{"id":15091,"date":"2017-11-11T16:42:53","date_gmt":"2017-11-11T16:42:53","guid":{"rendered":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/?p=15091"},"modified":"2020-06-06T18:49:46","modified_gmt":"2020-06-06T18:49:46","slug":"najia-abeer-trois-ans-pour-une-une-passion-eternelle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/najia-abeer-trois-ans-pour-une-une-passion-eternelle\/","title":{"rendered":"Najia Abeer; trois ans pour une une passion \u00e9ternelle"},"content":{"rendered":"<hr size=\"1\">\n<p><a href=\"http:\/\/www.constantine-hier-aujourdhui.fr\/images\/divers\/moineauxmurette.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.constantine-hier-aujourdhui.fr\/images\/divers\/artisanat\/moineauxmurette_petit.jpg\" alt=\"Constantine et les moineaux de la murette\" width=\"102\" vspace=\"5\" hspace=\"10\" height=\"180\" border=\"1\" align=\"left\"><\/a>Janvier 2003, parution de son premier ouvrage :<br \/>\n<strong>Constantine et les moineaux de la murette<br \/>\n(R\u00e9cit) &#8211; \u00c9ditions Barzakh, Paris, 2003 <\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">\u00c9vocation des moments d&rsquo;insouciance, du temps de l&rsquo;innocence sur fond de guerre d&rsquo;Alg\u00e9rie, son r\u00e9cit, tiss\u00e9 de r\u00e9miniscences, prend aussi parfois une vraie dimension documentaire, mentionnant les m\u00e9tiers disparus, les quartiers et traditions, la bigarrure propres \u00e0 cette ville.<\/p>\n<p align=\"justify\">Cet ouvrage \u00e9tait la premi\u00e8re partie de ce qui devait \u00eatre une trilogie.<\/p>\n<p align=\"justify\">Dz-Lit 27 juin 2004<br \/>\nRecension de Max V\u00e9ga-Ritter<\/p>\n<p align=\"justify\">Contantine et les moineaux de la murette se pr\u00e9sente comme l\u2019\u00e9vocation du monde d\u2019une petite fille \u00e0 travers une suite d\u2019anecdotes piquantes, de souvenirs chatoyants, d\u2019incidents pittoresques ruisselants du bonheur d\u2019une enfance tr\u00e9pidante. Le nid de parents cigognes sur le toit, la soupente transfigur\u00e9e o\u00f9 dorment la narratrice enfant, sa tante et sa jeune s\u0153ur, les poup\u00e9es en bout de bois qui captivent la tendresse ont la verve et la po\u00e9sie de David Copperfield, des joues rouge de Peggotty, de l\u2019arche enchant\u00e9e sur la plage de Yarmouth.<\/p>\n<p align=\"justify\">La maison traditionnelle constantinoise, avec sa cour centrale, son unique fen\u00eatre soigneusement voil\u00e9e sur la rue, dans la vieille ville de Constantine, la Souika, baigne dans l\u2019atmosph\u00e8re pleine d\u2019humour d\u2019une famille chaleureuse avec les tantes et cousines sur lesquelles pr\u00e9sident la grand-m\u00e8re et le p\u00e8re instituteur. La rue, loin d\u2019\u00eatre un lieu \u00e9tranger, prolonge et embrasse la demeure familiale avec ses m\u00e9tiers familiers, l\u2019artiste avec ses figurines, le boulanger, le mozabite etc. On songe \u00e0 un Dickens qui serait profond\u00e9ment arabo-berb\u00e8re. Plus tard la sc\u00e8ne se transporte dans l\u2019immeuble d\u2019une \u00e9cole fran\u00e7aise publique en limite de la ville europ\u00e9enne, cern\u00e9 d\u2019un espace impersonnel r\u00e9gi par des r\u00e8gles abstraites, les jeux et les rites d\u2019une autre soci\u00e9t\u00e9, celle des europ\u00e9ens.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le roman para\u00eet ainsi, \u00e0 premi\u00e8re vue, comme travers\u00e9 par une fracture, celle du basculement d\u2019un monde \u00e0 un autre ordonn\u00e9 par des rites et des conventions diff\u00e9rentes, fait de cohabitations bon enfant mais sous le coup de menaces et d\u2019hostilit\u00e9s permanentes, d\u2019une domination plus ou moins feutr\u00e9e ou pesante, celle des europ\u00e9ens sur les \u00ab indig\u00e8nes \u00bb. En r\u00e9alit\u00e9 le roman ne se borne pas \u00e0 cela. Il y a l\u00e0, sous-jacent, la naissance et le m\u00fbrissement de l\u2019esprit d\u2019une petite fille au contact des r\u00e9alit\u00e9s cruelles mais \u00e0 l\u2019occasion chaleureuses de la colonisation et de ceux qui l\u2019incarnent. La guerre d\u2019Alg\u00e9rie est l\u00e0, lancinante, taraudante ou violente dans son surgissement dramatique : la r\u00e9union secr\u00e8te de conjur\u00e9s, le pourchass\u00e9 aux abois que l\u2019instituteur fran\u00e7ais prend sous sa protection. La petite fille per\u00e7oit, int\u00e8gre dans son imaginaire les d\u00e9tails qui la frappent, l\u2019\u00e9pouvantent, l\u2019\u00e9meuvent, la bouleversent.Tout un itin\u00e9raire int\u00e9rieur est ainsi saisi, \u00e9voqu\u00e9, auquel le lecteur participe.<\/p>\n<p align=\"justify\">Cependant sous la chronique d\u2019une enfance v\u00e9cue dans la guerre, sous la cohabitation dans l\u2019in\u00e9galit\u00e9 de deux soci\u00e9t\u00e9s, sous le passage douloureux d\u2019une culture \u00e0 une autre, au contact d\u2019un monde \u00e0 la fois hostile et parfois bienveillant, il y a comme une topographie souterraine, des cheminements obscurs mais irr\u00e9sistibles. On sent dans les profondeurs sourdre une interrogation, celle de l\u2019enfant mais aussi de la femme, sur l\u2019identit\u00e9 de celle-derni\u00e8re, sur son \u00eatre, sur l\u2019amour, sur la filiation, sur les myst\u00e8res dont les adultes enveloppent les actes de la vie. La violence \u00e9clate brusquement au d\u00e9tour d\u2019une sc\u00e8ne banale pour projeter sur le devant de la sc\u00e8ne le secret qui hante, la passion qui a \u00e9t\u00e9 tue mais qui n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 \u00e9teinte sous le poids des coutumes et des habitudes. C\u2019est avec pudeur et retenue que l\u2019angoisse du c\u0153ur et de la vie est \u00e9voqu\u00e9e : Constantine, ses pr\u00e9cipices et ses passages dissimul\u00e9s, son pass\u00e9 tourment\u00e9 et ses maisons serr\u00e9es autour de la zaou\u00efa au-dessus de l\u2019ab\u00eeme, sert de masque transparent et de visage aux interrogations qui hantent le pr\u00e9sent.<br \/>\nUn beau roman f\u00e9minin, \u00e9mouvant sous sa gaiet\u00e9, subtil et complexe dans sa simplicit\u00e9, profond sous son naturel.<\/p>\n<p align=\"justify\">Max V\u00e9ga-Ritter<br \/>\nProfesseur \u00e9m\u00e9rite<br \/>\nClermont-Ferrand<\/p>\n<p align=\"center\"><span style=\"color: #007138; font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: x-large;\">\u2022 \u2022 \u2022<\/span><\/p>\n<p><strong>Constantine au cour&nbsp;!