante et ceux de gauche qui consid\u00e9r\u00e8rent que ces \u00e9v\u00e9nements sont imputables aux interventions militaires britanniques en Afghanistan et en Irak ainsi qu\u2019au soutien apport\u00e9 par Londres \u00e0 Isra\u00ebl dans son conflit en Palestine occup\u00e9e. Ce dernier point de vue \u00e9tait renforc\u00e9 par les conclusions de deux rapports secrets pr\u00e9c\u00e9dant lesdits \u00e9v\u00e9nements et ayant ult\u00e9rieurement fait l\u2019objet de fuites. Dans le premier rapport, datant d\u2019avril 2005, la Commission Conjointe sur la S\u00e9curit\u00e9 indique que \u00ab le conflit en Irak a exacerb\u00e9 la menace provenant du terrorisme international et continuera d\u2019avoir un impact sur le long terme. Il a renforc\u00e9 la d\u00e9termination de terroristes d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9s \u00e0 attaquer l\u2019Occident et motiv\u00e9 d\u2019autres qui ne l\u2019\u00e9taient pas encore \u00bb. Dans le second, intitul\u00e9 \u00ab Jeunes musulmans et extr\u00e9misme \u00bb, r\u00e9dig\u00e9 cons\u00e9cutivement \u00e0 une r\u00e9union conjointe Minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur\/Foreign Office, il \u00e9tait indiqu\u00e9 qu\u2019il pr\u00e9valait une perception de \u00ab duplicit\u00e9 \u00bb parmi nombre de musulmans en Grande-Bretagne qui pensent que la politique \u00e9trang\u00e8re britannique, dans des endroits tels que l\u2019Irak, l\u2019Afghanistan, le Cachemire et la Tch\u00e9tch\u00e9nie, est \u00ab hostile \u00e0 l\u2019Islam \u00bb.<\/p>\n<p>Curtis pr\u00e9cise toutefois qu\u2019il existe un maillon manquant dans cette cha\u00eene narrative dans la mesure o\u00f9 la contribution du Royaume-Uni \u00e0 l\u2019\u00e9mergence de la menace terroriste va bien au-del\u00e0 de l\u2019impact que ses guerres en Afghanistan et en Irak ont pu avoir sur quelques individus. Le plus important dans cette histoire est, selon lui, que les gouvernements britanniques, aussi bien travaillistes que conservateurs, ont, des d\u00e9cennies durant, conniv\u00e9 avec des forces radicales islamiques, y compris des organisations terroristes. Ils ont conniv\u00e9 avec elles, travaill\u00e9 \u00e0 leurs c\u00f4t\u00e9s et les ont, parfois, entra\u00een\u00e9es et financ\u00e9es, souligne-t-il, dans le but de promouvoir des objectifs sp\u00e9cifiques de politique \u00e9trang\u00e8re et plus particuli\u00e8rement ceux visant \u00e0 pr\u00e9server d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment ce qui restait de puissance et d\u2019influence britanniques au niveau international et surtout dans des r\u00e9gions consid\u00e9r\u00e9es comme n\u00e9vralgiques mais o\u00f9 ils n\u2019\u00e9tait plus possible d\u2019imposer leur volont\u00e9 et leurs int\u00e9r\u00eats de mani\u00e8re unilat\u00e9rale ou en s\u2019appuyant sur d\u2019autres alli\u00e9s locaux.<\/p>\n<p>Dans une fiche de lecture de ce livre, publi\u00e9e dans le quotidien The Independent, Kim Sengupta, \u00e9crit : \u00ab pendant des ann\u00e9es, des groupes islamistes violents ont \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9s \u00e0 s\u2019installer au Royaume-Uni, utilisant ce pays comme base de lancement d\u2019attaques \u00e0 l\u2019\u00e9tranger \u00bb[26]. Ce fait \u00e9tait tol\u00e9r\u00e9 dans la croyance que ces groupes ne commettraient pas d\u2019attentats dans le pays o\u00f9 ils sont \u00e9tablis et qu\u2019aussi longtemps qu\u2019ils y demeureraient, les services de s\u00e9curit\u00e9 seraient en mesure de les infiltrer. Sengupta dit qu\u2019il y avait m\u00eame un nom pour cette \u00ab accommodation immorale: engagement de s\u00e9curit\u00e9 \u00bb, et que \u00ab nous savons maintenant que les djihadistes feront sauter leur pays de r\u00e9sidence et que les agences de s\u00e9curit\u00e9 n\u2019ont pas r\u00e9ussi \u00e0 infiltrer les cellules terroristes lorsqu\u2019elles en avaient la possibilit\u00e9. Le prix en est pay\u00e9 aujourd\u2019hui tant \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur qu\u2019\u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur \u00bb du Royaume-Uni.<\/p>\n<p>Dans une autre fiche de lecture du m\u00eame livre, Adam Brown[27], \u00e9crit : \u00ab Cinquante ans durant, l\u2019Occident, principalement la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, ont secr\u00e8tement utilis\u00e9 des individus et des groupes islamiques radicaux pour servir des objectifs de politique \u00e9trang\u00e8re\u00bb. Brown rappelle \u00e0 cet effet que le Royaume-Uni a appuy\u00e9 secr\u00e8tement les services secrets pakistanais (ISI) qui sont \u00ab responsables de l\u2019entra\u00eenement de milliers de terroristes, dont trois se sont trouv\u00e9s impliqu\u00e9s dans les attaques du 7 juillet \u00bb et qu\u2019en 1994 \u00ab Ben Laden a ouvert un bureau \u00e0 Wembley, au nord de Londres, sous le nom de Advice and Reformation Committee. A partir de ce bureau il lan\u00e7a son djihad mondial \u00bb. Eu \u00e9gard \u00e0 cette histoire secr\u00e8te qui se perp\u00e9tue depuis cinquante ans, dit-il, le 11 Septembre et le 7 juillet peuvent \u00eatre vus comme le r\u00e9sultat d\u2019une politique \u00e9trang\u00e8re occidentale connaissant un spectaculaire retour de b\u00e2ton.<\/p>\n<p>Il n\u2019est pas inutile ici d\u2019apporter un \u00ab\u00e9clairage fran\u00e7ais\u00bb sur ces racines britanniques du terrorisme, \u00e0 travers le point de vue de Jacques Cheminade, candidat \u00e0 l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle fran\u00e7aise 2017, expos\u00e9 dans un entretien[28] accord\u00e9 lors d\u2019un colloque organis\u00e9 par l\u2019Acad\u00e9mie g\u00e9opolitique de Paris \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale en 2014. Cheminade y indique qu\u2019 \u00abil est aujourd\u2019hui fondamental de comprendre que les racines du terrorisme international (la violence inflig\u00e9e par principe \u00e0 l\u2019autre pour ce qu\u2019il est) sont britanniques, pour \u00e9viter de commettre des erreurs d\u2019\u00e9valuation d\u00e9sastreuses au sein des temp\u00eates politiques et strat\u00e9giques de notre temps\u00bb. Il ne s\u2019agit pas \u00abde la responsabilit\u00e9 du Royaume-Uni proprement dite mais de la matrice imp\u00e9riale britannique qui a pris diff\u00e9rentes formes dans son histoire\u00bb, laquelle repose sur \u00abune combinaison d\u2019influence \u00e9conomique, de guerre irr\u00e9guli\u00e8re, de d\u00e9sorganisation des structures \u00e9tatiques et de guerre globale, le terrorisme \u00e9tant le levier permettant \u00e0 la combinaison de fonctionner au plus haut niveau d\u2019efficacit\u00e9 destructrice. Le terrorisme n\u2019est donc pas un accident ou une arme isol\u00e9e, mais une pi\u00e8ce ma\u00eetresse sur un \u00e9chiquier complet. Il ne faut pas le penser d\u2019abord comme un terrorisme d\u2019Etat, bien qu\u2019il puisse prendre cette forme, mais comme arme d\u2019un Empire qui hier \u00e9tait maritime et colonial et qui est devenu aujourd\u2019hui offshore ou hors sol, \u00e0 partir de la City de Londres, de Wall Street et de leurs paradis fiscaux. Cet Empire r\u00e9cup\u00e8re toutes les arri\u00e9rations, tous les fondamentalismes religieux soi-disant r\u00e9g\u00e9n\u00e9rateurs et tous les archa\u00efsmes, y compris l\u2019outrage fait aux femmes, et en joue syst\u00e9matiquement\u00bb.