{"id":15273,"date":"2018-08-28T12:34:11","date_gmt":"2018-08-28T12:34:11","guid":{"rendered":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/?p=15273"},"modified":"2020-06-05T13:36:08","modified_gmt":"2020-06-05T13:36:08","slug":"hommage-a-abdelhak-brerhi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/hommage-a-abdelhak-brerhi\/","title":{"rendered":"Hommage a Abdelhak Brerhi"},"content":{"rendered":"<h4 class=\"access\"><strong>Abdelhak Bererhi tire sa r\u00e9v\u00e9rence : Comp\u00e9tence et amour du pays<\/strong><\/h4>\n<p>Professeur Chems Eddine Chitour<br \/>\nEcole Polytechnique Alger<\/p>\n<p>Abdelhak Rafik Bererhi est mort! Que Dieu lui fasse Mis\u00e9ricorde! Qui est ce scientifique hors pair qui ne laisse personne indiff\u00e9rent, que nous l&rsquo;appr\u00e9cions ou pas? Il est vrai que Abdelhak Bererhi avait tout pour susciter l&rsquo;admiration ou&#8230;la jalousie. Il avait le tort d&rsquo;\u00eatre brillant avec une carri\u00e8re exemplaire et de vouloir se battre in situ et non pas comme partisan du \u00abarmons-nous et partez\u00bb ou du \u00abY a qu&rsquo;\u00e0 faire&#8230;\u00bb<\/p>\n<p>N\u00e9 en 1940 \u00e0 A\u00efn El Beida. Il eut un parcours multidimensionnel remarquable Que de chemins parcourus depuis les enseignements \u00e0 la m\u00e9dersa, depuis les d\u00e9buts de l&rsquo;universit\u00e9 de A\u00efn El Bey o\u00f9 le premier recteur, Abdelhak Bererhi, occupait les classes au fur et \u00e0 mesure de leur livraison par l&rsquo;entreprise. Nomm\u00e9 par le ministre Benyahia il fut l&rsquo;un des fondateurs de la vraie r\u00e9forme de 1971 dans un minist\u00e8re naissant, d\u00e9tach\u00e9 du minist\u00e8re de l&rsquo;Education nationale. Imaginons-nous dans ces ann\u00e9es 70 o\u00f9 tout \u00e9tait \u00e0 faire, tout \u00e9tait \u00e0 cr\u00e9er, le peu d&rsquo;\u00e9lites dont disposait le pays \u00e9tait sur tous les fronts; Celui du d\u00e9veloppement suite notamment aux nationalisations des hydrocarbures, extraordinaires pour l&rsquo;\u00e9poque; un petit pays riche de son aura plan\u00e9taire \u00abla R\u00e9volution de Novembre\u00bb, relevait la t\u00eate et revendiquait avec succ\u00e8s l&rsquo;ind\u00e9pendance \u00e9conomique apr\u00e8s l&rsquo;ind\u00e9pendance politique.<\/p>\n<p>Les m\u00e9moires de Abdelhak Bererhi<\/p>\n<p>Abdelhak Bererhi, jeune professeur agr\u00e9g\u00e9 d&rsquo;histologie- l&rsquo;une des disciplines les plus complexes- se mettait aussi \u00e0 la disposition pour la cr\u00e9ation d&rsquo;une nouvelle universit\u00e9 qui sortait des sentiers battus et du suivisme colonial. Il accepta d&rsquo;aller \u00abcr\u00e9er l&rsquo;universit\u00e9 de Constantine\u00bb avec \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s un architecte de talent plan\u00e9taire et non des moindres, Oscar Niemeyer. La nouvelle universit\u00e9 avec la forme d&rsquo;un ouvrage ouvert et d&rsquo;un stylo \u00e9tait tout un symbole Rien ne le destinait, comme il l&rsquo;affirme, \u00e0 faire de la politique: \u00abJe n&rsquo;ai jamais cherch\u00e9 \u00e0 faire de la politique. Jamais! Moi, j&rsquo;\u00e9tais un chercheur. J&rsquo;avais la passion de la recherche. Je travaillais dans des domaines tr\u00e8s pointus. On m&rsquo;avait m\u00eame sollicit\u00e9 au Canada. Mais j&rsquo;ai refus\u00e9. C&rsquo;\u00e9tait en 1970, lors d&rsquo;un congr\u00e8s mondial&#8230; Quand j&rsquo;ai pass\u00e9 mon agr\u00e9gation, j&rsquo;avais 29 ans&#8230;J&rsquo;\u00e9tais le plus jeune. Et les \u00e9tudiants me l&rsquo;ont bien rendu. Ils \u00e9taient tous venus \u00e0 l&rsquo;amphith\u00e9\u00e2tre, pour la le\u00e7on magistrale. Et ils m&rsquo;ont offert une longue standing ovation. C&rsquo;\u00e9tait incroyable. Le grand ma\u00eetre, Herlant, du jury international, m&rsquo;avait alors dit cela: \u00abVotre jury, ce n&rsquo;\u00e9tait pas nous, mais vos \u00e9tudiants. Quand on a vu l&rsquo;accueil qu&rsquo;ils vous ont r\u00e9serv\u00e9.