{"id":7165,"date":"2017-09-28T10:49:11","date_gmt":"2017-09-28T10:49:11","guid":{"rendered":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/?p=7165"},"modified":"2025-05-07T14:11:08","modified_gmt":"2025-05-07T14:11:08","slug":"ma-deuxieme-rencontre-avec-le-commandant-ben-ahmed-dit-si-moussa","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/ma-deuxieme-rencontre-avec-le-commandant-ben-ahmed-dit-si-moussa\/","title":{"rendered":"MA DEUXI\u00c8ME RENCONTRE AVEC LE COMMANDANT BEN AHMED DIT \u00ab\u00a0SI MOUSSA\u00a0\u00bb."},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-8177\" src=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/si-moussa-300x204.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"204\" srcset=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/si-moussa-300x204.jpg 300w, https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/si-moussa.jpg 609w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Alger. Le Commandant Ben Ahmed premier \u00e0 droite.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><strong><u>Ma deuxi\u00e8me rencontre avec le commandant Ben Ahmed<\/u><\/strong>.<\/h2>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><u>Par Mohamed Senni<\/u><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Juillet 2017.<\/p>\n<p>Nous sommes en juillet 1964. Face \u00e0 la folie de Ben Bella, de vrais patriotes, parmi eux : Mohamed Boudiaf, le Colonel Chaabani originaire des environs de Biskra, le Docteur Ahmed Taleb El Ibrahimi (qui occupera plusieurs postes minist\u00e9riels : \u00e9ducation, culture, information et Affaires Etrang\u00e8res), le Commandant Ben Ahmed ainsi que d\u2019autres, d\u00e9cid\u00e8rent de destituer l\u2019homme que De Gaulle avait choisi pour mener l\u2019Alg\u00e9rie. Pour avoir le maximum de chance de r\u00e9ussir, Boudiaf sugg\u00e9ra de contacter Hocine A\u00eft Ahmed qui tenait le maquis de Kabylie. Le complot fut d\u00e9couvert et certains de ses membres arr\u00eat\u00e9s. Les autres purent passer \u00e0 travers le filet.<\/p>\n<p>Je me trouvais \u00e0 El Gada, dans la ferme de mon oncle maternel Si Mokhtar quand celui-ci arriva. Il dit \u00e0 son fils a\u00een\u00e9 : \u00ab la police sp\u00e9ciale de Ben Bella a arr\u00eat\u00e9 presque la totalit\u00e9 de mes amis, Ben Ahmed compris. Voil\u00e0 ce que je te recommande de faire : termine la construction de la Mosqu\u00e9e du Douar, distribue la Zakat au dernier jour des moissons, veille sur tous les membres de la famille, tes cousins ainsi que tous nos proches et les grands amis de notre famille. Moi je n\u2019ai rien fait et je regagne Oran pour les attendre. \u00bb<\/p>\n<p>Une fois dans sa voiture, il me demande de monter avec lui, ce que je fis. Lorsque la voiture d\u00e9marre, il se retourna vers moi et me demanda de r\u00e9citer telle Sourate du Coran ce que je fis. Ne l\u2019ayant jamais vu dans cet \u00e9tat, je redoutai le pire. Le soleil \u00e9tait presque couch\u00e9 quand nous arriv\u00e2mes \u00e0 la maison. Il se dirigea vers la chambre de sa m\u00e8re.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s environ \u00a0trois heures d&rsquo;angoisses, la sonnerie de la porte retentit. Il me demanda d\u2019aller voir. En ouvrant la porte, je tombais sur un homme que je n\u2019avais jamais vu auparavant. Il n\u2019avait pas trente ans. Il portait un jean Lewis, des ballerines noires, et un pull manches courtes qui semblait \u00eatre taill\u00e9 dans un filet de p\u00eache laissant appara\u00eetre sa peau. Il me demanda : \u00ab Si Mokhtar est l\u00e0 ? \u00bb Je r\u00e9pondis par l\u2019affirmative. Voulant savoir qui je devais annoncer, il me r\u00e9pondit : \u00ab Police Sp\u00e9ciale de Ben Bella \u00bb.