{"id":13900,"date":"2016-07-30T00:00:47","date_gmt":"2016-07-30T00:00:47","guid":{"rendered":"http:\/\/algerienetwork.com\/culture\/?p=13900"},"modified":"2020-06-06T14:35:15","modified_gmt":"2020-06-06T14:35:15","slug":"djamila-abdelli-labiod-la-reglisse-de-mon-enfance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/djamila-abdelli-labiod-la-reglisse-de-mon-enfance\/","title":{"rendered":"Djamila Abdelli Labiod : \u00ab\u00a0La R\u00e9glisse de mon Enfance\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<div class=\"copy-paste-block\">\n<h3 class=\"texte\"><span style=\"color: #008080;\">La R\u00e9glisse de mon enfance, de Djamila Lachehab-Labiod<\/span><\/h3>\n<div class=\"texte\">\n<p>L\u2019auteure de la R\u00e9glisse de mon enfance, Djamila Lachehab-Labiod, pr\u00e9sentera son ouvrage demain, mardi 6 mars, \u00e0 la maison de la culture Houari \u2013Boumedienne. Le grand public est convi\u00e9 au d\u00e9bat qui suivera la pr\u00e9sentation.<\/p>\n<p>Afin de pr\u00e9senter et de d\u00e9battre de son \u0153uvre litt\u00e9raire intitul\u00e9e la R\u00e9glisse de mon enfance, Djamila Lachehab-Labiod donne rendezvous aux S\u00e9tifiens demain apr\u00e8s midi, \u00e0 la salle des conf\u00e9rences de la maison de la Culture Houari Boumediene. Cette rencontre litt\u00e9raire, est organis\u00e9e avec le pr\u00e9cieux concours des associations Espace et Nebras. Le roman de Djamila Lachehab-Labiod traite essentiellement du r\u00e9current probl\u00e8me de la double culture, lequel touche des milliers de jeunes gens qui sont n\u00e9s sur le sol fran\u00e7ais mais sont souvent appel\u00e9s \u00e0 suivre leurs parents qui retournent d\u00e9finitivement en Alg\u00e9rie. Ballot\u00e9s entre ces deux mondes, ces jeunes expatri\u00e9s sont toujours \u00e0 la recherche de l\u2019autre partie d\u2019eux-m\u00eames. Le livre de 220 pages, paru aux \u00e9ditions El-Ma\u00e2rifa, permet au lecteur, \u00e0 travers l\u2019adolescente Lina, l\u2019h\u00e9ro\u00efne du roman, de plonger dans les m\u00e9andres de la construction de la personnalit\u00e9 de cette cat\u00e9gorie de jeunes, pris en sandwich entre l\u2019imp\u00e9ratif culturel et le facteur g\u00e9ographique li\u00e9 \u00e0 leur existence et \u00e0 leur mouvance. R\u00e9alis\u00e9 sur fond autobiographique, la R\u00e9glisse de mon enfance est la premi\u00e8re oeuvre litt\u00e9raire de Djamila Lachehab-Labiod. La saga prend cependant une belle dimension sentimentale, avec ces grands moments de sinc\u00e9rit\u00e9 et ces \u00e9lans nostalgiques o\u00f9 elle raconte ses ressentis, ses d\u00e9senchantements et ses espoirs. Dans son r\u00e9cit, la romanci\u00e8re situe l\u2019\u00e9volution f\u00e9minine, victime des comportements archa\u00efques puis\u00e9s dans les coutumes ancestrales, titillant au passage la conscience masculine.<\/p>\n<p>Exprim\u00e9 dans un verbe juste et un style alerte, la R\u00e9glisse de mon enfance est le fruit de plusieurs ann\u00e9es de dur labeur. Djamila Lachehab-Labiod a d\u2019ailleurs r\u00e9v\u00e9l\u00e9 \u00e0 la presse&nbsp;: \u00ab&nbsp;C\u2019est mon premier enfantement dans le domaine de la litt\u00e9rature et j\u2019ai d\u00fb attendre de 2001 jusqu\u2019\u00e0 juin 2011 pour le voir enfin publi\u00e9.&nbsp;\u00bb Djamila Lachehab-Labiod, ancienne institutrice de fran\u00e7ais, est aujourd\u2019hui femme au foyer, m\u00e8re de trois enfants. Elle a interrompu ses \u00e9tudes et son travail pour se consacrer \u00e0 son foyer, mais sa passion pour la lecture l\u2019a fait revenir \u00e0 la litt\u00e9rature.