<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">C&rsquo;est par l&rsquo;interm\u00e9diaire des \u00ab&nbsp;Amis de Constantine*&nbsp;\u00bb que j&rsquo;ai fait la connaissance de Najia Abeer , n\u00e9e la m\u00eame ann\u00e9e que moi, Professeur d&rsquo;anglais et Auteure, constantinoise militante, habitant actuellement Alger qui a \u00e9crit un superbe livre sur sa jeunesse \u00e0 Constantine&nbsp;: \u00ab&nbsp;Constantine et les moineaux sur la murette&nbsp;\u00bb. Najia qui est devenue une amie, que j&rsquo;ai rencontr\u00e9e au mois de Mai 2004, \u00e0 Constantine, avec qui j&rsquo;ai pass\u00e9 des moments \u00e9mouvants. Najia, la g\u00e9n\u00e9reuse qui s&rsquo;est mise au service de mon projet et qui s&rsquo;enthousiasme autant que moi.<\/p>\n<p align=\"justify\">Najia, avec qui je peux parler de tout et avec qui j&rsquo;ai \u00e0 pr\u00e9sent de plus en plus de complicit\u00e9.<br \/>\nNajia, avec qui j&rsquo;ai pass\u00e9 2 jours, \u00e0 travers la lecture de son tr\u00e8s beau roman, avant d&rsquo;effectuer mon retour au \u00ab&nbsp;Bled&nbsp;\u00bb.<br \/>\nNajia qui m&rsquo;a offert Sa \u00ab&nbsp;Souika&nbsp;\u00bb en mai 2004, en me la faisant d\u00e9couvrir.<\/p>\n<p align=\"justify\">Comment dire ce que je ressens ? Comment traduire des sentiments enfouis et remis au jour ? Les mots n&rsquo;ont pas toujours la force de la Vie et pourtant elle a si bien dit les choses !<br \/>\nJe me suis refais mon parcours en parall\u00e8le avec le sien, puisque nous sommes n\u00e9s la m\u00eame ann\u00e9e, et tout ce que tu dis, Najia, est juste, fort et sans fard. Simplement, tu t&rsquo;en doutes, en ce qui me concerne les influences \u00e9taient ailleurs et, tu le sais bien, nous n&rsquo;avions pas le choix.<br \/>\nJ&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s touch\u00e9 par la description de l&rsquo;ambiance de la ville qui, au fil des ann\u00e9es, s&rsquo;est d\u00e9grad\u00e9e, a \u00e9t\u00e9 empoisonn\u00e9e, mais n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 tu\u00e9e puisque s&rsquo;il restait de bons roumis , il y avait aussi les \u00ab&nbsp;bons arabes&nbsp;\u00bb . C&rsquo;est vrai qu&rsquo;on en \u00e9tait r\u00e9duit \u00e0 \u00e7a et, pour nous, gamins de cette \u00e9poque douloureuse, la recherche identitaire a pris des chemins d\u00e9voy\u00e9s et les rigoles sur le bord de nos routes sont devenues, trop souvent, des foss\u00e9s.<br \/>\nDans un autre registre, j&rsquo;ai beaucoup aim\u00e9 les descriptions de ce que je n&rsquo;ai pas vraiment connu, pour cause de guerre. J&rsquo;ai, je crois enfin situ\u00e9 la Souika (affreusement d\u00e9nomm\u00e9 \u00ab&nbsp;village arabe&nbsp;\u00bb sur les plans coloniaux&nbsp;!), si ch\u00e8re au cour de Najia et le quartier Sidi El Djellis. Souika est situ\u00e9e en contrebas de la place Lamorici\u00e8re, sous Sidi Rached et Ben Djellis vers le quartier juif.<\/p>\n<p align=\"justify\">En tous cas, elle a su trouver les mots pour parler de la maison familiale qu&rsquo;elle a quitt\u00e9e pour aller \u00e0 Sidi El Djellis et, si j&rsquo;ai bien compris, \u00e0 Sidi Mabrouk.<\/p>\n<p align=\"justify\">Cette chronique d&rsquo;une enfance v\u00e9cue est tr\u00e8s touchante. D&rsquo;abord parce que de tr\u00e8s nombreux souvenirs extraordinairement pr\u00e9cis jalonnent le r\u00e9cit et puis parce que l&rsquo;on comprend tr\u00e8s vite tout l&rsquo;amour de la narratrice pour sa ville. On y suit la jeunesse d&rsquo;une petite fille arabe que la guerre, si hypocritement appel\u00e9e \u00ab&nbsp;\u00e9v\u00e8nements&nbsp;\u00bb, s\u00e9pare de plus en plus de la communaut\u00e9 fran\u00e7aise. Elle devient bouleversante quand le lecteur r\u00e9alise que Najia est \u00e0 la recherche de ce qui a pu la s\u00e9parer de son Rocher (Constantine est b\u00e2tie sur un rocher, ce qui en fait tout son charme), puisqu&rsquo;elle est \u00ab&nbsp;expatri\u00e9e&nbsp;\u00bb sur Alger depuis de nombreuses ann\u00e9es. C&rsquo;est dans la chronique familiale que se trouve la clef.<\/p>\n<p align=\"justify\">Dans ce roman, l&rsquo;Auteure part \u00e0 la reconqu\u00eate de l&rsquo;antique Cirta, comme si la ville des ponts l&rsquo;avait r\u00e9pudi\u00e9e. Au fil des pages, le lecteur occidental trouvera un excellent guide de Ksentina et celui qui a des souvenirs \u00e0 partager communiera avec cette enfant \u00e9lev\u00e9e pour une bonne part dans la \u00ab&nbsp;Souika&nbsp;\u00bb et ayant fr\u00e9quent\u00e9 les europ\u00e9ens gr\u00e2ce aux diff\u00e9rentes \u00e9coles qu&rsquo;elle a fr\u00e9quent\u00e9es avec son p\u00e9dagogue de papa, successivement instituteur, directeur et conseiller p\u00e9dagogique, f\u00e9ru d&rsquo;Histoire.<\/p>\n<p align=\"justify\">Une grande vertu de son livre est de montrer la place que doit occuper l&rsquo;Histoire dans nos existences. Cette place qui a manqu\u00e9 \u00e0 ce Peuple alg\u00e9rien, je l&rsquo;ai constat\u00e9 lors d&rsquo;un voyage en 84, pour s&rsquo;approprier son pays et, au-del\u00e0 de la lib\u00e9ration du joug colonial, forger une vraie identit\u00e9 politique.&nbsp;Ben Bella a vraiment fait preuve d&rsquo;une&nbsp;na\u00efvet\u00e9 coupable qui a permis le ph\u00e9nom\u00e8ne Boum\u00e9di\u00e8ne, qui n&rsquo;a pas arrang\u00e9 les m\u00e9faits subits par notre Pays, apr\u00e8s la France.<\/p>\n<p align=\"justify\">C&rsquo;est un livre attachant, sensible, premier tome d&rsquo;une trilogie dont le second volume est achev\u00e9 et devrait donc \u00eatre \u00e9dit\u00e9 dans les mois \u00e0 venir, en 2005. On le lit d&rsquo;un trait, avec les odeurs de cette ville magique et ses bruits t\u00e9moins du quotidien de cette cit\u00e9 imprenable, certes asse z conservatrice, mais si hospitali\u00e8re, aux habitants fiers et g\u00e9n\u00e9reux. Cette g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9, on la retrouve \u00e0 chaque page de livre merveilleux.<\/p>\n<p>Yahia &#8211; Jean-Michel Pascal (\u00e9galement Constantinois et fier de l&rsquo;\u00eatre)<\/p>\n<p align=\"center\"><span style=\"color: #007138; font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: x-large;\">\u2022 \u2022 \u2022<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\">Le Soir d&rsquo;Alg\u00e9rie 16 d\u00e9cembre 2003<br \/>\n<strong>Un voyage dans les racines du temps<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">Errer dans sa ville natale, croire en conna\u00eetre chaque coin de rue et n&rsquo;y reconna\u00eetre personne est une aventure maintes fois renouvel\u00e9e et bizarrement excitante. Chaque \u00e9t\u00e9, je revois et d\u00e9vore des yeux cet immense rocher avec la m\u00eame avidit\u00e9, le m\u00eame plaisir et le d\u00e9sir intense de garder dans ma t\u00eate une vue d&rsquo;ensemble que je ne suis jamais parvenue \u00e0 cadrer. Constantine, tu me fais souffrir, est-ce que tu le sais ? ..