{"id":14016,"date":"2016-09-06T11:52:58","date_gmt":"2016-09-06T11:52:58","guid":{"rendered":"http:\/\/algerienetwork.com\/culture\/?p=14016"},"modified":"2016-09-06T11:52:58","modified_gmt":"2016-09-06T11:52:58","slug":"ryad-girod-ravissements","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/ryad-girod-ravissements\/","title":{"rendered":"Ryad Girod : Ravissements"},"content":{"rendered":"<p>Auteur : Ryad Girod<br \/>\nTitre : Ravissements<br \/>\nEditions Jos\u00e9 Corti. 2008 . [Barzakh] 2010. 133p<\/p>\n<p>Si Ryad Girod commet un troisi\u00e8me roman sur fond de ph\u00e9nom\u00e8ne g\u00e9ologique ou climatique il aura ressuscit\u00e9 une sorte de th\u00e9orie des climats ou aura introduit la th\u00e9orie du ph\u00e9nom\u00e8ne g\u00e9ologique et climatique. Climat social et g\u00e9ologie des masses.<\/p>\n<p>Dans \u00ab la fin qui nous attend \u00bb, son second roman, les \u00e9v\u00e9nements narr\u00e9s ont lieu lors d\u2019un s\u00e9isme.<br \/>\nDans \u00ab Ravissements \u00bb, il s\u2019agit d\u2019un vent de sable venant du nord pour allusivement faire perdre le nord au lecteur. Le narrateur avoue par son r\u00e9cit que lui-m\u00eame l\u2019a perdu.<\/p>\n<p>L\u2019absence de toponymes n\u2019emp\u00eache pas, gr\u00e2ce \u00e0 un indice r\u00e9it\u00e9r\u00e9 avec insistance et certaines expressions, de se savoir en Alg\u00e9rie o\u00f9 les vents de sable viennent du sud.<\/p>\n<p>Le narrateur est sous-directeur du d\u00e9partement National de linguistique. A l\u2019\u00e9poque du r\u00e9cit il y dispense une s\u00e9rie de conf\u00e9rences afin d\u2019initier les stagiaires \u00e0 l\u2019\u00e9criture du discours politique id\u00e9al, \u00e0 l\u2019approche des \u00e9lections. Or, lors d\u2019une de ses prises de paroles, il perd l\u2019essentiel de son activit\u00e9 : les mots, lui qui a pour mission de r\u00e9diger un trait\u00e9 du discours politique id\u00e9al command\u00e9 par les hautes instances du pays, nomm\u00e9es : \u00ab Qui vous savez. \u00bb Le dossier sur lequel il travaille est intitul\u00e9 : \u00ab Quelles strat\u00e9gies de simplification du discours politique ? \u00bb<\/p>\n<p>Ne pas oublier que pour r\u00e9diger son r\u00e9cit, l\u2019auteur a avec brio employ\u00e9 les mots et qu\u2019il dit : \u00ab : \u00ab Ce qui s\u2019exprime par le langage nous ne pouvons l\u2019exprimer par le langage\u2026 \u00bb P77 et qu\u2019il continue en page 78 un discours linguistique sur le discours politique.<\/p>\n<p>Le narrateur dont l\u2019\u00e9pouse est architecte, a deux filles : Fifi et Mimi. Fifi et Mimi sont aussi les noms de deux poup\u00e9es enferm\u00e9es dans un vieux coffre, propri\u00e9t\u00e9 de l\u2019\u00e9pouse cyclothymique et sujette \u00e0 des d\u00e9pressions la menant souvent en cure dans une maison de repos tenue par des s\u0153urs blanches. Le narrateur semble aussi y aller, s\u2019y trouver et y rencontrer du ravissement.<\/p>\n<p>Au sortir du travail, la voiture du narrateur refuse de d\u00e9marrer. Il emprunte \u00e0 pieds un chemin pour se rendre \u00e0 son domicile. Chemin faisant, une \u00e9trange v\u00e9g\u00e9tation d\u00e9bordant des palissades des villas attire son attention, alors qu\u2019une main l\u2019attire vers l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un jardin o\u00f9 au pied de chaque arbre se tient une pierre tombale.<br \/>\nLe narrateur retournera plusieurs fois en ce lieu magique, jardin-cimeti\u00e8re-temple o\u00f9 chaque arbre a pouss\u00e9 du fait des graines d\u00e9pos\u00e9es sous la langue de l\u2019inhum\u00e9.