\u00bb (1)<\/p>\n<p>Le professeur Abdelhak Bererhi fut de fait un chef de chantier, un enseignant- et un recteur qui laissa son empreinte. Mais aussi un chercheur soucieux d&rsquo;\u00eatre en phase avec le d\u00e9veloppement par la cr\u00e9ation du Centre de recherche Curer multidisciplinaire et ceci bien avant que l&rsquo;on parle de la n\u00e9cessaire symbiose universit\u00e9-industrie. Bref, c&rsquo;est quelqu&rsquo;un qui conna\u00eet le \u00absyst\u00e8me de l&rsquo;int\u00e9rieur\u00bb. Faisant feu de tout bois il arriva \u00e0 cr\u00e9er des ponts avec les universit\u00e9s \u00e9trang\u00e8res gr\u00e2ce notamment \u00e0 ses relations comme l&rsquo;\u00e9crit Daum dans cette contribution: \u00ab(&#8230;) Georges Morin partit en France et devint chef de cabinet de l&rsquo;universit\u00e9 de Strasbourg, fut sollicit\u00e9 par son ancien condisciple en Alg\u00e9rie, le professeur Abdelhak Bererhi &#8211; plus jeune professeur agr\u00e9g\u00e9 d&rsquo;histologie de l&rsquo;Alg\u00e9rie ind\u00e9pendante- pour l&rsquo;aider \u00e0 mettre en place un pont a\u00e9rien pour l&rsquo;enseignement des sciences m\u00e9dicales dans la jeune universit\u00e9 de Constantine naissante. C&rsquo;est un exemple de r\u00e9ussite rendu possible par deux Alg\u00e9riens, deux coeurs. Il se trouve m\u00eame que le recteur de Grenoble, Jean-Louis Quermonne, qui avait commenc\u00e9 sa carri\u00e8re en 1956 comme jeune agr\u00e9g\u00e9 de droit \u00e0 Alger fut l&rsquo;ancien professeur de Mohamed Seddik Benyahia, le ministre de l&rsquo;Enseignement sup\u00e9rieur de l&rsquo;\u00e9poque. La d\u00e9l\u00e9gation grenobloise s&rsquo;est rendue \u00e0 Alger, et fut re\u00e7ue comme des princes par le ministre Benyahia. Une \u00absuperbe machine\u00bb de coop\u00e9ration interuniversitaire se met en place&#8230; Sans valise ni cercueil\u00bb (2),<\/p>\n<p>La cr\u00e9ation du Curer a permis une immersion dans le r\u00e9el: \u00abOn avait lanc\u00e9 la premi\u00e8re maison chauff\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9nergie scolaire. Oui, on parlait d\u00e9j\u00e0 de transition \u00e9nerg\u00e9tique. Et d&rsquo;alternative. C&rsquo;\u00e9tait en 1974. Oui, la premi\u00e8re maison et le premier chevreau solaires. Et j&rsquo;avais \u00e9t\u00e9 \u00e0 la station thermale de Hammam Meskhoutine avec des ing\u00e9nieurs, pour voir si l&rsquo;on pouvait chauffer la ville avec la g\u00e9othermie. A l&rsquo;\u00e9poque, on nous prenait pour des \u00abcingl\u00e9s\u00bb. Il n&rsquo;y avait que quelques-uns qui trouvaient que nous \u00e9tions des visionnaires. On avait lanc\u00e9 l&rsquo;apiculture. Vingt et une unit\u00e9s apicoles. On produisait jusqu&rsquo;\u00e0 quatre tonnes de miel exp\u00e9rimental, toutes vari\u00e9t\u00e9s confondues&#8230; Les premiers barrages collinaires, c&rsquo;est nous. A Djbel El Ouahch, \u00e0 Constantine -avec un projet d&rsquo;\u00e9levage de 10.000 vaches laiti\u00e8res- et \u00e0 S\u00e9tif. Donc, la recherche li\u00e9e \u00e0 la formation et int\u00e9gr\u00e9e au d\u00e9veloppement. C&rsquo;\u00e9tait notre credo. Et l\u00e0, il fallait alg\u00e9rianiser. Alors on a lanc\u00e9 une coop\u00e9ration exemplaire avec des accords interuniversitaires fran\u00e7ais(Grenoble), roumains, les Sovi\u00e9tiques, les Polonais&#8230;\u00bb (1)<\/p>\n<p>\u00abAvec le pr\u00e9sident Boumediene. Je me souviens \u00e0 la fin de la visite du pr\u00e9sident fran\u00e7ais, Val\u00e9ry Giscard d&rsquo;Estaing. Lequel m&rsquo;avait dit: \u00abVos \u00e9tudiants doivent manger \u00e0 la carte, ici.\u00bb Ma r\u00e9ponse fut: \u00abNon, Monsieur le Pr\u00e9sident. Cette universit\u00e9 construite, fait d\u00e9j\u00e0 partie du premier jalon de la future carte universitaire.\u00bb J&rsquo;y pensais d\u00e9j\u00e0 avant d&rsquo;\u00eatre ministre. Au minist\u00e8re que j&rsquo;ai lanc\u00e9, la carte universitaire aux horizons 2000. Alors, Boumediene a allum\u00e9 son cigare avec beaucoup de plaisir (fiert\u00e9) en me regardant avec un sourire. Quand il a raccompagn\u00e9 le pr\u00e9sident Val\u00e9ry Giscard d&rsquo;Estaing, il est descendu de la voiture pr\u00e9sidentielle, la DS 21, il est revenu vers moi pour me dire: \u00abContinuez \u00e0 travailler, Bererhi, je sais qu&rsquo;il y a des obstacles. On se reverra.\u00bb. Et on ne s&rsquo;est plus revus\u00bb.