\u00a0\u00bb C&rsquo;est une fen\u00eatre qui s&rsquo;ouvre sur la vie de l&rsquo;auteur, peut-\u00eatre une parenth\u00e8se qui avait besoin d&rsquo;\u00eatre referm\u00e9e, un retour aux sources, revivre l&rsquo;instant d&rsquo;un roman ses souvenirs d&rsquo;enfance, marcher dans ces ruelles, essayer de reconna\u00eetre ces maisons, ces passants.<\/p>\n<p>Seul demeure le rocher qui surplombe la ville, immuable gardien de la cit\u00e9 et de ses habitants. Najia Abeer, \u00e0 travers son ouvrage, d\u00e9sire au plus profond d&rsquo;elle-m\u00eame redonner \u00e0 son pass\u00e9 m\u00eal\u00e9 \u00e0 l&rsquo;encre de son stylo une existence r\u00e9elle. D\u00e9sormais, sa m\u00e9moire s&rsquo;\u00e9veille et ses souvenirs sont retranscrits sur le papier. Le cour rempli de nostalgie, elle nous fait le r\u00e9cit d&rsquo;une \u00e9poque qui n&rsquo;est plus, de traditions que l&rsquo;on ne reconna\u00eet plus. C&rsquo;est sur un fond de guerre que son quotidien se dessine et que nous lisons entre les lignes. On a cette impression \u00e9trange d&rsquo;apercevoir les vieux quartiers de Souika et de la citadelle \u00e9ternelle d&rsquo;o\u00f9 nous parviennent de temps \u00e0 autres les cris d&rsquo;une naissance \u00e9tourdie et innocente. Lorsque revenue sur les pas de son pass\u00e9 \u00e0 la poursuite d&rsquo;une trace ou d&rsquo;une empreinte de vie qui aurait marqu\u00e9 son passage, elle s&rsquo;\u00e9merveille enfin face \u00e0 un clou, qui jadis avait d\u00e9chir\u00e9 la m&rsquo;laya de sa grand-m\u00e8re. Heureuse, elle avait grandi ici, et la belle Cirta s&rsquo;en souvient. De sa rencontre, un jour avec les fr\u00e8res, de la terreur quelle avait \u00e9prouv\u00e9e, de Zazi et son irresponsable mari, qui lui a l\u00e9gu\u00e9 un gosse avant de prendre la poudre d&rsquo;escampette, des maisons viol\u00e9es et des brusques assauts de l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise . Tant d&rsquo;histoires \u00e0 ne jamais oublier, tant de bonheur saisissant d&rsquo;un voyage dans les racines du temps. Un roman fait d&rsquo;une description parfaite, une autobiographie de la vie d&rsquo;une femme, une Alg\u00e9rienne qui met \u00e0 nu son existence dans une ville reconnue plus que conservatrice, d&rsquo;un pays profond\u00e9ment ancr\u00e9 dans un rituel mutisme fait de tabous. Qui de nos jours n&rsquo;a pas envie de se retrouver dans les bras de son enfance, plong\u00e9 dans l&rsquo;insouciance et la facilit\u00e9 \u00e0 r\u00e9soudre les situations les plus complexes par des mots purs, parce que en nous et au cour de nos \u00e2mes r\u00e9side ce besoin de chaleur qui s&rsquo;est \u00e9teint, il y a tellement de temps. Un t\u00e9moignage que gardent certainement tous les expatri\u00e9s dans leur m\u00e9moire, celui d&rsquo;un village ou d&rsquo;un pays qu&rsquo;ils auraient quitt\u00e9 un jour sans retour puisqu&rsquo;\u00e0 jamais leur d\u00e9part aura bris\u00e9 les larmes d&rsquo;une terre qui les a vu na\u00eetre et surtout partir. Najia Abeer est n\u00e9e en 1948. Elle est professeur d&rsquo;anglais. Actuellement, elle vit et travaille \u00e0 Alger. <em>Constantine et les moineaux de la murette <\/em> est son premier roman.<\/p>\n<p align=\"center\"><span style=\"color: #007138; font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: x-large;\">\u2022 \u2022 \u2022<\/span><\/p>\n<p align=\"left\"><strong>Sam H. <\/strong>Le Jeune Ind\u00e9pendant 26 ao\u00fbt 2003<br \/>\n<strong>Un cri, une m\u00e9moire <\/strong><br \/>\nPar Belkacem Rouache<\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;auteur Najia Abeer plonge dans son pass\u00e9 vertigineux pour \u00e9voquer sa ville natale, Constantine, qui l&rsquo;a berc\u00e9e, mais aussi malmen\u00e9e \u00e0 force d&rsquo;amour qu&rsquo;elle lui porte. Mais au fil des temps, on s&rsquo;aper\u00e7oit qu&rsquo;on ne garde que les bons souvenirs de son enfance.<\/p>\n<p>Il s&rsquo;agit donc l\u00e0 d&rsquo;un roman qu&rsquo;elle vient de publier aux \u00e9ditions Barzakh et qui porte le titre : Constantine et les moineaux de la murette. Dans ce r\u00e9cit, Najia Abeer invite le lecteur \u00e0 un voyage \u00e0 travers cette ville b\u00e2tie sur un rocher, agr\u00e9ment\u00e9e par ses ponts suspendus, ses ruelles tortueuses, ses souks aux odeurs piment\u00e9es et ses murs dont chaque pierre garde un secret, une histoire lointaine.<\/p>\n<p>Et \u00e0 force de d\u00e9tours, on se perd dans les d\u00e9dales de cette ville bruyante. Dans ce voyage, l&rsquo;auteur entend des voix qui lui parviennent de partout : \u00ab\u00a0Je voudrais crier mes liens avec ces murs, ces pav\u00e9s, mais ma voix \u00e9teinte fond et coule dans ma gorge.\u00a0\u00bb La narratrice poursuit sa qu\u00eate qui la m\u00e8ne sur le chemin de l&rsquo;\u00e9cole qu&rsquo;elle a fr\u00e9quent\u00e9e, avec cette \u00e2me innocente d&rsquo;une indig\u00e8ne humili\u00e9e dans son propre pays.<\/p>\n<p>Mais les jeux sont l\u00e0 pour lui faire oublier toutes les tracasseries de la vie d&rsquo;une enfant encore insouciante. Nostalgie d&rsquo;une ville qu&rsquo;on perd, qu&rsquo;on retrouve avec ses odeurs de f&rsquo;tour, son architecture et ses traditions.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La rue \u00e9tait notre espace, un lieu qui nous apprenait la vie dans toutes ses libert\u00e9s.\u00a0\u00bb Dans un style simple, l&rsquo;auteur s&rsquo;attarde dans la description des lieux, des sensations et des odeurs qui se d\u00e9gagent des ruelles et des souikas.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0J&rsquo;arpente cette rue d&rsquo;un pas faussement d\u00e9cid\u00e9 et d&rsquo;un air curieux, comme ce touriste en qu\u00eate d&rsquo;une histoire \u00e9tonnante \u00e0 raconter \u00e0 ceux qui sont rest\u00e9s.\u00a0\u00bb Ce livre prend parfois une dimension documentaire tout en gardant son aspect autobiographique.