samedi, juillet 13, 2024

CINÉ-CLUB – DERSOU OUZALA – APRES LA SEANCE

Les choix présidant à la programmation des films projetés au ciné-club ont presque toujours été empreints d’une grande subjectivité. Qu’on assume pleinement. C’est-à-dire que les films proposés sont –souvent ??- des films déjà vus par l’un des membres, qui les a aimés récemment, ou dans le passé, au point de désirer faire partager son expérience visuelle et émotionnelle au public du ciné-club, sinon des films qu’on a envie de découvrir ensemble vu les échos positifs glanés ici ou là et le succès obtenu lors de festivals ou rencontres cinématographiques qui restent l’un des critères fondamentaux pour leur sélection pour une éventuelle programmation chez nous.

Quelquefois encore, les sites spécialisés nous mettent sur la voie pour ces choix. Le résultat n’est pas toujours à la hauteur de l’attente.

Par ailleurs, le souvenir –excellent- que l’on a d’une vison d’un film vu dans le passé peut s’avérer trompeur vu la patine du temps qui l’aura plus ou moins « ringardisé », vu l’ »évolution » technologique du 7è art. Ce n’est pas souvent le cas mais cela existe.

Aussi, il est souvent frustrant de voir qu’un film qu’on a absolument adoré il ya quelques années, et qu’on est enthousiastes à montrer à nos amis pour une communion collective, ne rencontre pas suffisamment de feed-backs positifs. Cela nous donne cette impression amère équivalente au refus d’un cadeau offert généreusement.

Dans cette optique, je me rappelle de quelques séances frustrantes du fait que les films projetès n’avaient pas reçu l’adhésion plus ou moins consensuelle qu’on espérait. Les raisons sont aussi à chercher du côté de la faiblesse de notre cinéphilie et de la non-maîtrise de l’outil autant cinématographique que- quelquefois- linguistique pour appréhender des œuvres marquantes du cinéma mondial. J’ai en tête les titres suivants :

– EASY RIDER, film culte de la fin des années 60 (réalisé par Dennis Hopper et Peter Fonda) et film phare ayant modifié l’approche cinématographique et ouvert la voie à un cinéma novateur et contestataire autant par la thématique que par la technique.

– 5 PIECES FACILES (de Bob Rafelson et avec Jack Nicholson) autre film culte s’inscrivant dans ce cinéma novateur des années 70 présentant un anti-héros cynique en même temps qu’émouvant unique dans l’histoire du cinéma.

– BUENA VISTA SOCIAL CLUB ( (Wim Wenders) un très bon documentaire sur la résurrection d’un groupe de musique cubain composé de septuagénaires et d’octogénaires impressionnant.

Dernièrement aussi, la programmation du chef-d’œuvre de Ridley Scott, BLADE RUNNER , n’a pas été aussi consensuelle qu’on l’espérait. Et la semaine passée (bien que personnellement je n’aie pas été présent) j’entends dire que la salle avait été très partagée quant au chef-d’œuvre de Kurozawa , DERSOU OUZALA, dont je garde de merveilleux souvenirs. Heureusement que certains n’ont pas manqué de noter que ce fut l’un des meilleurs films programmès par le ciné-club.

Moralité de tout ça : LIFE GOES ON. Et on se console en disant : tous les goûts sont dans la nature. Et l’expérience m’a aussi appris qu’une seule vision d’un film ne suffit pas pour porter un jugement définitif. La preuve en est qu’il y a des années de cela, à la 1ère vision de « 2001, L’ODYSSEE DE L’ESPACE » de Stanley Kubrick » j’étais atterré en me jurant de ne plus faire confiance aux critiques « complaisants » et « aveugles » qui en faisaient un chef-d’œuvre absolu. La même chose à la 1ère vision d’ « AMADEUS » de Milos Forman. A leur 2è puis 3è vision, je m’interrogeais sur comment je les avais « ratès ». Ils sont aujourd’hui dans la liste de mes films préférés.

Mohamed Elkeurti

Votre Journal Arts et Culturespot_img