{"id":16184,"date":"2020-06-20T12:33:46","date_gmt":"2020-06-20T12:33:46","guid":{"rendered":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/?p=16184"},"modified":"2020-06-20T12:41:55","modified_gmt":"2020-06-20T12:41:55","slug":"le-pr-merdaci-droit-de-reponse-la-litterature-nationale-algerienne-comme-horizon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/le-pr-merdaci-droit-de-reponse-la-litterature-nationale-algerienne-comme-horizon\/","title":{"rendered":"Le Pr. Merdaci : Droit de r\u00e9ponse ; La litt\u00e9rature nationale alg\u00e9rienne comme horizon"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le Pr. Merdaci&nbsp;<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mis en cause nomm\u00e9ment dans une contribution publi\u00e9e dans l\u2019\u00e9dition de <strong><em>Libert\u00e9<\/em> du jeudi 26 d\u00e9cembre 2014 sous le titre \u00ab&nbsp;<em>Meursault, contre-enqu\u00eate<\/em> ou la revanche postcoloniale du fils prodige&nbsp;\u00bb<\/strong>, reprenant des \u00e9l\u00e9ments de mon article sur \u00ab&nbsp;La s\u00e9lection-disqualification de Kamel Daoud aux prix Goncourt et Renaudot 2014. Une illusion n\u00e9ocoloniale&nbsp;\u00bb (<em>Reporters <\/em>[Alger], 8 novembre 2014), je m\u2019adresse \u00e0 ses lecteurs pour r\u00e9pondre <strong>aux incriminations \u00e0 la limite de la malveillance et du d\u00e9nigrement de l\u2019auteur de contrev\u00e9rit\u00e9s<\/strong>, emp\u00eatr\u00e9 dans ses d\u00e9finitions du colonialisme et du n\u00e9ocolonialisme, qui ne s\u2019autorise que d\u2019une lecture sommaire de mes positions critiques et de th\u00e9ories postcoloniales qu\u2019il a mal dig\u00e9r\u00e9es, afin d\u2019instruire \u00e0 mon encontre <strong>un proc\u00e8s d\u2019intention<\/strong>. Je m\u2019en tiens \u00e0 trois aspects de cette philippique&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>1) Sur la question de la langue fran\u00e7aise.<\/strong> Le contributeur de <em>Libert\u00e9<\/em> (qui ne conna\u00eet ni mon parcours universitaire ni mes travaux) \u00e9crit, dans une affirmation accusatrice, que \u00ab&nbsp;l\u2019auteur de cette contribution prend [\u2026] le fait que Kamel Daoud ait \u00e9crit en fran\u00e7ais&nbsp;\u00bb sans mesurer le ridicule de cette imputation. Professeur de langue et litt\u00e9rature fran\u00e7aises et de th\u00e9orie litt\u00e9raire \u00e0 l\u2019Universit\u00e9, j\u2019ai publi\u00e9 quinze ouvrages et plus d\u2019une centaine d\u2019articles de revues et de journaux sur la litt\u00e9rature alg\u00e9rienne de langue fran\u00e7aise, qui est l\u2019objet de mes recherches, mais aussi sur la litt\u00e9rature fran\u00e7aise du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, notamment sur Louis-Ferdinand C\u00e9line&nbsp;; j\u2019ai accompagn\u00e9, pendant plusieurs ann\u00e9es, mes \u00e9tudiants dans l\u2019\u00e9tude de la modernit\u00e9 litt\u00e9raire fran\u00e7aise, notamment \u00e0 travers la lecture des \u0153uvres de Michel Butor et de Patrick Modiano. Cette litt\u00e9rature fran\u00e7aise reste attachante&nbsp;; elle a exprim\u00e9 et continue \u00e0 exprimer la permanence et le renouvellement de l\u2019id\u00e9e litt\u00e9raire en Europe.