{"id":681,"date":"2012-11-17T02:41:38","date_gmt":"2012-11-17T02:41:38","guid":{"rendered":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/?p=681"},"modified":"2012-11-17T02:41:38","modified_gmt":"2012-11-17T02:41:38","slug":"democraty-now","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/democraty-now\/","title":{"rendered":"Democraty NOW !"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/d\u00e9mocratie-en-alg\u00e9rie.jpg\"><br \/>\n<\/a>Par Ammar KOROGHLI *<\/p>\n<p>Face au r\u00e9veil des peuples du Maghreb et du Machr\u00e8q, les tenants du pouvoir annoncent unilat\u00e9ralement des r\u00e9formes ; dans le cas de l\u2019Alg\u00e9rie, elles seraient de nature \u00ab l\u00e9gislative et constitutionnelle \u00bb. Pour l\u2019essentiel, il s\u2019agirait de revoir les lois sur les partis et l\u2019information\u00a0 avant de revoir la constitution.<\/p>\n<p>Refusant le recours \u00e0 une Assembl\u00e9e constituante, conc\u00e9dant en apparence la fin du monopole de l\u2019audiovisuel, le pouvoir se m\u00e9nage des r\u00e8gles afin de contr\u00f4le de toute nouvelle structure partisane ou de presse. Ainsi, il est pr\u00e9vu une \u00ab autorit\u00e9 de r\u00e9gulation \u00bb de la presse \u00e9crite dont la moiti\u00e9 des membres seront d\u00e9sign\u00e9s pas ce m\u00eame pouvoir au demeurant contest\u00e9 et jug\u00e9 ill\u00e9gitime. Cette vision n\u2019est-elle pas une simple approche caract\u00e9ris\u00e9e par la ruse, celle de faire semblant de conc\u00e9der ? Car enfin, est-il encore concevable, quelque cinquante ans apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance, de vivre sous la f\u00e9rule d\u2019une oligarchie aux allures autocratiques ayant f\u00e9cond\u00e9 des\u00a0 kleptomanes voraces ? Par ailleurs, l\u2019id\u00e9ologie obsol\u00e8te, enrob\u00e9e de \u00ab l\u00e9gitimit\u00e9 \u00bb pseudo-r\u00e9volutionnaire, n\u2019est plus \u00e0 l\u2019ordre du jour tant notre pays a\u00a0 \u00e9t\u00e9 s\u00e9v\u00e8rement malmen\u00e9 par nos tyranneaux qui cultivent \u00e0 sati\u00e9t\u00e9 le culte de la personnalit\u00e9 et pratiquent la coquetterie d\u2019un populisme d\u00e9suet. Alors, osons la d\u00e9mocratie maintenant.<\/p>\n<p><strong>Le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique doit \u00eatre responsable de sa politique<\/strong><br \/>\nLe pr\u00e9sident de la R\u00e9publique b\u00e9n\u00e9ficie de pouvoirs importants : il est le chef supr\u00eame de toutes les forces arm\u00e9es de la R\u00e9publique (ministre de la D\u00e9fense nationale) ; il nomme le chef du gouvernement ; il pourvoit \u00e0 tous les postes civils et militaires &#8230; Constitutionnellement, il dispose donc de tous les postes \u00e0 pourvoir, \u00e0 r\u00e9partir aux membres de l\u2019\u00e9lite dont certains acceptent de faire partie de la nomenklatura. Il est vrai qu\u2019au regard des dispositions constitutionnelles actuelles, sa responsabilit\u00e9 n\u2019est \u00e0 aucun moment mise en cause, si ce n\u2019est \u00e0 travers le premier ministre qu\u2019il nomme et destitue. Et le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique conserve l\u2019initiative de la loi concurremment \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e, donc pouvant court-circuiter le Parlement en l\u00e9gif\u00e9rant par voie d\u2019ordonnances qui devraient garder leur caract\u00e8re d\u2019exception. Cette pr\u00e9\u00e9minence du chef de l\u2019Etat, chef de l\u2019Ex\u00e9cutif, se r\u00e9v\u00e8le redoutable pour la vie politique de la nation dans les cas de vacance du pouvoir (en cas de d\u00e9c\u00e8s, mais \u00e9galement de maladie grave et fortement invalidante) car les institutions risquent de tourner dangereusement \u00e0 vide.