<\/p>\n<p>. En montant les escaliers je remarquai dans son dos un pistolet sous son pantalon dont la crosse d\u00e9passait la ceinture. Une fois dans le hall et de mani\u00e8re simple, il demanda \u00e0 Sidi (mon oncle) de le suivre. Celui-ci fut autoris\u00e9 \u00e0 prendre des m\u00e9dicaments et un tapis de pri\u00e8res. Il fut d\u00e9tenu, durant 36 jours, dans la caserne des services secrets qui se trouve sur les hauteurs d\u2019Alger dans le quartier de Bouzar\u00e9ah avec un nombre impressionnant d\u2019autres d\u00e9tenus : toute l\u2019\u00e9lite alg\u00e9rienne.<\/p>\n<p><strong><u>Comment avons-nous su o\u00f9 il avait \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9 ?<\/u><\/strong><\/p>\n<p>Deux jours apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 embarqu\u00e9, un chauffeur de Sig \u2013 o\u00f9 mon oncle poss\u00e9dait une confiserie d\u2019olives &#8211; partant sur Alger, est venu voir mon plus jeune oncle qui travaillait chez son fr\u00e8re et lui raconte ceci : \u00ab Hier, partant sur Alger, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 doubl\u00e9 par une Peugeot 403 noire. Ton fr\u00e8re Si Mokhtar, assis \u00e0 l\u2019arri\u00e8re, me salua longuement. J\u2019ai compris qu\u2019il se passait quelque chose qui ne pr\u00e9sageait rien de bon. \u00bb<\/p>\n<p>Bien plus tard, Sidi me racontera qu\u2019il avait partag\u00e9 sa cellule avec Abderrahmane Far\u00e8s qui fut Pr\u00e9sident de l\u2019Ex\u00e9cutif Provisoire de Rocher Noir (actuelle Boumerd\u00e8s), une sorte de gouvernement, pr\u00e9vu par les accords d\u2019Evian d\u2019assurer la transition jusqu\u2019\u00e0 l\u2019Ind\u00e9pendance. C\u2019est sous son autorit\u00e9 que fut n\u00e9goci\u00e9e avec le G\u00e9n\u00e9ral Suzini, mort en ce mois de juillet 2017, chef supr\u00eame de l\u2019OAS, la tr\u00eave des hostilit\u00e9s entre l\u2019organisation criminelle et le FLN.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><u>Pourquoi mon oncle a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 ?<\/u><\/strong><\/p>\n<p>Des documents secrets furent d\u00e9couverts chez l\u2019une des personnes arr\u00eat\u00e9es. Parmi ces documents, un portait les noms des futurs membres du gouvernement. Mon oncle y figurait comme Ministre de L\u2019Agriculture. Ce qu\u2019il y a d\u2019ahurissant dans cela, c\u2019est qu\u2019il ne fut jamais contact\u00e9 pour donner son avis. C\u2019est une preuve qu\u2019il faisait unanimit\u00e9 aupr\u00e8s de tous ceux qui avaient pr\u00e9par\u00e9 le renversement de Ben Bella et qui allaient vers ce que ne fera jamais l\u2019Alg\u00e9rie : utiliser ses plus grandes comp\u00e9tences. Et le fait d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 retenu sans \u00eatre consult\u00e9 le touchera jusqu\u2019\u00e0 la fin de ses jours.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En septembre 1984, alors que la fronti\u00e8re alg\u00e9ro-marocaine \u00e9tait herm\u00e9tiquement boucl\u00e9e, je lui obtins cinq visas du Consulat G\u00e9n\u00e9ral du Royaume du Maroc et un message adress\u00e9 par la Direction G\u00e9n\u00e9rale de la Police au poste-fronti\u00e8re de sortie du territoire pour le laisser quitter le pays gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019amabilit\u00e9 du regrett\u00e9 commissaire Hadj Driss Lassouli.