<\/p>\n<p>Source&nbsp;: Le Jeune Ind\u00e9pendant<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"copy-paste-block\">\n<h3><span style=\"color: #008080;\">Djamila Abdelli-Labiod : \u00ab\u00a0Mon livre raconte des moments douloureux de mon existence\u00a0\u00bb<\/span><\/h3>\n<\/div>\n<p>Djamila Abdelli-Labiod \u00e9tait institutrice de Fran\u00e7ais. Elle a quitt\u00e9 l\u2019enseignement pour se consacrer enti\u00e8rement \u00e0 son foyer, mais sa passion pour l\u2019\u00e9criture l\u2019a fait revenir sur la sc\u00e8ne litt\u00e9raire pour \u00e9crire sa premi\u00e8re \u0153uvre litt\u00e9raire.<\/p>\n<p><strong>La D\u00e9p\u00eache de Kabylie : Votre premi\u00e8re \u0153uvre s\u2019intitule \u00abLa r\u00e9glisse de mon enfance\u00bb. Qu\u2019\u00e9voque-t-elle ? <\/strong><\/p>\n<p><strong>Djamila Abdelli-Labiod :<\/strong> Ce titre \u00e9voque pour moi cette p\u00e9riode d\u2019insouciance de l\u2019enfance, le plaisir lorsque nous poss\u00e9dons quelques pi\u00e8ces, et qu\u2019il nous est possible d\u2019acheter des bonbons. Pour moi, la r\u00e9glisse qui se trouvait dans une petite boite en forme de d\u00e9, qui co\u00fbtait \u00e0 peine cinq centimes, fut ma friandise pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e. Mais je crois, que si je devais aller au fond de ma pens\u00e9e, pour traduire mon ressenti par rapport \u00e0 la r\u00e9glisse ; je dirais que la r\u00e9glisse est en quelque sorte le lien symbolique que je veux garder avec mon pays natal : La France.<\/p>\n<p><strong>Qu\u2019est ce qui vous a inspir\u00e9 pour \u00e9crire cette \u0153uvre ? <\/strong><br \/>\nAvant de r\u00e9pondre directement \u00e0 cette question ; je me permettrai un petit pr\u00e9ambule. J\u2019ai emmagasin\u00e9 des souvenirs de mon enfance, de mon adolescence, et chaque souvenir, qu\u2019il m\u2019ait marqu\u00e9 ou pas, comporte une charge \u00e9motionnelle. Et, \u00e0 un moment de ma vie, sans savoir pourquoi, j\u2019ai eu ce besoin de d\u00e9crypter selon ma compr\u00e9hension, ma sensibilit\u00e9, par des mots ce qui dans ma vie m\u2019a le plus marqu\u00e9. En v\u00e9rit\u00e9, je me suis mise inconsciemment \u00e0 coucher sur du papier, par des mots ce qui a eu impact favorable ou pas dans ma vie. Je dis inconsciemment, car j\u2019\u00e9cris r\u00e9ellement pour le plaisir, sans me rendre compte que je raconte au fur et \u00e0 mesure, des moments douloureux de mon existence, de fa\u00e7on subjective, bien s\u00fbr. Car Lina qui est le personnage principal du roman, me raconte, mais, raconte aussi d\u2019autres personnes dont le parcours de vie m\u2019a touch\u00e9e. Le r\u00e9el et la fiction s\u2019imbriquent entre eux. J\u2019ai d\u2019abord \u00e9crit une nouvelle intitul\u00e9e, \u00abretrouvailles\u00bb qui fut publi\u00e9e sur trois sites. Un internaute, ayant lu ma nouvelle, me lan\u00e7a un d\u00e9fi, celui d\u2019en faire un roman. J\u2019ai relev\u00e9 le d\u00e9fi, point par orgueil ou par fiert\u00e9, mais pour la femme au foyer que j\u2019avais choisi d\u2019\u00eatre pendant tr\u00e8s longtemps, cela repr\u00e9sentait pour moi un challenge en plus d\u2019\u00eatre quelque chose de ludique. J\u2019ai, pendant longtemps, caress\u00e9 le r\u00eave de devenir com\u00e9dienne, mais n\u2019ayant pas pu r\u00e9aliser ce r\u00eave, je dois dire, que lorsque j\u2019\u00e9cris, et que je campe mes personnages, c\u2019est comme si je jouais \u00e0 travers eux, un r\u00f4le. Combien il est jouissif de contr\u00f4ler le devenir de mes personnages, car d\u2019une certaine mani\u00e8re, c\u2019est comme si j\u2019apportais une compensation, \u00e0 certains aspects de ma vie que je n\u2019ai pas pu contr\u00f4ler.