{"id":673,"date":"2012-11-17T02:32:02","date_gmt":"2012-11-17T02:32:02","guid":{"rendered":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/?p=673"},"modified":"2012-11-17T02:32:02","modified_gmt":"2012-11-17T02:32:02","slug":"la-crise-financiere-et-lalgerie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/la-crise-financiere-et-lalgerie\/","title":{"rendered":"La crise financi\u00e8re et l&rsquo;alg\u00e9rie"},"content":{"rendered":"<p><strong><a href=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/gouv-alg\u00e9rie.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-674\" title=\"gouv alg\u00e9rie\" src=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/gouv-alg\u00e9rie.jpg\" alt=\"\" width=\"540\" height=\"358\" \/><\/a>Ammar Koroghli<\/strong><\/p>\n<p>Bulle financi\u00e8re, subprimes,\u00a0 crise de l\u2019immobilier, dette publique&#8230; Le cartel des pays industrialis\u00e9s (Europe occidental et Etats-Unis) n\u2019en finit pas de subir les effets d\u2019une mondialisation dict\u00e9e \u00e0 leurs gouvernements par les tenants de la haute finance. Ainsi, apr\u00e8s la Gr\u00e8ce, l&rsquo;Irlande et le Portugal, c&rsquo;est au tour de l&rsquo;Italie et de l&rsquo;Espagne de susciter la d\u00e9fiance des investisseurs, \u00e0 un moment o\u00f9 les Etats-Unis ont risqu\u00e9 la cessation de paiement. Qui va pouvoir \u00e9ponger leurs dettes aux montants abyssaux ?<\/p>\n<p>Le Fonds europ\u00e9en de stabilit\u00e9 financi\u00e8re (FESF), cr\u00e9\u00e9 en mai 2010 apr\u00e8s le premier plan de sauvetage de la Gr\u00e8ce, serait \u00e0 m\u00eame d&#8217;emprunter aux pays en difficult\u00e9 au meilleur taux sur les march\u00e9s ; ce, compte tenu de la garantie qu\u2019offre les \u00c9tats de la zone euro non encore s\u00e9rieusement touch\u00e9s par la crise financi\u00e8re (Allemagne, France et Angleterre).<\/p>\n<p>La capacit\u00e9 d&#8217;emprunt du FESF (440 milliards d&rsquo;euros) suffirait-elle, le cas \u00e9ch\u00e9ant, pour secourir l&rsquo;Espagne et l&rsquo;Italie ? Rien n\u2019est moins s\u00fbr d\u2019autant qu\u2019augmenter cette capacit\u00e9 d\u2019emprunt alourdirait la dette de pays encore not\u00e9s AAA. Ainsi, le plan pour sauver la Gr\u00e8ce co\u00fbtera 15 milliards d&rsquo;euros \u00e0 la France d&rsquo;ici \u00e0 2014, selon le Premier ministre Fran\u00e7ois Fillon. Et il n\u2019est pas certain que l&rsquo;Espagne et l&rsquo;Italie, d\u00e9j\u00e0 mal en point, puissent participer \u00e0 cette augmentation. Il est vrai que cette crise financi\u00e8re, sans pr\u00e9c\u00e9dent pour beaucoup d\u2019observateurs, s\u2019\u00e9l\u00e8ve pour la Gr\u00e8ce, l&rsquo;Irlande, le Portugal, l&rsquo;Espagne et l&rsquo;Italie \u00e0 quelques<br \/>\n3350 milliards d&rsquo;euros, soit 35 % du PIB de la zone euro. La capacit\u00e9 d\u2019emprunt du\u00a0 FESF ne pourra donc manifestement pas assurer cette mission.<\/p>\n<p>D\u2019aucuns pensent que seule la Banque centrale europ\u00e9enne (BCE) pourrait \u00eatre d\u2019un secours certain en ce cas ; ce, par le recours \u00e0 la mon\u00e9tisation la dette publique de ces pays. Or, il semble que la BCE rechigne \u00e0 pareille besogne et ne se soumettra \u00e0 cette pratique que de fa\u00e7on tr\u00e8s prudente afin de ne pas accro\u00eetre davantage l\u2019inflation. A contrario, la Banque centrale am\u00e9ricaine (FED) ach\u00e8te massivement des bons du Tr\u00e9sor. En effet, le risque encouru par une inflation plus \u00e9lev\u00e9e, c\u2019est le transfert des fonds des \u00e9pargnants vers les d\u00e9biteurs. Sans doute, \u00e0 juste raison, l&rsquo;Allemagne (locomotive de l\u2019\u00e9conomie europ\u00e9enne) ne le souhaite pas. Pour reprendre la formule imag\u00e9e de Monsieur Trichet, pr\u00e9sident de la BCE : \u00ab\u00a0L&rsquo;inflation, c&rsquo;est comme le dentifrice, une fois qu&rsquo;elle est sortie de son tube, impossible de la faire rentrer dedans\u00a0\u00bb (Le Point.fr).