samedi, juillet 13, 2024

Entretien avec Ouarda Baziz Cherifi

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Qui est Ouarda Baziz Cherifi ?

Ouarda Baziz Cherifi est née en Algérie. Elle est professeur de lettres anglaises. Cela ne l’empêche pas de préférer écrire en français, pas plus que les contraintes familiales ne l’ont découragée dans son expérience poétique. L’écriture fut, en effet et comme souvent, son premier moyen d’introspection, avant de devenir un moyen d’expression aujourd’hui encouragé par son entourage.

Dans ses poèmes elle est profondément préoccupée par la dégradation des valeurs morales dans la société .Et au niveau de la forme, elle a opté pour la poésie libre.

Ses  recueils de poésie :

Recueils de poésie libreI,Edilivre, Paris 2012

Recueils de poésie libre II,Edilivre, Paris 2012

Amour de guerre, Edilivre, Paris 2015

Au rimes de mon cœur, à compte d’auteur, Alger, 2019

Ses romans :

Principes et Amertumes ,à compte d’auteur, Alger ,2017

Les survivants de l’oubli,à compte d’auteur, Alger 2018

Question1 :Le problème qui vous préoccupe le plus dans vos poèmes est celui de la dégradation des valeurs morales dans la société. pensez-vous vraiment que la poésie peut aujourd’hui apporter des solutions à ce problème ? N’est-ce pas plutôt le rôle de la religion ou de l’enseignement  ou la famille ?

Ouarda Baziz Cherifi :Bonjour et mille merci pour votre intérêt de ma modeste vie de poétesse et d’écrivaine.
Pour les maux que je dénonce, il y a la déchirure sociale, familiale et fraternelle. Et ce manquement m’ interpelle beaucoup au point oû je lui consacre beaucoup d’ espace dans ma poésie. Justement, j’ utilise ces vers pour me libérer de mes maux, de mes angoisses et de mes appréhensions. La poésie est donc un moyen d’ expression qui peut aboutir et toucher les autres. Bien évidement, elle est plus calme , plus paisible quand elle exprime tous ces sentiments humains tels que la colére et l’ amertume mais elle peut , sans aucun doute dépasser l’ espace d’ un papier, d’ un texte, d’ un sonnet, d’ un quatrain pour intégrer le coeur et la conscience des personnes. Autant que tous les autres moyens de prospection tels que les médias, par exemple.
Quant à l’ école, je pense que cette institution peut éduquer, redresser, sensibiliser, inculquer dans tous ses différents rôles mais la poésie est un don, une passion dimensionnelle et le pouvoir des mots est colossal.
La religion, quant elle est bien transmise est le foyer de toutes les vertus . Tout est relié à la lecture , la transmission, l’ écoute et la compréhension des messages que l’ on veut faire parvenir.

Question2 : Vous êtes algérienne et  professeur de langue anglaise mais vous écrivez vos poèmes en langue française .Pourquoi ce choix ?

Ouarda Baziz Cherifi :Pour ce qui est de ma profession, en tant que professeur de lettres Anglaises, sachez que je m’attache depuis mon jeune âge à tout ceux et celles qui me fascinent. J’ai été subjuguée par cette langue dés ma première rencontre avec mon professeur d’anglais. Je l’adorais. Je dévorais ses cours et j’imitais son accent, sa voix, ses intonations et voilà.
Sinon, dans ma vie, j’ai baigné d’abord dans ma tendre langue maternelle – le Kabyle- que j’entendais à partir du ventre de ma mère.
La langue arabe m’a été offerte à l’école et je l’ai aussi adoptée et beaucoup parlée, ayant habité longtemps dans l’Algérois, sans oublier la langue française qui est la langue de ma passion: l’ écriture.
Pour résumer, L’anglais m’a fait vivre, le Kabyle m’a allaitée, l’arabe m’a prise dans ses bras et le Français m’a libérée.

Question3 : Dans vos poèmes vous privilégiez les idées par rapport aux images et surtout les images surprenantes qui créent l’effet poétique.Est-ce un choix ou une tendance spontanée ?

