{"id":13954,"date":"2016-08-11T11:03:33","date_gmt":"2016-08-11T11:03:33","guid":{"rendered":"http:\/\/algerienetwork.com\/culture\/?p=13954"},"modified":"2016-08-11T11:03:33","modified_gmt":"2016-08-11T11:03:33","slug":"youcef-merahi-et-lombre-assassine-la-lumiere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/youcef-merahi-et-lombre-assassine-la-lumiere\/","title":{"rendered":"Youcef MERAHI : \u00ab\u00a0Et l\u2019ombre assassine la lumi\u00e8re\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>Titre : Et l\u2019ombre assassine la lumi\u00e8re !<br \/>\nCasbah \u00e9ditions \/2010.<\/p>\n<p>\u00c9bauche pour une approche \u00e9thnocritique du texte.<br \/>\nEn guise de pr\u00e9lude je m\u2019autorise une citation dont j\u2019ai supprim\u00e9 une partie par souci de pertinence, je n\u2019en userai pas. La soustraction op\u00e9r\u00e9e n\u2019alt\u00e8re en rien la coh\u00e9sion de la citation et par contre coup sa coh\u00e9rence.<\/p>\n<p>\u00ab Le personnage liminaire.<br \/>\nNotre hypoth\u00e8se de travail est qu\u2019il y a une homologie structurelle et fonctionnelle entre le rite de passage (Van Gennep) et le r\u00e9cit litt\u00e9raire. La trajectoire narrative des personnages serait donc l\u2019histoire d\u2019une mise en marge, qui aurait pour objectif de les faire acc\u00e9der \u00e0 un nouveau statut. Mais certains d\u2019entre eux se caract\u00e9risent pr\u00e9cis\u00e9ment par leur incapacit\u00e9 \u00e0 quitter l\u2019entre-deux de la phase de marge : nous proposons de leur r\u00e9server l\u2019\u00e9tiquette de \u00ab personnage liminaire \u00bb. Le personnage liminaire est donc toujours un non ou un mal \u00ab initi\u00e9 \u00bb (\u00e0 condition de donner \u00e0 l\u2019 \u00ab initiation \u00bb une acception strictement anthropologique).<br \/>\nLa fonction premi\u00e8re de ce type de personnage est sans doute d\u2019\u00eatre un personnage-t\u00e9moin, plac\u00e9 simplement au degr\u00e9 ultime de l\u2019\u00e9chelle du ratage initiatique qu\u2019empruntent tous les personnages du roman moderne. Mais l\u2019initiation impossible lui conf\u00e8re aussi une ambivalence constitutive qui peut faire de lui un passeur pour les autres. Le moins initi\u00e9 devient alors un sur-initi\u00e9 ; dans certains cas m\u00eame, le personnage liminaire a tout du trickster. \u00bb<\/p>\n<p>DE L\u2019INDIGNATION COMME FACTEUR D\u00c9CLANCHANT DU RITE DE PASSAGE.<\/p>\n<p>J\u2019ai assenti \u00e0 l\u2019insistant besoin de relire \u00ab Et l\u2019ombre assassine la lumi\u00e8re ! \u00bb. Imp\u00e9rieuse mission n\u00e9e d\u2019une circonstance particuli\u00e8re \u00e9prouvante pour bon nombre. L\u2019auteur de ce texte, Youcef MERAHI, il est vrai , \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 dans mes chantiers, cependant, Le souvenir de l\u2019assassinat de Tahar Djaout en a d\u00e9clench\u00e9 l\u2019extraction du livre de l\u2019\u00e9tag\u00e8re.<\/p>\n<p>Le roman se compose de deux parties. Chacune \u00e9tant r\u00e9serv\u00e9e au \u00ab rite de passage \u00ab du personnage principal : Boussad pour la premi\u00e8re partie, Farid pour la seconde.<br \/>\nLes titres donn\u00e9s aux chapitres engagent imm\u00e9diatement le lecteur non seulement dans un inconditionnel contrat de lecture mais de plus le guident dans les \u00e9tapes du parcours initiatique des personnages, \u00ab leur rite de passage \u00bb. Le lecteur se sent investi ou s\u2019investit d\u2019embl\u00e9e.<\/p>\n<p>Les titres des chapitres de la premi\u00e8re partie rel\u00e8vent du registre existentialiste. Ils mettent pr\u00e9cocement le lecteur dans une ambiance impressionniste. Ceux de la seconde partie par contre, \u00e9voluent dans une gradation ascensionnelle dont l\u2019aboutissement est la cons\u00e9quence logique du parcours initiatique de Farid, indign\u00e9 par l\u2019extr\u00eame indigence de sa famille, r\u00e9cup\u00e9r\u00e9, initi\u00e9 et utilis\u00e9 par un recruteur manipulateur, en d\u2019autres termes \u00ab un passeur au second degr\u00e9\u00bb qui le met entre les mains du commanditaire \u00ab Passeur au 1er degr\u00e9 \u00bb. La gradation accompagne la propension du meneur de jeu et de celui dont il se joue.<\/p>\n<p>L\u2019ascendant du manipulateur \u00ab passeur \u00bb activant l\u2019ascendant du manipul\u00e9 \u00ab passant \u00bb sur son milieu imm\u00e9diat : sa famille et le milieu scolaire. Le rite de passage rel\u00e8ve d\u2019un protocole rigoureux. Dispens\u00e9 en lieu clos la halaqua et la mosqu\u00e9e, et agissant en milieu clos. Farid, \u00ab le passant \u00bb devient in\u00e9vitablement \u00ab passeur \u00bb Il est le passeur de sa famille.