<\/p>\n<p><strong>Durant votre conf\u00e9rence \u00e0 Aokas, vous avez dit \u00abLes femmes ont besoin des hommes pour retrouver leurs droits\u00bb. Parlez-nous un peu de ce combat que m\u00e8nent les femmes, sachant que le personnage principal de votre roman est une femme \u00abLina\u00bb. <\/strong><br \/>\nEffectivement, les femmes ont besoin des hommes pour retrouver leurs droits. Et, il faut dire franchement que notre soci\u00e9t\u00e9 est r\u00e9gie par les hommes m\u00eame si la femme participe \u00e0 la vie publique dans diff\u00e9rents domaines. Les lois, qui donnent des droits \u00e0 la femme, sont con\u00e7ues essentiellement par des hommes, qui souvent semblent prendre conscience de leurs aspirations, mais ne tiennent pas compte de leurs r\u00e9els besoins. Les mentalit\u00e9s \u00e9voluent, les lois devraient suivre. Pour conclure, je dirais que je suis mal plac\u00e9e pour orienter les l\u00e9gislateurs ou les instances concern\u00e9es quant aux lois qui accorderaient ses droits \u00e0 la femme. Et, je pense n\u2019avoir aucune l\u00e9gitimit\u00e9 pour m\u2019\u00e9riger en porte-parole des femmes.<\/p>\n<p><strong>Quels sont les auteurs qui vous inspirent? <\/strong><br \/>\nLes auteurs qui m\u2019inspirent sont nombreux, mes lectures sont \u00e9clectiques. Pour en citer quelques uns, je dirai : Steinbeck, Han Suying ; Pearl buck ; Zola ; Oscar Wild ; Joys, et pour les auteurs alg\u00e9riens je dirai : Yasmina Khadra, Rachid Mimouni, Sansal; Anouar Benmalek, Malika Moukaddem et bien d\u2019autres encore\u2026.<\/p>\n<p><strong>Que veut dire pour vous le mot \u00ab\u00e9crire\u00bb? <\/strong><br \/>\nQuand je me mets \u00e0 \u00e9crire, c\u2019est d\u2019abord ludique et au fur et \u00e0 mesure que des id\u00e9es int\u00e9ressantes me viennent, que je suis touch\u00e9e par la gr\u00e2ce de l\u2019inspiration, si je puis dire, l\u2019acte d\u2019\u00e9crire devient jubilatoire puis lib\u00e9rateur.<\/p>\n<p><strong>Quels sont vos projets futurs ? <\/strong><br \/>\nJ\u2019ai entam\u00e9 mon second roman. Mais, je dois avouer que je n\u2019\u00e9cris pas de fa\u00e7on r\u00e9guli\u00e8re, car la vie de famille grignote parfois trop de mon temps.<\/p>\n<p><strong>Un dernier mot pour vos lecteurs et lectrices ? <\/strong><br \/>\nJe dirai \u00e0 mes lecteurs et lectrices : Croyez en vous, faites que l\u2019esp\u00e9rance et le r\u00eave fassent partie de votre quotidien. Car le r\u00eave nous permet de supporter des moments difficiles, lorsque nous sommes confront\u00e9s \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 douloureuse de la vie. L\u2019esp\u00e9rance vient du r\u00eave. Le r\u00eave c\u2019est l\u2019esp\u00e9rance, me semble-t-il !<\/p>\n<p><strong>Propos recueillis par Reda Senoune ; <a href=\"http:\/\/www.depechedekabylie.com\/cuture\/108658-mon-livre-raconte-des-moments-douleureux-de-mon-existence.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Source<\/a><br \/>\n<\/strong><\/p>\n<hr>\n<h3><span style=\"color: #008080;\">Djamila Abdelli Labiod : \u00abMon roman est une autofiction\u00bb<\/span><\/h3>\n<p>Le premier livre de Djamila AbdelliLabiod commence comme un roman. Lina, adolescente de 17 ans, est tiraill\u00e9e entre l\u2019amour filial, les devoirs envers ses parents et les \u00e9lans irr\u00e9pressibles de son c\u0153ur qui prot\u00e8ge ses secrets.