Ouarda Baziz Cherifi :Pour mes poèmes, vous pensez que je privilégie les idées par rapport aux images.
À vrai dire, il m’arrive de trouver une inspiration juste en regardant une image ou une autre mais je préfère parler à mes mots. Les mots expriment mes idées, mes pensées et réussissent à me débusquer. Bien sûr qu’il m’arrive d’accompagner mes textes par ma photo par exemple pour dire que c’est un texte que j’ai pensé et qui est né pour panser mon état d’âme.
En général, mes textes sont nus, à l’état pur et je laisse mon lectorat les habiller à sa façon .
L’illustration est dans sa façon de saisir mes mots. Je n’impose pas d’ image et je n’impose pas de style.


Question 4 :Vous avez choisi de publier vos recueils en France.Est-ce pour vous faire connaître à l’extérieur ou bien parce que la situation du livre littéraire en Algérie n’est pas satisfaisante ?  .

Ouarda Baziz Cherifi :Pour ce qui est de la publication de mes ouvrages , je veux apporter une précision :

Mes trois premiers ouvrages( un livre de nouvelles en 2012 et deux recueils de poésie libre en 2015) ont été édités par les   éditions Edilivre car à l’ époque je venais d’ intégrer le Regroupement francophone des poètes engagés pour la liberté et la paix et la plupart de mes amis de plume
s’étaient faits publier par cette même maison d’ édition Française gratuitement.
Une sorte d’essai qui m’a donnée envie
d’écrire , car appuyée par le soutien de mes amis- et j’ ai publié dans mon pays, en 2017, un roman intitulé” Principes et amertumes “, en 2018″Les survivants de l’oubli “, en 2019” Aux rimes de mon cœur “( poésie) et récemment ” Mots et maux “, pour participer à la journée du Manuscrit à Paris.

Question5 : On voit à travers vos écrits que vous êtes une musulmane profondément croyante mais vous vous êtes déclarée contre l’arabisation en Algérie alors que le fondement de l’Islam est le Coran qui est en langue arabe .N’y a-t-il  pas là une contradiction ?

Ouarda Baziz Cherifi :Je suis pratiquante et je pratique la religion de l’amour, celle de la tolérance et de la diversité.
J’accepte l’autre et nos convictions religieuses doivent être personnelles.
Pour l’arabisation de l’Algérie, je ne pourrais
l’admettre car il y a une diversité de langues et l’Algérie appartient à tout son peuple.
Je ne me souviens pas avoir parlé de la langue du Coran mais il est clair que les musulmans ne sont pas issus uniquement de l’ Arabie .


Question 6 : Vous vous attachez à votre identité amazigh et c’est votre plein droit. Mais ne pensez-vous pas que l’appartenance tribale constitue l’une des causes des guerres civiles qui ont ravagé plusieurs pays arabes ?Et ne vaut-il pas mieux appartenir à la patrie qui est la mère de tout le peuple ?

Ouarda Baziz Cherifi :Je m’attache à mon identité et je n’exclus pas mon algérianité.
Je suis kabyle et algérienne . J’ai ainsi vécu. Et, ainsi je mourrai. Mon identité et mon pays sont mes vrais nom et prénom. Ils vont ensemble.

Question 7 : Puisque vous n’êtes pas pour l’arabisation , pouvons-dire que vous êtes contre l’idée du Grand Maghreb qui unirait   toute l’Afrique du  nord et cela ne pourrait se réaliser qu’avec la langue arabe ?

Ouarda Baziz Cherifi :Non, je ne suis pas contre l’arabisation mais contre la marginalisation d’une langue existante depuis des milliers d’années.
Je suis pour l’officialisation et la reconnaissance de toutes les langues, car il n y a pas de langue sans peuple.
Vous savez, je suis poétesse et romancière et je voudrais être apolitique. Je laisse les historiens évaluer et explorer ce domaine.
Je veux juste que l’on reconnaisse ma poésie et mon identité.
Je suis poétesse dans la francophonie et je suis membre de L’ UGM( L’union du Grand Maghreb).
L’Algérie est une grande nation avec un grand peuple et a une vaste histoire aussi spacieuse que sa superficie. Berbère, Maghrébine, Africaine et musulmane entre autres.