<\/p>\n<p>En tout \u00e9tat de cause, la d\u00e9gradation de la note am\u00e9ricaine par l&rsquo;agence de notation Standard &amp; Poor&rsquo;s signifie au moins que la situation financi\u00e8re est plus grave qu\u2019il n\u2019y para\u00eet ; ainsi, les ministres des Finances et les gouverneurs des Banques centrales, dans un communiqu\u00e9, d\u00e9clarent s\u2019engager \u00ab\u00a0\u00e0 prendre toutes les initiatives n\u00e9cessaires de mani\u00e8re coordonn\u00e9e pour soutenir la stabilit\u00e9 financi\u00e8re et promouvoir une croissance \u00e9conomique plus forte\u00a0\u00bb \u00e0 un moment o\u00f9 la tendance est \u00e0 la baisse g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e sur les diff\u00e9rentes places financi\u00e8res mondiales. Comment, dans ces conditions,\u00a0 \u00e9viter la course effr\u00e9n\u00e9e de la chute boursi\u00e8re qui pr\u00e9figure sans doute un nouveau krach ? Sans doute que les \u00c9tats-Unis ont encore la capacit\u00e9 de rembourser leur dette, le dollar demeurant encore la monnaie de r\u00e9serve internationale, en l\u2019absence d&rsquo;alternative cr\u00e9dible \u00e0 court terme. La planche \u00e0 billets a donc encore de beaux jours devant elle.<\/p>\n<p>Face \u00e0 cette situation de crise financi\u00e8re aigu\u00eb, les cons\u00e9quences sur l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle pourraient \u00eatre d\u00e9sastreuses; ainsi, les d\u00e9tenteurs de grands capitaux seront r\u00e9ticents \u00e0 investir. Or, avec la baisse des investissements -et donc des embauches-, les \u00e9conomies europ\u00e9ennes et am\u00e9ricaine seront dans la r\u00e9cession. D\u00e9j\u00e0, les banques, encombr\u00e9es par les titres de cr\u00e9ance am\u00e9ricaine (752 milliards de dollars), sont expos\u00e9es \u00e0 une la chute boursi\u00e8re ; ce qui pourrait les contraindre \u00e0 limiter le cr\u00e9dit \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie (il semblerait m\u00eame que certains \u00e9tablissements bancaires soient r\u00e9ticents \u00e0 se pr\u00eater entre eux). Et\u00a0 la baisse de confiance dans le dollar a d\u00e9j\u00e0 fait chuter sa valeur face aux autres devises, notamment l\u2019euro et le yen.<\/p>\n<p>La politique de la rigueur pointe \u00e0 l\u2019horizon, les Etats \u00e9tant devenus impuissants \u00e0 juguler cette crise. Sans doute que seule la Banque centrale europ\u00e9enne serait \u00e0 m\u00eame de disposer de quelques ressources pour la combattre (elle a d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 fait savoir qu&rsquo;elle allait racheter de la dette italienne et de celle espagnole sans ramener pour autant la confiance des march\u00e9s). Ce syst\u00e8me de sp\u00e9culation b\u00e9n\u00e9ficie, \u00e0 coup s\u00fbr, \u00e0 la classe des riches s\u2019alliant aux divers gouvernements qui, par une l\u00e9gislation fiscale et sociale des plus avantageuses, les favorisent. Ainsi en est-il en France o\u00f9 d\u2019aucuns observent une domination de la finance sur la politique.