<\/p>\n<p>Pendant son s\u00e9jour, il rendit visite, dans la ville de K\u00e9nitra, \u00e0 son ami Boudiaf qui poss\u00e9dait une briqueterie. L\u2019homme que l\u2019Alg\u00e9rie appellera pour la sauver de la d\u00e9cennie noire pour l\u2019assassiner en direct \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, lui raconta que, lorsque son nom fut choisi pour \u00eatre Ministre de l\u2019Agriculture, les putschistes avaient \u00e0 choisir \u00e0 qui seront octroy\u00e9s les portefeuilles des Finances et du Commerce. Un \u00ab sage \u00bb parmi les assistants leur proposa avec tout le s\u00e9rieux voulu \u00ab de les cumuler \u00bb \u00e0 mon oncle !!<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><u>Comment est intervenue sa lib\u00e9ration et celle de ses cod\u00e9tenus ?<\/u><\/strong><\/p>\n<p>Ben Bella redoutait beaucoup le Commandant Ben Ahmed : combattant insaisissable, mod\u00e8le d\u2019int\u00e9grit\u00e9, haute formation etc. Il d\u00e9cida d\u2019aller l\u2019informer de la tournure prise par les \u00e9v\u00e9nements. Quand il fut en face de lui, c\u2019est Ben Ahmed qui prit la parole le premier. Il lui aurait dit : \u00ab Ne m\u2019annonce aucune victoire parce qu\u2019aveugl\u00e9 par le pouvoir comme tu l\u2019es, tu ne t\u2019es m\u00eame pas rendu compte que tu as paralys\u00e9 toute ton administration en touchant \u00e0 des hommes qui sont une vraie b\u00e9n\u00e9diction pour ce pays. \u00bb Ben Bella comprit.<\/p>\n<p>Quelques heures apr\u00e8s, mon oncle, affaibli, se r\u00e9veilla dans le meilleur h\u00f4tel laiss\u00e9 par la France : l\u2019h\u00f4tel Aletti. Apr\u00e8s avoir repris ses forces, il reconnut la voix de Ben Bella vocif\u00e9rant dans le couloir : \u00ab Ceux qui ont fait \u00e7a le paieront cher. S\u2019il arrive quoi que ce soit \u00e0 Si Mokhtar, je vous tiendrai tous pour responsables.\u00bb Mon oncle sortit de sa chambre et, tout en refusant de toucher la main de Ben Bella, lui dit : \u00ab Cessez de croasser comme un corbeau, parce que retourner \u00e0 la cellule o\u00f9 vous nous avez injustement jet\u00e9s est pr\u00e9f\u00e9rable au spectacle que vous nous offrez : pi\u00e8tre Pr\u00e9sident et pi\u00e8tre acteur. Je jure par Dieu que vous conna\u00eetrez t\u00f4t ou tard Son juste ch\u00e2timent. \u00bb<\/p>\n<p>Envisageant d\u2019\u00e9crire un livre qui lui sera consacr\u00e9, j\u2019ai contact\u00e9 quelques personnes mais il y avait n\u00e9cessit\u00e9 de rappeler le chapitre de la tentative du coup d\u2019Etat avort\u00e9. Aussi une rencontre avec le Commandant Ben Ahmed \u00e9tait imp\u00e9rative. Mon cousin qui le connaissait bien me prit rendez-vous. Je me d\u00e9place \u00e0 Oran &#8211; en f\u00e9vrier 2000 &#8211; \u00e0 son domicile. Un membre de sa famille m\u2019installa au salon o\u00f9 Si Moussa (c\u2019\u00e9tait son nom de guerre) nous rejoignit. Il me donna l\u2019accolade, m\u2019indiqua la place o\u00f9 je devais m\u2019asseoir et se mit \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi. Je lui posai des questions sur son \u00e9tat de sant\u00e9 et il me r\u00e9pondit. Puis il me demanda :<\/p>\n<p>&#8211; Qui \u00eates-vous ?<br \/>\n&#8211; Je m\u2019appelle Mohamed Senni et cette rencontre que j\u2019ai le plaisir et l\u2019honneur de vivre avec vous n\u2019a pu avoir lieu que gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019entremise de Mustapha.