<\/p>\n<p>A travers ce r\u00e9cit, Najia Abeer nous fait revivre des moments pleins de douceur et d&rsquo;harmonie entre les \u00eatres. Elle est n\u00e9e en 1948 \u00e0 Constantine. Professeur d&rsquo;anglais, elle vit \u00e0 Alger. Ce roman est son premier ouvrage. R\u00e9trospective, machine \u00e0 remonter le temps, Constantine et les moineaux de la murette est un livre qui nous tient en haleine : la m\u00e9moire toujours pr\u00e9sente comme ce \u00ab\u00a0cri d\u00e9chirant d&rsquo;un \u00eatre arrach\u00e9 d&rsquo;un autre \u00eatre dans un vagissement plaintif\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>B.R. <\/strong><\/p>\n<p align=\"center\"><span style=\"color: #007138; font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: x-large;\">\u2022 \u2022 \u2022<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\">Libert\u00e9 29 mai 2003<br \/>\n<strong>Si mon enfance m&rsquo;\u00e9tait cont\u00e9e <\/strong><br \/>\nPar Nassira Belloula <em><strong>\u00ab\u00a0Comme toutes les villes dont le pass\u00e9 se noie dans la nuit des temps, la ville porte en son sein, ce rocher, des secrets jusque-l\u00e0 sujets \u00e0 controverses interminables\u00a0\u00bb. <\/strong><\/em><\/p>\n<p>Avec courage, avec obstination, Najia r\u00e9veille sa m\u00e9moire et sonde ses pens\u00e9es en tra\u00e7ant, sur papier, des \u00e9motions, des incertitudes, des espoirs et des contraintes aussi.<br \/>\nL&rsquo;histoire de sa ville semble li\u00e9e \u00e0 sa propre histoire et elle tente d&rsquo;extirper d&rsquo;un rocher de pierreries, mais de vie aussi, d&rsquo;effervescence et d&rsquo;effluves, un quotidien que l&rsquo;oubli happe au passage du temps.<br \/>\nNajia se souvient de sa ville, des ses quartiers ancestraux, de ses maisons, ces \u00ab\u00a0\u00e9li\u00a0\u00bb qui se ressemblent toutes, de l&rsquo;histoire de ces artisans aux doigts habiles forg\u00e9s comme le rocher de Constantine, alourdi pourtant par tant d&rsquo;\u00e2me d\u00e9chues, celles qui avaient fui l&rsquo;enfer des campagnes bombard\u00e9es par les fran\u00e7ais, celles qui s&rsquo;\u00e9taient \u00e9tablies plus tard, \u00e0 l&rsquo;ind\u00e9pendance, mangeant de ce rocher qui s&rsquo;effrite comme la m\u00e9moire. \u00ab\u00a0Depuis cette ru\u00e9e vers l&rsquo;espace, les anciens quartiers europ\u00e9ens du centre-ville furent assimil\u00e9s par les plus vieux, les bourgs sont devenus faubourgs et ces derniers sont devenus cit\u00e9s\u00a0\u00bb, \u00e9crit Najia Abeer.<br \/>\nL&rsquo;enfance, la souffrance, l&rsquo;innocence et la femme sont au centre de cette r\u00e9miniscence de la m\u00e9moire de l&rsquo;auteur qui livre ici dans son premier roman paru aux \u00e9ditions Barzakh, un h\u00e9ritage singulier, le sien. Elle n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 aller au fond des choses, \u00e0 rentrer dans l&rsquo;intimit\u00e9 d&rsquo;une \u00e9criture profonde, la sienne certes, mais parfois d\u00e9tach\u00e9e d&rsquo;elle, car elle use de ce jeu narrateur avec subtilit\u00e9, nous for\u00e7ant \u00e0 voir dans ce r\u00e9cit, une autre Najia, celle qui erre dans sa ville natale, sans reconna\u00eetre chaque coin de rue, sans reconna\u00eetre les gens.<br \/>\nL&rsquo;auteur souffre de ce qu&rsquo;est devenue sa ville \u00ab\u00a0Constantine, tu me fais souffrir, est-ce que tu le sais ?\u00a0\u00bb<br \/>\nEt c&rsquo;est autour de cette douleur d&rsquo;une transformation incompr\u00e9hensible, qui r\u00e9duit tout, que l&rsquo;auteur tisse son roman, et Constantine est aussi cette Alg\u00e9rie qui perd ses rep\u00e8res.<\/p>\n<p><strong>N. B. <a name=\"2\"><\/a><\/strong><\/p>\n<hr size=\"1\">\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.constantine-hier-aujourdhui.fr\/images\/divers\/albatros.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.constantine-hier-aujourdhui.fr\/images\/divers\/albatros_petit.jpg\" width=\"121\" vspace=\"5\" hspace=\"10\" height=\"180\" border=\"1\" align=\"left\"><\/a>L&rsquo;Albatros<\/strong><br \/>\n<strong>(Roman) &#8211; \u00c9ditions Marsa, Alger, 2004<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">Dans une petite ville non loin d&rsquo;Alger, Nedjma m\u00e8ne une lutte acharn\u00e9e contre la d\u00e9pression et la mort, pendant que Haoua se fait prendre dans la toile islamiste en train de se tisser. Deux femmes, deux destins, deux chemins qui se croisent pour mieux se s\u00e9parer. L&rsquo;histoire d\u00e9chirante d&rsquo;une raison qui chavire, d&rsquo;un coeur qui s&rsquo;affole, d&rsquo;un pays qui tremble.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le Jeune Ind\u00e9pendant 2 avril 2005<br \/>\n<strong>Ferveur de vivre<\/strong><br \/>\npar Belkacem Rouache<\/p>\n<p align=\"justify\">Najia Abeer vient de publier son deuxi\u00e8me roman, l\u2019Albatros, aux \u00e9ditions Marsa. Dans ce livre de 334 pages, elle relate l\u2019histoire de deux femmes qui se battent chacune \u00e0 sa mani\u00e8re pour l\u2019existence. Elle r\u00e9gnera ici le temps de l\u2019\u00e9criture avec des arr\u00eats sur images, de souvenirs d\u2019amies pr\u00e9sentes ou d\u00e9j\u00e0 envol\u00e9es, une petite ville non loin d\u2019Alger avec son air marin, ses hommes de la terre et de la mer, ses sites historiques et ses r\u00e9sidences secondaires qui retrouvent leurs propri\u00e9taires chaque \u00e9t\u00e9.<br \/>\nDans son ouvrage, Najia Abeer met en avant ces femmes combattantes, r\u00e9volt\u00e9es, ou tout simplement des femmes qui ont eu le courage et la volont\u00e9 de briser certains tabous. Comme son amie Bariza qui a choisi le m\u00e9tier de p\u00eacheur pour nourrir ses enfants.<br \/>\nCette \u00abalbatros\u00bb qui brave vents et vagues, les misogynes ont mis du temps pour l\u2019accepter, d\u2019autant plus qu\u2019elle \u00e9tait belle et portait des bottes en caoutchouc. Il s\u2019agit donc d\u2019un fragment d\u2019histoire de cette femme qui a \u00abp\u00e9ch\u00e9\u00bb en osant pratiquer un m\u00e9tier r\u00e9serv\u00e9 jusque-l\u00e0 au sexe masculin.<br \/>\nIl y a aussi Ch\u00e9rifa qui s\u2019adonnait \u00e0 n\u2019importe quel travail pour nourrir ses huit enfants et son mari atteint d\u2019une maladie chronique. Les personnages ont vingt ans, trente ans ou plus, alors on vieillit, on fuit, on abdique ou on pleure dans ce monde sauvage.<br \/>\nNajia Abeer d\u00e9veloppe l\u2019\u00e9ternel mal du si\u00e8cle et joue avec habilit\u00e9 de son talent. \u00abPendant plusieurs ann\u00e9es cons\u00e9cutives, elle avait subi des incidents \u00e9tranges qui survenaient \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode de l\u2019ann\u00e9e. Le feu avait emport\u00e9 l\u2019un de ses enfants et, l\u2019ann\u00e9e suivante, il avait d\u00e9truit son atelier.