<\/p>\n<p>Entre son lieu de travail, la piscine : d\u00e9licieusement baptis\u00e9e le jardin bleu, l\u2019\u00e9trange temple\/jardin\/cimeti\u00e8re et le souvenir de l\u2019explosion d\u2019une bombe sous une voiture lors d\u2019un voyage pour assister aux obs\u00e8ques de son grand p\u00e8re, le narrateur nous m\u00e8ne de la r\u00e9alit\u00e9 vers l\u2019irr\u00e9alit\u00e9 donnant \u00e0 certains personnages et \u00e0 certains objets un double, une pr\u00e9sence de substitution d\u00e9r\u00e9alisant le r\u00e9cit alors qu\u2019en un lieu, un couple d\u2019amoureux, dans une gar\u00e7onni\u00e8re aux issues mur\u00e9es, toute tapiss\u00e9e de rouge, se liqu\u00e9fie. L\u2019eau magique produite par le couple suicidaire d\u00e9vale l\u2019escalier et coule dans la rue. Les gens s\u2019empressent de remplir des r\u00e9cipients. L\u2019auteur remplit un verre pour rendre service \u00e0 une dame debout sur le cercueil de son fils r\u00e9ceptionniste dans l\u2019administration du narrateur. Les r\u00e9f\u00e9rents religieux sont d\u2019une clart\u00e9 prodigieuse.<\/p>\n<p>Le narrateur retrouve toutefois la parole lorsqu\u2019il dit : \u00ab La parole retrouv\u00e9e, je m\u2019installais devant notre figuier et me laissais entra\u00eener par des pens\u00e9es circulaires au sujet de tel ou tel autre \u00e9v\u00e9nement de la journ\u00e9e. \u00bb[p121]<\/p>\n<p>La circularit\u00e9 des id\u00e9es est omnipr\u00e9sente dans tout le r\u00e9cit et rel\u00e8ve de l\u2019obsessionnel. L\u2019absence de ponctuation, les reprises, les hypoth\u00e8ses en s\u00e9rie s\u2019annulant l\u2019une l\u2019autre et se compl\u00e9tant \u00e0 la fois, nous ram\u00e8nent \u00e0 la pens\u00e9e math\u00e9matique, formation de l\u2019auteur et bien entendu \u00e0 leur d\u00e9finition : \u00ab Les math\u00e9matiques sont une succession infinie d\u2019op\u00e9rations logiques. \u00bb<\/p>\n<p>Sp\u00e9cialiste des abstractions, l\u2019auteur fait abstraction de toute logique afin d\u2019imposer par son discours des \u00e9vidences d\u2019une logique quasi math\u00e9matique. Fonctionnant en A et \u0100 sans exclure le tiers, Ryad Girod proc\u00e8de \u00e0 une lecture d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 fonctionnant en A et \u0100 qui n\u2019a cure du tiers exclu.<\/p>\n<p>Je me suffis de cette pr\u00e9sentation succincte, superficielle du roman car, ce que je refusais, arguments \u00e0 l\u2019appui, depuis fort longtemps, se r\u00e9v\u00e8le et vient me conforter dans ma certitude \u00e0 travers la plume de Ryad Girod, celle de Kaouther Adimi, de Samir Toumi, de Abdelkader Djemai, Ali Malek, Amara Lakhous et bien d\u2019autres.<\/p>\n<p>En effet, une relecture de Rachid Boudjedra est indispensable, loin des prisons th\u00e9oriques controuv\u00e9es du Grotesque et du carnavalesque impos\u00e9es par Charles Bonn et devenues code sacr\u00e9 de la lecture des textes de l\u2019auteur de L\u2019escargot ent\u00eat\u00e9.<\/p>\n<p>Une \u00e9cole purement alg\u00e9rienne est n\u00e9e, s\u2019impose avec son Ma\u00eetre et ses \u00e9pigones g\u00e9niaux et ing\u00e9nieux. Des \u00e9pigones esquissant eux-m\u00eames une \u00e9cole nouvelle.<\/p>\n<p>Post-colonial, p\u00e9riph\u00e9rie, carnavalesque, grotesque, toutes ses peaux superpos\u00e9es sur le dos de litt\u00e9rature alg\u00e9rienne afin de la faire d\u00e9pendre d\u2019un centre, n\u2019existent pas, n\u2019existent plus. Afin d\u2019en faire une imitation grotesque d\u2019un ailleurs paradigmatique est une supercherie d\u2019envergue.<\/p>\n<p>La litt\u00e9raire alg\u00e9rienne n\u2019est plus et ne le fut jamais, cet \u00eatre hybride d\u00e9poss\u00e9d\u00e9 de son autonomie et de son g\u00e9nie. Je pr\u00e9senterai ma\/mes conclusions personnelles dans un article ou dans un caf\u00e9 litt\u00e9raire.<\/p>\n<p>Fateh Bourboune.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur : Ryad Girod Titre : Ravissements Editions Jos\u00e9 Corti. 2008 . 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