(1)<br \/>\nNomm\u00e9 ministre dans le gouvernement Chadli, il mit en place la carte universitaire et la cr\u00e9ation de villes nouvelles universitaires. Toute son \u00e9nergie il l&rsquo;a mise \u00e0 prendre le tournant technologique du pays mais aussi la d\u00e9mographie universitaire naissante par la n\u00e9cessit\u00e9 de cr\u00e9ation de villes universitaires nouvelles.<\/p>\n<p>Sa philosophie \u00e9tait de ne pas pratiquer la politique de la chaise vide. Il fallait se battre \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du syst\u00e8me. Il ne manquait pas de courage en 1987 et en 1988 durant ces ann\u00e9es chaudes, il eut le courage d&rsquo;aller parler aux \u00e9tudiants qui ne l&rsquo;attendaient pas \u00e0 Tizi Ouzou. Son apparition en plein amphi fut salu\u00e9e. Il sera ensuite nomm\u00e9 ministre de la Jeunesse puis ambassadeur. En 1998, il fonde avec le commandant Azzedine et le colonel Salah Boubnider le Comit\u00e9 des citoyens pour la d\u00e9fense de la R\u00e9publique (Ccdr) dont l&rsquo;objectif annonc\u00e9 \u00e9tait \u00abde faire barrage\u00bb aux \u00abvell\u00e9it\u00e9s autoritaires\u00bb et pour \u00abconcr\u00e9tiser l&rsquo;alternative d\u00e9mocratique et citoyenne\u00bb.<\/p>\n<p>Linda Graba en fait une lecture g\u00e9n\u00e9reuse: \u00abEcrit avec un style qui s&rsquo;apparente par rapport \u00e0 d&rsquo;autres r\u00e9cits autobiographiques, \u00e0 des \u00abM\u00e9moires\u00bb, l&rsquo;ouvrage qui vient tout juste de para\u00eetre aux \u00e9ditions \u00abNecib\u00bb, se pr\u00e9sente sous la forme de deux volumineux tomes. Une carri\u00e8re pleine de rebondissements et de militantisme chevronn\u00e9 au service du peuple. Dans sa pr\u00e9face \u00e0 l&rsquo;ouvrage, l&rsquo;\u00e9diteur, qui n&rsquo;est autre que Youssef Necib, dresse le portrait de celui qui est un ami et \u00e9voque ensuite dans un autre paragraphe les diff\u00e9rents itin\u00e9raires qu&rsquo;aura emprunt\u00e9s l&rsquo;auteur tout au long d&rsquo;une vie \u00abdans la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 et la volont\u00e9 in\u00e9branlable m\u00eame face \u00e0 la menace du naufrage\u00bb. C&rsquo;est pour cette raison qu&rsquo;\u00e9crire la pr\u00e9face est \u00e0 la fois, se pla\u00eet-il \u00e0 l&rsquo;\u00e9crire, une \u00e9preuve mais \u00e9galement un plaisir au regard de la personnalit\u00e9 de l&rsquo;homme qu&rsquo;il conna\u00eet bien et appr\u00e9cie pour ses id\u00e9es, son humilit\u00e9 et son humanit\u00e9. (&#8230;) Dans ce premier tome que nous avons parcouru et qui porte le titre \u00abDe l&rsquo;universit\u00e9 \u00e0 la politique\u00bb l&rsquo;ex-ministre qui met en exergue \u00e0 son pr\u00e9ambule une belle citation de l&rsquo;\u00e9crivaine Marguerite Duras, que nous recommandons \u00e0 chacun de lire pour en mesurer la profondeur du sens, rappelle ses luttes pour l&rsquo;\u00e9dification d&rsquo;une Alg\u00e9rie de progr\u00e8s, de libert\u00e9, de justice sociale, pour un Etat de droit, une Alg\u00e9rie dont la seule richesse est sa ressource humaine riche et qualifi\u00e9e, une Alg\u00e9rie r\u00e9publicaine ouverte \u00e0 l&rsquo;universalisme, pr\u00f4nant l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 homme\/femme, la jeunesse pour fer de lance.\u00bb (3)<\/p>\n<p>Ma part de v\u00e9rit\u00e9<\/p>\n<p>Le professeur Bererhi m&rsquo;honorait de son amiti\u00e9. Des rapports de confiance extraordinaires nous liaient. La premi\u00e8re fois que je l&rsquo;ai vu c&rsquo;\u00e9tait en d\u00e9cembre 1980, il m&rsquo;avait propos\u00e9 de diriger le centre universitaire de S\u00e9tif. Je venais \u00e0 peine de recevoir une lettre d&rsquo;acceptation pour un poste de professeur d&rsquo;une universit\u00e9 \u00e9trang\u00e8re. Il me fit la remarque suivante dont je me souviens comme si elle datait d&rsquo;hier. \u00abIl y a des moments dans la vie d&rsquo;un homme o\u00f9 on doit rendre au pays ce qu&rsquo;il a fait pour vous.