<\/p>\n<div class=\"fb-quote fb_iframe_widget\" data-href=\"http:\/\/www.sudhorizons.dz\/index.php\/fr\/culture\/680-djamila-abdelli-labiod-mon-roman-est-une-autofiction\" data-layout=\"quote\"><\/div>\n<p><strong>Vous avez tard\u00e9 quelque peu \u00e0 publier votre premier roman, quelles en sont les raisons ?&nbsp;<\/strong><\/p>\n<p>\u00abLa R\u00e9glisse de mon enfance\u00bb est le rescap\u00e9 de trois naufrages. Quatre contrats furent sign\u00e9s en bonne et due forme. J\u2019ai r\u00e9sili\u00e9 le premier car la maison d\u2019\u00e9ditions a censur\u00e9 des passages concernant des r\u00e9cits sur la femme. Le roman a \u00e9t\u00e9 vid\u00e9 de sa substance, pour \u00eatre transform\u00e9 en une histoire d\u2019amour \u00e0 l\u2019eau de rose. Mais cela m\u2019a \u00e9t\u00e9 b\u00e9n\u00e9fique et&nbsp; m\u2019a permis de retravailler le roman.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me maison d\u2019\u00e9ditions qui devait l\u2019\u00e9diter a fait faillite, malheureusement. Le projet n\u2019a pas pu aboutir. Il a \u00e9t\u00e9 \u00e9dit\u00e9 ensuite par les \u00e9ditions Ma\u00e2rifa sous une premi\u00e8re version, les milles exemplaires ont tous \u00e9t\u00e9 vendus.<\/p>\n<p>Puis, j\u2019ai fait une deuxi\u00e8me mouture, et j\u2019ai d\u00fb gal\u00e9rer pour trouver un autre \u00e9diteur. Croyez-moi, c\u2019est un v\u00e9ritable parcours du combattant&#8230; Et j\u2019avais cru, toutefois, avoir trouv\u00e9 un \u00e9diteur, cependant qui m\u2019avait pos\u00e9 une condition: changer le titre. J\u2019ai d\u00fb refuser car ce titre a pour moi une valeur sentimentale. La R\u00e9glisse de mon enfance \u00e9voque l\u2019enfance, ses joies, ses amusements. Lorsque l\u2019on devient adulte, on voit finalement son enfance comme un conte de f\u00e9e, me semble-t-il. Le titre est aussi le lien symbolique que je veux garder avec mon pays natal, \u00e0 d\u00e9faut d\u2019un lien juridique, mais je l\u2019ai fait de mani\u00e8re inconsciente. Un \u00e9lan du c\u0153ur. Et, enfin, les \u00e9ditions Baghdadi ont accept\u00e9 de me donner une seconde chance, en \u00e9ditant le roman sous une nouvelle version. Permettez-moi, au passage, de remercier vivement&nbsp; Mohammed Baghdadi.<\/p>\n<p><strong>Lina, la narratrice, qui prend la parole dans votre livre, a eu un parcours semblable au v\u00f4tre. S\u2019agit- il d\u2019\u00abune autobiographie masqu\u00e9e\u00bb ?<\/strong><\/p>\n<p>Il ne s\u2019agit pas d\u2019une autobiographie masqu\u00e9e car c\u2019est une autofiction. L\u2019autobiographie et la fiction s\u2019imbriquent. Je suppose que j\u2019ai d\u00fb, d\u2019une certaine fa\u00e7on, utiliser l\u2019autobiographie comme support au r\u00e9cit, \u00e9tant ma premi\u00e8re cr\u00e9ation litt\u00e9raire. Mais pas que. Pour \u00eatre honn\u00eate,&nbsp;je voulais sans doute \u00e0 travers certains r\u00e9cits apporter des t\u00e9moignages sur les diff\u00e9rentes th\u00e9matiques soulev\u00e9es dans le roman. Dans la premi\u00e8re mouture des \u00e9ditions Ma\u00e2rifa, j\u2019ai employ\u00e9 la troisi\u00e8me personne du singulier pour le personnage principal, Lina. On aurait pu dire, effectivement, que la partie autobiographique \u00e9tait une autobiographie masqu\u00e9e, une sorte d\u2019autocensure, malgr\u00e9 moi. Mais pour cette derni\u00e8re mouture, o\u00f9 j\u2019emploie le \u00abje\u00bb, j\u2019assume enti\u00e8rement la partie autobiographique, sans pour cela que le lecteur puisse deviner o\u00f9 se situe la part autobiographique et la fiction.