<\/p>\n<p>Le r\u00f4le des Etats-Unis d\u2019Am\u00e9rique<\/p>\n<p>En promouvant sa strat\u00e9gie d\u00e9taill\u00e9e plus haut, La Grande-Bretagne a r\u00e9guli\u00e8rement collabor\u00e9 avec les Etats-Unis qui ont une histoire similaire de collusion avec l\u2019Islam radical, nous dit Mark Curtis: \u00abEn raison de la puissance britannique d\u00e9clinante, les op\u00e9rations anglo-am\u00e9ricaines ont chang\u00e9 de nature \u00e0 travers le temps, passant d\u2019entreprises v\u00e9ritablement conjointes au lendemain de la Seconde Guerre mondiale \u00e0 des actions o\u00f9 Londres prit l\u2019habitude de jouer le r\u00f4le du partenaire mineur, souvent pourvoyeur de forces sp\u00e9ciales participant \u00e0 des op\u00e9rations dirig\u00e9es par Washington. Occasionnellement, le Royaume-Uni a agi de facto comme le bras arm\u00e9 clandestin du gouvernement am\u00e9ricain, faisant la \u00ab sale besogne \u00bb que Washington ne pouvait pas, ou ne voulait pas, faire\u00bb.<\/p>\n<p>Dans son livre paru en 2005, Robert Dreyfuss analyse de mani\u00e8re plus d\u00e9taill\u00e9e le r\u00f4le am\u00e9ricain dans ce \u00abjeu diabolique\u00bb[29]. Pr\u00e9sent\u00e9 comme \u00e9tant la premi\u00e8re enqu\u00eate approfondie sur un soutien am\u00e9ricain au \u00ab fondamentalisme islamique \u00bb qualifi\u00e9 de \u00ab plus dangereuse erreur de jugement \u00bb en mati\u00e8re de politique \u00e9trang\u00e8re des Etats-Unis, ce livre est un t\u00e9moignage essentiel. Bas\u00e9 sur des archives peu exploit\u00e9es auparavant et sur de nombreuses interviews avec des d\u00e9cideurs politiques et des responsables issus de la CIA, du Pentagone et du D\u00e9partement d\u2019Etat, il analyse les cons\u00e9quences de \u00ab soixante ans d\u2019efforts malavis\u00e9s \u00bb des \u00c9tats-Unis dans le but de dominer la r\u00e9gion \u00e9conomiquement et strat\u00e9giquement vitale du Moyen-Orient. Dreyfuss soutient que c\u2019est cette alliance historique de Washington avec la droite islamique qui est \u00e0 bl\u00e2mer en ce qui concerne l\u2019\u00e9mergence du terrorisme islamiste dans les ann\u00e9es 1990. Parmi les histoires cach\u00e9es de cette collusion avec l\u2019Islam radical r\u00e9v\u00e9l\u00e9es dans ce livre, figurent la rencontre, en 1953, entre le Pr\u00e9sident Dwight Eisenhower et un leader des Fr\u00e8res musulmans dans le bureau ovale de la Maison Blanche et l\u2019alliance secr\u00e8te scell\u00e9e ult\u00e9rieurement avec ce groupe \u00ab et ses mentors saoudiens contre le Pr\u00e9sident \u00e9gyptien Nasser \u00bb. L\u2019auteur y documente aussi \u00ab le financement par la CIA des Ayatollahs iraniens dans le cadre du coup d\u2019Etat ayant remis au pouvoir le Chah d\u2019Iran, l\u2019appui des Etats-Unis aux efforts de l\u2019Arabie Saoudite pour cr\u00e9er un bloc islamique mondial servant d\u2019antidote au nationalisme arabe, ainsi que les liens anciens entre les fondamentalistes islamiques et les grandes banques occidentales \u00bb. Il raconte par ailleurs comment, dans les ann\u00e9es 1970, \u00ab une clique de strat\u00e8ges am\u00e9ricains a exploit\u00e9 l\u2019Islam politique afin de mener une guerre par procuration contre l\u2019Union sovi\u00e9tique en Afghanistan, conduisant \u00e0 la mont\u00e9e des Talibans \u00bb. Dreyfuss met ainsi en lumi\u00e8re une \u00ab histoire faite de duplicit\u00e9 et d\u2019exploitation cynique qui se poursuit \u00e0 ce jour, comme c\u2019est le cas en Irak o\u00f9 les \u00c9tats-Unis appuient des radicaux islamistes alli\u00e9s avec le clerg\u00e9 iranien \u00bb. Il en conclut que \u00ab loin de promouvoir la d\u00e9mocratie et la s\u00e9curit\u00e9 \u00bb, cette politique produira, \u00e0 coup s\u00fbr, d\u2019autres \u00ab b\u00e9vues et retours de manivelle \u00bb \u00e0 l\u2019avenir.<\/p>\n<p>Pour sa part, Noam Chomsky -consid\u00e9r\u00e9 par beaucoup comme le plus grand penseur vivant- r\u00e9it\u00e9ra dans une interview accord\u00e9e en octobre 2014 au m\u00e9dia am\u00e9ricain TruthOut, \u00e0 l\u2019occasion de la parution de son livre sur \u00ab Les ma\u00eetres de l\u2019humanit\u00e9 \u00bb[30], sa conviction maintes fois exprim\u00e9e que les \u00c9tats-Unis, comme le Royaume-Uni avant eux, ont eu tendance \u00e0 soutenir l\u2019Islam radical et \u00e0 s\u2019opposer au nationalisme la\u00efc que les deux \u00c9tats imp\u00e9riaux ont toujours vu comme plus dangereux pour leurs objectifs de domination et de contr\u00f4le. Quand les options s\u00e9culi\u00e8res sont brim\u00e9es, dit-il, l\u2019extr\u00e9misme religieux remplit souvent le vide ainsi laiss\u00e9. L\u2019\u00e9mergence de l\u2019EIIL (Daech, pour l\u2019acronyme arabe) et plus g\u00e9n\u00e9ralement la propagation du djihadisme \u00absont une cons\u00e9quence somme toute naturelle du coup de massue de Washington contre la fragile soci\u00e9t\u00e9 d\u2019Irak qui arrivait \u00e0 peine \u00e0 maintenir sa coh\u00e9sion cons\u00e9cutivement \u00e0 une d\u00e9cennie de sanctions am\u00e9ricano-britanniques tellement on\u00e9reuses et implacables qu\u2019elles pouss\u00e8rent les respectables diplomates internationaux charg\u00e9s de leur mise en \u0153uvre \u00e0 travers les Nations Unies \u00e0 pr\u00e9senter leur d\u00e9mission en signe de protestation tout en qualifiant ces sanctions de g\u00e9nocidaires \u00bb. Pour Chomsky, \u00ab une des sinistres cons\u00e9quences de l\u2019agression am\u00e9ricano-britannique fut qu\u2019elle enflamma les conflits sectaires qui d\u00e9chirent \u00e0 pr\u00e9sent l\u2019Irak en lambeaux et s\u2019\u00e9tendent \u00e0 toute la r\u00e9gion avec les cons\u00e9quences d\u00e9sastreuses \u00bb que l\u2019on sait. Dans cette m\u00eame interview, Chomsky se d\u00e9clara en accord avec Graham Fuller, l\u2019ex-agent de la CIA devenu professeur d\u2019universit\u00e9 au Canada, qui affirmait \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode que \u00ab Les Am\u00e9ricains n\u2019ont pas planifi\u00e9 la formation de l\u2019EIIL, mais leurs interventions destructrices au Moyen-Orient et la guerre en Irak \u00e9taient les causes principales de la naissance de l\u2019EIIL \u00bb[31].