\u00bb Bien plus tard, j&rsquo;ai appris que le pr\u00e9sident Kennedy avait eu les m\u00eames mots. Bref. Apr\u00e8s S\u00e9tif, je fus nomm\u00e9 \u00e0 sa demande directeur de l&rsquo;Ecole Polytechnique et ensuite secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p>J&rsquo;assume tout ce que nous avons fait sous sa direction, car nous \u00e9tions peu nombreux \u00e0 porter un projet aussi important. Introduire la technologie dans le pays, cr\u00e9er 12 villes universitaires. Naturellement nous avons fait des fautes, notamment en n&rsquo;\u00e9tant pas vigilants sur la n\u00e9cessit\u00e9 du brassage par la sp\u00e9cialisation des universit\u00e9s. Nous avons essay\u00e9 de faire en sorte que l&rsquo;enseignement des anciennes villes universitaires ayant un certain degr\u00e9 de maturit\u00e9 puisse profiter aussi aux nouvelles villes universitaires. Ce sera la philosophie des Comit\u00e9s p\u00e9dagogiques nationaux (45). Une m\u00eame mani\u00e8re \u00e9tait suivie d&rsquo;une fa\u00e7on vigilante par le CPN (constitu\u00e9s de professeurs) qui jouait le r\u00f4le de pompier, de gardien vigilant de la pertinence de l&rsquo;acte p\u00e9dagogique&#8230;.Je t\u00e9moigne enfin qu&rsquo;il m&rsquo;a toujours soutenu dans les actions que j&rsquo;entreprenais.<\/p>\n<p>Il serait mal venu de juger l&rsquo;homme sur la base d&rsquo;un acte. Je peux dire que Abdelhak Bererhi a \u00e9t\u00e9 un digne serviteur d&rsquo;une Alg\u00e9rie de nos r\u00eaves \u00e0 des ann\u00e9es lumi\u00e8re de l&rsquo;errance actuelle qui consiste \u00e0 retarder des \u00e9ch\u00e9ances rendues obligatoires par le mouvement du monde. C&rsquo;est \u00e0 cette \u00e9poque 1986-1989 que nous avions pour la premi\u00e8re fois fait une r\u00e9flexion sur le Dipl\u00f4me de fin d&rsquo;\u00e9tude secondaire au lieu du baccalaur\u00e9at. Chose reprise actuellement en France. C&rsquo;est \u00e0 cette p\u00e9riode que nous avions mis en chantier l&rsquo;agr\u00e9gation dans l&rsquo;Education nationale pour former des enseignants de qualit\u00e9 et ce sont les m\u00eame officines qui ont bloqu\u00e9 l&rsquo;agr\u00e9gation arguant du fait qu&rsquo;il fallait qu&rsquo;elle concerne des douf&rsquo;a\u00e2 (promotion) alors que les candidats \u00e0 l&rsquo;agr\u00e9gation se comptent \u00e0 l&rsquo;unit\u00e9 dans les pays qui se respectent; Naturellement, nous avons mis un coup d&rsquo;arr\u00eat \u00e0 cette gabegie.<\/p>\n<p>Il y a \u00e0 peine deux mois, le professeur Bererhi, du fond de son combat et avec lucidit\u00e9, prenait d&rsquo;une certaine fa\u00e7on cong\u00e9 de nous. \u00abJe m&rsquo;adresse \u00e0 vous, pour vous informer des raisons de mon silence. Clou\u00e9 au lit depuis le mois de novembre, du fait de l&rsquo;apparition de deux m\u00e9tastases au cerveau, actuellement trait\u00e9es par radioth\u00e9rapie, je vis dans des conditions tr\u00e8s \u00e9prouvantes. Je r\u00e9siste malgr\u00e9 tout, pense \u00e0 vous et vous exprime toute mon affection.\u00bb<\/p>\n<p>Les m\u00eames mots nous les retrouvons mutatis mutandis chez Steve Jobs l&rsquo;inventeur de l&rsquo;Iphone: \u00abJ&rsquo;ai atteint le sommet du succ\u00e8s dans les affaires. Aux yeux des autres, ma vie a \u00e9t\u00e9 le symbole du succ\u00e8s. Toutefois, en dehors du travail, j&rsquo;ai eu peu de joie. C&rsquo;est seulement maintenant que je comprends, une fois qu&rsquo;on a accumul\u00e9 assez d&rsquo;argent pour le reste de sa vie, que nous devons poursuivre d&rsquo;autres objectifs qui ne sont pas li\u00e9s \u00e0 la richesse. Dieu nous a form\u00e9s d&rsquo;une mani\u00e8re que nous pouvons sentir l&rsquo;amour dans le coeur de chacun de nous, et pas les illusions construites par la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 ou l&rsquo;argent que j&rsquo;ai gagn\u00e9, je ne peux pas les emmener avec moi. Quelle que soit l&rsquo;\u00e9tape de la vie dans laquelle nous sommes en ce moment, au final, nous allons devoir affronter le jour o\u00f9 le rideau tombera. Faites un tr\u00e9sor de l&rsquo;amour pour votre famille, de l&rsquo;amour pour votre mari ou femme, de l&rsquo;amour pour vos amis&#8230; Que chacun agisse avec amour et occupez-vous de votre prochain.