\u00bb Ici, l\u2019auteur d\u00e9crit ce monde cruel o\u00f9 se m\u00ealent la peine et le tragique comme des donn\u00e9es irr\u00e9cusables.<br \/>\nElles sont associ\u00e9es \u00e0 une sorte de puissance fabuleuse o\u00f9 se jouent l\u2019humour et l\u2019admiration. Puis, de fil en aiguille, l\u2019auteur pr\u00e9sente cette femme couturi\u00e8re, qui se bat elle aussi contre l\u2019injustice, la marginalisation. Le roman raconte la condition de la femme en Alg\u00e9rie avec des personnages qui luttent contre la d\u00e9pression et la mort, mais qui ont aussi des coups de folie et des coups de c\u0153ur.<br \/>\nNajia Abeer est n\u00e9e \u00e0 Constantine en 1948. Apr\u00e8s des \u00e9tudes universitaires aux Etats-Unis, elle enseigne au Moyen-Orient et en Alg\u00e9rie. Elle est sp\u00e9cialis\u00e9e en litt\u00e9rature am\u00e9ricaine. Elle est actuellement professeur d\u2019anglais \u00e0 Alger.<br \/>\nSon premier roman s\u2019intitule Constantine ou la murette. Comme on dit, \u00abla litt\u00e9rature prolonge la vie, l\u2019\u00e9claire, la sauve\u00bb et l\u2019\u00e9criture pour Najia Abeer est avant tout une \u00e9vasion. Dans ce livre \u00e9crit dans un style fluide, elle peut d\u00e9j\u00e0 nous toucher par sa vive imagerie des \u00e9v\u00e9nements, des \u00eatres et des objets, dans ce monde terrible et merveilleux o\u00f9 l\u2019homme ne conna\u00eet pas de limites.<\/p>\n<p>B. R.<\/p>\n<p align=\"center\"><span style=\"color: #007138; font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: x-large;\">\u2022 \u2022 \u2022<\/span><\/p>\n<p>Libert\u00e9 8 novembre 2004<br \/>\n<strong>Une \u0153uvre de r\u00e9sistance <\/strong><br \/>\nPar Nassira Belloula<\/p>\n<p align=\"justify\">Najia Abeer a sign\u00e9 un roman tr\u00e8s \u201csociologique\u201d, puisant sa force dans le quotidien qui nous entoure.<\/p>\n<p align=\"justify\">De son retour d\u2019un voyage \u00e0 travers le pass\u00e9 avec \u201cConstantine et les moineaux de la murette\u201d, Najia Abeer nous entra\u00eene avec \u201cL\u2019Albatros\u201d, son dernier roman, dans un univers effrayant et attachant \u00e0 la fois, celui de la femme qui prend corps dans plusieurs personnages d\u00e9routants, passionnants, rebelles et path\u00e9tiques, peints dans la toile de Abeer avec d\u00e9licatesse et force.<br \/>\nLe symbolisme onirique soutenu dans l\u2019\u0153uvre de Camus, de Dib (Qui se souvient de la mer) li\u00e9 sp\u00e9cifiquement au rapport passionnel de l\u2019auteur avec la mer (M\u00e9diterran\u00e9e) nourrici\u00e8re et inspiratrice donne la substance litt\u00e9raire \u00e0 Najia Abeer qui, symboliquement, prend son point de d\u00e9part d\u2019un lieu mythique, la mer, qui, souvent, est assimil\u00e9e \u00e0 la femme, et les deux restent intimement li\u00e9s m\u00e9taphoriquement parlant pour entamer son roman. El-Marsa, lieu de d\u00e9part de la fiction, est une ville c\u00f4ti\u00e8re comprim\u00e9e entre la mer et le giron des femmes qui vont na\u00eetre sous la plume de Najia Abeer dans une histoire d\u00e9chirante d\u2019une communaut\u00e9 de femmes et d\u2019un pays aussi. Les personnages multiples sont des portraits croqu\u00e9s sur le vif. Il y a la narratrice Nedjma qui utilise le J pour nous entra\u00eener dans les profondeurs de ses sentiments, d\u2019une vie int\u00e9rieure, en somme, d\u00e9chir\u00e9e par la maladie et la d\u00e9pression, prise dans le tourbillon des vertiges et des antid\u00e9pressifs.<br \/>\nUne situation difficile \u00e0 assumer par le professeur qu\u2019elle \u00e9tait et qui faisait de son m\u00e9tier le centre de sa vie. Pour nous, c\u2019est \u00e9vident, c\u2019est Nedjma l\u2019h\u00e9ro\u00efne du roman, vu que c\u2019est elle qui nous accompagne de bout en bout du roman, mais pas pour Najia Abeer qui m\u2019avoue qu\u2019\u201cen v\u00e9rit\u00e9, la v\u00e9ritable h\u00e9ro\u00efne du roman, c\u2019est Haoua\u201d. Haoua, c\u2019est la femme lib\u00e9r\u00e9e prise dans la toile islamique qui s\u2019est mise \u00e0 organiser des halaquate chez elle. Elle ira jusqu&rsquo;\u00e0 changer le nom de sa fille Sabrina contre celui de khadidja. C\u2019est la rupture entre les deux amies \u00e9lev\u00e9es pourtant \u00e0 la philosophie de Voltaire et de Michard et que le destin (la fatalit\u00e9 islamiste) va s\u00e9parer.<br \/>\nNedjma, patiente, va nous faire entrer petit \u00e0 petit, au fil des pages, dans d\u2019autres maisons, d\u2019autres \u201ccoins\u201d pour entrecroiser les pas de Bariza, une femme \u00e9tonnante, forte de caract\u00e8re et d\u2019esprit, une femme p\u00eacheuse qui brave la mer et les tabous avec courage, puis viennent Basma, l&rsquo;\u00e9colo protectrice des animaux, Faouzia, la superstitieuse, A\u00efssa, l&rsquo;exorciste, Debby, la coiffeuse, Nora, la domestique, tout un univers haut en couleur, tr\u00e8s riche. Et Najia Abeer excelle dans la description et surtout la cr\u00e9ation de personnages non pas hors du commun mais conformes \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 en ballottage entre deux projets de soci\u00e9t\u00e9, le moderne et l\u2019archa\u00efque, le bien et le mal, la soumission et la lutte, deux concepts si bien incarn\u00e9s par Haoua et Bariza. Najia Abeer sonde \u00e0 sa fa\u00e7on cet univers f\u00e9minin. En attendant, elle exorcise ces ann\u00e9es de terreur, ces ann\u00e9es de folie en r\u00eavant \u00e0 un monde meilleur, o\u00f9 les femmes ne seraient pas que des figurantes, enferm\u00e9es, comme elles le sont dans son roman, dans un univers de traditions, seules \u00e0 lutter contre leurs d\u00e9mons, emprises avec leurs quotidiens singuliers, n\u2019\u00e9voluant que dans une sph\u00e8re priv\u00e9e : les f\u00eates entre femmes, le coin des femmes \u00e0 la pri\u00e8re du vendredi \u00e0 la mosqu\u00e9e, l&rsquo;intervention de l&rsquo;exorciste. Najia Abeer a, encore une fois, sign\u00e9 un roman fort, tr\u00e8s \u201csociologique\u201d, puisant sa force dans le quotidien qui l\u2019entoure, qui nous entoure en abordant tous les th\u00e8mes qui ont fait de ce pays ce qu\u2019il est, un pays dans l\u2019impasse face \u00e0 une crise qui perdure. L\u2019\u00e9ducation, le Coran, le concept id\u00e9ologique, le statut de la femme, les tabous, les traditions\u2026.