Question 8 : Les peuples arabes dont le peuple algérien sont-ils selon vous assez mûrs pour la démocratie ?

Ouarda Baziz Cherifi :Pour la question sur la démocratie, je pense que lorsqu’un peuple se rebelle, c’est qu’il est conscient et assoiffé de quelque chose de nouveau. La démocratie bien sûr a ses droits et ses obligations.

Question 9 : Quels sont les avantages et les inconvénients facebook que vous constatez en tant que poète dans le réseau de facebook ?

Ouarda Baziz Cherifi :Je suis active sur Facebook mais je ne vis pas sur Facebook.
Il m’a offert une longue liste d’amis virtuels dont beaucoup sont devenus de vrais amis.
Je ne suis pas une poétesse et une autrice uniquement sur ma page mais je le suis concrètement à travers mes publications officielles.


Question 10 : Quels sont vos projets proches et lointains ?

Ouarda Baziz Cherifi :Pour mes futurs projets, je signe bientôt mon dernier Roman “Quand pleure le jasmin ” . Je suis finaliste au grand prix LS Senghor qui aura lieu à Milan, le 14 Décembre.
Je participerai inchallah à des festivités littéraires en Algérie et partout où on me sollicitera.
Je vais prendre une petite pause car je suis sur un projet d’écriture d’un nouveau Roman.

Laissez- moi vous remercier pour le magnifique travail que vous faites et qui offre une chance aux petits auteurs, telle que moi, de survivre à l’oubli voire d’exister.

Qui est Ouarda Baziz Cherifi ?

Ouarda Baziz Cherifi est née en Algérie. Elle est professeur de lettres anglaises. Cela ne l’empêche pas de préférer écrire en français, pas plus que les contraintes familiales ne l’ont découragée dans son expérience poétique. L’écriture fut, en effet et comme souvent, son premier moyen d’introspection, avant de devenir un moyen d’expression aujourd’hui encouragé par son entourage.

Dans ses poèmes elle est profondément préoccupée par la dégradation des valeurs morales dans la société .Et au niveau de la forme, elle a opté pour la poésie libre.

Ses  recueils de poésie :

Recueils de poésie libreI,Edilivre, Paris 2012

Recueils de poésie libre II,Edilivre, Paris 2012

Amour de guerre, Edilivre, Paris 2015

Au rimes de mon cœur, à compte d’auteur, Alger, 2019

Ses romans :

Principes et Amertumes ,à compte d’auteur, Alger ,2017

Les survivants de l’oubli,à compte d’auteur, Alger 2018

Question1 :Le problème qui vous préoccupe le plus dans vos poèmes est celui de la dégradation des valeurs morales dans la société. pensez-vous vraiment que la poésie peut aujourd’hui apporter des solutions à ce problème ? N’est-ce pas plutôt le rôle de la religion ou de l’enseignement  ou la famille ?

Ouarda Baziz Cherifi :Bonjour et mille merci pour votre intérêt de ma modeste vie de poétesse et d’écrivaine.
Pour les maux que je dénonce, il y a la déchirure sociale, familiale et fraternelle. Et ce manquement m’ interpelle beaucoup au point oû je lui consacre beaucoup d’ espace dans ma poésie. Justement, j’ utilise ces vers pour me libérer de mes maux, de mes angoisses et de mes appréhensions. La poésie est donc un moyen d’ expression qui peut aboutir et toucher les autres. Bien évidement, elle est plus calme , plus paisible quand elle exprime tous ces sentiments humains tels que la colére et l’ amertume mais elle peut , sans aucun doute dépasser l’ espace d’ un papier, d’ un texte, d’ un sonnet, d’ un quatrain pour intégrer le coeur et la conscience des personnes. Autant que tous les autres moyens de prospection tels que les médias, par exemple.
Quant à l’ école, je pense que cette institution peut éduquer, redresser, sensibiliser, inculquer dans tous ses différents rôles mais la poésie est un don, une passion dimensionnelle et le pouvoir des mots est colossal.
La religion, quant elle est bien transmise est le foyer de toutes les vertus . Tout est relié à la lecture , la transmission, l’ écoute et la compréhension des messages que l’ on veut faire parvenir.