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abOn pr\u00eate aussi \u00e0 Alexandre le Grand, le grand conqu\u00e9rant mort \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 37 ans, cette tirade concernant l&rsquo;inanit\u00e9 de l&rsquo;acharnement th\u00e9rapeutique, de la position sociale, plus ou moins ais\u00e9e devant l&rsquo;in\u00e9luctabilit\u00e9 du sablier. \u00abAlexandre le Grand conquit le monde, fut terrass\u00e9 par une bact\u00e9rie. Alexandre demanda \u00abque [son] cercueil soit transport\u00e9 \u00e0 bras d&rsquo;homme par les meilleurs m\u00e9decins de l&rsquo;\u00e9poque, que les tr\u00e9sors [qu&rsquo;il a] acquis (argent, or, pierres pr\u00e9cieuses&#8230;) soient dispers\u00e9s tout le long du chemin jusqu&rsquo;\u00e0 [sa] tombe, et que [ses] mains restent \u00e0 l&rsquo;air libre se balan\u00e7ant en dehors du cercueil \u00e0 la vue de tous\u00bb, afin que \u00ables m\u00e9decins comprennent que face \u00e0 la mort, ils n&rsquo;ont pas le pouvoir de gu\u00e9rir, que tous puissent voir que les biens mat\u00e9riels ici acquis, restent ici-bas, et que les gens puissent voir que les mains vides nous arrivons dans ce monde et les mains vides nous en repartons quand s&rsquo;\u00e9puise pour nous le tr\u00e9sor le plus pr\u00e9cieux de tous: le temps.\u00bb<\/p>\n<p>Abdelkak Bererhi \u00e9tait un grand homme d\u00b4Etat qui allie la comp\u00e9tence \u00e0 l&rsquo;\u00e9l\u00e9gance et au savoir-\u00eatre. Il a toujours servi son pays avec beaucoup d\u00b4abn\u00e9gation, de d\u00e9vouement, d\u00b4humilit\u00e9 et de modestie. Je salue en lui l\u00b4universitaire qu\u00b4il \u00e9tait et en m\u00eame temps l\u00b4homme au grand coeur, le d\u00e9mocrate qui a toujours d\u00e9fendu des id\u00e9es du progr\u00e8s. L\u00b4Alg\u00e9rie perd assur\u00e9ment en lui un grand homme. Que Dieu lui fasse Mis\u00e9ricorde. Amen.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>1. http:\/\/lesavoire.over-blog.com\/2017\/07\/abdelhak-bererhi.ancien-ministre-et-auteur-l-ouvrage-itineraires-un-devoir-de-memoire.html<\/p>\n<p>2. http:\/\/www.monde-diplomatique.fr\/2008\/05\/DAUM\/15870 mai 2008<\/p>\n<p>3. http:\/\/www.elmoudjahid.com\/fr\/actualites\/108113?utm_source=Viber&amp;utm_medium =Chat&amp;utm_campaign=Private 23-04-2017<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Article de r\u00e9f\u00e9rence http:\/\/www.lexpressiondz.com\/chroniques\/analyses_ du_professeur_chitour\/287433-competence-et-amour-du-pays.html<\/p>\n<p>Professeur Chems Eddine Chitour<br \/>\nEcole Polytechnique Alger<\/p>\n<hr>\n<div id=\"js_v\" class=\"_5pbx userContent _3576\" data-ft=\"{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}\">\n<p><strong>Abdelhak B\u00e9rerhi<\/strong><\/p>\n<p>Ancien ministre, docteur en m\u00e9decine, professeur en histologie-embryologie, ancien recteur de l\u2019universit\u00e9 de Constantine et ambassadeur, entre deux s\u00e9ances de chimioth\u00e9rapie, il a trouv\u00e9 le temps d\u2019\u00e9crire les tomes I et II de son livre Itin\u00e9raires, de l\u2019universit\u00e9 \u00e0 la politique. Une belle le\u00e7on de courage que B\u00e9rerhi nous dispense. Et cela force le respect.<\/p>\n<p>&#8211; Comment a germ\u00e9 l\u2019id\u00e9e du projet d\u2019\u00e9criture de l\u2019ouvrage Itin\u00e9raires ?<\/p>\n<p>Le projet d\u2019\u00e9criture s\u2019est concr\u00e9tis\u00e9 quand je suis tomb\u00e9 malade, apr\u00e8s l\u2019avoir report\u00e9 \u00e0 maintes reprises. Mais quand j\u2019ai su que j\u2019avais un ad\u00e9nocarcinome du pancr\u00e9as (une tumeur maligne), je me suis dit : \u00abEst-ce que j\u2019aurai le temps de laisser une trace ?\u00bb C\u2019\u00e9tait une course contre la montre.<br \/>\nJe me r\u00e9veillais \u00e0 3h ou 4h du matin. D\u2019ailleurs, j\u2019appelais cet instant. La remont\u00e9e de la m\u00e9moire. Je n\u2019avais jamais pris de notes. Je n\u2019avais jamais pris de journal. Encore moins de verbatim. J\u2019\u00e9crivais. J\u2019ai toujours fonc\u00e9 (dans la vie). Et l\u00e0, j\u2019ai \u00e9prouv\u00e9 le besoin de traduire ces itin\u00e9raires, ces parcours.