<\/p>\n<p><strong>L\u2019amour tient une place importante dans votre livre mais il est vite supplant\u00e9 par le torrent de souvenirs, de r\u00e9flexions sur la soci\u00e9t\u00e9. A quoi ob\u00e9it cette rupture dans le d\u00e9roulement du r\u00e9cit qui laisse un go\u00fbt d\u2019inachev\u00e9 ?&nbsp;<\/strong><\/p>\n<p>Peut-\u00eatre que l\u2019histoire d\u2019amour n\u2019\u00e9tait qu\u2019un pr\u00e9texte pour justement raconter la soci\u00e9t\u00e9, les ankyloses de la tradition, certains archa\u00efsmes. Enfant, Lina voit des choses qui la bouleversent mais sans vraiment comprendre comme cette femme qui est r\u00e9pudi\u00e9e n\u2019a pas le droit de garder son enfant, car selon la tradition, pour les parents, d\u00e8s lors que leur fille est r\u00e9pudi\u00e9e, l\u2019enfant est vu comme celui de l\u2019homme qui l\u2019a r\u00e9pudi\u00e9e, mais plus le sien. Quand elle devient adolescente, ses souvenirs ont gard\u00e9 leur charge \u00e9motionnelle, et elle d\u00e9crypte enfin ce qui l\u2019avait effray\u00e9e petite fille. Elle a peur de subir un jour le m\u00eame sort. D\u2019ailleurs, elle dit bien \u00abgommer toutes ces formes qui me rendent femme, ne ressentant la s\u00e9curit\u00e9 qu\u2019en \u00e9tant petite fille\u00bb. En outre, elle fait un r\u00e9gime drastique, elle devient presque anorexique, et c\u2019est \u00e0 partir de ce moment qu\u2019elle est sauv\u00e9e par l\u2019amour, car son idylle n\u2019aime pas les filles maigres. Lina a peur de subir le m\u00eame sort que ces femmes qui n\u2019ont pas pu choisir leur id\u00e9al de vie ou suivre leurs aspirations.<\/p>\n<p><strong>Vous n\u2019\u00eates pas la premi\u00e8re romanci\u00e8re \u00e0 d\u00e9fendre les droits de la femme, le sujet ne risque-t-il pas \u00e0 la longue de charrier seulement des clich\u00e9s ?&nbsp;&nbsp;<\/strong><\/p>\n<p>Je vous r\u00e9ponds, non. Un non cat\u00e9gorique. Parce que malheureusement, ces sch\u00e9mas existent encore dans notre pays. On oblige encore des jeunes filles \u00e0 ne pas continuer leurs \u00e9tudes, d\u2019autres \u00e0 \u00e9pouser un homme qu\u2019elles n\u2019ont pas choisi. Le mot clich\u00e9 est peut-\u00eatre dans l\u2019air du temps, mais croyez-moi, j\u2019ai vu des jeunes filles avec un potentiel intellectuel fabuleux qui ont \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9es d\u2019interrompre leurs \u00e9tudes. Peut-\u00eatre sont-elles des exceptions, je ne suis ni psychologue ni sociologue pour affirmer ou infirmer cette possibilit\u00e9. Je ne d\u00e9fends pas les droits des femmes. Je n\u2019ai pas cette vocation. Mon r\u00e9cit n\u2019est pas un r\u00e9quisitoire dans le but de d\u00e9fendre les femmes. Je fais juste un constat sur les difficult\u00e9s que rencontrent les femmes dans leur vie, leur quotidien. J\u2019ai le droit de me sentir directement concern\u00e9e par ce qu\u2019elles vivent, \u00e9tant moi-m\u00eame une femme. Car Lina, par exemple, elle a peur de devoir \u00e9pouser un homme qu\u2019elle n\u2019aurait pas choisi, J\u2019ai choisi une fin ouverte pour mon r\u00e9cit, pour donner la possibilit\u00e9 au lecteur d\u2019imaginer sa propre conclusion, comme il la r\u00eave, ceci pour donner de l\u2019espoir. J\u2019ai aim\u00e9 ce commentaire cri de col\u00e8re d\u2019une ado, mais pas que, de r\u00e9volte aussi. Ce roman m\u2019a permis en quelque sorte de donner la parole \u00e0 ma m\u00e8re, \u00e0 ces femmes, auxquelles&nbsp;la parole est confisqu\u00e9e. J\u2019ai choisi une fin ouverte pour mon r\u00e9cit,&nbsp; pour donner la possibilit\u00e9 au lecteur d&rsquo;imaginer sa propre conclusion, comme il la r\u00eave, ceci pour&nbsp; donner de l&rsquo;espoir. J&rsquo;ai aim\u00e9 ce commentaire cri de col\u00e8re d&rsquo;une ado mais pas que, de r\u00e9volte aussi. Ce roman m&rsquo;a permis en quelque sorte de donner la parole \u00e0 ma m\u00e8re, \u00e0 ces femmes, auxquelles, la parole&nbsp; est confisqu\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Lina est \u00e9cartel\u00e9e&nbsp;entre ses identit\u00e9s. O\u00f9 r\u00e9side le salut sinon dans l\u2019amour ?