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le signataire de cette contribution, pour mieux forcer le trait d\u2019une relation conflictuelle \u00e0 la langue fran\u00e7aise, me compare \u00e0 l\u2019\u00e9crivain Tahar Ouettar, camp\u00e9 en croquemitaine, dont il d\u00e9terre la d\u00e9pouille et injurie la m\u00e9moire. Sur son lit de mort, l\u2019auteur d\u2019<em>El Zilzel<\/em> (<em>Le S\u00e9isme<\/em>, Alger, SNED, 1977), remarquable roman en langue arabe de la litt\u00e9rature alg\u00e9rienne, a manifest\u00e9 son amiti\u00e9 pour la France et sa consid\u00e9ration pour sa litt\u00e9rature. Il est, certes, intervenu v\u00e9h\u00e9mentement, en 1992, dans un rencontre franco-alg\u00e9rienne sur les Accords d\u2019\u00c9vian.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Commentant la publication, en marge du colloque, d\u2019une anthologie franco-alg\u00e9rienne (<em>Trente ans apr\u00e8s. Nouvelles de la guerre d\u2019Alg\u00e9rie<\/em>, Paris, Le Monde \u00c9ditions, 1992), dirig\u00e9e par le journaliste du <em>\u00ab&nbsp;Monde&nbsp;\u00bb<\/em> Daniel Zimmermann et l\u2019\u00e9crivain-journaliste alg\u00e9rien Tahar Djaout, Tahar Ouettar pouvait s\u2019\u00e9tonner, \u00e0 bon droit, que la litt\u00e9rature alg\u00e9rienne de langue arabe ne soit pas invit\u00e9e dans ce panorama litt\u00e9raire c\u00e9l\u00e9brant deux pays, au-del\u00e0 de ce qu\u2019a pu \u00eatre leur longue et violente histoire commune. Que ses propos ait \u00e9t\u00e9 ressentis comme pol\u00e9miques et d\u00e9natur\u00e9s dans les plus sombres recoins d\u2019une francophilie alg\u00e9rienne malheureuse, avec le temps qui passe et n\u2019arrange rien, dans une transcription caricaturale et abusive, ne sert pas la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ceci dit \u2013 convient-il de le r\u00e9p\u00e9ter&nbsp;? \u2013, j\u2019ai relev\u00e9 dans l\u2019article incrimin\u00e9 que l\u2019auteur Kamel Daoud utilise un ersatz de langue fran\u00e7aise, une sp\u00e9cificit\u00e9 locale du fran\u00e7ais, historiquement dat\u00e9e, qui devrait int\u00e9resser les chercheurs en litt\u00e9rature et en sociolinguistique. Dois-je donc accepter, pour cela, une insoutenable assignation \u00e0 une imaginaire censure de l\u2019\u00e9criture en langue fran\u00e7aise en Alg\u00e9rie&nbsp;? C\u2019est un exemple de propos comminatoires qui \u00e9pousent, souvent, une ferveur imb\u00e9cile.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>&nbsp;2) Sur les aspects institutionnels de la litt\u00e9rature alg\u00e9rienne<\/strong>. Alg\u00e9rien et fier de l\u2019\u00eatre, je reste fid\u00e8le au combat de mes a\u00een\u00e9s contre le colonialisme fran\u00e7ais, inhumain et exterminateur, que rien ne saurait excuser, qui ne peut \u00eatre oubli\u00e9&nbsp;; ce combat pour la dignit\u00e9 et la libert\u00e9 des Alg\u00e9riens, sortant de la gangue de l\u2019Indig\u00e9nat, \u00e9claire et aiguise une pens\u00e9e critique de chercheur universitaire et d\u2019\u00e9crivain. Comment ne pas \u00eatre vigilant face \u00e0 un n\u00e9o-colonialisme ambiant, propre aux champs m\u00e9diatique et litt\u00e9raire fran\u00e7ais lorsqu\u2019il s\u2019agit de la litt\u00e9rature alg\u00e9rienne, plus pr\u00e9cis\u00e9ment de langue fran\u00e7aise&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je renvoie les lecteurs