<br \/>\nC\u2019est un devoir de m\u00e9moire que je dois \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9. Et \u00e0 tous ceux qui ont travaill\u00e9 avec moi. Ce n\u2019\u00e9tait pas mon itin\u00e9raire \u00e0 moi, mais celui des gens que je d\u00e9crivais et qui m\u2019ont accompagn\u00e9 dans mon parcours. Donc, leurs itin\u00e9raires aussi. Souvent, certains m\u2019appellent pour me dire qu\u2019ils se reconnaissent \u00e0 travers ces itin\u00e9raires. C\u2019est pour cela que j\u2019ai pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 titrer : Itin\u00e9raires. Par rapport \u00e0 \u00abm\u00e9moires\u00bb qui est un titre fig\u00e9\u2026<\/p>\n<p>&#8211; Malgr\u00e9 la maladie, vous avez continu\u00e9 \u00e0 \u00e9crire. Une le\u00e7on de courage\u2026<\/p>\n<p>J\u2019ai travaill\u00e9 pendant dix-huit mois. J\u2019\u00e9tais sous chimioth\u00e9rapie. Je le suis toujours. J\u2019ai refus\u00e9 de b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un traitement de faveur, une chambre personnelle pour recevoir les soins de chimioth\u00e9rapie. J\u2019ai voulu \u00eatre parmi le peuple. L\u00e0, je suis ce traitement dans salle collective avec des femmes. Et il faut voir ce que je re\u00e7ois comme appels ! Nous nous soutenons\u2026Donc, pendant dix-huit mois, j\u2019ai pratiquement travaill\u00e9 jour et nuit.<\/p>\n<p>&#8211; Comment \u00e9crivez-vous ? A l\u2019aide d\u2019un laptop&#8230; ?<\/p>\n<p>Non ! A la main. J\u2019\u00e9cris tout \u00e0 la main. Quand je me r\u00e9veille \u00e0 3h du matin, je prends des notes rapidement sur un carnet. Et puis mon fils ou un neuveu ou une ni\u00e8ce faisaient la saisie de mes notes. Au fur et \u00e0 mesure, \u00e0 chaque tirage, je corrigeais. J\u2019ai \u00e9crit avec passion tout cela. Et en m\u00eame temps, avec beaucoup d\u2019humilit\u00e9. En me rendant compte, c\u2019\u00e9tait un devoir de le faire.<\/p>\n<p>&#8211; Quelle est la p\u00e9riode ou la phase de votre vie dont vous \u00eates le plus fier ?<\/p>\n<p>Moi, je me dis d\u2019abord c\u2019est le fait d\u2019avoir tr\u00e8s t\u00f4t eu des r\u00e9f\u00e9rents tr\u00e8s importants. C\u2019est cela qui a forg\u00e9 ma personnalit\u00e9. Qui a fait que je sois \u00abAbdelhak\u00bb. C\u2019\u00e9tait mon p\u00e8re qui \u00e9tait l\u2019\u00e9l\u00e9ment-cl\u00e9. C\u2019est lui qui m\u2019a appris la notion, la valeur de la tol\u00e9rance, de la modernit\u00e9\u2026 C\u2019\u00e9tait un imam. On l\u2019appelait \u00abl\u2019imam des jeunes\u00bb. Donc, c\u2019est lui qui m\u2019a inculqu\u00e9 toutes ces valeurs.<br \/>\nIl m\u2019a appris m\u00eame la s\u00e9paration du \u00abtemporel\u00bb et du \u00abspirituel\u00bb dans le respect mutuel. C\u2019est lui cela. Il m\u2019a dit que la politique n\u2019avait rien \u00e0 voir avec la religion. Et la religion n\u2019a pas \u00e0 se polluer dans la politique, carr\u00e9ment. Et quand je l\u2019ai qualifi\u00e9 de \u00abla\u00efque\u00bb, il a \u00e9clat\u00e9 de rire en guise de r\u00e9ponse.<\/p>\n<p>&#8211; Il incarnait le vrai islam avec des valeurs universelles\u2026<\/p>\n<p>Oui. Le v\u00e9ritable islam. Et puis, il y a eu mon professeur de philosophie, qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9terminant dans mon sch\u00e9ma de pens\u00e9e. M\u00eame au niveau de mon orientation au sens m\u00e9dical. Il y eut aussi mon ma\u00eetre d\u2019histologie, Slimane Taleb, qui m\u2019a initi\u00e9 \u00e0 la formation et \u00e0 la recherche. Et bien entendu, Mohamed Seddik Benyahia, qui \u00e9tait devenu un ami. J\u2019\u00e9tais parmi ceux qui ont activ\u00e9 la r\u00e9forme de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur qu\u2019il avait engag\u00e9e alors. Puis apr\u00e8s, il y eut Yahiaoui, avec qui j\u2019ai fait mon introduction, malgr\u00e9 moi, en politique.<\/p>\n<p>&#8211; Vous n\u2019aviez pas cette ambition\u2026<\/p>\n<p>Je n\u2019ai jamais cherch\u00e9 \u00e0 faire de la politique. Jamais ! Moi, j\u2019\u00e9tais un chercheur. J\u2019avais la passion de la recherche. Je travaillais dans des domaines tr\u00e8s pointus. On m\u2019avait m\u00eame sollicit\u00e9 au Canada. Mais j\u2019ai refus\u00e9. C\u2019\u00e9tait en 1970, lors d\u2019un congr\u00e8s mondial\u2026Quand j\u2019ai pass\u00e9 mon agr\u00e9gation, j\u2019avais 29 ans\u2026J\u2019\u00e9tais le plus jeune. Et les \u00e9tudiants me l\u2019ont bien rendu. Ils \u00e9taient tous venus \u00e0 l\u2019amphith\u00e9\u00e2tre, pour la le\u00e7on magistrale. Et ils m\u2019ont offert une longue standing ovation.