&nbsp; &nbsp;<\/strong><\/p>\n<p>Il n\u2019y a pas de salut, l\u2019identit\u00e9 est une chose, l\u2019amour en est une autre. Le d\u00e9chirement culturel, ou le d\u00e9racinement subsiste en moi de mani\u00e8re d\u00e9finitive. Je dis moi, car les passages ou textes se rapportant au d\u00e9racinement sont \u00e9videmment autobiographiques. Renoncer \u00e0 ma premi\u00e8re appartenance culturelle dans laquelle je me suis construite serait comme m\u2019amputer d\u2019une partie de ma personnalit\u00e9 ou de mon affectivit\u00e9. Aimer mon pays natal, la France, ne m\u2019emp\u00eache pas d\u2019aimer et d\u2019\u00eatre fid\u00e8le \u00e0 mon pays d\u2019origine, l\u2019Alg\u00e9rie. Cela ne s\u2019explique pas, c\u2019est visc\u00e9ral. J\u2019aimerais vous donner une illustration quant \u00e0 tout ce chamboulement que ressent un d\u00e9racin\u00e9. Vous savez combien il est important pour un enfant de nourrir son imaginaire. Petite fille, on me parlait de la f\u00e9e, de la sorci\u00e8re, du p\u00e8re No\u00ebl. J\u2019y croyais comme tous les enfants de ce pays. Lorsque je viens en Alg\u00e9rie, \u00e0 l\u2019or\u00e9e de la pr\u00e9-adolescence, on me dit que tout cela n\u2019existe pas, c\u2019est d\u00e9routant pour un enfant. Faut-il se reconstruire une autre personnalit\u00e9 avec les nouveaux codes culturels. Oui, Lina assimile les nouveaux codes culturels, car elle ne veut pas \u00eatre en porte-\u00e0-faux avec les valeurs traditionnelles transmises par son \u00e9ducation. Cependant, sa premi\u00e8re appartenance culturelle fera toujours partie du noyau de sa personnalit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Entretien r\u00e9alis\u00e9 par H. Rachid<\/strong> : <a href=\"http:\/\/www.sudhorizons.dz\/index.php\/fr\/videos-news\/680-djamila-abdelli-labiod-mon-roman-est-une-autofiction\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Source<\/a><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La R\u00e9glisse de mon enfance, de Djamila Lachehab-Labiod L\u2019auteure de la R\u00e9glisse de mon enfance, Djamila Lachehab-Labiod, pr\u00e9sentera son ouvrage demain, mardi 6 mars, \u00e0 la maison de la culture Houari \u2013Boumedienne. Le grand public est convi\u00e9 au d\u00e9bat qui suivera la pr\u00e9sentation. Afin de pr\u00e9senter et de d\u00e9battre de son \u0153uvre litt\u00e9raire intitul\u00e9e la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":15683,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[40,28],"tags":[],"class_list":["post-13900","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-auteurs-edition","category-livre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13900","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13900"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13900\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15683"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13900"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13900"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13900"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}