de <em>Libert\u00e9<\/em> \u00e0 mon ouvrage <strong><em>Engagements. Une critique au quotidien<\/em><\/strong> (Constantine, M\u00e9dersa, 2013) dans lequel j\u2019explique mes positions sur la propension du champ litt\u00e9raire fran\u00e7ais \u00e0 vouloir assimiler les litt\u00e9ratures de langue fran\u00e7aise des anciennes colonies, leurs \u0153uvres et leurs auteurs, comme une p\u00e9riph\u00e9rie de la litt\u00e9rature fran\u00e7aise, projet\u00e9e comme le lieu matriciel de ces litt\u00e9ratures \u00e9trang\u00e8res Cet imp\u00e9rialisme culturel fran\u00e7ais, dont le \u00ab&nbsp;Manifeste pour une litt\u00e9rature-monde en fran\u00e7ais&nbsp;\u00bb (diffus\u00e9 en 2007) est l\u2019illustration, existe et il est condamnable. Il y a une litt\u00e9rature alg\u00e9rienne de langue fran\u00e7aise, avec ses auteurs et ses \u0153uvres, qui n\u2019a d\u2019autre pr\u00e9tention que d\u2019\u00eatre alg\u00e9rienne, qui ne recherche pas et qui se d\u00e9fie d\u2019\u00eatre une litt\u00e9rature de \u00ab&nbsp;second coll\u00e8ge&nbsp;\u00bb, qui ne veut et ne peut &nbsp;\u00eatre phagocyt\u00e9 par la litt\u00e9rature fran\u00e7aise comme le sont les litt\u00e9ratures suisse et belge de langue fran\u00e7aise qui ont abdiqu\u00e9 leur identit\u00e9 nationale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce n\u2019est pas la libert\u00e9 d\u2019\u00e9crivains alg\u00e9riens (parfaitement assimilables comme au temps de la colonie) de faire explicitement une carri\u00e8re fran\u00e7aise dans un \u00ab&nbsp;second coll\u00e8ge&nbsp;\u00bb d\u2019Arabes de service, exhib\u00e9s comme dans les zoos humains d\u2019antan, qui est discut\u00e9e dans mes travaux et opinions publiques, mais leur ambig\u00fcit\u00e9, \u00e0 se proclamer \u00e9crivains dans deux pays dans le seul but d\u2019en tirer, contre toute \u00e9thique, des profits personnels.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Combien d\u2019\u00e9crivains,<strong> comme Anouar Benmalek, ont t\u00e9moign\u00e9 d\u2019un in\u00e9branlable cynisme sur cette question d\u2019appartenance en demandant volontairement la nationalit\u00e9 fran\u00e7aise et en se proclamant \u00ab&nbsp;\u00e9crivain fran\u00e7ais d\u2019origine alg\u00e9rienne&nbsp;\u00bb<\/strong> en quatri\u00e8me de couverture de leurs \u0153uvres tout en courant r\u00e9guli\u00e8rement les festivit\u00e9s litt\u00e9raires alg\u00e9riennes&nbsp;? Il n\u2019y a pas de litt\u00e9rature franco-alg\u00e9rienne et la litt\u00e9rature alg\u00e9rienne se grandira de ne reconna\u00eetre que les \u00e9crivains qui se r\u00e9clament d\u2019elle et celle de la France gagnerait \u00e0 ne plus vouloir naturaliser, dans de factices cons\u00e9crations et int\u00e9grations sans lendemain, tous les \u00e9crivains alg\u00e9riens qui sollicitent son \u00e9dition.