<br \/>\nC\u2019\u00e9tait incroyable. Le grand ma\u00eetre, Herlant, du jury international, m\u2019avait alors dit cela : \u00abVotre jury, ce n\u2019\u00e9tait pas nous mais vos \u00e9tudiants. Quand on a vu l\u2019accueil qu\u2019ils vous ont r\u00e9serv\u00e9.\u00bb Donc, comme cela, je suis arriv\u00e9 en politique. Avec Benyahia, nous avions lanc\u00e9 la r\u00e9forme de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 recteur, ensuite directeur de l\u2019Institut de biologie\u2026On avait initi\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque le Curer (Centre universitaire de recherche, d\u2019\u00e9tudes et de r\u00e9alisation). Un centre de recherche remarquable. Parce qu\u2019on parlait de transition \u00e9nerg\u00e9tique.<\/p>\n<p>&#8211; D\u00e9j\u00e0 en avance sur votre temps. Nous sommes dans les ann\u00e9es 1970\u2026<\/p>\n<p>On avait lanc\u00e9 la premi\u00e8re maison chauff\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9nergie scolaire. Oui, on parlait d\u00e9j\u00e0 de transition \u00e9nerg\u00e9tique. Et d\u2019alternative. C\u2019\u00e9tait en 1974. Oui, la premi\u00e8re maison et le premier chevreau solaires. Et j\u2019avais \u00e9t\u00e9 \u00e0 la station thermale de Hammam Meskhoutine avec des ing\u00e9nieurs, pour voir si l\u2019on pouvait chauffer la ville avec la g\u00e9othermie. A l\u2019\u00e9poque, on nous prenait pour des \u00abcingl\u00e9s\u00bb. Il n\u2019y avait que quelques uns qui trouvaient que nous \u00e9tions des visionnaires. On avait lanc\u00e9 l\u2019apiculture. Vingt et une unit\u00e9s apicoles. On produisait jusqu\u2019\u00e0 quatre tonnes de miel exp\u00e9rimental, toutes vari\u00e9t\u00e9s confondues\u2026<\/p>\n<p>Les premiers barrages collinaires, c\u2019est nous. A Djbel El Ouahch, \u00e0 Constantine -avec un projet d\u2019\u00e9levage de 10 000 vaches laiti\u00e8res- et \u00e0 S\u00e9tif. Donc, la recherche li\u00e9e \u00e0 la formation et int\u00e9gr\u00e9e au d\u00e9veloppement. C\u2019\u00e9tait notre credo. Et l\u00e0, il fallait alg\u00e9rianiser. Alors on a lanc\u00e9 une coop\u00e9ration exemplaire avec des accords inter-universitaires fran\u00e7ais(Grenoble), roumains, les Sovi\u00e9tiques, les Polonais\u2026<\/p>\n<p>A Constantine on avait une activit\u00e9 extraordinaire. Les directeurs, les cadres, \u00e9taient tous des r\u00e9servistes du service national. Quand le regrett\u00e9 pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, Houari Boum\u00e9di\u00e8ne, \u00e9tait venu avec le pr\u00e9sident fran\u00e7ais de l\u2019\u00e9poque, Val\u00e9ry Giscard d\u2019Estaing, un visite exceptionnelle, j\u2019avais dit : \u00abYahia(vive) Boum\u00e9di\u00e8ne !\u00bb. Tout ce que j\u2019ai fait, c\u2019\u00e9tait gr\u00e2ce \u00e0 la communaut\u00e9 universitaire et \u00e0 son engagement.<\/p>\n<p>Les \u00e9tudiants, les enseignants, les cadres, les travailleurs\u2026 Sans eux, je n\u2019aurais rien fait. Les \u00e9tudiants \u00e9taient engag\u00e9s pour la gratuit\u00e9 des soins, la Charte nationale\u2026Ils avaient pass\u00e9 trois jours et trois nuits \u00e0 d\u00e9battre de l\u2019avant-projet. Ils avaient pris le train de nuit et ils avaient eux-m\u00eames remis le document \u00e0 Sma\u00efl Hamdani, \u00e0 la Pr\u00e9sidence. Donc, ils y croyaient. C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 cela que j\u2019ai pu travailler et avoir un soutien extraordinaire.<\/p>\n<p>&#8211; Si c\u2019\u00e9tait \u00e0 refaire\u2026<\/p>\n<p>Beaucoup d\u2019amis m\u2019ont reproch\u00e9 cela. Je leur ai r\u00e9pondu que si c\u2019\u00e9tait \u00e0 refaire je le referai.<\/p>\n<p>&#8211; Ne pas faire de la \u00abpolitique politicienne\u00bb\u2026<\/p>\n<p>J\u2019ai \u00e9t\u00e9 toujours branch\u00e9 avec l\u2019universit\u00e9. Parce que je suis devenu ministre de l\u2019Enseignement sup\u00e9rieur. Je le r\u00e9p\u00e8te. Aucune ambition. Jamais. D\u2019ailleurs, je l\u2019ai fait savoir \u00e0 qui de droit. J\u2019ai failli d\u00e9missionner \u00e0 trois reprises. Parce qu\u2019il y avait des blocages \u00e0 un certain niveau. Et il a fallu l\u2019intervention du regrett\u00e9 Beloucif pour me faire r\u00e9tracter. \u00abTu es fou de d\u00e9missionner, le pays a besoin de toi. Tu ne peux pas le faire\u00bb. Donc, moi, j\u2019\u00e9tais un homme libre. Je n\u2019ai jamais travaill\u00e9 pour un syst\u00e8me. Ni pour un pouvoir ni pour un responsable.