<\/p>\n<p><strong>La France, paradis fiscal ?<\/strong><\/p>\n<p>Au d\u00e9part, le bouclier fiscal. Les b\u00e9n\u00e9ficiaires dudit bouclier seraient au nombre de 979. Ils se sont vus restituer quelques 368 millions d\u2019euros (Liliane Bettencourt, troisi\u00e8me fortune avec 17 milliards d\u2019euros, aurait eu 30 millions d\u2019euros) ; 47% des contribuables b\u00e9n\u00e9ficiant du bouclier, tous assujettis \u00e0 l\u2019Imp\u00f4t de solidarit\u00e9 sur la fortune (ISF), se partagent 580 millions d\u2019euros (75.780 euros en moyenne), soit 120 fois la moyenne de ce qui est rendu aux non-assujettis \u00e0 l\u2019ISF. A cela, il faut ajouter que les trois quarts des successions ne sont pas imposables ; il est en effet permis \u00e0 chaque parent de donner, tous les six ans, \u00e0 chaque enfant jusqu\u2019\u00e0 150.000 \u20ac. Par ailleurs, d\u2019aucuns observateurs ont pu constater que les multinationales du CAC 40 (principal indice boursier de la place de Paris) ne sont impos\u00e9es qu\u2019\u00e0 8% alors que le taux moyen pour les entreprises fran\u00e7aises atteint 18% et 30% pour celles de moins de 9 salari\u00e9s.<\/p>\n<p>A cela doivent \u00eatre ajout\u00e9s \u00e9galement les r\u00e9mun\u00e9rations des grands patrons et les bonus des traders ; ainsi le pr\u00e9sident du conseil d\u2019administration de BNP Paribas aurait touch\u00e9, en 2008, 700.000 euros de r\u00e9mun\u00e9ration annuelle et 836.450 euros correspondant \u00e0 la valorisation de stock-options. Il semblerait ainsi que les personnes \u00e0 tr\u00e8s hauts revenus (1% de la population fran\u00e7aise) \u00ab per\u00e7oivent 5,5% des revenus d\u2019activit\u00e9, 32% des revenus du patrimoine et 48%\u00a0 des revenus exceptionnels d\u00e9clar\u00e9s (plus-values, lev\u00e9es d\u2019options) \u00bb. Or, quand on sait que m\u00eame les indemnit\u00e9s vers\u00e9es aux victimes d\u2019accidents du travail sont depuis 2009 consid\u00e9r\u00e9s comme un revenu et donc imposable, on ne peut que conclure que \u00ab les plus riches sont donc exempt\u00e9s de l\u2019effort de solidarit\u00e9 envers les plus d\u00e9munis \u00bb. Toujours est-il que le bouclier fiscal, la multiplication des niches fiscales (27% des recettes nettes de l\u2019Etat, soit 73 milliards d\u2019euros), la d\u00e9fiscalisation des droits de succession et les paradis fiscaux constituent autant de moyens aux mains des plus riches de la plan\u00e8te permettant l\u2019accumulation de plus d\u2019argent et de patrimoine.<\/p>\n<p>Pour l\u2019essentiel, les paradis fiscaux sont situ\u00e9s \u00e0 Anguilla, la Barbade, Monserrat, Sainte-Lucie, Saint Vincent dans les Antilles ; les Iles Cook, Nauru, Niue, SAMOA en Oc\u00e9anie ; mais \u00e9galement \u00e0 Monaco, \u00e0 Andorre, en Suisse, en\u00a0 Belgique, au Luxembourg, aux Pays Bas, en Irlande, \u00e0 Jersey\u2026 Les grandes banques europ\u00e9ennes, y ont leurs filiales. Le poids \u00e9conomique et financier de ces banques ? A titre d\u2019exemples, les deux principales banques suisses -BS et le Cr\u00e9dit suisse- repr\u00e9sentent dix fois le PIB de la Suisse ; en France \u00ab le stock des actifs de BNP Paribas \u00e9tait en 2008, de 2075 milliards d\u2019euros alors que la dette publique se montait \u00e0 1428 milliards d\u2019euros \u00bb, le d\u00e9ficit public ayant \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9 