<br \/>\nVoulant plus de pr\u00e9cisions sur ce Mustapha, je lui dis : \u00ab C\u2019est le fils de votre regrett\u00e9 ami Si Mokhtar. \u00bb il m\u2019arr\u00eata net et m\u2019annon\u00e7a qu\u2019il allait m\u2019apprendre deux choses : \u00ab la premi\u00e8re \u2013 dit-il \u2013 est que l\u2019Alg\u00e9rie est orpheline depuis que Si Mokhtar nous a quitt\u00e9s et la deuxi\u00e8me je t\u2019informe que ce n\u2019\u00e9tait pas mon ami mais mon fr\u00e8re que ma propre m\u00e8re n\u2019a pas su faire. Mustapha m\u2019a inform\u00e9 que tu avais des questions \u00e0 me poser. Je t\u2019\u00e9coute. \u00bb<\/p>\n<p>&#8211; Je voudrais, avec votre permission, revenir sur les \u00e9v\u00e9nements de l\u2019\u00e9t\u00e9 1964.<br \/>\n&#8211; Je n\u2019ai rien \u00e0 dire et ma d\u00e9cision est prise de longue date.<br \/>\n&#8211; M\u00eame pas une petite phrase ?<br \/>\n&#8211; M\u00eame pas un mot.<br \/>\n&#8211; Tr\u00e8s bien. J\u2019ai bon espoir de m\u2019en sortir avec ce que j\u2019ai glan\u00e9 \u00e7\u00e0 et l\u00e0.<br \/>\n&#8211; Et qu\u2019avez-vous glan\u00e9 ?<br \/>\n&#8211; Des bribes certainement mais j\u2019userai des tournures que permet la langue fran\u00e7aise et mettrai tout ou partie au conditionnel.<br \/>\n&#8211; Vous vous exprimez bien dans cette langue.<br \/>\n&#8211; J\u2019ai \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 \u00e0 l\u2019ombre de Si Mokhtar.<br \/>\n&#8211; Je reconnais que c\u2019\u00e9tait un bon Ma\u00eetre. Mais ne me questionnez plus sur l\u2019\u00e9t\u00e9 1964.<br \/>\n&#8211; Vous comprendrez, mon Commandant, que vous ayant rencontr\u00e9, je ne peux retourner bredouille \u00e0 Sidi-Bel-Abb\u00e8s. Je ne vous parlerai plus de ce pourquoi je suis venu vous voir. Mais que diriez-vous si nos parlions de Lamartine ?<br \/>\n&#8211; Et que savez-vous de Lamartine ?<br \/>\n&#8211; Je sais que je sais moins que vous. D\u2019ailleurs nous en avons d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9.<br \/>\nIl me prit par les deux \u00e9paules et me fixa droit dans les yeux.<br \/>\n&#8211; C\u2019\u00e9tait dans un restaurant o\u00f9 je d\u00eenais avec mon oncle, le Bachagha Adda de Souguer et un autre cousin maternel.<br \/>\n&#8211; \u00c7a me revient.<br \/>\nEt nous nous m\u00eemes \u00e0 r\u00e9citer ensemble \u00ab le Lac \u00bb, \u00ab le Vallon \u00bb etc. Nous rest\u00e2mes sur le po\u00e8te de Milly plus d\u2019une heure \u00e0 l\u2019issue de laquelle je le remerciai pour son accueil et m\u2019appr\u00eatai \u00e0 me lever. Voyant que je commen\u00e7ai \u00e0 le faire, il me retint par le bras en me disant :<br \/>\n&#8211; Tu es press\u00e9 ?<br \/>\n&#8211; Non. Mais je m\u2019en voudrais de vous d\u00e9ranger davantage.<br \/>\n&#8211; Mon fils ! Dans cette maison, tu es chez toi. Puis-je savoir ce que tu sais sur les \u00e9v\u00e9nements de 1964 ?<br \/>\nLamartine venait d\u2019ouvrir, sans nul doute, le d\u00e9versoir. Merci Alphonse me dis-je. Je lui dis ce qui est \u00e9crit ci-dessus. Il se l\u00e2cha:<\/p>\n<p>\u00ab J\u2019ai \u00e9t\u00e9 contact\u00e9 pour rejoindre le groupe \u00e0 Alger. Le lendemain, nous \u00e9tions ensemble : le Colonel Chaabani, El Ibrahimi, Boudiaf et d\u2019autres patriotes. Nous avons \u00e9t\u00e9 unanimes \u00e0 reconna\u00eetre que l\u2019action n\u2019\u00e9tait pas possible car nos effectifs \u00e9taient insuffisants et qu\u2019il