<\/p>\n<p>Robert F. Kennedy Jr., neveu du Pr\u00e9sident am\u00e9ricain assassin\u00e9, J.F. Kennedy, a lui aussi examin\u00e9 la longue histoire des interventions violentes de son pays dans la r\u00e9gion du Moyen-Orient depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il explique dans un long article du magazine am\u00e9ricain \u00abPolitico\u00bb[32] pourquoi il faut \u00aballer au-del\u00e0 des explications commodes de la religion et de l\u2019id\u00e9ologie\u00bb. Nous devons examiner, dit-il, les raisons plus complexes de l\u2019histoire et du p\u00e9trole et comment elles font souvent pointer un doigt accusateur en direction des rivages am\u00e9ricains. Selon lui, le registre peu reluisant de ces interventions peu connues du peuple am\u00e9ricain \u00aba constitu\u00e9 un terrain fertile pour le djihadisme islamique qui rend aujourd\u2019hui compliqu\u00e9e toute r\u00e9ponse efficace par notre gouvernement au d\u00e9fi pos\u00e9 par l\u2019EIIL\u00bb. Afin de comprendre la dynamique destructrice \u00e0 l\u2019\u0153uvre au Moyen-Orient, il faut garder \u00e0 l\u2019esprit, ajoute-t-il, que \u00abla CIA avait nourri le djihadisme violent en tant qu\u2019arme de la Guerre froide\u00bb. Il faut \u00e9galement \u00eatre conscient du fait qu\u2019 \u00abau cours des sept derni\u00e8res d\u00e9cennies, les fr\u00e8res Dulles, le gang Cheney, les n\u00e9oconservateurs et consorts ont d\u00e9tourn\u00e9 ce principe fondamental de l\u2019id\u00e9alisme am\u00e9ricain et d\u00e9ploy\u00e9 notre appareil militaire et de renseignement au service des int\u00e9r\u00eats mercantiles des grandes entreprises et, en particulier, les compagnies p\u00e9troli\u00e8res et les entrepreneurs militaires qui se sont litt\u00e9ralement enrichis de ces conflits\u00bb.<\/p>\n<p>Co-auteur avec N. Chomsky d\u2019un livre[33] qui a fait date, Andr\u00e9 Vltchek a publi\u00e9 une tribune[34] o\u00f9 il d\u00e9nonce la responsabilit\u00e9 de l\u2019establishment am\u00e9ricain et de ses principaux alli\u00e9s dans le monde en mati\u00e8re de terrorisme transnational. D\u2019embl\u00e9e, il y donne le ton en affirmant que \u00ab si l\u2019Occident en g\u00e9n\u00e9ral, et les \u00c9tats-Unis en particulier, pliaient bagages et laissaient le monde arabo-musulman tranquille, nous ne verrions probablement plus jamais toutes ces attaques terroristes qui secouent aujourd\u2019hui le monde, de l\u2019Indon\u00e9sie \u00e0 la France \u00bb. Il soutient que \u00ab l\u2019Islam a \u00e9t\u00e9 us\u00e9 et abus\u00e9, manipul\u00e9 et pratiquement d\u00e9pouill\u00e9 de son essence \u00bb. Vltchek ajoute que \u00ab tel un enfant m\u00e9chant, g\u00e2t\u00e9 et sans c\u0153ur, l\u2019Occident, apr\u00e8s avoir d\u00e9truit l\u2019Union sovi\u00e9tique, a soigneusement construit son nouvel ennemi -l\u2019Islam militant- afin de pouvoir continuer \u00e0 se livrer \u00e0 son activit\u00e9 pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e qui est le conflit perp\u00e9tuel, les guerres et les pillages sans fin \u00bb. Et que dire de la \u00ab guerre contre le terrorisme \u00bb ? Se demande-t-il: \u00ab Oui, une telle guerre existe bel et bien, mais ce n\u2019est pas l\u2019Occident qui la m\u00e8ne. Au moment d\u2019\u00e9criture de ces lignes, la guerre contre le terrorisme est livr\u00e9e par la Russie, l\u2019Iran, la Chine, la Syrie, le Hezbollah et leurs alli\u00e9s ! \u00bb, tandis que l\u2019Occident \u00ab continue de collaborer \u00e9troitement avec les terroristes. Comme par miracle, il \u2018\u00e9vite de les cibler\u2019 lorsqu\u2019il \u2018est en guerre contre eux\u2019; il finance les uns et entra\u00eene les autres. Il critique et s\u2019oppose \u00e0 ceux qui sont r\u00e9ellement en train de combattre les groupes militants extr\u00e9mistes \u00bb. Ceux-ci, dit-il, \u00ab ont \u00e9t\u00e9 fabriqu\u00e9s \u00e0 Washington, Riyad, Londres, Doha (et tr\u00e8s probablement m\u00eame \u00e0 Tel Aviv) pour plusieurs raisons concr\u00e8tes, toutes absolument immondes \u00bb. Et de conclure sa tribune en affirmant qu\u2019 \u00ab il y a eu trop d\u2019 \u2018\u00e9pisodes\u2019[35], trop de sang\u2026il est temps de dire ce qui para\u00eet d\u00e9sormais \u00e9vident: l\u2019establishment am\u00e9ricain n\u2019est pas en train de lutter contre le \u2018terrorisme musulman\u2019, ou m\u00eame l\u2019 \u2018extr\u00e9misme\u2019; il est en train de les fabriquer et de les injecter partout \u00bb.<\/p>\n<p>Par ailleurs, un article[36] du magazine \u00e9lectronique am\u00e9ricain Foreign Policy Journal datant d\u2019ao\u00fbt 2015, nous apprend que la Maison Blanche avait pris la d\u00e9cision d\u2019aider les rebelles arm\u00e9s en Syrie malgr\u00e9 les avertissements des services secrets qui pr\u00e9voyaient l\u2019av\u00e8nement du groupe \u00c9tat islamique. Cette information stup\u00e9fiante a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e par l\u2019ancien chef de la Defense Intelligence Agency (DIA), le Lieutenant G\u00e9n\u00e9ral Michael Flynn, lors du dernier \u00e9pisode de l\u2019\u00e9mission \u00ab Head to Head \u00bb de la cha\u00eene satellitaire qatarie Al Jazeera. Ce tr\u00e8s haut fonctionnaire des renseignements du Pentagone (d\u00e9missionnaire de son poste en avril 2014, \u00e0 la surprise g\u00e9n\u00e9rale) fut auparavant le Directeur des renseignements pour le Centre de commande des op\u00e9rations sp\u00e9ciales et, en cette qualit\u00e9, avait pour principale mission de traquer Oussama Ben Laden et de d\u00e9manteler Al-Qa\u00efda. Durant l\u2019\u00e9mission, Flynn affirma que non seulement il avait bien \u00e9tudi\u00e9 le rapport secret de sept pages de la DIA lorsqu\u2019il lui fut soumis en 2012, mais aussi que le sponsoring de groupes djihadistes radicaux (qui deviendront EI et Al Nosra) par la Maison Blanche et le transfert d\u2019armes vers ces groupes dans le but de contrer le r\u00e9gime d\u2019Al Assad furent \u00ab une d\u00e9cision d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e \u00bb. Le rapport, d\u00e9classifi\u00e9 en 2015 par d\u00e9cision de justice, disait \u00e0 ce sujet: \u00ab Il existe une possibilit\u00e9 d\u2019\u00e9tablir une principaut\u00e9 salafiste en Syrie orientale et c\u2019est exactement ce que veulent les puissances soutenant l\u2019opposition syrienne, afin d\u2019isoler le r\u00e9gime syrien \u00bb.