par trois entre septembre 2008 et d\u00e9cembre 2009 passant ainsi de 52 \u00e0 145 milliards d\u2019euros. De m\u00eame, il semblerait que \u00ab les actifs fran\u00e7ais g\u00e9r\u00e9s par des banques fran\u00e7aises dans les paradis fiscaux atteignent, selon les estimations, pr\u00e8s de 500 milliards d\u2019euros en 2008. Ce qui cr\u00e9erait un manque \u00e0 gagner dans les recettes de l\u2019Etat de l\u2019ordre de 20 milliards d\u2019euros \u00bb (Cf. \u00ab Le Pr\u00e9sident des riches \u00bb, de Michel Pin\u00e7on et Monique Pin\u00e7on-Charlot pour qui \u00ab La force de l\u2019oligarchie est \u00e9norme, elle contr\u00f4le l\u2019\u00e9conomie, la finance et les m\u00e9dias. Ses repr\u00e9sentants sont au c\u0153ur du pouvoir politique \u00bb).<\/p>\n<p><strong>Et la Chine, \u00ab dictature \u00bb \u00e0 \u00e9conomie de march\u00e9 ?<\/strong><\/p>\n<p>Peut-on dire que la Chine, la plus peupl\u00e9e des \u00ab dictatures \u00bb \u00e0 parti unique (1,3 milliards d\u2019habitants) est devenue la plus puissante \u00e9conomie de march\u00e9 ? Ayant quelque peu \u00e9clips\u00e9 le Japon, aujourd\u2019hui englu\u00e9 dans ses m\u00e9andres nucl\u00e9aires suite au Tsunami, elle contr\u00f4le une bonne partie de l&rsquo;Asie et, dans une moindre mesure, l&rsquo;Afrique qu&rsquo;elle tente de mettre sous son aile sous le label du partenariat. Il est vrai que la Chine manifeste une sant\u00e9 \u00e9conomique qui nargue celle des pays industrialis\u00e9s : trente-trois ans successifs sans r\u00e9cession, une croissance du produit int\u00e9rieur brut (PIB) \u00e0 10 % l&rsquo;an depuis vingt ans, des r\u00e9serves de change d\u00e9passant les 4500 milliards de dollars (soit 3165 milliards d&rsquo;euros)&#8230;<\/p>\n<p>D\u2019aucuns pensent que cette situation s&rsquo;explique par l&rsquo;importante sous-\u00e9valuation du yuan qu\u2019impose la Chine \u00e0 ses partenaires et concurrents ; la Chine maintient le yuan \u00e0 0,15 dollar et \u00e0 0,11 euro, alors que selon le Fonds mon\u00e9taire international (FMI) il devrait valoir 0,25 dollar et 0,21 euro !<\/p>\n<p>En 2001, les pays occidentaux ont admis la Chine \u00e0 l&rsquo;Organisation mondiale du commerce (OMC) avec son contr\u00f4le des changes ; il en a r\u00e9sult\u00e9 \u00e0 la fois une d\u00e9sindustrialisation significative des pays occidentaux et une industrialisation cons\u00e9quente de la Chine. La main-d&rsquo;oeuvre en Chine \u00e9tant peu ch\u00e8re, les entreprises occidentales y concentrent leurs investissements productifs renfor\u00e7ant ainsi ses parts du march\u00e9 mondial. Or, il est de notori\u00e9t\u00e9 publique que le processus de croissance s&rsquo;est ralenti dans les pays occidentaux ; de m\u00eame,\u00a0 leur commerce ext\u00e9rieur est devenu d\u00e9ficitaire et l&rsquo;investissement des entreprises y est limit\u00e9.<\/p>\n<p>Dans ces conditions, force est de craindre que les \u00e9conomies occidentales soient expos\u00e9es \u00e0 subir une r\u00e9cession appel\u00e9e \u00e0 se prolonger. Et comment pourrait-il en \u00eatre autrement d\u00e8s lors qu\u2019\u00e0 partir de 2007 survient tant aux Etats-Unis qu\u2019en Europe occidentale, une triple crise immobili\u00e8re, bancaire et boursi\u00e8re. Apr\u00e8s avoir r\u00e9tabli la confiance dans le secteur bancaire fin 2008, ces pays n\u2019ont pu obtenir de la Chine la r\u00e9\u00e9valuation du yuan tant souhait\u00e9e pour leur permettre de redresser leur commerce ext\u00e9rieur et leur PIB. D\u00e9sormais, leur croissance n&rsquo;est plus seulement sanctionn\u00e9e par le commerce ext\u00e9rieur et l&rsquo;investissement des entreprises mais \u00e9galement par l&rsquo;investissement immobilier (le ch\u00f4mage y est \u00e9lev\u00e9 : 10% en France et 20% en Espagne).