<\/p>\n<p>Outre que la r\u00e9forme \u00e0 envisager doit concerner la limitation du pouvoir personnel (mettre fin \u00e0 la concentration de pouvoirs exorbitants entre les mains d\u2019une seule et m\u00eame personne), il y a lieu de d\u00e9l\u00e9guer suffisamment de pouvoirs aux membres du gouvernement qui seront responsables devant les \u00e9lus du peuple si\u00e9geant au Parlement. Ainsi, sera r\u00e9alis\u00e9 un contr\u00f4le de la politique de l\u2019Ex\u00e9cutif, donc celle du chef de l\u2019Etat \u00e8s qualit\u00e9 de premier responsable de la vie politique du pays. C\u2019est le r\u00e9gime pr\u00e9sidentiel car, \u00e0 ce jour, l\u2019Alg\u00e9rie a v\u00e9cu constitutionnellement dans le cadre d\u2019un pr\u00e9sidentialisme qui se caract\u00e9rise notamment par le fait qu\u2019il n\u2019existe pas de contrepoids institutionnel face au pr\u00e9sident de la R\u00e9publique. A l\u2019exception de quelques rares voix, le Parlement susceptible de remettre en cause la politique propos\u00e9e et men\u00e9e par celui-ci se r\u00e9v\u00e8le plut\u00f4t aphone. L\u2019opposition insuffisamment structur\u00e9e semble \u00e9galement aphasique.<\/p>\n<p>Davantage encore la soci\u00e9t\u00e9 civile musel\u00e9e depuis longtemps dont il reste \u00e0 esp\u00e9rer qu\u2019elle devienne un acteur incontournable dans la gestion des affaires publiques.<br \/>\nIl y a donc urgence \u00e0 mettre fin au d\u00e9s\u00e9quilibre institutionnel \u00e9tabli au profit du seul pr\u00e9sident de la R\u00e9publique. En effet, tel que d\u00e9fini par l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des constitutions alg\u00e9riennes et r\u00e9v\u00e9l\u00e9 par la pratique politique depuis l\u2019ind\u00e9pendance, ce dernier appara\u00eet comme un v\u00e9ritable monarque pr\u00e9sidentiel coopt\u00e9 par un cercle restreint de d\u00e9cideurs. De m\u00eame, il y a lieu d\u2019\u00e9viter cette esp\u00e8ce d\u2019autocratie pr\u00e9sidentielle op\u00e9r\u00e9e par les bailleurs de pouvoir se disputant la d\u00e9cision observ\u00e9e comme moyen d\u2019accession \u00e0 un plus grand patrimoine personnel. Enfin, il y a lieu \u00e9galement d\u2019op\u00e9rer une r\u00e9flexion sur l\u2019institution du Premier ministre par son \u00e9ventuel effacement au b\u00e9n\u00e9fice d\u2019un Vice-pr\u00e9sident et de confier le portefeuille minist\u00e9riel de la D\u00e9fense nationale \u00e0 une personnalit\u00e9 civile d\u00e8s lors que l\u2019institution de l\u2019arm\u00e9e se professionnalise.<\/p>\n<p><strong>L\u2019arm\u00e9e professionnelle ne doit plus \u00eatre instrumentalis\u00e9e <\/strong><br \/>\nDepuis l\u2019ind\u00e9pendance, la direction de l&rsquo;Arm\u00e9e est devenue mutalis mutandis une caste \u00e0 part en d\u00e9tenant le pouvoir \u00e0 la fois politique et \u00e9conomique (le cas de l\u2019Egypte est patent). Apr\u00e8s les coups d\u2019Etat op\u00e9r\u00e9s tant au Maghreb (Alg\u00e9rie) qu\u2019au Machr\u00e8q (Syrie), les directions militaires \u00e9tendent leurs privil\u00e8ges corporatifs (budget, traitements et \u00e9quipement). Ayant acquis un statut social \u00e9lev\u00e9, eu \u00e9gard notamment \u00e0 la part importante du revenu national qu&rsquo;elles