fallait les \u00e9toffer par des \u00e9l\u00e9ments aguerris et engag\u00e9s. Boudiaf qui \u00e9tait notre a\u00een\u00e9 sugg\u00e9ra de rallier \u00e0 la cause Hocine A\u00eft Ahmed qui tenait le maquis de Kabylie. Il me proposa d\u2019aller le contacter. J\u2019\u00e9mis des r\u00e9serves car il \u00e9tait hors de question que je prenne un taxi et parcoure la Kabylie \u00e0 sa recherche sachant que je n\u2019\u00e9tais pas en odeur de saintet\u00e9 ni avec Ben Bella et surtout ni avec Boum\u00e9di\u00e8ne. Boudiaf m\u2019assura qu\u2019il r\u00e9soudra tout ce qui a trait \u00e0 ce d\u00e9placement.<\/p>\n<p>Trois jours apr\u00e8s, j\u2019\u00e9tais face \u00e0 Si Hocine qui me r\u00e9serva un accueil chaleureux. Son maquis \u00e9tait bien organis\u00e9. En le mettant au courant du projet, il voulut savoir qui le supervisait. Quand il sut que c\u2019\u00e9tait Boudiaf, il se dressa sur son si\u00e8ge et me dit : \u00ab Ecoute mon fr\u00e8re. Je ne vais pas passer ma vie \u00e0 tirer les marrons du feu pour Boudiaf. \u00bb Sans le laisser continuer, je lui dis : \u00ab Cette fois-ci, il s\u2019agit de tirer les marrons du feu pour l\u2019Alg\u00e9rie. C\u2019est notre derni\u00e8re chance. \u00bb Il resta silencieux un moment puis m\u2019enla\u00e7a en me disant : \u00ab Vous pouvez compter sur moi. \u00bb<\/p>\n<p>L\u2019espoir renaissait, nos rangs grossissaient quand, contre toute attente, le projet fut d\u00e9couvert et ses initiateurs arr\u00eat\u00e9s. Je fus moi-m\u00eame mis au secret pendant plus de deux ans, c\u2019est-\u00e0-dire m\u00eame apr\u00e8s le coup d\u2019Etat du 19 juin 1965. \u00bb Et Ben Bella retrouva le sommeil quand le plus jeune et brillant Colonel Chaabani fut arr\u00eat\u00e9. De suite, le Za\u00efm d\u00e9signa un tribunal militaire qui le jugea pour s\u00e9cession et trahison dans le tribunal militaire d\u2019Oran \u00e9vitant Alger o\u00f9 ses nombreux sympathisants auraient pu causer du grabuge. Deux heures apr\u00e8s sa condamnation \u00e0 mort, il passa devant le peloton d\u2019ex\u00e9cution. C\u2019\u00e9tait le 3 septembre 1964 soit le jour de son trenti\u00e8me anniversaire.<\/p>\n<p>Ben Ahmed me raconta nombre d\u2019anecdotes et apr\u00e8s un silence, serra mon bras en me disant : \u00ab Monsieur ! Vous m\u2019avez viol\u00e9. \u00bb.\u00a0 Je lui chuchotais \u00e0 l\u2019oreille : \u00ab Je sais que vous \u00eates entrain de serrer votre fr\u00e8re. \u00bb Il reconnut que c\u2019\u00e9tait vrai. Je lui demandai de me permettre une petite remarque avant de prendre cong\u00e9. Il accepta. Je lui dis alors : \u00ab Jamais votre fr\u00e8re ne vous aurait pardonn\u00e9 de dire que, par son tr\u00e9pas, l\u2019Alg\u00e9rie \u00e9tait devenue orpheline. \u00bb et sa derni\u00e8re phrase fut : \u00ab Je me rends compte que vous le connaissez \u00e0 la perfection. \u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-8116\" src=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/Benahmed-et-sa-fille-300x158.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"158\" srcset=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/Benahmed-et-sa-fille-300x158.jpg 300w, https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/Benahmed-et-sa-fille.jpg 394w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/photo.php?fbid=10209486425932958&amp;set=pcb.10209486439293292&amp;type=3\">Le l\u00e9gendaire Commandant Ben Ahmed et sa fille Fatima Zohra, assassin\u00e9e \u00e0 11 ans le 25 mai 1957 en plein c\u0153ur de la Ville Nouvelle d\u2019Oran par des soldats des Forces Territoriales pour se venger du p\u00e8re qui \u00e9tait insaisissable.