Question2 : Vous êtes algérienne et  professeur de langue anglaise mais vous écrivez vos poèmes en langue française .Pourquoi ce choix ?

Ouarda Baziz Cherifi :Pour ce qui est de ma profession, en tant que professeur de lettres Anglaises, sachez que je m’attache depuis mon jeune âge à tout ceux et celles qui me fascinent. J’ai été subjuguée par cette langue dés ma première rencontre avec mon professeur d’anglais. Je l’adorais. Je dévorais ses cours et j’imitais son accent, sa voix, ses intonations et voilà.
Sinon, dans ma vie, j’ai baigné d’abord dans ma tendre langue maternelle – le Kabyle- que j’entendais à partir du ventre de ma mère.
La langue arabe m’a été offerte à l’école et je l’ai aussi adoptée et beaucoup parlée, ayant habité longtemps dans l’Algérois, sans oublier la langue française qui est la langue de ma passion: l’ écriture.
Pour résumer, L’anglais m’a fait vivre, le Kabyle m’a allaitée, l’arabe m’a prise dans ses bras et le Français m’a libérée.

Question3 : Dans vos poèmes vous privilégiez les idées par rapport aux images et surtout les images surprenantes qui créent l’effet poétique.Est-ce un choix ou une tendance spontanée ?

Ouarda Baziz Cherifi :Pour mes poèmes, vous pensez que je privilégie les idées par rapport aux images.
À vrai dire, il m’arrive de trouver une inspiration juste en regardant une image ou une autre mais je préfère parler à mes mots. Les mots expriment mes idées, mes pensées et réussissent à me débusquer. Bien sûr qu’il m’arrive d’accompagner mes textes par ma photo par exemple pour dire que c’est un texte que j’ai pensé et qui est né pour panser mon état d’âme.
En général, mes textes sont nus, à l’état pur et je laisse mon lectorat les habiller à sa façon .
L’illustration est dans sa façon de saisir mes mots. Je n’impose pas d’ image et je n’impose pas de style.


Question 4 :Vous avez choisi de publier vos recueils en France.Est-ce pour vous faire connaître à l’extérieur ou bien parce que la situation du livre littéraire en Algérie n’est pas satisfaisante ?  .

Ouarda Baziz Cherifi :Pour ce qui est de la publication de mes ouvrages , je veux apporter une précision :

Mes trois premiers ouvrages( un livre de nouvelles en 2012 et deux recueils de poésie libre en 2015) ont été édités par les   éditions Edilivre car à l’ époque je venais d’ intégrer le Regroupement francophone des poètes engagés pour la liberté et la paix et la plupart de mes amis de plume
s’étaient faits publier par cette même maison d’ édition Française gratuitement.
Une sorte d’essai qui m’a donnée envie
d’écrire , car appuyée par le soutien de mes amis- et j’ ai publié dans mon pays, en 2017, un roman intitulé” Principes et amertumes “, en 2018″Les survivants de l’oubli “, en 2019” Aux rimes de mon cœur “( poésie) et récemment ” Mots et maux “, pour participer à la journée du Manuscrit à Paris.

Question5 : On voit à travers vos écrits que vous êtes une musulmane profondément croyante mais vous vous êtes déclarée contre l’arabisation en Algérie alors que le fondement de l’Islam est le Coran qui est en langue arabe .N’y a-t-il  pas là une contradiction ?

Ouarda Baziz Cherifi :Je suis pratiquante et je pratique la religion de l’amour, celle de la tolérance et de la diversité.
J’accepte l’autre et nos convictions religieuses doivent être personnelles.
Pour l’arabisation de l’Algérie, je ne pourrais
l’admettre car il y a une diversité de langues et l’Algérie appartient à tout son peuple.
Je ne me souviens pas avoir parlé de la langue du Coran mais il est clair que les musulmans ne sont pas issus uniquement de l’ Arabie .


Question 6 : Vous vous attachez à votre identité amazigh et c’est votre plein droit. Mais ne pensez-vous pas que l’appartenance tribale constitue l’une des causes des guerres civiles qui ont ravagé plusieurs pays arabes ?Et ne vaut-il pas mieux appartenir à la patrie qui est la mère de tout le peuple ?