s&rsquo;octroient, elles d\u00e9voilent au moins en partie le pourquoi des coups d&rsquo;Etat op\u00e9r\u00e9s. Le processus historique ayant permis l&rsquo;accession de l&rsquo;Arm\u00e9e au pouvoir a fait de celle-ci une structure gouvernante. Aussi, pendant longtemps, il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 question d&rsquo;une Arm\u00e9e apolitique contr\u00f4l\u00e9e par les civils (la fameuse primaut\u00e9 du civil sur le militaire). C\u2019est l\u00e0 une r\u00e9forme \u00e0 envisager pour faire de l\u2019Arm\u00e9e une r\u00e9elle \u00ab grande muette \u00bb.<\/p>\n<p>Principal pourvoyeur de pr\u00e9sidents de la R\u00e9publique d\u00e8s l\u2019origine, la direction de l\u2019arm\u00e9e s\u2019est\u00a0 r\u00e9v\u00e9l\u00e9e un acteur principal de la vie politique alg\u00e9rienne en assignant \u00e0 l\u2019Etat, d\u00e9vou\u00e9 \u00e0 sa cause, un r\u00f4le majeur comme principal entrepreneur, banquier, employeur&#8230; Dans cette perspective, elle s\u2019est constitu\u00e9e en structure gouvernante en s\u2019attribuant des postes-cl\u00e9s dans l\u2019ensemble des rouages du pouvoir de l\u2019Etat. Se transformant ainsi en caste dominante sur l\u2019\u00e9chiquier, elle agit tant\u00f4t de fa\u00e7on autonome (Conseil de la r\u00e9volution), tant\u00f4t sous le couvert d\u2019une personnalit\u00e9 coopt\u00e9e parmi ses pairs. Les douloureux \u00ab \u00e9v\u00e9nements \u00bb d\u2019octobre 1988 ont pourtant donn\u00e9 aux tenants des r\u00e9formes l\u2019occasion de d\u00e9mocratiser la vie publique dont les citoyens seraient devenus les acteurs conscients, ayant le libre choix de leurs gouvernants \u00e0 travers notamment la constitutionnalisation du multipartisme.<\/p>\n<p>Or, le pouvoir rejette l\u2019id\u00e9e de la Constituante et propose une r\u00e9vision de la Constitution. Dans ce contexte, la r\u00e9vision constitutionnelle telle qu\u2019annonc\u00e9e se r\u00e9v\u00e8le peu convaincante d\u00e8s lors qu\u2019elle omet significativement d\u2019\u00e9voquer la non limitation du nombre des mandats pr\u00e9sidentiels de sorte que la Direction de l\u2019Arm\u00e9e n\u2019ait plus \u00e0 intervenir dans la sph\u00e8re politique, d\u2019une part, et d\u00e8s lors qu\u2019elle ignore particuli\u00e8rement la responsabilisation du chef de l\u2019Etat devant les \u00e9lus du Parlement, d\u2019autre part. En tout \u00e9tat de cause, que ce soit dans le cadre d\u2019une Constituante ou celui d\u2019une simple r\u00e9vision de la constitution, pourquoi ne pas opter franchement pour un r\u00e9gime politique o\u00f9 le chef de l\u2019Etat est la seule t\u00eate de l\u2019Ex\u00e9cutif avec d\u00e9signation \u00e9ventuelle d\u2019un vice-pr\u00e9sident auquel pourraient \u00eatre confi\u00e9es certaines missions et pallier ainsi les cas de vacance de pouvoir (\u00e0 quoi sert en effet le bic\u00e9phalisme ?) ? Le tout en acceptant d\u2019\u00eatre d\u00e9sign\u00e9 comme responsable de sa politique devant le Parlement et que les autres pouvoirs (notamment l\u00e9gislatif et judiciaire) soient autonomes et jouent le r\u00f4le de contre-pouvoirs institutionnels et laisser les autres institutions agir de m\u00eame : Conseil constitutionnel, Conseil d\u2019Etat, Cour des Comptes\u2026<br \/>\nLe Parlement doit \u00eatre un contrepoids \u00e0 l\u2019arbitraire de l\u2019Ex\u00e9cutif<\/p>\n<p>Outre le populisme et le culte de la personnalit\u00e9 devenus les caract\u00e9ristiques dominantes du pouvoir alg\u00e9rien, les