{"id":13931,"date":"2016-08-11T10:35:40","date_gmt":"2016-08-11T10:35:40","guid":{"rendered":"http:\/\/algerienetwork.com\/culture\/?p=13931"},"modified":"2016-08-11T10:35:40","modified_gmt":"2016-08-11T10:35:40","slug":"slimane-ait-sidhoum-les-trois-doigts-de-la-main","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/slimane-ait-sidhoum-les-trois-doigts-de-la-main\/","title":{"rendered":"Slimane A\u00eft Sidhoum: \u00ab\u00a0Les trois doigts de la main\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>Chihab Edition, 2002.<\/p>\n<p>Mardi vingt janvier 1998. Un bus alg\u00e9rois, comme il en existe tant, anonyme, transportant des personnes anonymes vers des destinations aux int\u00e9r\u00eats diff\u00e9rents ou divergents, vers des lieux de labeur, vers un lieu de rendez-vous de travail ou amoureux.<\/p>\n<p>Dans ce bus de hasard, un vieillard guilleret et avenant entretient une atmosph\u00e8re conviviale avec les plus jeunes. Sa barbe blanche, ses sourires, sa loquacit\u00e9 lui attirent la sympathie des oreilles et de l\u2019attention confiante d\u2019une jeunesse en mal de d\u00e9tente en p\u00e9riode de troubles et de frayeurs.<\/p>\n<p>Le \u00ab Who is in the car ? \u00bb du cin\u00e9ma am\u00e9ricain est pos\u00e9e au lecteur. Les passagers ignorent, seuls certains le sauront plus tard, trop tard, qu\u2019ils sont flou\u00e9s, abus\u00e9s par le comportement d\u00e9bonnaire de cette sagesse joviale qui les anesth\u00e9sie par la bont\u00e9 pour mieux les tuer par la haine investie dans la bombe discr\u00e8tement install\u00e9e sous le si\u00e8ge du conducteur \u00e0 mille lieux de savoir que c\u2019est au volant moyen de vie qu\u2019on lui volera sa vie.<\/p>\n<p>L\u2019a\u00een\u00e9 n\u2019agit pas seul. Lui tient compagnie, une jeune fille. Il l\u2019initie \u00e0 ses futures activit\u00e9s terroristes. Il lui enseigne et la renseigne sur l\u2019art et la mani\u00e8re de gagner la sympathie d\u2019inconnus pour rester inconnue \u00e0 tout jamais apr\u00e8s avoir accompli son forfait macabre.<\/p>\n<p>Le patriarche \u00e0 la barbe blanche descend de l\u2019arche meurtri\u00e8re, il sauve sa vie et abandonne le restant des passagers \u00e0 l\u2019enfer auquel les destinait sa gait\u00e9, sa bont\u00e9, sa joie de vivre. L\u2019arche n\u2019est pas celle de No\u00e9, elle est celle de l\u2019Armageddon.<\/p>\n<p>La bombe explose, c\u2019est le drame dans toute son horreur.<br \/>\nLe narrateur d\u00e9crit alors, au-del\u00e0 du tragique de la situation, le tragique de services hospitaliers dans l\u2019incapacit\u00e9 de recevoir, d\u2019assister les victimes \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 \u00e0 chaque instant pouvait survenir ou survenait un drame de grande ampleur.<\/p>\n<p>Alors commencent les tribulations et les angoisses d\u2019un polytraumatis\u00e9 bringuebal\u00e9 dans des services hospitaliers satur\u00e9s et incapables de faire face \u00e0 l\u2019affluence grandissante et envahissante en p\u00e9riode d\u2019attentats terroristes.<\/p>\n<p>Enseignant de profession, journaliste \u00e0 l\u2019occasion, le narrateur perd, et quelle perte valeureuse dont il parle peu tout au long de la narration, trois doigts de la main droite, dont est titr\u00e9 le livre.<\/p>\n<p>\u00ab Trois doigts \u00bb pour une personne dont la mission est d\u2019\u00e9crire sans arr\u00eat est une punition on ne peut plus s\u00e9v\u00e8re, une condamnation au-del\u00e0 de toute attente. Le symbole du sort r\u00e9serv\u00e9 en p\u00e9riode de terrorisme aux gens de plume et aux journalistes.<\/p>\n<p>L\u2019auteur \u00ab Des r\u00e9voltes feutr\u00e9es \u00bb avec \u00ab les trois doigts de la main \u00bb son premier roman, d\u00e9crit \u00ab des douleurs et plaintes feutr\u00e9es \u00bb. En effet, il pense \u00e0 ses parents et refuse qu\u2019ils apprennent sa survie \u00e0 un attentat terroriste. Il souhaite et r\u00e9ussit \u00e0 les tenir \u00e0 l\u2019\u00e9cart de la terrible nouvelle.<\/p>\n<p>Douleurs feutr\u00e9es, car le narrateur, doit par dignit\u00e9 et pour ne pas d\u00e9clencher l\u2019indigne indignation du cadre soignant de l\u2019h\u00f4pital outr\u00e9 par la moindre r\u00e9clamation ou r\u00e9crimination, d\u00e9pass\u00e9 par l\u2019\u00e9v\u00e9nement et les \u00e9v\u00e9nements, vivre les dents serr\u00e9es et surfaire sa r\u00e9sistance, sa patience. Il feutre tous ses griefs par solidarit\u00e9 et compassion pour les geignements, les tortures lamentables, les saignements de ses concitoyens.<\/p>\n<p>Bon vivant, joyeux drille, coureur de jupons, le narrateur s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la femme m\u00e9decin au tablier vert qu\u2019il nomme Ang\u00e9lique. Il s\u2019invente une histoire d\u2019amour comme vuln\u00e9raire, panac\u00e9e, cataplasme providentiel \u00e0 ses graves plaies physiques et \u00e0 la peur encore persistante, mal reconnue, mal dig\u00e9r\u00e9e, mal g\u00e9r\u00e9e. Il r\u00e9siste par l\u2019amour, par un amour idyllique \u00e0 la froideur r\u00eache et grognarde de l\u2019univers alentour et au souvenir de l\u2019horreur.<\/p>\n<p>Fort heureusement entour\u00e9 de ses proches, de ses livres, surtout de ses livres, apr\u00e8s le charybde et le scylla in\u00e9vitables de son odyss\u00e9e, il \u00e9choue dans la maison familiale, dans sa chambre \u00e0 l\u2019\u00e9tage, l\u00e0 o\u00f9 l\u2019attend : \u00ab le meilleur lit du monde \u00bb le sien.<\/p>\n<p>Le roman est dat\u00e9 : Fos-sur-Mer, le 13 janvier 2002.<\/p>\n<p>Fateh Bourboune<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chihab Edition, 2002. Mardi vingt janvier 1998. Un bus alg\u00e9rois, comme il en existe tant, anonyme, transportant des personnes anonymes vers des destinations aux int\u00e9r\u00eats diff\u00e9rents ou divergents, vers des lieux de labeur, vers un lieu de rendez-vous de travail ou amoureux. 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