Ouarda Baziz Cherifi :Je m’attache à mon identité et je n’exclus pas mon algérianité.
Je suis kabyle et algérienne . J’ai ainsi vécu. Et, ainsi je mourrai. Mon identité et mon pays sont mes vrais nom et prénom. Ils vont ensemble.

Question 7 : Puisque vous n’êtes pas pour l’arabisation , pouvons-dire que vous êtes contre l’idée du Grand Maghreb qui unirait   toute l’Afrique du  nord et cela ne pourrait se réaliser qu’avec la langue arabe ?

Ouarda Baziz Cherifi :Non, je ne suis pas contre l’arabisation mais contre la marginalisation d’une langue existante depuis des milliers d’années.
Je suis pour l’officialisation et la reconnaissance de toutes les langues, car il n y a pas de langue sans peuple.
Vous savez, je suis poétesse et romancière et je voudrais être apolitique. Je laisse les historiens évaluer et explorer ce domaine.
Je veux juste que l’on reconnaisse ma poésie et mon identité.
Je suis poétesse dans la francophonie et je suis membre de L’ UGM( L’union du Grand Maghreb).
L’Algérie est une grande nation avec un grand peuple et a une vaste histoire aussi spacieuse que sa superficie. Berbère, Maghrébine, Africaine et musulmane entre autres.


Question 8 : Les peuples arabes dont le peuple algérien sont-ils selon vous assez mûrs pour la démocratie ?

Ouarda Baziz Cherifi :Pour la question sur la démocratie, je pense que lorsqu’un peuple se rebelle, c’est qu’il est conscient et assoiffé de quelque chose de nouveau. La démocratie bien sûr a ses droits et ses obligations.

Question 9 : Quels sont les avantages et les inconvénients facebook que vous constatez en tant que poète dans le réseau de facebook ?

Ouarda Baziz Cherifi :Je suis active sur Facebook mais je ne vis pas sur Facebook.
Il m’a offert une longue liste d’amis virtuels dont beaucoup sont devenus de vrais amis.
Je ne suis pas une poétesse et une autrice uniquement sur ma page mais je le suis concrètement à travers mes publications officielles.


Question 10 : Quels sont vos projets proches et lointains ?

Ouarda Baziz Cherifi :Pour mes futurs projets, je signe bientôt mon dernier Roman “Quand pleure le jasmin ” . Je suis finaliste au grand prix LS Senghor qui aura lieu à Milan, le 14 Décembre.
Je participerai inchallah à des festivités littéraires en Algérie et partout où on me sollicitera.
Je vais prendre une petite pause car je suis sur un projet d’écriture d’un nouveau Roman.

Laissez- moi vous remercier pour le magnifique travail que vous faites et qui offre une chance aux petits auteurs, telle que moi, de survivre à l’oubli voire d’exister.

Qui est Ouarda Baziz Cherifi ?

Ouarda Baziz Cherifi est née en Algérie. Elle est professeur de lettres anglaises. Cela ne l’empêche pas de préférer écrire en français, pas plus que les contraintes familiales ne l’ont découragée dans son expérience poétique. L’écriture fut, en effet et comme souvent, son premier moyen d’introspection, avant de devenir un moyen d’expression aujourd’hui encouragé par son entourage.

Dans ses poèmes elle est profondément préoccupée par la dégradation des valeurs morales dans la société .Et au niveau de la forme, elle a opté pour la poésie libre.

Ses  recueils de poésie :

Recueils de poésie libreI,Edilivre, Paris 2012

Recueils de poésie libre II,Edilivre, Paris 2012

Amour de guerre, Edilivre, Paris 2015

Au rimes de mon cœur, à compte d’auteur, Alger, 2019

Ses romans :

Principes et Amertumes ,à compte d’auteur, Alger ,2017

Les survivants de l’oubli,à compte d’auteur, Alger 2018

Question1 :Le problème qui vous préoccupe le plus dans vos poèmes est celui de la dégradation des valeurs morales dans la société. pensez-vous vraiment que la poésie peut aujourd’hui apporter des solutions à ce problème ? N’est-ce pas plutôt le rôle de la religion ou de l’enseignement  ou la famille ?