<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-8119\" src=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/Colonel-Chaabani-2.jpg\" alt=\"\" width=\"224\" height=\"202\" \/><\/p>\n<p>Colonel Mohamed CHAABANI, n\u00e9 le 3 septembre 1934 dans un petit village pr\u00e8s de Biskra. A la mort du Colonel Si Haou\u00e8s, il lui succ\u00e9da, \u00e0 la t\u00eate de la Wilaya VI o\u00f9 il restera trois ann\u00e9es qui le m\u00e8neront aux joies de l&rsquo;Ind\u00e9pendance. Il exprima haut et fort sa d\u00e9sapprobation \u00e0 l&rsquo;incorporation des officiers \u00ab\u00a0 d\u00e9serteurs\u00a0\u00bb de l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise. Devenu un gros cauchemar pour Ben Bella et Boukharrouba qui en avaient une peur bleue, il fut d\u00e9cid\u00e9 de s&rsquo;en d\u00e9barrasser. Jug\u00e9 par le tribunal militaire d&rsquo;Oran, sans l&rsquo;assistance d&rsquo;un avocat, il fut condamn\u00e9 \u00e0 mort et \u00ab\u00a0ex\u00e9cut\u00e9\u00a0\u00bb deux heures apr\u00e8s l&rsquo;arr\u00eat du Tribunal. Telle est la version officielle. La v\u00e9rit\u00e9 est tout autre\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-7855\" src=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/Si-Mokhtar.-220x300.jpg\" alt=\"\" width=\"220\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/Si-Mokhtar.-220x300.jpg 220w, https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/Si-Mokhtar..jpg 496w\" sizes=\"auto, (max-width: 220px) 100vw, 220px\" \/><\/p>\n<p>Mon oncle maternel et p\u00e8re spirituel, Si Mokhtar TA\u00cfEB-BRAHIM, n\u00e9 le 21 octobre 1908, rendit l\u2019\u00e2me le 20 d\u00e9cembre 1999 \u00e0 Sig au d\u00e9but de sa quatre-vingt-douzi\u00e8me ann\u00e9e. Une vraie l\u00e9gende disparaissait. Un livre que je lui ai d\u00e9di\u00e9 a \u00e9t\u00e9 perdu avec le disque dur de mon laptop. Ce n&rsquo;est que partie remise&#8230; Je l\u2019esp\u00e8re.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-7166 aligncenter\" src=\"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2017\/09\/Colonel-Mohamed-CHAABANI-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; &nbsp; Alger. Le Commandant Ben Ahmed premier \u00e0 droite. Ma deuxi\u00e8me rencontre avec le commandant Ben Ahmed. Par Mohamed Senni Juillet 2017. Nous sommes en juillet 1964. Face \u00e0 la folie de Ben Bella, de vrais patriotes, parmi eux : Mohamed Boudiaf, le Colonel Chaabani originaire des environs de Biskra, le Docteur Ahmed Taleb [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":9306,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[12],"tags":[],"class_list":{"0":"post-7165","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-mohamed-senni"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7165","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7165"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7165\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9308,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7165\/revisions\/9308"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9306"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7165"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7165"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7165"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}