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Kamel Daoud, auteur d\u2019un r\u00e9cit mim\u00e9tique qui doit tout \u00e0 Camus, qui n\u2019a encore rien construit litt\u00e9rairement qui rel\u00e8ve de sont art, donnant aux m\u00e9dias parisiens les gages attendus sur l\u2019Alg\u00e9rie et son pouvoir, la Palestine, l\u2019islam et le monde arabo-musulman, <\/strong>a admis d\u2019\u00eatre <strong>assimil\u00e9<\/strong> \u00e0 la litt\u00e9rature fran\u00e7aise en s\u2019impliquant dans une comp\u00e9tition litt\u00e9raire franco-fran\u00e7aise, dans une illusion n\u00e9ocoloniale. Il est toujours obnubil\u00e9 par le chant de sir\u00e8nes des acad\u00e9mies litt\u00e9raires du Goncourt et du Renaudot qui n\u2019ont rien d\u00e9cern\u00e9, \u00e0 lui comme \u00e0 des dizaines de romanciers alg\u00e9riens, depuis les ann\u00e9es 1950, dont il poursuit la qu\u00eate vaine. Il a pu stigmatiser, r\u00e9cemment, le projet d\u2019un Grand prix national de litt\u00e9rature en Alg\u00e9rie. <strong>Il est clair que les attitudes de ces \u00e9crivains fragilisent, dans notre pays, l\u2019id\u00e9e d\u2019une litt\u00e9rature nationale.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>3) Sur la \u00ab&nbsp;litt\u00e9rature nationale&nbsp;\u00bb<\/strong>. Comme je le rappelle dans l\u2019article cit\u00e9 par le contributeur de <em>Libert\u00e9<\/em>, \u00ab&nbsp;le seul combat, qui soit n\u00e9cessaire aujourd\u2019hui, c\u2019est de d\u00e9fendre \u2013 en Alg\u00e9rie \u2013 une litt\u00e9rature nationale dans toutes ses langues sans distinction, libre et autonome, \u00e0 l\u2019instar de celles de la France et d\u2019autres pays du monde.&nbsp;\u00bb Il est certainement difficile de porter et d\u2019approfondir le d\u00e9bat intellectuel autour d\u2019une \u00ab&nbsp;litt\u00e9rature nationale&nbsp;\u00bb, \u00e0 partir de l\u2019Universit\u00e9 alg\u00e9rienne.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans le domaine de la litt\u00e9rature alg\u00e9rienne de langue fran\u00e7aise, le concept semble effaroucher des cercles d\u2019enseignants-chercheurs d\u00e9finitivement acquis aux th\u00e8ses de Mostefa Lacheraf (reprises par le P\u00e8re Jean D\u00e9jeux) sur une litt\u00e9rature alg\u00e9rienne n\u00e9e spontan\u00e9ment au d\u00e9but des ann\u00e9es 1950 et qualitativement ins\u00e9parable de l\u2019\u00e9dition fran\u00e7aise. Daoud en est, en 2014, l\u2019exemple. Longtemps ignor\u00e9 en Alg\u00e9rie apr\u00e8s sa publication par l\u2019\u00e9diteur alg\u00e9rois Barzakh, son r\u00e9cit a \u00e9t\u00e9 accueilli par la foule immonde et moutonni\u00e8re de laudateurs qui, le plus souvent, ne l\u2019ont pas lu, apr\u00e8s avoir re\u00e7u l\u2019estampille fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Cette r\u00e9flexion sur la litt\u00e9rature nationale alg\u00e9rienne de langue fran\u00e7aise, je la nourris dans mes travaux universitaires et mes interventions publiques, depuis les ann\u00e9es 1980, sans aucune &nbsp;discrimination relativement \u00e0 son inscription dans le temps, aux positions id\u00e9ologiques et aux postures politiques de ses auteurs pendant la colonisation fran\u00e7aise.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je me suis ainsi pr\u00e9occup\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es, en en construisant les bases th\u00e9oriques, \u00e0 proposer un discours historique unifiant sur cette litt\u00e9rature et \u00e0 en remembrer le cours de l\u2019histoire, en publiant ses textes fondateurs, notamment ceux d\u2019Omar Samar, le tout premier romancier alg\u00e9rien de langue fran\u00e7aise, \u00e9crivant vers la fin du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, et la toute premi\u00e8re synth\u00e8se sur l\u2019\u00e9criture de langue fran\u00e7aise des Alg\u00e9riens pendant la p\u00e9riode coloniale (<em>Auteurs alg\u00e9riens de langue fran\u00e7aise de la p\u00e9riode coloniale. Dictionnaire biographique<\/em>, Paris-Alger, L\u2019Harmattan-Chihab \u00c9ditions, 2010).