{"id":14490,"date":"2017-04-02T21:40:09","date_gmt":"2017-04-02T21:40:09","guid":{"rendered":"http:\/\/dounyazad.com\/?p=14490"},"modified":"2020-06-07T17:57:08","modified_gmt":"2020-06-07T17:57:08","slug":"19-et-une-nuits-2-possession","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/19-et-une-nuits-2-possession\/","title":{"rendered":"19 et une nuits : 2. Possession"},"content":{"rendered":"<p>J\u2019ai mal partout. Dans mon minable lit qui ressemble plus \u00e0 un caveau, je regarde &nbsp;la t\u00e9l\u00e9, n\u2019importe quoi pour oublier ce temps qui coule dans mes veines et qui me d\u00e9truit inlassablement et sans piti\u00e9. Je voudrais \u00eatre sourd pour ne plus entendre la rue qui chiale son odeur. Je ne veux plus m\u2019entendre. Je ne veux plus entendre le temps, je ne peux plus entendre l\u2019existence.<\/p>\n<p>Je suis dans un gouffre. Dehors, il y a un vent glaciale qui souffle dans ma t\u00eate. Je me r\u00e9veille encore une fois. Je me r\u00e9veil encore une autre fois de ce r\u00e9veil. Je me r\u00e9veille encore un million de fois de ce r\u00e9veil. De r\u00e9veil en r\u00e9veil, j\u2019ai perdu le r\u00e9veil original. Je ne suis qu\u2019une succession de r\u00e9veil. Je suis un clone de milliers de r\u00e9veils, de millions de clones, de millions d\u2019exemplaires\u2026&nbsp; Je suis un million d\u2019autres possibilit\u00e9s \u2026<\/p>\n<p>Un jour, ces millions d\u2019exemplaires dans le temps ont tous d\u00e9cid\u00e9 de se rejoindre dans un temps parall\u00e8le dans un seul r\u00e9veil. Ils me ressemblent tous et pourtant chacun n\u2019est qu\u2019un r\u00eave diff\u00e9rent. Je marche dans une rue ou mes exemplaires ne me reconnaissent pas. Certains me jettent des regards indiff\u00e9rents et d\u2019autres pleins de violences\u2026 Je suis un Rien et non pas un N\u00e9ant.<\/p>\n<p>Il est 3 heures du matin. Ma prostate me r\u00e9veille. J\u2019ai envie de pisser, je me l\u00e8ve difficilement, je vomis, je suis un fou- malade \u00e0 la lisi\u00e8re de la mort. Je vois tout transparent. J\u2019entends une horde de chiens qui aboient dans la nuit apparente. Je ferme les yeux et je les vois me poursuivre dans un jour sombre, brumeux, pluvieux et froid. Je cours comme un enrag\u00e9 malgr\u00e9 ma faiblesse. je cours jusqu&rsquo;au pont suspendu de Cirta la mill\u00e9naire et puis je me d\u00e9cide de me jeter, mourir encore une autre fois et aller loin dans un autre univers car mourir \u00e9tait juste dans le r\u00eave. On se r\u00e9veille toujours ailleurs loin des chacals pour fuir tout le temps tous les espaces et tous les temps de tous les chacals.<\/p>\n<p>Dans mes r\u00eaves, je suis toujours seul. Je suis une ombre exclue des n\u00e9ons. Je marche avec douleur dans la rue parmi les existants. Personne ne semble me voir. Personne ne semble voir personne. Tout est exclu&nbsp;; Les jeunes, les vieux, les femmes, les religions\u2026 Nous sommes tous des autres. La multitude me fatigue, m\u2019\u00e9touffe, m\u2019aveugle et me donne soif en m\u00eame temps.<\/p>\n<p>Je rentre dans un bar sans o\u00f9 personne ne me voie. Je ne vois personne malgr\u00e9 la bousculade, le bruit des&nbsp;musiques et des altercations. Les \u00eatres se p\u00e9n\u00e8trent sans ses caresser. Je m\u2019ennui tr\u00e8s vite. Je ressors dans la nuit froide, pluvieuse et brumeuse. Tient il y\u2019a une exposition ouverte la nuit. Je rentre. Il n\u2019y\u2019 \u00e0 personne. Les murs, le plancher et le plafond sont remplis de salissures de peintures, de rapi\u00e9\u00e7ages g\u00e9om\u00e9triques, de variations obsc\u00e8nes et d\u2019assemblages de d\u00e9chets. Je ne comprends rien et je ressorts tr\u00e8s vite dans ma nuit orageuse.