<\/p>\n<p>Et le pire arriva. La forte relance budg\u00e9taire a entra\u00een\u00e9 la crise de leurs finances publiques. Ainsi, apr\u00e8s la Gr\u00e8ce, le Portugal et l&rsquo;Irlande, l&rsquo;Espagne et l&rsquo;Italie. D\u2019aucuns sugg\u00e8rent m\u00eame que la Belgique, l&rsquo;Autriche, la France, voire le Japon et le Royaume-Uni (ainsi que les Etats-Unis) sont configur\u00e9s pour subit le m\u00eame sort eu \u00e9gard \u00e0 l\u2019\u00e9tat inqui\u00e9tant de leurs finances publiques et la croissance fort modeste de leur PIB. C\u2019est sans doute ce qui pousse les agences de notation de pousser un cri d\u2019alarme quant \u00e0 la remboursabilit\u00e9 de la dette publique de ces pays.<\/p>\n<p>C\u2019est dans ce contexte que la Chine a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de sa strat\u00e9gie amorc\u00e9e en 1989, d\u00e9stabilisant les pays industrialis\u00e9s aux plans non seulement \u00e9conomique et social, mais \u00e9galement financier et mon\u00e9taire, voire technologique&#8230; Dans cette perspective, \u00ab Pour que la crise de 2007 ne devienne pas une nouvelle crise de 1929, il faut maintenant renverser le jeu. Il faut se mobiliser pour faire c\u00e9der la Chine sur sa politique du yuan. Il suffit pour cela de pr\u00e9parer s\u00e9rieusement et collectivement des repr\u00e9sailles douani\u00e8res \u00e0 son encontre. Faute d&rsquo;une telle initiative, les pays occidentaux s&rsquo;enfermeront rapidement dans une spirale de d\u00e9clin \u00e9conomique et financier qui les am\u00e8nera \u00e0 se retrouver chacun durablement asservi \u00e0 la Chine et au Parti communiste qui la dirige depuis 1949 \u00bb (Le Monde du 08.08.11).<\/p>\n<p><strong>En Alg\u00e9rie, sommes-nous \u00e0 l\u2019abri ?<\/strong><br \/>\nD\u00e9sormais, chacun sait que nous sommes tributaires des recettes des hydrocarbures d\u00e9pendant du march\u00e9, mati\u00e8re premi\u00e8re non renouvelable. Et le pouvoir politique en Alg\u00e9rie, \u00e0 travers les gouvernements successifs, continue d\u2019ignorer l\u2019\u00e9vidente n\u00e9cessit\u00e9 de remettre l\u2019\u00e9conomie s\u00e9rieusement sur les rails : agriculture en premier afin d\u2019assurer \u00e0 notre pays la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, remettre notre industrialisation \u00e0 l\u2019ordre du jour, encouragement des PME-PMI par une politique audacieuse, initier une d\u00e9cennie des ressources humaines par l\u2019incitation \u00e0 la recherche par l\u2019\u00e9lite alg\u00e9rienne -diaspora y compris-\u2026<\/p>\n<p>Or, non seulement, nous continuons de demeurer des rentiers ad \u00e6ternam et \u00e0 importer massivement notre pitance quotidienne (par crainte d\u2019une contagion de la contestation \u00e0 germe r\u00e9volutionnaire ?), mais nous nous comportons comme de mauvais \u00e9l\u00e8ves face \u00e0 la crise multidimensionnelle qui frappe les Etats-Unis et l\u2019Europe occidentale en soutenant que nous sommes en bonne sant\u00e9 \u00e9conomique ; ce, alors m\u00eame qu\u2019il n\u2019y aucune visibilit\u00e9 de la politique \u00e9conomique de l\u2019Etat, encore moins soumise au d\u00e9bat public en vue de s\u00e9rieuses r\u00e9formes.