<\/p>\n<p>Une autre information troublante concernant le r\u00f4le des Etats-Unis dans l\u2019exacerbation de la menace terroriste dans le monde a \u00e9t\u00e9 avanc\u00e9e dans une interview accord\u00e9e par Nada Bakos[37], une ancienne analyste de la CIA ayant fait partie de l\u2019\u00e9quipe de la Navy Seal qui a traqu\u00e9 et retrouv\u00e9 Ben Laden \u00e0 Abottabad au Pakistan en mai 2011. Selon elle, les Etats-Unis ont commis une erreur monumentale en n\u2019\u00e9liminant pas au plus vite Abou Mousaab Al-Zarqawi, le leader d\u2019Al-Qa\u00efda en Irak, l\u2019anc\u00eatre de l\u2019EI, alors qu\u2019ils en avaient la possibilit\u00e9, avant m\u00eame l\u2019invasion de l\u2019Irak en 2003. Elle affirme que c\u2019est le Pr\u00e9sident George W. Bush qui avait refus\u00e9 d\u2019autoriser le tir, car celui-ci risquait de perturber les plans d\u2019invasion et que si Al-Zarqawi avait \u00e9t\u00e9 \u00e9limin\u00e9 \u00e0 ce moment-l\u00e0, l\u2019EI \u00ab n\u2019aurait certainement pas le pouvoir qu\u2019il a aujourd\u2019hui \u00bb.<\/p>\n<p>Ces informations et d\u2019autres ont \u00e9t\u00e9 rappel\u00e9es dans un film documentaire de 52 minutes diffus\u00e9 par la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision ARTE[38] qui explique \u00ab comment, de Bush \u00e0 Obama, l\u2019Am\u00e9rique a laiss\u00e9 prosp\u00e9rer la terreur aveugle dont Daech a repris le flambeau. D\u2019anciens membres du renseignement, des repr\u00e9sentants des forces am\u00e9ricaines en Irak, l\u2019ancien Secr\u00e9taire d\u2019Etat Colin Powell et des experts du terrorisme retracent, archives \u00e0 l\u2019appui, les treize ans de guerre perdue contre la terreur \u00bb.<\/p>\n<p>Enfin, et ce n\u2019est pas le moins important, lors de la campagne pr\u00e9sidentielle am\u00e9ricaine de 2016, le candidat r\u00e9publicain, Donald Trump, a d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019il maintenait les propos qu\u2019ils avait tenus auparavant en Floride, selon lesquels le Pr\u00e9sident Barack Obama \u00ab est le fondateur de l\u2019EIIL \u00bb. Et quand l\u2019animateur conservateur de l\u2019\u00e9mission de radio, Hugh Hewitt, tenta de clarifier la position de D. Trump en disant qu\u2019il l\u2019avait comprise comme signifiant \u00ab qu\u2019il (Obama) a cr\u00e9\u00e9 un vide, qu\u2019il a perdu la paix \u00bb, le candidat Trump objecta en affirmant \u00ab Non ! Je voulais dire qu\u2019il est le fondateur de l\u2019EIIL. Je le pense vraiment. Il a \u00e9t\u00e9 l\u2019acteur le plus utile. Je lui attribue le titre de meilleur acteur, tout autant d\u2019ailleurs qu\u2019\u00e0 Hillary Clinton \u00bb.<\/p>\n<p>Le r\u00f4le de la France<\/p>\n<p>R\u00e9agissant aux attentats terroristes qui ont frapp\u00e9 la France en dernier lieu, deux auteurs fran\u00e7ais aux convictions politiques diff\u00e9rentes font une lecture tr\u00e8s similaire des origines du \u00ab terrorisme islamiste \u00bb qu\u2019ils lient \u00e9troitement aux interventions militaires occidentales dans le monde musulman.<\/p>\n<p>Ainsi, dans son dernier livre[39], le philosophe Michel Onfray estime que \u00ab nous nommons barbarie ce que nous ne voulons pas comprendre \u00bb. Pour lui, \u00ab l\u2019Islam terroriste \u00bb a \u00e9t\u00e9 partiellement cr\u00e9\u00e9 par l\u2019Occident belliqueux. D\u00e9non\u00e7ant ce qu\u2019il appelle \u00ab les guerres coloniales contemporaines \u00bb men\u00e9es par certains pays occidentaux dont la France, il consid\u00e8re que les r\u00e9gimes islamiques ne menacent l\u2019Occident que depuis que celui-ci les menace et que \u00ab nous ne les mena\u00e7ons que depuis que ces r\u00e9gimes aux sous-sols int\u00e9ressants pour le consum\u00e9risme occidental ou aux territoires strat\u00e9giquement utiles pour le contr\u00f4le de la plan\u00e8te manifestent leur volont\u00e9 d\u2019\u00eatre souverains chez eux \u00bb. Onfray se demande: \u00ab Si les droits de l\u2019homme \u00e9taient la v\u00e9ritable raison des attaques fran\u00e7aises aux c\u00f4t\u00e9s, comme par hasard, des \u00c9tats-Unis, pourquoi n\u2019attaquerions-nous pas les pays qui violent les droits de l\u2019homme et le droit international? \u00bb Et, allant jusqu\u2019au bout de cette logique, il l\u00e2che: \u00ab Pourquoi ne pas bombarder la Chine ? Cuba ? L\u2019Arabie Saoudite ? L\u2019Iran ? Le Pakistan ? Le Qatar ? Ou m\u00eame les \u00c9tats-Unis qui ex\u00e9cutent \u00e0 tour de bras, sinon Isra\u00ebl que les r\u00e9solutions de l\u2019ONU condamnent depuis si longtemps pour sa politique de colonisation dans les territoires palestiniens ? \u00bb. La cons\u00e9quence qu\u2019il tire de cet \u00e9tat de fait est que les droits de l\u2019homme ne sont qu\u2019un alibi pour continuer le colonialisme sous le pr\u00e9texte politiquement correct de l\u2019humanitaire, ou celui, politiquement rentable, d\u2019apaiser les peurs des citoyens occidentaux, avant de conclure : \u00ab Nous devrions r\u00e9server nos guerres au strict cas d\u00e9fensif av\u00e9r\u00e9. Attaquer en disant que l\u2019on agit de mani\u00e8re pr\u00e9ventive est une sophisterie qui n\u2019abuse que les victimes de l\u2019id\u00e9ologie dominante \u00bb.