Ouarda Baziz Cherifi :Bonjour et mille merci pour votre intérêt de ma modeste vie de poétesse et d’écrivaine.
Pour les maux que je dénonce, il y a la déchirure sociale, familiale et fraternelle. Et ce manquement m’ interpelle beaucoup au point oû je lui consacre beaucoup d’ espace dans ma poésie. Justement, j’ utilise ces vers pour me libérer de mes maux, de mes angoisses et de mes appréhensions. La poésie est donc un moyen d’ expression qui peut aboutir et toucher les autres. Bien évidement, elle est plus calme , plus paisible quand elle exprime tous ces sentiments humains tels que la colére et l’ amertume mais elle peut , sans aucun doute dépasser l’ espace d’ un papier, d’ un texte, d’ un sonnet, d’ un quatrain pour intégrer le coeur et la conscience des personnes. Autant que tous les autres moyens de prospection tels que les médias, par exemple.
Quant à l’ école, je pense que cette institution peut éduquer, redresser, sensibiliser, inculquer dans tous ses différents rôles mais la poésie est un don, une passion dimensionnelle et le pouvoir des mots est colossal.
La religion, quant elle est bien transmise est le foyer de toutes les vertus . Tout est relié à la lecture , la transmission, l’ écoute et la compréhension des messages que l’ on veut faire parvenir.

Question2 : Vous êtes algérienne et  professeur de langue anglaise mais vous écrivez vos poèmes en langue française .Pourquoi ce choix ?

Ouarda Baziz Cherifi :Pour ce qui est de ma profession, en tant que professeur de lettres Anglaises, sachez que je m’attache depuis mon jeune âge à tout ceux et celles qui me fascinent. J’ai été subjuguée par cette langue dés ma première rencontre avec mon professeur d’anglais. Je l’adorais. Je dévorais ses cours et j’imitais son accent, sa voix, ses intonations et voilà.
Sinon, dans ma vie, j’ai baigné d’abord dans ma tendre langue maternelle – le Kabyle- que j’entendais à partir du ventre de ma mère.
La langue arabe m’a été offerte à l’école et je l’ai aussi adoptée et beaucoup parlée, ayant habité longtemps dans l’Algérois, sans oublier la langue française qui est la langue de ma passion: l’ écriture.
Pour résumer, L’anglais m’a fait vivre, le Kabyle m’a allaitée, l’arabe m’a prise dans ses bras et le Français m’a libérée.

Question3 : Dans vos poèmes vous privilégiez les idées par rapport aux images et surtout les images surprenantes qui créent l’effet poétique.Est-ce un choix ou une tendance spontanée ?

Ouarda Baziz Cherifi :Pour mes poèmes, vous pensez que je privilégie les idées par rapport aux images.
À vrai dire, il m’arrive de trouver une inspiration juste en regardant une image ou une autre mais je préfère parler à mes mots. Les mots expriment mes idées, mes pensées et réussissent à me débusquer. Bien sûr qu’il m’arrive d’accompagner mes textes par ma photo par exemple pour dire que c’est un texte que j’ai pensé et qui est né pour panser mon état d’âme.
En général, mes textes sont nus, à l’état pur et je laisse mon lectorat les habiller à sa façon .
L’illustration est dans sa façon de saisir mes mots. Je n’impose pas d’ image et je n’impose pas de style.


Question 4 :Vous avez choisi de publier vos recueils en France.Est-ce pour vous faire connaître à l’extérieur ou bien parce que la situation du livre littéraire en Algérie n’est pas satisfaisante ?  .

Ouarda Baziz Cherifi :Pour ce qui est de la publication de mes ouvrages , je veux apporter une précision :

Mes trois premiers ouvrages( un livre de nouvelles en 2012 et deux recueils de poésie libre en 2015) ont été édités par les   éditions Edilivre car à l’ époque je venais d’ intégrer le Regroupement francophone des poètes engagés pour la liberté et la paix et la plupart de mes amis de plume
s’étaient faits publier par cette même maison d’ édition Française gratuitement.
Une sorte d’essai qui m’a donnée envie
d’écrire , car appuyée par le soutien de mes amis- et j’ ai publié dans mon pays, en 2017, un roman intitulé” Principes et amertumes “, en 2018″Les survivants de l’oubli “, en 2019” Aux rimes de mon cœur “( poésie) et récemment ” Mots et maux “, pour participer à la journée du Manuscrit à Paris.