<\/p>\n<p>Or, quelle est l\u2019attitude de l\u2019Alg\u00e9rie dans ce contexte \u00e0 un moment o\u00f9 le monde s\u2019inqui\u00e8te l\u00e9gitimement face \u00e0 la crise multidimensionnelle dont celle financi\u00e8re qui annonce une r\u00e9cession \u00e0 m\u00eame de ruiner l\u2019\u00e9conomie mondiale ? L\u2019Alg\u00e9rie annonce d\u2019importantes r\u00e9serves de change (quelques 160-170 milliards de dollars), mais \u00e9galement quelques 100 milliards de dollars ( ?) d\u00e9tenus en bons du tr\u00e9sor am\u00e9ricain. De l\u2019avis de nombre d\u2019experts en \u00e9conomie, l\u2019Alg\u00e9rie aurait mieux fait d\u2019investir ces liquidit\u00e9s pour d\u00e9velopper le pays. Quoi qu\u2019il en soit, notre Ministre des Finances, Karim Djoudi, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 l\u2019APS, le13 ao\u00fbt 2011, que \u00ab les placements des r\u00e9serves de change de l\u2019Alg\u00e9rie \u00e0 l\u2019\u00e9tranger sont s\u00e9curis\u00e9s \u00bb d\u00e8s lors que leur capital est garanti et couvert contre les risques de change et que le gouvernement peut les retirer \u00e0 tout moment. Que penser de ces d\u00e9clarations face \u00e0 la crise financi\u00e8re mondiale actuelle ?<\/p>\n<p>D\u2019aucuns pensent que : \u00ab la solution la plus souhaitable est l\u2019utilisation \u00e0 des fins de d\u00e9veloppement, de la ressource humaine -ressource bien plus importante que toutes les ressources en hydrocarbures- et la valorisation de l\u2019entreprise concurrentielle \u00bb. Il ajoute que \u00ab le vrai d\u00e9bat qui d\u00e9passe largement l\u2019aspect mon\u00e9taire, est celui de la transformation de cette richesse virtuelle en richesse r\u00e9elle et relancer la sph\u00e8re r\u00e9elle afin de cr\u00e9er des emplois cr\u00e9ateurs de valeur ajout\u00e9e afin de diminuer les tensions sociales. Et ce, afin de r\u00e9aliser la transition d\u2019une \u00e9conomie de rente \u00e0 une \u00e9conomie hors hydrocarbures dans le cadre des valeurs internationales renvoyant \u00e0 l\u2019approfondissement de la r\u00e9forme globale et \u00e0 une meilleure gouvernance. Sur ce point, d\u00e9bat essentiel et strat\u00e9gique pour le devenir de l\u2019Alg\u00e9rie, le Ministre des finances a \u00e9t\u00e9 absent \u00bb (Mebtoul).<\/p>\n<p>D\u2019autres \u00e9conomistes alg\u00e9riens font l\u2019amer constat de la situation \u00e9conomique de l\u2019Alg\u00e9rie ; ainsi, il s\u2019av\u00e8re que \u00ab l\u2019industrie alg\u00e9rienne se d\u00e9lite alors m\u00eame que l\u2019industrialisation du pays \u00e9tait le choix strat\u00e9gique fait dans les ann\u00e9es 60. Si rien n\u2019est entrepris d\u00e8s l\u2019ann\u00e9e 2011, l\u2019Alg\u00e9rie n\u2019aura plus d\u2019industrie d\u2019ici dix ans. La situation \u00e9conomique sera d\u2019autant plus dramatique que nous savons que l\u2019Alg\u00e9rie n\u2019est pas un pays agricole (faible superficie agricole, pluviom\u00e9trie insuffisante\u2026) \u00bb (Bouzidi). Conscient que l\u2019enjeu industriel est vital pour notre pays, il pense qu\u2019il est imp\u00e9ratif de renouer avec notre ambition industrielle.