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est au nom de la reconnaissance d\u2019une alg\u00e9rianit\u00e9 qui leur fut \u00e2prement discut\u00e9e par une critique litt\u00e9raire, qui s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e dans la proximit\u00e9 de la guerre d\u2019ind\u00e9pendance et de ses attentes nationales, que j\u2019ai introduit dans le champ des \u00e9tudes litt\u00e9raires alg\u00e9riennes les \u00e9crivains d\u2019avant 1950, mais aussi les chercheurs universitaires qui, \u00e0 la suite d\u2019Abdelkader Djeghloul, Ahmed Lanasri et Hadj Miliani,&nbsp;ont reconnu dans leurs \u00e9crits le cheminement d\u2019une pens\u00e9e indig\u00e8ne encore domin\u00e9e et son inconfortable expression litt\u00e9raire ; c\u2019est aussi dans la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 ce principe que j\u2019ai pris, en 2011, au moment o\u00f9 l\u2019Universit\u00e9 alg\u00e9rienne et ses bien-pensant patent\u00e9s se taisaient honteusement,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>la d\u00e9fense de Mouloud Mammeri dont l\u2019alg\u00e9rianit\u00e9 de l\u2019homme, de l\u2019\u00e9crivain et de l\u2019\u0153uvre \u00e9tait cruellement contest\u00e9e par l\u2019\u00e9crivain et critique Tahar Bena\u00efcha (Cf. \u00ab&nbsp;Un troublant d\u00e9ni d\u2019alg\u00e9rianit\u00e9. Mouloud Mammeri ou la seconde mort du Juste&nbsp;\u00bb, <em>Le Soir d\u2019Alg\u00e9rie<\/em> [Alger], 25 mai 2011).<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Je reste dans ce combat, plus que jamais indispensable, pour consolider l\u2019unit\u00e9 de la litt\u00e9rature alg\u00e9rienne et une ind\u00e9pendance culturelle, toujours menac\u00e9e. Je ne crois pas qu\u2019un d\u00e9bat sinc\u00e8re sur cette litt\u00e9rature puisse se baser sur des propos r\u00e9ducteurs, des attaques perfides et des sommations outranci\u00e8res.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Kamel Daoud, son choix assum\u00e9 d\u2019une posture n\u00e9ocoloniale et son succ\u00e8s de scandale ne repr\u00e9sentent qu\u2019un \u00e9piph\u00e9nom\u00e8ne passager, il importe, aujourd\u2019hui, de croire \u00e0 une litt\u00e9rature alg\u00e9rienne autonome et de la rendre possible.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>C\u2019est avec le concours des \u00e9crivains, des \u00e9diteurs, des critiques, des chercheurs universitaires, mais surtout des lecteurs, que cette litt\u00e9rature des Alg\u00e9riens, riche de toutes ses langues, pourra forger son destin de litt\u00e9rature nationale, qui produira dans son pays ses grands auteurs et ses \u0153uvres sublimes, loin des agressions d\u2019un imp\u00e9rialisme culturel fran\u00e7ais toujours pr\u00e9sent, mais aussi d\u2019\u00e9troites surench\u00e8res sur ses langues d\u2019usage. Cette litt\u00e9rature nationale alg\u00e9rienne, qui atteindra la maturit\u00e9, sera d\u2019abord reconnue dans son pays avant de l\u2019\u00eatre dans le vaste monde dans un \u00e9change \u00e9gal et respectueux avec toutes les cultures litt\u00e9raires.