<\/p>\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, Pierre Conesa, ancien haut fonctionnaire au minist\u00e8re de la d\u00e9fense fran\u00e7ais, affirme dans un entretien accord\u00e9 \u00e0 un quotidien suisse[40] que la France \u00ab est en train de payer au prix fort une guerre qui n\u2019est pas la sienne \u00bb. Tout comme Onfray, il ne croit pas aux pr\u00e9textes mis en avant pour justifier les interventions militaires occidentales dans le monde musulman. Il estime plut\u00f4t que \u00ab nous d\u00e9fendons nos int\u00e9r\u00eats commerciaux, \u00e9conomiques, p\u00e9troliers, \u00e9nerg\u00e9tiques dans les pays du Golfe \u00bb. S\u2019agissant du pourquoi de l\u2019engagement de la France en Syrie, apr\u00e8s la prudence qu\u2019elle a affich\u00e9e il y a quelques ann\u00e9es en Irak, il dit: \u00ab Ce retournement s\u2019explique par l\u2019arriv\u00e9e d\u2019une s\u00e9rie de n\u00e9oconservateurs au Quai d\u2019Orsay, avec Nicolas Sarkozy d\u2019abord puis avec Fran\u00e7ois Hollande. Des n\u00e9oconservateurs qui se sont donn\u00e9 pour but de renouer des liens \u00e9troits avec Washington. La d\u00e9cision prise par Jacques Chirac de ne pas intervenir aux c\u00f4t\u00e9s des Etats-Unis en Irak en 2003 a cr\u00e9\u00e9 un traumatisme consid\u00e9rable dans le syst\u00e8me diplomatique du Quai d\u2019Orsay, au point de provoquer un violent retour de balancier \u00bb. Conesa cite \u00e0 cet \u00e9gard l\u2019exemple de l\u2019intervention fran\u00e7aise en Libye. La France, dit-il, a \u00ab fait \u00e0 son \u00e9chelle ce que Bush avait fait en Irak, c\u2019est-\u00e0-dire d\u00e9truire un r\u00e9gime et laisser derri\u00e8re elle un chaos qu\u2019elle n\u2019a aucune capacit\u00e9 \u00e0 g\u00e9rer \u00bb. Pour lui comme pour d\u2019autres intellectuels et analystes politiques occidentaux, l\u2019id\u00e9ologie salafiste est un probl\u00e8me interne \u00e0 l\u2019Islam. La cible principale des salafistes, fait-il remarquer, \u00abne sont d\u2019ailleurs pas les Occidentaux, ce sont les chiites, puis les soufis, puis les \u2018mauvais musulmans\u2019. Qu\u2019avons-nous \u00e0 monter en premi\u00e8re ligne pour la combattre ? \u00bb.<\/p>\n<p>En Syrie, en particulier durant la p\u00e9riode o\u00f9 Laurent Fabius \u00e9tait \u00e0 la t\u00eate du Quai d\u2019Orsay, cette politique interventionniste hasardeuse s\u2019est traduite par un soutien total aux rebelles luttant contre le r\u00e9gime d\u2019Al-Assad. Estimant que le d\u00e9part de ce dernier \u00ab n\u2019est qu\u2019une question de semaines \u00bb, Fabius affirmait en ao\u00fbt 2012, lors d\u2019un d\u00e9placement \u00e0 la fronti\u00e8re turco-syrienne, que \u00ab Bachar Al-Assad ne m\u00e9riterait pas d\u2019\u00eatre sur terre \u00bb. Et, en d\u00e9cembre de la m\u00eame ann\u00e9e, r\u00e9agissant \u00e0 la d\u00e9cision de Washington de placer Jabhat Al-Nosra, une branche d\u2019Al-Qa\u00efda, sur sa liste des organisations terroristes, il d\u00e9clarait : \u00ab tous les Arabes \u00e9taient vent debout \u00bb contre la position am\u00e9ricaine \u00ab par ce que, sur le terrain, ils (les \u00e9l\u00e9ments d\u2019Al-Nosra) font un bon boulot \u00bb[41] . Le quotidien parisien Le Figaro rapporte \u00e0 ce propos que \u00ab des Syriens, dont des proches ont \u00e9t\u00e9 victimes de rebelles, ont demand\u00e9 au tribunal administratif de Paris une r\u00e9paration symbolique d\u2019un euro, \u2018pour les fautes personnelles commises par le ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res, Laurent Fabius, dans ses fonctions\u2019 \u00ab [42].<\/p>\n<p>Cet \u00e9tat d\u00e9l\u00e9t\u00e8re de l\u2019environnement g\u00e9opolitique international ajout\u00e9 \u00e0 la polarisation id\u00e9ologique et sociale due au d\u00e9bat sur le \u00ab terrorisme islamiste \u00bb en France ont \u00e9t\u00e9 jug\u00e9s suffisamment s\u00e9rieux par un ministre de la d\u00e9fense occidental pour leur consacrer un livre. Il s\u2019agit d\u2019un opuscule, digne d\u2019int\u00e9r\u00eat, intitul\u00e9 \u00ab Qui est l\u2019ennemi ? \u00ab [43], dans lequel Jean-Yves Le Drian r\u00e9pond non seulement \u00e0 la question de savoir si la France est en guerre depuis les attentats terroristes de 2015, mais aussi et surtout \u00e0 celle de la d\u00e9signation de l\u2019 \u00bbennemi \u00bb de l\u2019Occident, aujourd\u2019hui et demain. Il y explique que la France est bel et bien en guerre, mais une guerre in\u00e9dite repr\u00e9sentant \u00ab une rupture grave et sans nul doute durable de la situation d\u2019insularit\u00e9 strat\u00e9gique dans laquelle semblait nous placer la fin de la Guerre froide \u00bb. Si ses affirmations concernant la d\u00e9signation de l\u2019ennemi d\u2019aujourd\u2019hui, Daech en l\u2019occurrence, et la n\u00e9cessit\u00e9 de le vaincre par tous les moyens, n\u2019ont rien d\u2019une r\u00e9v\u00e9lation, il en est autrement concernant le plus large spectre de menaces li\u00e9es aux \u00ab ennemis en devenir \u00bb. Dans cette cat\u00e9gorie de \u00ab nouveaux ennemis \u00bb sont rang\u00e9s les acteurs \u00e9tatiques et non \u00e9tatiques r\u00e9pondant \u00e0 trois types de profil. Le premier, concerne ceux qui r\u00e9cusent \u00ab la supr\u00e9matie technico-militaire occidentale \u00bb. Le second, est repr\u00e9sent\u00e9 par ceux qui partagent la vision, expos\u00e9e dans un livre de strat\u00e9gie militaire[44] devenu c\u00e9l\u00e8bre depuis sa publication en 1999, \u00e9crit par deux colonels de l\u2019arm\u00e9e chinoise. Dans cette vision, il est expliqu\u00e9 comment une nation comme la Chine peut d\u00e9faire un adversaire qui lui est sup\u00e9rieur sur le plan technologique (comme les Etats-Unis) en utilisant une vari\u00e9t\u00e9 de moyens incluant le droit international et diff\u00e9rents outils \u00e9conomiques susceptibles de placer l\u2019adversaire dans une mauvaise posture, sans avoir \u00e0 recourir \u00e0 une action militaire directe. Le troisi\u00e8me, concerne l\u2019 \u00ab ennemi hors limites \u00bb, qui serait ainsi le corollaire de ladite \u00ab guerre hors limites \u00bb et pour qui la population civile \u00ab est bien devenue un objectif militaire majeur, qu\u2019il s\u2019agisse de la menacer, de l\u2019atteindre ou de l\u2019influencer \u00bb. Car comme l\u2019\u00e9crivent dans un livre[45] deux colonels fran\u00e7ais, \u00ab les guerres actuelles et futures sont des guerres du d\u00e9couragement \u00bb et les populations civiles occidentales se retrouvent de ce fait aux prises directes avec une menace qu\u2019elles pouvaient tenir \u00e0 distance jusque-l\u00e0, dans le confort de l\u2019observation.