<br \/>\nL\u2019Albatros est un beau roman f\u00e9minin, en r\u00e9alit\u00e9, c\u2019est plus qu\u2019un roman de femme, touchant par son humour, d\u00e9licat et complexe dans la diversit\u00e9 de ses personnages et profond dans sa radioscopie de l\u2019univers f\u00e9minin et la soci\u00e9t\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p>N. B.<\/p>\n<p align=\"center\"><span style=\"color: #007138; font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: x-large;\">\u2022 \u2022 \u2022<\/span><\/p>\n<p align=\"left\">Dz-Lit 3 octobre 2004<br \/>\nRecension de Max V\u00e9ga-Ritter<\/p>\n<p align=\"justify\">Le nouveau roman de Najia Aber, L&rsquo;Albatros, nous entra\u00eene dans un monde tout aussi peupl\u00e9 de personnages croqu\u00e9s sur le vif que celui du pr\u00e9c\u00e9dent. Haoua, la femme lib\u00e9r\u00e9e devenue islamiste, Basma l&rsquo;\u00e9colo protectrice des animaux, Faouzia la superstitieuse, A\u00efssa l&rsquo;exorciste, Debby la coiffeuse, Nora la domestique femme de confiance, sans compter les amies de coeur qui viennent vous soutenir dans la d\u00e9tresse, la rebouteuse-devineresse, le psychiatre, le voisin m\u00e9decin d&rsquo;un trop bon secours mais finalement de conseil utile, tout un monde d&rsquo;hommes et surtout de femmes hauts en couleurs, d\u00e9bordants de vie, truculents, qu&rsquo;on sent sortis tout droits de l&rsquo;Alg\u00e9rie d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, viennent d\u00e9filer sur le devant d&rsquo;un th\u00e9\u00e2tre \u00e0 la Dickens, ex\u00e9cuter leurs num\u00e9ros et c\u00e9der la place \u00e0 d&rsquo;autres tout aussi savoureux.<\/p>\n<p align=\"justify\">Cependant la pantomime, si r\u00e9jouissante pour le lecteur, n&rsquo;est pas qu&rsquo;un film distrayant Au centre de celui-ci, une narratrice, Nedjma, vit \u00e0 la premi\u00e8re personne la crise qui forme le vrai sujet de fond du r\u00e9cit. Dans Les Moineaux de la Murette, il y avait un secret, bien enfoui et dissimul\u00e9, qui minait la maisonn\u00e9e et mena\u00e7ait d&rsquo;exploser soudain au grand jour. Ici la narratrice emm\u00e8ne avec d\u00e9licatesse le lecteur aux confins de la d\u00e9raison, dans les profondeurs de la souffrance qui menace de tout submerger. L&rsquo;auteur mobilise \u00e0 travers des figures bien famili\u00e8res, voire populaires, les forces obscures qui agitent un univers int\u00e9rieur. La narratrice d\u00e9brouille tant que bien que mal l&rsquo;\u00e9cheveau des fils qui s&#8217;embrouillent dans son esprit et menacent d&rsquo;\u00e9trangler d\u00e9finitivement la vie.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le lecteur saisit les deux versants de l&rsquo;Alg\u00e9rie d&rsquo; aujourd&rsquo;hui, la moderne et l&rsquo;archa\u00efque l&rsquo;Orient et l&rsquo;Occident devenus fr\u00e8re et soeur antagonistes, l&rsquo;effet mutilant de l&rsquo;id\u00e9ologie qui \u00e9crase l&rsquo;individu et les tressaillements de la libert\u00e9 dans les entrailles d&rsquo;une femme qui lutte pour sa survie. Surtout cet univers \u00e9minemment, presque intrins\u00e8quement f\u00e9minin, dessine en creux l&rsquo;absence par d\u00e9faut de l&rsquo;homme. L&rsquo;Alg\u00e9rie ici d\u00e9crite devient presque un vaste gyn\u00e9c\u00e9e o\u00f9 les femmes seraient libres de circuler sans jamais ou presque rencontrer d&rsquo;homme, sans jamais ou presque sortir du monde o\u00f9 elles sont enferm\u00e9es de tradition. L&rsquo;Amour et la Vie, la Chair, bannis, resurgissent au coeur m\u00eame de la narratrice, de ses compagnes et compagnons sous les formes de l&rsquo;aberration, sous la figure de d\u00e9mons int\u00e9rieurs ou ext\u00e9rieurs, ceux de la m\u00e9lancolie ou du fanatisme religieux. Dans sa lutte pour trouver l&rsquo;issue \u00e0 son d\u00e9sarroi, la narratrice aborde tous les sujets, ceux du statut de la femme et de l&rsquo;amour, de la foi et de Dieu, du Coran, ou de l&rsquo;\u00e9ducation.<br \/>\nL&rsquo;Albatros est plus que le roman d&rsquo;une femme. Il est celui d&rsquo;une crise de soci\u00e9t\u00e9, intellectuelle, mais aussi bien spirituelle qu&rsquo;existentielle au centre de laquelle non seulement le t\u00e9moin mais aussi l&rsquo;acteur principal est sans doute la femme, m\u00eame si elle y apparait comme r\u00e9duite \u00e0 la sph\u00e8re priv\u00e9e. Peut-\u00eatre justement parce qu&rsquo;elle y a \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9e par des forces contraires.<\/p>\n<p align=\"justify\">Avec tout cela, L&rsquo;Albatros de Najia Abeer est un roman merveilleux de fantaisie, d&rsquo;humour, de d\u00e9licatesse, de pudeur et de truculence tout \u00e0 la fois. Les f\u00eates entre femmes, le coin des femmes \u00e0 la pri\u00e8re du vendredi soir \u00e0 la mosqu\u00e9e, l&rsquo;intervention de la rebouteuse-devineresse ou de l&rsquo;exorciste, on n&rsquo;en finirait pas de citer les moments de ga\u00eet\u00e9 franche. La langue de Najia Abeer, dans sa l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, est d&rsquo;une pr\u00e9cision r\u00e9jouissante.<\/p>\n<p>Max V\u00e9ga-Ritter<br \/>\nProfesseur \u00e9m\u00e9rite<br \/>\nClermont-Ferrand<\/p>\n<p align=\"center\"><span style=\"color: #007138; font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: x-large;\">\u2022 \u2022 \u2022<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\">Ce deuxi\u00e8me roman de Najia Abeer ne ressemble pas au pr\u00e9c\u00e9dent. C&rsquo;est une parenth\u00e8se dans la trilogie en cours d&rsquo;\u00e9criture. Parenth\u00e8se importante puisque outre l&rsquo;analyse politique et sociale, l&rsquo;auteure, avec une pr\u00e9cision chirurgicale, nous d\u00e9voile les combats personnels de Nedjma.<br \/>\nL&rsquo;h\u00e9ro\u00efne qui ne peut \u00eatre que la copie conforme de celle qui l&rsquo;a cr\u00e9\u00e9e, se d\u00e9bat dans une soci\u00e9t\u00e9 en crise, aupr\u00e8s (le plus souvent loin) d&rsquo;un mari nombriliste qui ne se soucie que de sa carri\u00e8re. Elle se bat contre un cancer implacable et repousse la mort avec succ\u00e8s, tout en \u00e9levant ses trois enfants. Belle revanche sur la vie et sur les hommes&nbsp;!