<\/p>\n<p>Je suis seul car j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de ne pas appartenir \u00e0 mes amis, \u00e0 mes amours, \u00e0 ma famille, \u00e0 mon \u00e9tat, \u00e0 mon dieu et ni \u00e0 moi m\u00eame. Je d\u00e9testais appartenir \u00e0 quelqu&rsquo;un, quelque chose, quelque groupe, quelque que id\u00e9e, quelque v\u00e9rit\u00e9 ou quelque dieu. Je n\u2019ai aucune raison, aucune passion et aucune haine pour me tenir debout. Je ne suis ni une pens\u00e9e et ni une impens\u00e9e. Je ne suis pas !<\/p>\n<p>L\u2019Etre ne me voit que lorsque j\u2019ach\u00e8te quelque chose. Pour avoir le droit d\u2019exister, le droit de regard, je dois payer mon loyer, mon \u00e9lectricit\u00e9, ma nourriture, mon surendettement, \u2026. Lass\u00e9 des portes qui se ferment sur moi et sur mon avenir, je ne trouve aucune compassion compatissante. L\u2019humanitaire m\u2019humilie en perp\u00e9tuant la monstrueuse mis\u00e8re de sa Cit\u00e9 qui vit de ma mis\u00e8re.<\/p>\n<p>La violence n\u2019est pas dans la rue, elle est dans la Cit\u00e9 et dans notre t\u00eate. Elle est silencieuse. Elle impose le silence, le dressage et l\u2019apprivoisement de notre violence. Elle respire mon air, elle est dans les ondes de l&rsquo;univers &#8230;dans ces exposions gigantesques de collision de galaxies aux confins de l&rsquo;univers, elle est sur le soleil et nous envoie ses ondes &#8230;<\/p>\n<p>Nous vibrons dans des symphonies de violences du quantique au cosmique o\u00f9 la mort arrache la vie le jour m\u00eame de son apparition &#8230; tout se d\u00e9grade, rien ne doit durer, rien ne doit exister &#8230; seul l&rsquo;instant nous est donn\u00e9e &#8230; l&rsquo;instant qui fuit toujours dans le gouffre du pass\u00e9 ; un trou noir gigantesque &#8230; un enfer ou tous les damn\u00e9s avaient commis un seul crime ; celui de naitre du vide &#8230;<\/p>\n<p>Je vois souvent dans mon r\u00eave une femme qui me prend par sa bouche \u00e9norme et me d\u00e9vore tout entier ; elle ne cessait de crier : je t&rsquo;aime &#8230; je suis dans son corps, dans sa peaux et dans son souffle &#8230; je suis devenu femme monstre et je dois d\u00e9vorer tout le temps pour me nourrir des \u00e2mes humaines. Mon pacte sacr\u00e9e avec ma maitresse est scell\u00e9. &nbsp;C&rsquo;est ainsi que j&rsquo;ai fait de ce monde un univers de bestialit\u00e9 &#8230;je n&rsquo;avais pas de choix &#8230; je suis un monstre &#8230; car je ne suis pas un dieu &#8230;<\/p>\n<p>Je refusait qu&rsquo;un autre que moi soit un dieu et pire mon cr\u00e9ateur ; C&rsquo;\u00e9tait un blasph\u00e8me et je me r\u00e9voltais contre ces humains qui acceptaient de se soumettre \u00e0 un dieu autre que mon satanisme &#8230; je devais les faire soumettre par leurs passions, les d\u00e9vorer par leurs secrets que je connaissait trop bien ; leur d\u00e9sir d\u2019\u00eatre aussi des dieux. Ils sont pr\u00eat a vendre leur \u00e2me pour cela au diable qu&rsquo;il diabolise ; et je suis celui qui ach\u00e8te les \u00e2mes des humains &#8230;<\/p>\n<p>Je m\u2019ennuie car je n&rsquo;ai pas trouv\u00e9 une seule \u00e2me humaine qui est refus\u00e9 de se vendre. Ils se bousculent tous les matins \u00e0 l&rsquo;aube pour m&rsquo;implorer de se vendre m\u00eame pour rien &#8230; il m&rsquo;implorent, me v\u00e9n\u00e8rent &#8230; avec des mots mensongers &#8230;<\/p>\n<p><span style=\"color: #008080;\"><strong>A.B<\/strong><\/span><\/p>\n<div class=\"youtube-embed\" data-video_id=\"z59K4uv2BsI\"><iframe loading=\"lazy\" title=\"Mercedes Nieto: Querer - Modern oriental\/tango, 2008\" width=\"696\" height=\"522\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/z59K4uv2BsI?feature=oembed&#038;enablejsapi=1\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J\u2019ai mal partout. Dans mon minable lit qui ressemble plus \u00e0 un caveau, je regarde &nbsp;la t\u00e9l\u00e9, n\u2019importe quoi pour oublier ce temps qui coule dans mes veines et qui me d\u00e9truit inlassablement et sans piti\u00e9. 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