<\/p>\n<p>Il serait \u00e9quitable ici -comme nous l\u2019avons fait pr\u00e9c\u00e9demment pour le Royaume-Uni- de donner un \u00e9clairage britannique sur ce r\u00f4le de la France. En effet, dans son rapport[46] rendu public le 14 septembre 2016, le Parlement britannique accable \u00e0 la fois le Premier Ministre de l\u2019\u00e9poque, David Cameron, et le Pr\u00e9sident fran\u00e7ais Nicolas Sarkozy pour leur m\u00e9saventure militaire commune, avec l\u2019appui des Etats-Unis, en Libye en f\u00e9vrier\/mars 2011. Jugeant que la soi-disant menace contre la population de Benghazi \u00e9tait \u00ab nettement exag\u00e9r\u00e9e \u00bb, le rapport accuse Nicolas Sarkozy d\u2019avoir favoris\u00e9 cette intervention, notamment pour \u00ab accro\u00eetre l\u2019influence fran\u00e7aise en Afrique du Nord \u00bb mais aussi pour \u00ab am\u00e9liorer sa situation politique en France \u00bb. Il conclut \u00e9galement que le r\u00e9sultat de l\u2019intervention est \u00ab un effondrement politique et \u00e9conomique, des affrontements entre milices et tribus, des crises humanitaires et migratoires, des violations des droits de l\u2019homme \u00e0 grande \u00e9chelle, la diss\u00e9mination des armes du r\u00e9gime de Kadhafi dans toute la r\u00e9gion et l\u2019expansion de l\u2019Etat islamique en Afrique du Nord \u00bb.<\/p>\n<p>Conclusion<\/p>\n<p>Dans son livre pr\u00e9cit\u00e9, Michel Onfray fait remarquer, tr\u00e8s justement, que sur la th\u00e9matique que nous avons abord\u00e9e dans cette \u00e9tude, \u00ab les choses ne sont pas aussi simples que ce que, de part et d\u2019autre, on voudrait nous faire croire, d\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 de se remettre \u00e0 penser. Sur ce sujet comme sur d\u2019autres \u00bb. Parmi ceux-ci, nous voudrions inviter le grand public \u00e0 m\u00e9diter la sagesse d\u2019un penseur qui disait qu\u2019autrefois on fabriquait des armes pour livrer des guerres, mais aujourd\u2019hui on fabrique des guerres pour livrer des armes.<\/p>\n<p>Force est malheureusement de constater que la rh\u00e9torique sur le \u00ab choc des civilisations \u00bb, ressass\u00e9e \u00e0 l\u2019envi depuis la fin de la Guerre froide et la disparition subs\u00e9quente de l\u2019 \u00bbennemi n\u00e9cessaire \u00bb, semble avoir atteint l\u2019objectif qui lui a \u00e9t\u00e9 assign\u00e9, notamment par ceux qui profitent et tirent les ficelles de la perp\u00e9tuation des conflits dans le monde. Elle a ainsi produit un redoutable \u00ab choc des fondamentalismes \u00bb[47] qui a remis au go\u00fbt du jour les notions de \u00ab revanche de Dieu \u00bb, de \u00ab croisades \u00bb et de \u00ab djihad \u00bb et en a ajout\u00e9 de nouvelles comme celle d\u2019 \u00bbislamofascisme \u00bb. La cons\u00e9quence de cette tournure dramatique des \u00e9v\u00e9nements s\u2019exprime, sur le terrain de l\u2019affrontement recherch\u00e9 et obtenu, par un \u00ab choc des barbaries \u00bb[48] que les pl\u00e9nipotentiaires des nations r\u00e9unies \u00e0 San Francisco r\u00e9solurent pourtant de bannir, au sortir des d\u00e9vastations de la Seconde Guerre mondiale.<\/p>\n<p>Or, le grand danger associ\u00e9 \u00e0 cette \u00e9volution est que depuis cette derni\u00e8re guerre marqu\u00e9e par les bombardements de Hiroshima et Nagasaki, le monde est entr\u00e9 dans l\u2019\u00e2ge de l\u2019 \u00ab arme supr\u00eame \u00bb -l\u2019arme atomique-, mais aussi des autres armes de destruction massive, et que la guerre que nous promettent et promeuvent activement les extr\u00e9mistes de tous bords est une \u00ab guerre cosmique \u00bb pour \u00ab le triomphe du Bien contre le Mal \u00bb. Pour certains parmi ceux-ci, il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une guerre religieuse, l\u2019ultime guerre, celle pr\u00e9c\u00e9dant l\u2019Apocalypse ou la fin du monde, et dont le th\u00e9\u00e2tre d\u2019op\u00e9rations nous est fix\u00e9, par les uns, \u00e0 \u00ab Armageddon\u00ab [49], et par les autres, \u00e0 \u00ab Dabiq\u00ab [50], endroits tous deux situ\u00e9s au Levant, qui englobe la Syrie aujourd\u2019hui \u00e0 feu et \u00e0 sang\u2026<\/p>\n<p>Est-ce \u00e0 cette seule \u00ab fatalit\u00e9 \u00bb terrifiante que le monde civilis\u00e9 doit d\u00e9sormais se r\u00e9signer et se pr\u00e9parer ?<\/p>\n<p>Amir Nour<\/p>\n<p>* *<\/p>\n<p>*<\/p>\n<p>[1] Consulter en particulier son livre paru en 1984 sous le titre \u00abL\u2019Age des extr\u00eames, histoire du court XXe si\u00e8cle\u00bb.<\/p>\n<p>[2] Comme par exemple les dizaines de civils dont des enfants et des femmes qui ont p\u00e9ri \u00e0 la suite des raids men\u00e9s par la coalition occidentale les 19 et 20 juillet 2016 pr\u00e8s de la ville de Manbij dans le nord de la Syrie, en repr\u00e9sailles \u00e0 l\u2019attentat terroriste du 14 juillet \u00e0 Nice en France. Ces frappes, pass\u00e9es sous silence dans un premier temps, ont \u00e9t\u00e9 qualifi\u00e9es par Le Monde et Lib\u00e9ration de \u00abplus grosse bavure\u00bb de la coalition depuis son entr\u00e9e en action en septembre 2014.<\/p>\n<p>[3] Lire \u00e0 ce sujet: Le rapport de Pew Research Center publi\u00e9 en avril 2015 sous le titre \u201cThe Future of World Religions: Population Growth Projections, 2010-2050\u201d.<\/p>\n<p>[4] Lire \u00e0 ce sujet les livres de Joseph Stiglitz: \u00abThe Price of Inequality: How Today\u2019s Divided Society Endangers Our Future\u00bb, W.W. Norton &amp; Company, 2012 et \u00abThe Great Divide: Unequal Societies and What We Can Do About Them\u00bb, W.W. Norton &amp; Company, 2015, o\u00f9 il aborde les effets n\u00e9fastes sur la soci\u00e9t\u00e9 dans son ensemble de l\u2019\u00e9largissement continu du foss\u00e9 entre les \u00abtr\u00e8s riches\u00bb et les \u00abautres\u00bb, les premiers repr\u00e9sentant seulement 1 pour cent de la population, mais d\u00e9tenant l\u2019essentiel de la richesse nationale et mondiale !<\/p>\n<p>[5] Vincent Sizaire, \u00abSortir de l\u2019imposture s\u00e9curitaire\u00bb, \u00e9ditions La Dispute, Paris, 2016.<\/p>\n<p>[6] Intitul\u00e9 \u00abUne notion pi\u00e9g\u00e9e: Quand parler de \u00ab terrorisme \u00bb ?\u00bb, Le MONDE diplomatique, ao\u00fbt 2016.<\/p>\n<p>[7] Alex Schmid &amp; Albert Jongman, \u00abPolitical Terrorism: A New Guide To Actors, Authors, Concepts, Data Bases\u00bb, Transaction Publishers, 1988.<\/p>\n<p>[8] Oliver Libaw, \u00abHow Do You Define Terrorism ?\u00bb, ABC News Network, 11 octobre 2015.<\/p>\n<p>[9] Lire \u00e9galement l\u2019article de Conor Friedersdorf, \u00abIs One Man\u2019s Terrorist Another Man\u2019s Freedom Fighter ?\u00bb, magazine The Atlantic du 16 mai 2012.<\/p>\n<p>[10] Norman Podhoretz, \u00abWorld War IV: The Long Struggle Against Islamofascism\u00bb, Doubleday, 2007.