<\/p>\n<p>Le personnage de la premi\u00e8re partie, Boussad, de part sa profession, enseignant en litt\u00e9rature compar\u00e9e, convie le lecteur \u00e0 une lecture compar\u00e9e des deux parties du texte. L\u2019auteur se fait p\u00e9dagogue et \u00ab initie \u00bb le lecteur \u00e0 la lecture de son texte.<\/p>\n<p>L\u2019indignation De Boussad, le professeur de litt\u00e9rature compar\u00e9e le m\u00e8ne \u00e0 l\u2019indignit\u00e9 et \u00e0 la pr\u00e9carit\u00e9 tandis que pour Farid, elle le m\u00e8ne vers une forme de dignit\u00e9 que conf\u00e8rent l\u2019aise et l\u2019appartenance \u00e0 un clan d\u2019humanisme et de puissance puisque ce dit clan est all\u00e9 \u00e0 son secours. Farid, gr\u00e2ce \u00e0 son rite de passage s\u2019arrache \u00e0 la pr\u00e9carit\u00e9 de son existence pour un meilleur confort mat\u00e9riel. Il retrouve pour lui et pour sa famille une dignit\u00e9 factice cependant con\u00e7ue comme valeureuse.<\/p>\n<p>Deux indignations distinctes face \u00e0 des sorts tragiques : Boussad est r\u00e9volt\u00e9 par l\u2019assassinat de Tahar Djaout. Farid est r\u00e9volt\u00e9 par les aveux durs et rudes de sa m\u00e8re et une existence au-dessous du seuil de l\u2019indigence. Mais Boussad est victime de son indignation : d\u2019une part il devient la cible du terrorisme et d\u2019autre part, il entame une d\u00e9sescalade. Tandis que l\u2019indignation arme le bras de Farid charg\u00e9 de mettre un terme \u00e0 la vie d\u2019un autre indign\u00e9, en l\u2019occurrence Boussad.<\/p>\n<p>Le premier, Boussad, par instinct de survie quitte Tizi- Ouzou pour Alger. De crainte d\u2019\u00eatre surpris dans son apparente d\u00e9ch\u00e9ance, il abandonne Alger pour Oran. A Alger, un chef de gare, nomm\u00e9 H\u2019mida, l\u2019aide \u00e0 monter \u00e0 bord d\u2019un wagon de marchandises. Le nom de H\u2019mida, devant servir de sauf conduit a Boussad en cas de difficult\u00e9s tout au long de son voyage. Nul n\u2019ignore la\/les charge\/s s\u00e9mantique\/s du nom H\u2019mida dans l\u2019esprit du commun.<\/p>\n<p>Le passager clandestin a son blanc seing, sa patte blanche. H\u2019mida l\u2019aiguilleur se transforme en \u00ab passeur \u00bb. Boussad, n\u2019est plus \u00ab un vagabond du rail \u00bb.<br \/>\nA Oran, Boussad au premier jour de son arriv\u00e9e est d\u00e9fendu, pris en charge, int\u00e9gr\u00e9 et initi\u00e9 par un autre sdf nomm\u00e9 Kada. Kada, Boussad et Vinou forment un trio soud\u00e9. Trois existences assumant avec beaucoup de philosophie leur descente aux enfers. Chacun des trois avait une profession digne. Ils vivent leur indignit\u00e9 en espace ou vert derri\u00e8re le march\u00e9 Garguinta.<\/p>\n<p>Boussad re\u00e7oit son nom de bapt\u00eame de Kada. A son pr\u00e9nom vient s\u2019ajouter, pour couronner son adoubement celui de \u00ab Laswed \u00bb. L\u2019auteur mime par ce proc\u00e9d\u00e9 l\u2019onomastique de Tahar Djaout, en recourant \u00e0 l\u2019euph\u00e9misation de la destin\u00e9e, de la qualit\u00e9 ou du connot\u00e9 par le patronyme ou le pr\u00e9nom.<\/p>\n<p>A Oran, Boussad \u00e0 un second parcours initiatique, \u00ab un rite de retour \u00bb, de r\u00e9habilitation, un d\u00e9sapprentissage et un r\u00e9apprentissage. Sa rencontre avec Samra change le cours de sa vie. Elle l\u2019aide \u00e0 r\u00e9apprendre \u00e0 vivre, \u00e0 reprendre pied dans la vie.<\/p>\n<p>Le professeur de litt\u00e9rature compar\u00e9e, compare aussi les villes.<br \/>\nTizi-ouzou \u00ab est une m\u00e9tropole qui rappelle une femme, jadis belle mais qui se n\u00e9glige d\u00e9sormais. Elle a le m\u00eame peignoir depuis les ann\u00e9es soixante-dix. [p11] Boussad l\u2019a quitt\u00e9e. Sa mise en marge est double : sa d\u00e9pr\u00e9ciation de la ville et son statut de victime expiatoire.<br \/>\nAlger est : \u00ab comme une femme fard\u00e9e, semble belle. Mais il n\u2019y a qu\u2019apparence et sortil\u00e8ge.<\/p>\n<p>Si cette ville est propre, elle a oubli\u00e9 de se laver les pieds. \u00bb [p33] Boussad l\u2019a quitt\u00e9e. Sa mise en marge est double : sa d\u00e9pr\u00e9ciation de la ville et se crainte d\u2019y \u00eatre reconnu.<br \/>\nOran. Oran la voluptueuse, la jouissive, la mer cap<\/p>\n<p>Fateh Bourboune<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Titre : Et l\u2019ombre assassine la lumi\u00e8re ! Casbah \u00e9ditions \/2010. \u00c9bauche pour une approche \u00e9thnocritique du texte. En guise de pr\u00e9lude je m\u2019autorise une citation dont j\u2019ai supprim\u00e9 une partie par souci de pertinence, je n\u2019en userai pas. 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