<br \/>\nMais le combat de Najia\/Nedjma ne s&rsquo;arr\u00eate pas l\u00e0. Il lui faut surmonter une grave d\u00e9pression cons\u00e9cutive \u00e0 la terrible maladie qu&rsquo;elle a provisoirement vaincue et \u00e0 sa solitude. Elle puise ses forces dans sa foi en un Dieu qui n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec celui des barbus et dans sa r\u00e9volte face au glissement de son amie Haoua, vers les profondeurs de l&rsquo;obscurantisme. Cette r\u00e9volte, loin de la priver de ressources face \u00e0 la d\u00e9prime, lui donne une vigueur suppl\u00e9mentaire. De front, elle m\u00e8nera la lutte contre le vide affectif et la gangr\u00e8ne de l&rsquo;islamisme.<br \/>\nC&rsquo;est finalement un livre optimiste, puisque ce ne sont pas les forces du mal qui tirent leur \u00e9pingle du jeu. La seule h\u00e9ro\u00efne de ce roman tr\u00e8s bien \u00e9crit, Nedjma, arrive \u00e0 vaincre le mal qui la ronge et celui qui envahit la soci\u00e9t\u00e9 alg\u00e9rienne.<br \/>\nCe livre est tellement vrai que, par instant, c&rsquo;est carr\u00e9ment l&rsquo;auteure qui parle, sans m\u00eame se r\u00e9fugier derri\u00e8re Nedjma. C&rsquo;est alors un v\u00e9ritable cri.<br \/>\nIl reste \u00e0 Najia Abeer \u00e0 achever ce qu&rsquo;elle a fort bien commenc\u00e9 avec le parcourt de Haoua&nbsp;: un autre roman qui, centr\u00e9 sur cette femme happ\u00e9e par l&rsquo;int\u00e9grisme, nous \u00e9claire avec la sensibilit\u00e9 propre \u00e0 l&rsquo;auteure sur cette d\u00e9cennie noire et le r\u00f4le des femmes alg\u00e9riennes dans la lutte pour se d\u00e9barrasser des fous de Dieu.<\/p>\n<p>JM Pascal, Professeur des \u00e9coles retrait\u00e9<br \/>\nConstantinois<a name=\"3\"><\/a><\/p>\n<hr size=\"1\">\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.constantine-hier-aujourdhui.fr\/images\/divers\/babkantara+.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.constantine-hier-aujourdhui.fr\/images\/divers\/babkantara.jpg\" width=\"150\" vspace=\"5\" hspace=\"10\" height=\"200\" border=\"0\" align=\"left\"><\/a>Bab El Kantara <\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>222 pages, les \u00e9ditions Apic (Alger), 2005.<\/strong><\/p>\n<p>Deuxi\u00e8me partie d&rsquo;une trilogie qui restera inachev\u00e9e.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>Ce livre n&rsquo;est pas encore paru en France <\/em><\/p>\n<p align=\"justify\">Libert\u00e9 7 d\u00e9cembre 2005<br \/>\n<strong>Le dernier retour \u00e0 Constantine <\/strong><strong>Longtemps apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre consacr\u00e9e \u00e0 l&rsquo;enseignement des langues, Najia Abeer s&rsquo;est mise \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture. Dans ses ouvres, po\u00e9sie, romans et nouvelles, \u00e0 caract\u00e8re fortement autobiographique, elle revient tour \u00e0 tour \u00e0 son enfance, \u00e0 son adolescence et, surtout, \u00e0 sa ville natale, Constantine. Mais toujours appara\u00eet sa passion, l&rsquo;enseignement. <\/strong><\/p>\n<p>Il est de ces ouvres que le destin a rendu pr\u00e9monitoire. Bab El Kantara, dernier ouvrage de Najia Abeer, d\u00e9c\u00e9d\u00e9e \u00e0 57 ans en octobre de cette ann\u00e9e, est certainement de celles-l\u00e0. Dans son ultime roman, paru un mois seulement avant son d\u00e9c\u00e8s, la volont\u00e9 ardente du retour \u00e0 sa jeunesse, v\u00e9cue \u00e0 Constantine, et surtout d&rsquo;en d\u00e9coudre avec certains personnages, de son entourage imm\u00e9diat, se lit \u00e0 chacune des pages de ce roman qui se termine, presque, par cette tirade pas tr\u00e8s loin de la catharsis tant attendue : \u00ab\u00a0Mort \u00e0 Garmia, mort aux imb\u00e9ciles, mort aux vieux gardiens de cette stupide virginit\u00e9, \u00e0 bas les lances ac\u00e9r\u00e9es de ces traditions d\u00e9biles et tous les ch\u00e8ches qui abritent des cervelles d&rsquo;oiseau.\u00a0\u00bb C&rsquo;est donc chose faite, et Najia Abeer a fini par dire et \u00e9crire ce qu&rsquo;elle avait gard\u00e9 pour elle des ann\u00e9es durant.<br \/>\nAvant cet ultime retour au pass\u00e9, avant que \u00ab\u00a0s&rsquo;arr\u00eate mon sourire dans l&rsquo;agonie d&rsquo;un rire trahi\u00a0\u00bb, comme elle semblait le craindre dans son po\u00e8me Mousse rose de mon enfance. Que de signes et de retours incessants \u00e0 l&rsquo;enfance et \u00e0 Constantine. Car, lorsque que l&rsquo;on est natif de la vieille ville, Souika, de Constantine \u00ab\u00a0ma ch\u00e8re ville natale\u00a0\u00bb, mille fois tortur\u00e9e par l&rsquo;histoire, le retour aux origines s&rsquo;impose de lui-m\u00eame. Et ce ne sont pas ses s\u00e9jours aux \u00c9tats-Unis et en Jordanie qui lui feront oublier le Vieux Rocher. Comme dans Constantine et les moineaux de la murette, \u00e9dit\u00e9 par Barzakh en 2003, Najia Abber consid\u00e8re la ville comme un espace intimement li\u00e9 \u00e0 son \u00e9criture.<br \/>\nLa narration dans ce roman, structur\u00e9 en plusieurs chapitres, se construit sur la trame du film des souvenirs, rythm\u00e9 par les allers et venues entre l&rsquo;\u00e9cole normale et la maison \u00e0 l&rsquo;occasion des vacances. Sont alors \u00e9voqu\u00e9s, dans une Alg\u00e9rie tout juste sortie du colonialisme, des souvenirs des premi\u00e8res ann\u00e9es pass\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole normale de Bab El Kantara (d&rsquo;o\u00f9 le titre), des premi\u00e8res amiti\u00e9s, des premi\u00e8res amours, des premiers ressentiments v\u00e9cus dans un univers f\u00e9minin, mi-clos, celui de l&rsquo;\u00e9cole qui forme les futures enseignantes dans un pays qui en a tant besoin. Ainsi, en arri\u00e8re plan, prend naissance la prise de conscience de ses futures responsabilit\u00e9s d&rsquo;\u00e9ducatrice. Comme l&rsquo;auteur l&rsquo;annonce d&rsquo;ailleurs dans sa d\u00e9dicace : \u00ab\u00a0\u00c0 tous les normaliens et toutes les normaliennes qui continuent, m\u00eame au-del\u00e0 de leur retraite, \u00e0 honorer leur profession.\u00a0\u00bb Roman autobiographique, Bab El Kantara l&rsquo;est assur\u00e9ment, comme le sont aussi ses autres ouvres. Le souci de t\u00e9moigner.<\/p>\n<p align=\"justify\">SAMIR BENMALEK<\/p>\n<p align=\"center\"><span style=\"color: #007138; font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: x-large;\">\u2022 \u2022 \u2022<\/span><\/p>\n<p><strong>La chronique d&rsquo;un temps r\u00e9volu \u00e0 la recherche de l&rsquo;espoir <\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">Ce troisi\u00e8me roman de Najia Abeer, second de sa trilogie qui restera malheureusement inachev\u00e9e, au-del\u00e0 de la chronique d&rsquo;une \u00e9l\u00e8ve de l&rsquo;\u00c9cole Normale de Constantine des ann\u00e9es post lib\u00e9ration nationale est encore un cri d&rsquo;amour \u00e0 la \u00ab&nbsp;Ville des Ponts&nbsp;\u00bb si ch\u00e8re \u00e0 l&rsquo;auteure. C&rsquo;est aussi et toujours la qu\u00eate d&rsquo;un amour impalpable qui marquera \u00e0 jamais la vie de la narratrice.