<\/p>\n<p>Citant le cas de la Tunisie et du Maroc qui occupent pour l\u2019un des segments d\u2019\u00e9quipementiers pour les grands avionneurs mondiaux (Airbus, Boeing) et pour l\u2019autre, pour les grands constructeurs automobiles (ainsi que l\u2019Inde qui a fait de sa ville de Bangalore le p\u00f4le d\u2019excellence mondial de formation dans la haute technologie, notamment informatique), il estime que c\u2019est \u00e0 l\u2019Etat de construire les conditions n\u00e9cessaires pour l\u2019accueil des investisseurs, qu\u2019ils soient \u00e9trangers ou nationaux. Et de pr\u00e9coniser une politique audacieuse d\u2019infrastructures de transport et de t\u00e9l\u00e9communications permettant de relier efficacement l\u2019\u00e9conomie nationale au reste du monde ; une l\u00e9gislation immobili\u00e8re assouplie ; un syst\u00e8me de formation solide et adapt\u00e9 o\u00f9 l\u2019Etat donne \u00e0 l\u2019\u00e9cole, \u00e0 l\u2019universit\u00e9, \u00e0 la recherche les moyens n\u00e9cessaires \u00e0 la formation d\u2019une main-d\u2019\u0153uvre qualifi\u00e9e, capable d\u2019utiliser, voire de perfectionner les technologies les plus sophistiqu\u00e9es, une administration au service des entreprises (bref, \u00ab tous les ingr\u00e9dients que nous n\u2019avons pas en Alg\u00e9rie ! \u00bb).<\/p>\n<p>Nous sommes loin de ce sch\u00e9ma ; ce d\u2019autant plus que notre pays serait au second rang des pays africains en terme d\u2019effort d\u2019armement derri\u00e8re l\u2019Afrique du Sud, consacrant en moyenne 3% de son PIB par an aux d\u00e9penses militaires, soit environ 4,5 milliards d\u2019euros pour 2011. Le budget militaire alg\u00e9rien s\u2019accro\u00eetrait de pr\u00e8s de 10% par an (Le Matin DZ). La question demeure donc de savoir comment faire un usage judicieux de nos ressources financi\u00e8res et m\u00e9nager les ressources en hydrocarbures ? En avons-nous la volont\u00e9 politique\u00a0 afin de nous pr\u00e9munir des al\u00e9as de l\u2019\u00e9conomie mondiale soumise aux desiderata des Etats-Unis et de l\u2019Europe occidentale ? In fine, comment r\u00e9former notre syst\u00e8me \u00e9conomique pour \u00e9viter qu\u2019il ne continue de fonctionner au b\u00e9n\u00e9fice de l\u2019oligarchie financi\u00e8re alg\u00e9rienne, h\u00e9riti\u00e8re du monopole du commerce ext\u00e9rieur que Mohamed Boudiaf d\u00e9non\u00e7a en son temps sous le vocable de \u00ab mafia politico-financi\u00e8re \u00bb ?<\/p>\n<p><strong>Ammar Koroghli<\/strong><\/p>\n<p><strong>Algerie Network<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ammar Koroghli Bulle financi\u00e8re, subprimes,\u00a0 crise de l\u2019immobilier, dette publique&#8230; Le cartel des pays industrialis\u00e9s (Europe occidental et Etats-Unis) n\u2019en finit pas de subir les effets d\u2019une mondialisation dict\u00e9e \u00e0 leurs gouvernements par les tenants de la haute finance. Ainsi, apr\u00e8s la Gr\u00e8ce, l&rsquo;Irlande et le Portugal, c&rsquo;est au tour de l&rsquo;Italie et de l&rsquo;Espagne [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":4292,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[51],"class_list":{"0":"post-673","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-ammar-koroghli","8":"tag-crise-algerie"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/673","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=673"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/673\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=673"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=673"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=673"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}