<\/p>\n<p>&#8211; Avec quel pr\u00e9sident avez-vous eu des atomes crochus ?<\/p>\n<p>Avec le pr\u00e9sident Boumedi\u00e8ne. Je me souviens \u00e0 la fin de la visite du pr\u00e9sident fran\u00e7ais, Val\u00e9ry Giscard d\u2019Estaing. Lequel m\u2019avait dit : \u00abVos \u00e9tudiants doivent manger \u00e0 la carte, ici.\u00bb Ma r\u00e9ponse fut : \u00abNon, Monsieur le Pr\u00e9sident. Cette universit\u00e9 construite, fait d\u00e9j\u00e0 partie du premier jalon de la future carte universitaire.\u00bb J\u2019y pensais d\u00e9j\u00e0 avant d\u2019\u00eatre ministre.<\/p>\n<p>C\u2019est au minist\u00e8re que j\u2019ai lanc\u00e9 la carte universitaire aux horizons 2000. Alors, Boumedi\u00e8ne a allum\u00e9 son cigare avec beaucoup de plaisir (fiert\u00e9) en me regardant avec un sourire. Quand il a raccompagn\u00e9 le pr\u00e9sident Val\u00e9ry Giscard d\u2019Estaing, il est descendu de la voiture pr\u00e9sidentielle, la DS 21, il est revenu vers moi pour me dire : \u00abContinuez \u00e0 travailler, B\u00e9rerhi, je sais qu\u2019il y a des obstacles.<\/p>\n<p>On se reverra.\u00bb. Et on ne s\u2019est plus revus. Donc, je n\u2019ai jamais cherch\u00e9 \u00e0 devenir un homme politique. La preuve, quand j\u2019ai quitt\u00e9 l\u2019enseignement sup\u00e9rieur, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 \u00e0 la jeunesse et aux sports, une ann\u00e9e. Et quand il y eut Octobre 1988, dont les pr\u00e9mices \u00e9taient \u00e0 Constantine, je l\u2019avais fait savoir (en 1987) au pr\u00e9sident Chadli, qui \u00e9tait un homme tr\u00e8s respectable. Je lui ai dit que ce qui s\u2019est pass\u00e9 \u00e0 Constantine, n\u2019est pas le fait de \u00abvoyous\u00bb, mais de citoyens qui sont contre le pouvoir et le syst\u00e8me.<\/p>\n<p>&#8211; Pourquoi ?<\/p>\n<p>On ne m\u2019a rien propos\u00e9. Hormis deux possibilit\u00e9s que j\u2019ai refus\u00e9es poliment. Cela ne m\u2019int\u00e9ressait pas. Et quand Si Lamine Zeroual est arriv\u00e9, il m\u2019a appel\u00e9 au t\u00e9l\u00e9phone et m\u2019a invit\u00e9 \u00e0 le rencontrer. On a discut\u00e9 pr\u00e8s de 45 mn. Il voulait lancer le Conseil de la nation. Et \u00e0 la fin, il m\u2019a dit : \u00abSi Abdelhak, c\u2019est pour d\u00e9fendre tes id\u00e9es, pas les miennes.\u00bb<\/p>\n<p>L\u00e0, j\u2019adh\u00e8re. Je n\u2019y vais pas pour uniquement lever la main. Mais quand j\u2019ai vu arriver les quatre premiers morts du Printemps berb\u00e8re des Arouch qu\u2019on a toujours d\u00e9fendus, les quatre, avant les 127 morts, j\u2019ai d\u00e9missionn\u00e9. En 2001, j\u2019avais demand\u00e9 une commission d\u2019enqu\u00eate. Je me suis engag\u00e9 dans le combat d\u00e9mocratique au sein d\u2019une association de la soci\u00e9t\u00e9 civile, le CCDR.<\/p>\n<h5 class=\"signature\">K. Smail ( Source El-watan)<\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Abdelhak Bererhi tire sa r\u00e9v\u00e9rence : Comp\u00e9tence et amour du pays Professeur Chems Eddine Chitour Ecole Polytechnique Alger Abdelhak Rafik Bererhi est mort! Que Dieu lui fasse Mis\u00e9ricorde! Qui est ce scientifique hors pair qui ne laisse personne indiff\u00e9rent, que nous l&rsquo;appr\u00e9cions ou pas? Il est vrai que Abdelhak Bererhi avait tout pour susciter l&rsquo;admiration [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":15567,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[38,28],"tags":[],"class_list":{"0":"post-15273","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-actualites","8":"category-livre"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15273","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15273"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15273\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15567"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15273"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15273"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15273"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}