bailleurs du pouvoir semblent s\u2019accommoder de l\u2019\u00e9tat r\u00e9siduel de la d\u00e9mocratie en Alg\u00e9rie. La corruption s\u2019\u00e9tale d\u00e9sormais \u00e0 ciel ouvert, nonobstant les \u00e9lections qui s\u2019y succ\u00e8dent confortant davantage l\u2019ill\u00e9gitimit\u00e9 de ce pouvoir sans contrepoids r\u00e9el, \u00e0 savoir : un Parlement qui refl\u00e8te un pluralisme politique authentique, une Magistrature ind\u00e9pendante, une Presse libre et une Soci\u00e9t\u00e9 civile structur\u00e9e. Outre que la g\u00e9rontocratie au pouvoir use d\u2019une rh\u00e9torique d\u00e9mesur\u00e9e et d\u2019une attitude arrogante, elle fait de son pass\u00e9 un fonds de commerce laiss\u00e9 royalement en h\u00e9ritage \u00e0 sa prog\u00e9niture aux lieu et place d\u2019un d\u00e9veloppement politique durable l\u00e9gu\u00e9 aux citoyens appel\u00e9s \u00e0 se gouverner.<\/p>\n<p>Dans ces conditions, le bicam\u00e9ralisme pour lequel a opt\u00e9 le constituant alg\u00e9rien peut soulever des interrogations. Ainsi, quels seraient les tenants et aboutissants de l\u2019institution du S\u00e9nat (Conseil de la nation) dont le tiers dit \u00ab pr\u00e9sidentiel \u00bb est d\u00e9sign\u00e9 par le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique ? En effet, d\u00e8s lors que les diff\u00e9rentes tendances politiques, couches sociales ou cat\u00e9gories socio-\u00e9conomiques, r\u00e9gions du pays, \u00e2ges et sexes sont s\u00e9rieusement repr\u00e9sent\u00e9es au sein de l\u2019Assembl\u00e9 nationale, il est l\u00e9gitime de s\u2019interroger sur l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019institution d\u2019une seconde Chambre. Dans ces conditions, le monocam\u00e9risme devrait pouvoir suffire aux besoins du parlementarisme alg\u00e9rien. Au demeurant, faut-il rappeler que le pouvoir a opt\u00e9 d\u00e8s l\u2019origine pour l\u2019institution d\u2019une seule chambre, souvent qualifi\u00e9e il est vrai de simple chambre d\u2019enregistrement ?<\/p>\n<p>Dans cette perspective, il est regrettable d\u2019observer que l\u2019Alg\u00e9rie n\u2019a pas cru devoir explorer la donne de la r\u00e9gionalisation en tant que forme organisationnelle interm\u00e9diaire entre l\u2019Etat et les collectivit\u00e9s locales. Cette organisation, avec des parlements \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des r\u00e9gions, peut permettre une d\u00e9centralisation et une d\u00e9concentration de certaines pr\u00e9rogatives dites de puissance publique entre les mains des repr\u00e9sentants r\u00e9gionaux afin d\u2019all\u00e9ger l\u2019Etat, en sa qualit\u00e9 de ma\u00eetre d\u2019\u0153uvre de la politique de la nation, de certaines t\u00e2ches davantage techniques que politiques.<\/p>\n<p>Car il est av\u00e9r\u00e9 que nous vivons dans le cadre d\u2019une d\u00e9mocratie r\u00e9siduelle,\u00a0 l\u2019opposition parlementaire (acquise pour l\u2019essentiel aux th\u00e8ses du pouvoir dont il fait sa cliente avec force pr\u00e9bendes) ayant montr\u00e9 qu\u2019elle n\u2019est pas suffisamment structur\u00e9e pour servir de contrepoids politique pour rendre cr\u00e9dible, effective et irr\u00e9versible l\u2019alternance au pouvoir comme \u00e9l\u00e9ment substantiel de la pratique du pouvoir. Au mieux, nous avons une technocratie au service d\u2019une structure gouvernante qui se sert de l\u2019Arm\u00e9e ; en effet, du personnel administratif (en l\u2019esp\u00e8ce, de hauts fonctionnaires d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s \u00e0 des fonctions politiques) ne peut au mieux que g\u00e9rer des d\u00e9cisions prises en dehors des sph\u00e8res classiques du pouvoir. Ce syst\u00e8me ne saurait procurer de r\u00e9sultats probants et s\u00e9rieux alors m\u00eame que l\u2019Alg\u00e9rie rec\u00e8le de potentialit\u00e9s r\u00e9elles, et surtout de femmes et d\u2019hommes de valeur. Lib\u00e9rons donc les citoyens et les \u00e9lus du peuple.