Question5 : On voit à travers vos écrits que vous êtes une musulmane profondément croyante mais vous vous êtes déclarée contre l’arabisation en Algérie alors que le fondement de l’Islam est le Coran qui est en langue arabe .N’y a-t-il  pas là une contradiction ?

Ouarda Baziz Cherifi :Je suis pratiquante et je pratique la religion de l’amour, celle de la tolérance et de la diversité.
J’accepte l’autre et nos convictions religieuses doivent être personnelles.
Pour l’arabisation de l’Algérie, je ne pourrais
l’admettre car il y a une diversité de langues et l’Algérie appartient à tout son peuple.
Je ne me souviens pas avoir parlé de la langue du Coran mais il est clair que les musulmans ne sont pas issus uniquement de l’ Arabie .


Question 6 : Vous vous attachez à votre identité amazigh et c’est votre plein droit. Mais ne pensez-vous pas que l’appartenance tribale constitue l’une des causes des guerres civiles qui ont ravagé plusieurs pays arabes ?Et ne vaut-il pas mieux appartenir à la patrie qui est la mère de tout le peuple ?

Ouarda Baziz Cherifi :Je m’attache à mon identité et je n’exclus pas mon algérianité.
Je suis kabyle et algérienne . J’ai ainsi vécu. Et, ainsi je mourrai. Mon identité et mon pays sont mes vrais nom et prénom. Ils vont ensemble.

Question 7 : Puisque vous n’êtes pas pour l’arabisation , pouvons-dire que vous êtes contre l’idée du Grand Maghreb qui unirait   toute l’Afrique du  nord et cela ne pourrait se réaliser qu’avec la langue arabe ?

Ouarda Baziz Cherifi :Non, je ne suis pas contre l’arabisation mais contre la marginalisation d’une langue existante depuis des milliers d’années.
Je suis pour l’officialisation et la reconnaissance de toutes les langues, car il n y a pas de langue sans peuple.
Vous savez, je suis poétesse et romancière et je voudrais être apolitique. Je laisse les historiens évaluer et explorer ce domaine.
Je veux juste que l’on reconnaisse ma poésie et mon identité.
Je suis poétesse dans la francophonie et je suis membre de L’ UGM( L’union du Grand Maghreb).
L’Algérie est une grande nation avec un grand peuple et a une vaste histoire aussi spacieuse que sa superficie. Berbère, Maghrébine, Africaine et musulmane entre autres.


Question 8 : Les peuples arabes dont le peuple algérien sont-ils selon vous assez mûrs pour la démocratie ?

Ouarda Baziz Cherifi :Pour la question sur la démocratie, je pense que lorsqu’un peuple se rebelle, c’est qu’il est conscient et assoiffé de quelque chose de nouveau. La démocratie bien sûr a ses droits et ses obligations.

Question 9 : Quels sont les avantages et les inconvénients facebook que vous constatez en tant que poète dans le réseau de facebook ?

Ouarda Baziz Cherifi :Je suis active sur Facebook mais je ne vis pas sur Facebook.
Il m’a offert une longue liste d’amis virtuels dont beaucoup sont devenus de vrais amis.
Je ne suis pas une poétesse et une autrice uniquement sur ma page mais je le suis concrètement à travers mes publications officielles.


Question 10 : Quels sont vos projets proches et lointains ?

Ouarda Baziz Cherifi :Pour mes futurs projets, je signe bientôt mon dernier Roman “Quand pleure le jasmin ” . Je suis finaliste au grand prix LS Senghor qui aura lieu à Milan, le 14 Décembre.
Je participerai inchallah à des festivités littéraires en Algérie et partout où on me sollicitera.
Je vais prendre une petite pause car je suis sur un projet d’écriture d’un nouveau Roman.

Laissez- moi vous remercier pour le magnifique travail que vous faites et qui offre une chance aux petits auteurs, telle que moi, de survivre à l’oubli voire d’exister.

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