<\/p>\n<p>[11] Lire l\u2019article \u00abL\u2019Alg\u00e9rie plaide pour une nouvelle strat\u00e9gie mondiale de pr\u00e9vention du terrorisme\u00bb, Alg\u00e9rie Presse Service, 24 janvier 2016.<\/p>\n<p>[12] Le rapport 2015 de Global Terrorism Index, publi\u00e9 en novembre 2015, indique que l\u2019ann\u00e9e 2014 a \u00e9t\u00e9 la plus meurtri\u00e8re du XXIe si\u00e8cle en mati\u00e8re de terrorisme avec 32.658 morts contre 18.000 enregistr\u00e9s en 2013 (80% d\u2019augmentation) ; que les attaques terroristes sont concentr\u00e9es dans cinq pays \u00e0 majorit\u00e9 musulmane : Afghanistan, Irak, Nigeria, Pakistan et Syrie, totalisant \u00e0 eux seuls 78% des morts et 57% du total des attaques, l\u2019Irak enregistrant trois fois plus de morts en 2014 que l\u2019ensemble des morts recens\u00e9s dans le monde entier en 2000 ; que l\u2019Occident est remarquablement prot\u00e9g\u00e9 du terrorisme, sauf pour ce qui concerne les \u00abloups solitaires\u00bb dont le nombre est en augmentation : 2,6% \u00abseulement\u00bb des d\u00e9c\u00e8s intervenus dans des attaques terroristes depuis le d\u00e9but du 21\u00e8 si\u00e8cle ont eu lieu en Occident (en excluant les 3000 morts du 11 septembre 2001, cette proportion tombe \u00e0 0,5%).<\/p>\n<p>[13] Selon un sondage r\u00e9alis\u00e9 par Pew Research Center en novembre 2015 dans 11 pays \u00e0 majorit\u00e9 musulmane (dont le Nigeria, la Jordanie et l\u2019Indon\u00e9sie), de tr\u00e8s larges majorit\u00e9s, atteignant 99% au Liban, ont une vue tr\u00e8s n\u00e9gative de l\u2019EIIL (Lire l\u2019article : \u00abIn nations with significant Muslim populations, much disdain for ISIS\u00bb).<\/p>\n<p>[14] Dans notre livre \u00ab L\u2019Orient et l\u2019Occident\u2026 \u00bb, op. cit.<\/p>\n<p>[15] Lire son article paru sur le site \u00ab Atlantico \u00bb sous le titre \u00ab Le Kowe\u00eft, plus grand financier des djihadistes anti-occidentaux\u2026\u00ab , le 29 ao\u00fbt 2016.<\/p>\n<p>[16] Auteur du livre \u00ab Fascination du djihad: fureurs islamistes et d\u00e9faite de la paix\u00ab , \u00e9ditions P.U.F, septembre 2016. Lire \u00e0 ce sujet l\u2019entretien paru dans le no. 2295 du magazine Le Point du 1er septembre 2016, sous le titre \u00ab Gabriel Martinez-Gros: Il faut sortir du discours victimaire\u00ab .<\/p>\n<p>[17] Lire la chronique intitul\u00e9e \u00ab L\u2019Islamophobie, fille de l\u2019islamisme\u00ab , Le Point, op. cit.<\/p>\n<p>[18] Nicolas Truong, \u00ab Ces intellectuels qui veulent sortir du pi\u00e8ge identitaire\u00ab , Le Monde, 2-3 octobre 2016.<\/p>\n<p>[19] Matthieu Amiech, \u00ab Contre l\u2019islamisme, ni \u2018Causeur \u00bb ni \u2018Crieur\u2019\u00ab , Le Monde, ibid.<\/p>\n<p>[20] Guy Sorman, \u00ab Finissons-en avec l\u2019horreur identitaire !\u00ab , Le Monde, ibidem.<\/p>\n<p>[21] Bruno Dum\u00e9zil, sous la direction de, \u00ab Les Barbares\u00ab , \u00e9ditions P.U.F, septembre 2016.<\/p>\n<p>[22] Dans son livre \u00ab La Chanson de Roland\u00ab , Flammarion, 1993, Jean Dufournet d\u00e9crit comment \u00e9taient d\u00e9peints<\/p>\n<p>les Sarrasins (mot issu de l\u2019arabe Charqiyyin signifiant \u00ab Orientaux \u00bb) du temps de cette chanson.<\/p>\n<p>[23] Alexandre Del valle, op. cit.<\/p>\n<p>[24]Mark Curtis, \u00ab Secret Affairs: Britain\u2019s Collusion With Radical Islam\u00ab , Serpent\u2019s Tail, Londres, mai 2011.<\/p>\n<p>[25] Selon l\u2019auteur, le livre r\u00e9sulte partiellement de plusieurs mois de recherche aupr\u00e8s de la \u00abNational Archives\u00bb de Londres.<\/p>\n<p>[26] Kim Sengupta, \u00ab Secret Affairs, by Mark Curtis\u00ab , The Independent du 30 Juillet 2010.<\/p>\n<p>[27] Adam Brown, \u00ab Secret affairs with radical Islam: why Britain\u2019s covert foreign policy needs to change\u00ab , blogs.lse.ac.uk, 8 novembre 2010.<\/p>\n<p>[28] Jacques Cheminade, \u201cLes racines britanniques du terrorisme international\u201d, site de Solidarit\u00e9 et Progr\u00e8s, 16 d\u00e9cembre 2014.<\/p>\n<p>[29] Robert Dreyfuss, \u00ab Devil\u2019s Game: How The United States Helped Unleash Fundamentalist Islam\u00ab , Metropolitan Books, New York, 2005.<\/p>\n<p>[30] Noam Chomsky, \u00ab Masters of Mankind: Essays and Lectures, 1969-2013\u00ab , Haymarket Books, Chicago, septembre 2014.<\/p>\n<p>[31] Citation tir\u00e9e d\u2019une interview accord\u00e9e par G. Fuller au quotidien turc \u00ab Radikal \u00bb le 1er septembre 2014, reprise par le site \u00ab Al-Monitor \u00bb dans un article dat\u00e9 du 14 septembre intitul\u00e9 \u00ab Former CIA officer says US policies helped create IS\u00ab .<\/p>\n<p>[32] Paru sous le titre \u00abWhy the Arabs Don\u2019t Want Us in Syria\u00bb dans l\u2019\u00e9dition du 22 f\u00e9vrier 2016 dont nous avons r\u00e9alis\u00e9 la traduction fran\u00e7aise suivante :<\/p>\n<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"auyu32cZsN\"><p><a href=\"http:\/\/lechodalgerie-dz.com\/pour-mieux-comprendre-les-tenants-et-les-aboutissants-du-chaos-qui-dechire-le-monde-arabe-pourquoi-les-arabes-ne-veulent-pas-de-nous-en-syrie-1er-partie\/\">Pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants du chaos qui d\u00e9chire le monde arabe&#8230; Pourquoi les Arabes ne veulent pas de nous en Syrie ? (1er partie)<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p><iframe loading=\"lazy\" class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" style=\"position: absolute; clip: rect(1px, 1px, 1px, 1px);\" src=\"http:\/\/lechodalgerie-dz.com\/pour-mieux-comprendre-les-tenants-et-les-aboutissants-du-chaos-qui-dechire-le-monde-arabe-pourquoi-les-arabes-ne-veulent-pas-de-nous-en-syrie-1er-partie\/embed\/#?secret=auyu32cZsN\" data-secret=\"auyu32cZsN\" width=\"600\" height=\"338\" title=\"\u00ab\u00a0Pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants du chaos qui d\u00e9chire le monde arabe&#8230; Pourquoi les Arabes ne veulent pas de nous en Syrie ? (1er partie)\u00a0\u00bb &#8212; L&#039;Echo d&#039;Alg\u00e9rie\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\"><\/iframe><\/p>\n<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"k7oYtsW0vp\"><p><a href=\"http:\/\/lechodalgerie-dz.com\/pour-mieux-comprendre-les-tenants-et-les-aboutissants-du-chaos-qui-dechire-le-monde-arabe-pourquoi-les-arabes-ne-veulent-pas-de-nous-en-syrie-2eme-partie\/\">Pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants du chaos qui d\u00e9chire le monde arabe&#8230; Pourquoi les Arabes ne veulent pas de nous en Syrie ? (2eme partie)<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p><iframe loading=\"lazy\" class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" style=\"position: absolute; clip: rect(1px, 1px, 1px, 1px);\" src=\"http:\/\/lechodalgerie-dz.com\/pour-mieux-comprendre-les-tenants-et-les-aboutissants-du-chaos-qui-dechire-le-monde-arabe-pourquoi-les-arabes-ne-veulent-pas-de-nous-en-syrie-2eme-partie\/embed\/#?secret=k7oYtsW0vp\" data-secret=\"k7oYtsW0vp\" width=\"600\" height=\"338\" title=\"\u00ab\u00a0Pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants du chaos qui d\u00e9chire le monde arabe&#8230; Pourquoi les Arabes ne veulent pas de nous en Syrie ? (2eme partie)\u00a0\u00bb &#8212; L&#039;Echo d&#039;Alg\u00e9rie\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\"><\/iframe><\/p>\n<p>[33] Intitul\u00e9 \u00abL\u2019Occident terroriste, d\u2019Hiroshima \u00e0 la guerre des drones\u00bb, \u00e9ditions Ecosoci\u00e9t\u00e9, mai 2015.