<\/p>\n<p><strong>Les pouvoirs judiciaire et de l\u2019information doivent \u00eatre ind\u00e9pendants <\/strong><br \/>\nQue faire face au risque de c\u00e9sarisme (voire de l\u2019arbitraire) en l\u2019absence de contrepoids r\u00e9el ? Engager une s\u00e9rieuse r\u00e9forme pour avoir un Parlement qui refl\u00e8te un pluralisme politique authentique \u00e0 m\u00eame de contr\u00f4ler le gouvernement d\u00e9sign\u00e9 par celui-ci. Ce, dans le cadre d\u2019un syst\u00e8me permettant \u00e0 la magistrature d\u2019\u00eatre r\u00e9ellement ind\u00e9pendante de l\u2019ex\u00e9cutif afin d\u2019exercer sans entraves la justice au quotidien (y compris et surtout \u00e0 l\u2019endroit des puissants par l\u2019argent ou par l\u2019influence politique). Et, seule une presse libre permettra d\u2019instaurer effectivement le pluralisme des opinions et l\u2019esprit critique avec des m\u00e9dias affranchis de toute tutelle,\u00a0\u00a0 l\u2019audiovisuel devant se structurer en authentique service public. La soci\u00e9t\u00e9 civile organis\u00e9e autour de syndicats autonomes et d\u2019un tissu associatif libre de toute tutelle pourra prendre en charge les questions qui l\u2019int\u00e9ressent prioritairement sans passer par la bureaucratie de l\u2019Etat gangren\u00e9e par la corruption, y compris au niveau du pouvoir central. Tant d\u2019affaires ont en effet \u00e9t\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9es au public sans qu\u2019il ait \u00e9t\u00e9 possible \u00e0 la Justice d\u2019agir de fa\u00e7on efficiente afin de condamner ceux qui mettent en danger et le pays et son \u00e9conomie, notamment parmi eux ceux qui ont exerc\u00e9 une responsabilit\u00e9 politique importante.<\/p>\n<p>En effet, le peuple en sa qualit\u00e9 de d\u00e9positaire de la souverainet\u00e9 qu\u2019il d\u00e9l\u00e8gue aux \u00e9lus doit pouvoir exercer son droit inali\u00e9nable \u00e0 l\u2019information \u00e0 l\u2019endroit des dirigeants qu\u2019il a contribu\u00e9 au moins formellement \u00e0 placer haut dans la pyramide institutionnelle. Dans cette perspective, nos dirigeants se doivent humblement de garder \u00e0 leur esprit qu\u2019ils demeurent des mortels au m\u00eame titre que les plus de six milliards d\u2019\u00eatres qui peuplent cette Terre. M\u00eame investis des plus hautes fonctions, ils restent proches des vicissitudes de la vie, notamment de la maladie et de la mort\u2026<\/p>\n<p>Il est vrai \u00e9galement que le vaste monde est devenu un simple village plan\u00e9taire o\u00f9 tout se sait \u00e0 l\u2019heure de la parabole, d\u2019Internet et du satellite. L\u2019attitude la plus sage et la plus conforme \u00e0 la mission impartie \u00e0 nos dirigeants consiste \u00e0 ne plus nous consid\u00e9rer comme des attard\u00e9s, car m\u00eame non instruits et vivant hors champ politique, culturel et intellectuel, nous restons vigilants et capables de discernement et donc de d\u00e9chiffrer des silences qui en disent parfois plus long que les discours