<br \/>\nDans le premier tome de la trilogie (Constantine et les moineaux de la murette 2003), nous avions quitt\u00e9 Joumana alors qu&rsquo;elle abordait l&rsquo;adolescence, dans un pays tout juste lib\u00e9r\u00e9 du colonialisme. La recherche de Louise, la maman de Joumana, \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 une d\u00e9marche douloureuse et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e. Elle se poursuit dans ce second tome et Joumana se livre un peu plus encore. Chaque description, chaque situation illustre la personnalit\u00e9 de la jeune normalienne.<br \/>\nTr\u00e8s habilement, l&rsquo;auteure nous emm\u00e8ne presque banalement sur la vie quotidienne d&rsquo;une institution tr\u00e8s respectable qu&rsquo;est l&rsquo;\u00c9cole Normale. Tout y passe, depuis la majorit\u00e9 des professeurs qui sont des coop\u00e9rants fran\u00e7ais jusqu&rsquo;\u00e0 la coexistence de deux bacs, l&rsquo;un alg\u00e9rien, l&rsquo;autre fran\u00e7ais, en passant par les premi\u00e8res g\u00e9n\u00e9rations d&rsquo;arabophones qui marquent clairement l&rsquo;ind\u00e9pendance de l&rsquo;Alg\u00e9rie.<br \/>\nLe lecteur, port\u00e9 par les aventures de Joumana et de ses compagnes, fait des incursions de plus en plus intimes dans sa vie familiale et suit le cheminement psychologique d&rsquo;une jeune fille bless\u00e9e par la vie, \u00e0 la recherche d&rsquo;une affection non exprim\u00e9e. Cette intimit\u00e9 permet de comprendre comment s&rsquo;est forg\u00e9 le caract\u00e8re de l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne et on ne peut s&#8217;emp\u00eacher de faire le parall\u00e8le avec celui de la romanci\u00e8re.<br \/>\nJoumana, dans cet opus, s&rsquo;affirme bien comme une citadine, issue d&rsquo;une grande famille constantinoise qui fait sa fiert\u00e9, malgr\u00e9 sa difficult\u00e9 \u00e0 la vivre et son incapacit\u00e9 \u00e0 int\u00e9grer sa belle-m\u00e8re dans le cercle familial. Elle d\u00e9veloppe ses relations \u00e0 la fois complices avec son papa et toutes les ambigu\u00eft\u00e9s r\u00e9sultant de la difficult\u00e9 pour ce dernier \u00e0 maintenir les plateaux de la \u00ab&nbsp;balance&nbsp;\u00bb en \u00e9quilibre&nbsp;: d&rsquo;une part ses filles et de l&rsquo;autre Samra, sa seconde femme et cousine, et la petite derni\u00e8re.<br \/>\nC&rsquo;est au travers de tous ces m\u00e9andres que Joumana\/Najia se construit, s&rsquo;affirme et se dirige tout droit vers la capitale alg\u00e9rienne pour devenir le professeur issu de l&rsquo;\u00c9cole Normale Sup\u00e9rieure, haut du pav\u00e9 de l&rsquo;enseignement, libre de ses actes, loin du cocon familial o\u00f9 elle \u00e9touffait.<br \/>\nCe r\u00e9cit est rendu tr\u00e8s vivant par les nombreux dialogues qui rythment les pages. L&rsquo;identification est telle que nombre d&rsquo;expressions sont celles de la Najia Abeer des derni\u00e8res ann\u00e9es, comme des indices nous permettant de mieux la conna\u00eetre, apr\u00e8s sa disparition r\u00e9cente.<br \/>\nCe deuxi\u00e8me tome de la trilogie, se lit \u00e0 plusieurs niveaux. Les intimes, ceux qui ont c\u00f4toy\u00e9 de pr\u00e8s la narratrice, la comprendront mieux, apr\u00e8s lecture. Les autres retiendront plus un t\u00e9moignage unique des premiers pas des enseignants alg\u00e9riens form\u00e9s dans la foul\u00e9e de l&rsquo;Ind\u00e9pendance. Reste aussi pour tous un nouveau cri d&rsquo;amour pour le \u00ab&nbsp;Vieux-Rocher&nbsp;\u00bb qui veut se conjuguer avec l&rsquo;espoir dans l&rsquo;avenir d&rsquo;une Joumana\/Najia rebelle et moderne qui veut trouver la qui\u00e9tude dans son univers familial.<\/p>\n<p align=\"justify\">Merci Najia, pour tes \u00e9crits qui nous manquent d\u00e9j\u00e0, car tu avais tellement \u00e0 dire encore.<\/p>\n<p>Le 24\/01\/2006,<br \/>\nYahia (Jean-Michel Pascal), dit Jean-Michel de Constantine<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.constantine-hier-aujourdhui.fr\/LaCulture\/najia_abeer\/ouvrages.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">source<\/a><\/p>\n<hr>\n<p>ici un hommage de <span class=\" UFICommentActorAndBody\"><span class=\"\"><a id=\"js_10r\" class=\" UFICommentActorName\" dir=\"ltr\" href=\"https:\/\/web.facebook.com\/profile.php?id=100011399184735&amp;fref=ufi\" data-ft=\"{&quot;tn&quot;:&quot;;&quot;}\" data-hovercard=\"\/ajax\/hovercard\/hovercard.php?id=100011399184735&amp;extragetparams=%7B%22is_public%22%3Afalse%2C%22hc_location%22%3A%22ufi_admin%22%7D\" aria-controls=\"js_10p\" aria-haspopup=\"true\" aria-describedby=\"js_10q\">Fatiha Nesrine<\/a><\/span><\/span><\/p>\n<div class=\"youtube-embed\" data-video_id=\"zun-CB2VqM8\"><iframe loading=\"lazy\" width=\"696\" height=\"522\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/zun-CB2VqM8?feature=oembed&#038;enablejsapi=1\" frameborder=\"0\" gesture=\"media\" allowfullscreen><\/iframe><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Janvier 2003, parution de son premier ouvrage : Constantine et les moineaux de la murette (R\u00e9cit) &#8211; \u00c9ditions Barzakh, Paris, 2003 \u00c9vocation des moments d&rsquo;insouciance, du temps de l&rsquo;innocence sur fond de guerre d&rsquo;Alg\u00e9rie, son r\u00e9cit, tiss\u00e9 de r\u00e9miniscences, prend aussi parfois une vraie dimension documentaire, mentionnant les m\u00e9tiers disparus, les quartiers et traditions, la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":15679,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[40,28],"tags":[],"class_list":{"0":"post-15091","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-auteurs-edition","8":"category-livre"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15091","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15091"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15091\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15679"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15091"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15091"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15091"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}