<\/p>\n<p>[34] Andre Vltchek, \u00ab Hillary Clinton is Spreading Islamist Extremism\u00ab , Informationclearinghouse.info, 26 ao\u00fbt 2016.<\/p>\n<p>[35] Allusion faite probablement aux \u00ab bavures \u00bb de certains raids a\u00e9riens am\u00e9ricains ayant co\u00fbt\u00e9 la vie \u00e0 des soldats des arm\u00e9es irakienne et syrienne ou aux largages \u00ab par erreur \u00bb d\u2019armes \u00e0 Daech.<\/p>\n<p>[36] Brad Hoff, \u00ab Rise of Islamic State was a \u2018Willful decision\u2019: Former DIA Chief Michael Flynn\u00ab , Foreign Policy Journal, 7 ao\u00fbt 2015.<\/p>\n<p>[37] Lire l\u2019article de Jason M. Breslow intitul\u00e9: \u00ab The Secret History of ISIS. Nada Bakos: How Zarqawi Went From \u2018Thug\u2019 To ISIS Founder\u00ab , Frontline, 17 mai 2016.<\/p>\n<p>[38] Intitul\u00e9 \u00ab Du 11 septembre au Califat: l\u2019histoire secr\u00e8te de Daesh\u00ab , 30 ao\u00fbt 2016.<\/p>\n<p>[39] Michel Onfray, \u00ab Penser l\u2019Islam\u00ab , \u00e9ditions Bernard Grasset, Paris, mars 2016.<\/p>\n<p>[40] Paru sous le titre \u00ab Les attentats sont la suite logique des bombardements \u00bb dans le journal \u00ab Le Temps \u00bb du 16 juillet 2016.<\/p>\n<p>[41] Lire \u00e0 cet effet l\u2019enqu\u00eate men\u00e9e par Beno\u00eet Collombat et Jacques Monin, publi\u00e9e sur le site de la radio \u00ab France Inter \u00bb sous le titre \u00ab Daesh: autopsie d\u2019un monstre \u00bb, le 20 novembre 2015:<\/p>\n<p>https:\/\/www.franceinter.fr\/emissions\/l-enquete\/l-enquete-20-novembre-2015<\/p>\n<p>[42] Le Figaro \u00ab Des Syriens demandent r\u00e9paration \u00e0 Fabius \u00bb, 10 d\u00e9cembre 2014.<\/p>\n<p>[43] Jean-Yves Le Drian, \u00ab Qui est l\u2019ennemi ?\u00ab , Les \u00e9ditions du Cerf, mai 2016.<\/p>\n<p>[44] Qiao Liang et Wang Xiangsui, \u00ab Unrestricted Warfare \u00bb (dans sa version anglaise) et \u00ab La guerre hors limites \u00bb (dans sa traduction fran\u00e7aise).<\/p>\n<p>[45] Pierre-Joseph Givre et Nicolas Le Nen, \u00ab Enjeux de guerre\u00ab , \u00e9ditions Economica, Paris, 2012.<\/p>\n<p>[46] Intitul\u00e9 \u00ab Libya: Examination of intervention and collapse and the UK\u2019s future policy options\u00ab , Third Report of session 2016-17.<\/p>\n<p>[47] Lire, entre autres, \u00e0 cet effet, le livre de Tariq Ali \u00abThe clash of fundamentalisms : Crusades, Jihads and Modernity \u00bb, Verso books, avril 2002.<\/p>\n<p>[48] Lire \u00e0 ce propos le livre de Gilbert Achkar, \u00abLe choc des barbaries : terrorismes et d\u00e9sordre mondial\u00bb, \u00e9ditions 10\/18, Paris, 2004. La r\u00e9alit\u00e9 humaine \u00e9c\u0153urante d\u00e9crite dans ce livre transpara\u00eet \u00e9galement dans l\u2019effarante interview publi\u00e9e dans le magazine allemand \u00abDer Spiegel\u00bb, le 28 octobre 2014, sous le titre \u00abDemocracy Is For Infidels\u00bb. A la question pos\u00e9e \u00e0 son interlocuteur (un recruteur de Daech op\u00e9rant en Turquie): \u00abCroyez-vous que ceux qui d\u00e9capitent des personnes sont de bons musulmans ?\u00bb, la r\u00e9ponse est cinglante : \u00abLaissez-moi vous demander ceci : croyez-vous que ceux qui lancent des raids a\u00e9riens contre des personnes c\u00e9l\u00e9brant des mariages en Afghanistan, ou qui envahissent des pays comme l\u2019Irak en invoquant des arguments fallacieux sont de bons chr\u00e9tiens ? Et les responsables de Guantanamo et d\u2019Abu Ghra\u00efb sont-ils de bon chr\u00e9tiens ?\u00bb.<\/p>\n<p>[49] Le pasteur protestant am\u00e9ricain John Charles Hagee, connu pour ses pr\u00eaches apocalyptiques, consacre un chapitre entier (\u00abInching Toward Armageddon\u00bb) \u00e0 cette vision dans son livre \u00abFrom Daniel To Doomsday : The Countdown Has Begun\u00bb, Thomas Nelson Publishers, Nashville, 1999.<\/p>\n<p>[50] Pour plus d\u2019informations sur cette vision, lire l\u2019article intitul\u00e9 \u00abSyrie: Dabiq ou la cit\u00e9 de l\u2019Apocalypse pour l\u2019EI\u00bb, AFP, 16 octobre 2016.<\/p>\n<p>Amir Nour : Chercheur alg\u00e9rien en relations internationales, auteur notamment du livre \u00abL\u2019Orient et l\u2019Occident \u00e0 l\u2019heure d\u2019un nouveau \u2018Sykes-Picot\u2019\u00bb, paru en septembre 2014 aux \u00e9ditions Alem El Afkar, Alger.<br \/>\nLa source originale de cet article est Mondialisation.ca<br \/>\nCopyright \u00a9 Amir Nour, Mondialisation.ca, 2017<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Convaincus que le terrorisme, sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations, quels qu\u2019en soient les auteurs, le lieu et les buts, est inacceptable et injustifiable, les Etats membres de l\u2019ONU avaient finalement pu adopter, le 8 septembre 2006, une d\u00e9marche commune pr\u00e9voyant des mesures globales, coordonn\u00e9es et coh\u00e9rentes visant \u00e0 pr\u00e9venir et combattre [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":14,"featured_media":8389,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":{"0":"post-6413","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-amir-nour"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6413","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6413"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6413\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/8389"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6413"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6413"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6413"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}