fleuves. L\u00e0 aussi, de s\u00e9rieuses r\u00e9formes sont \u00e0 mettre en place ; ainsi par exemple, on pourrait utilement d\u00e9signer des porte-parole au niveau des institutions politiques, administratives et judiciaires en sorte que ceux-ci, r\u00e9guli\u00e8rement investis, puissent informer directement les citoyens de la situation du pays et de celle des gouvernants\u00a0 sans avoir \u00e0 zapper matin et soir \u00e0 la recherche de la bonne information. Et, surtout dans l\u2019attente d\u2019autres cha\u00eenes concurrentes, ayons l\u2019audace de convertir notre t\u00e9l\u00e9vision en v\u00e9ritable service public et affranchissons ses journalistes de toute all\u00e9geance\u2026<\/p>\n<p>In fine, le processus de d\u00e9mocratisation de la vie publique commande, parmi les lignes directrices d\u2019une urgente r\u00e9forme, un d\u00e9bat politique contradictoire du bin\u00f4me pouvoir-opposition \u00e0 travers les m\u00e9dias publics et priv\u00e9s b\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019une libert\u00e9 d\u2019expression non soumise aux desiderata du chef du moment, d\u2019\u00e9lections libres aux diff\u00e9rents niveaux de responsabilit\u00e9, d\u2019un multipartisme aux lieu et place du syst\u00e8me de parti dominant (\u00ab alliance pr\u00e9sidentielle \u00bb ou autre) ayant de facto remplac\u00e9 le parti unique, de r\u00e8gles du jeu politique transparentes, de la mise au rancart de tout pouvoir de coercition sur la soci\u00e9t\u00e9 civile et sur l\u2019\u00e9lite.<\/p>\n<p>Et plus que jamais, il s\u2019agit de r\u00e9concilier les Alg\u00e9riens avec les imp\u00e9ratifs de d\u00e9veloppement politique (l\u2019exercice de la d\u00e9mocratie comme moyen politique \u00e0 m\u00eame de promouvoir la l\u00e9gitimit\u00e9 du pouvoir) ; le d\u00e9veloppement \u00e9conomique (impulser une politique efficace de l\u2019investissement pour promouvoir notamment l\u2019agriculture \u00e0 l\u2019effet d\u2019aboutir \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et rentabiliser le parc industriel existant dans le cadre d\u2019une \u00e9conomie de march\u00e9 encadr\u00e9), le d\u00e9veloppement social (l\u2019\u00e9mancipation des travailleurs avec la mise en place d\u2019une l\u00e9gislation sociale plus conforme) ; le d\u00e9veloppement culturel (renouveau linguistique et remise \u00e0 flots des cr\u00e9ateurs dans l\u2019ensemble des domaines artistiques) et la justice sociale con\u00e7ue comme pierre d\u2019angle de tout projet coh\u00e9rent dont la l\u00e9gitimit\u00e9 doit reposer sur la capacit\u00e9 du gouvernement \u00e0 r\u00e9gler les probl\u00e8mes des citoyens et \u00e0 tol\u00e9rer l\u2019esprit critique (parfois caustique) de la presse con\u00e7ue comme moyen majeur de communication au service de la soci\u00e9t\u00e9 et non d\u2019int\u00e9r\u00eats d\u2019un r\u00e9gime fut-il des plus progressistes. En un mot comme en cent, democraty now.<br \/>\n* Avocat \u2013auteur Alg\u00e9rien<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Ammar KOROGHLI * Face au r\u00e9veil des peuples du Maghreb et du Machr\u00e8q, les tenants du pouvoir annoncent unilat\u00e9ralement des r\u00e9formes ; dans le cas de l\u2019Alg\u00e9rie, elles seraient de nature \u00ab l\u00e9gislative et constitutionnelle \u00bb. Pour l\u2019essentiel, il s\u2019agirait de revoir les lois sur les partis et l\u2019information\u00a0 avant de revoir la constitution. 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