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">*\u00c9crivain-universitaire. Professeur de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur. Dernier ouvrage paru&nbsp;: <em>Une histoire litt\u00e9raire d\u00e9vi\u00e9e. La r\u00e9ception critique de la litt\u00e9rature alg\u00e9rienne de langue fran\u00e7aise d\u2019avant 1950<\/em>, Constantine, M\u00e9dersa, 2014.<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Livres et Th\u00e8ses<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br><a href=\"http:\/\/www.limag.com\/new\/index.php?inc=dspliv&amp;liv=00023510\">Auteurs alg\u00e9riens de langue fran\u00e7aise de la p\u00e9riode coloniale Dictionnaire biographique. (R\u00e9\u00e9dition)<\/a><br>MERDACI, Abdelali, Paris, L\u2019Harmattan, 2010, Dictionnaire.<br><br><a href=\"http:\/\/www.limag.com\/new\/index.php?inc=dspliv&amp;liv=00017066\">Auteurs alg\u00e9riens de langue fran\u00e7aise de la p\u00e9riode coloniale, dictionnaire biographique<\/a><br>MERDACI, Abdelali, Constantine, M\u00e9dersa, 2007, Dictionnaire.<br><br><a href=\"http:\/\/www.limag.com\/new\/index.php?inc=dspliv&amp;liv=00017067\">Cahier de lectures<\/a><br>MERDACI, Abdelali, Constantine, M\u00e9dersa, 2008, Manuel.<br><br><a href=\"http:\/\/www.limag.com\/new\/index.php?inc=dspliv&amp;liv=00017068\">Constantine, itin\u00e9raires de culture, 1962-2002<\/a><br>MERDACI, Abdelali, BERRAHAL, Sulhem, Constantine, Simoun, 2003, Album.<br><br><a href=\"http:\/\/www.limag.com\/new\/index.php?inc=dspliv&amp;liv=00017069\">Dictionnaire des musiques citadines de Constantine<\/a><br>MERDACI, Abdelali, Paris, Non Lieu, 2008, Dictionnaire.<br><br><a href=\"http:\/\/www.limag.com\/new\/index.php?inc=dspliv&amp;liv=00017070\">Histoire et discours dans le roman alg\u00e9rien \u00ab&nbsp;Le Quai aux fleurs ne r\u00e9pond plus&nbsp;\u00bb de Malek Haddad<\/a><br>MERDACI, Abdelali, Constantine, 1976, M\u00e9moire universitaire \u2013 DEA.<br><br><a href=\"http:\/\/www.limag.com\/new\/index.php?inc=dspliv&amp;liv=00017071\">L\u2019Institution du litt\u00e9raire dans l\u2019Alg\u00e9rie coloniale. Six \u00e9tudes sur l\u2019\u00e9mergence de la litt\u00e9rature alg\u00e9rienne de langue fran\u00e7aise avant 1950<\/a><br>MERDACI, Abdelali, Constantine, M\u00e9dersa, 2006, Essai.<br><br><a href=\"http:\/\/www.limag.com\/new\/index.php?inc=dspliv&amp;liv=00017072\">La formation discursive litt\u00e9raire dans l\u2019Alg\u00e9rie coloniale: 1945-1954<\/a><br>MERDACI, Abdelali, Paris 13, Jacques CHAURAND, 1982, Th\u00e8se \u2013 3\u00e8me cycle.<br><br><a href=\"http:\/\/www.limag.com\/new\/index.php?inc=dspliv&amp;liv=00017073\">La Litt\u00e9rature alg\u00e9rienne de langue fran\u00e7aise avant 1950<\/a><br>MERDACI, Abdelali, Constantine, M\u00e9dersa, 2006, Essai.<br><br><a href=\"http:\/\/www.limag.com\/new\/index.php?inc=dspliv&amp;liv=00017074\">Le roman alg\u00e9rien de langue fran\u00e7aise: \u00e9critures r\u00e9alistes et formalistes<\/a><br>MERDACI, Abdelali, Paris 12, Robert JOUANNY, Non, Th\u00e8se \u2013 TDE.<br><br><a href=\"http:\/\/www.limag.com\/new\/index.php?inc=dspliv&amp;liv=00017075\">Parcours intellectuels dans l\u2019Alg\u00e9rie coloniale<\/a><br>MERDACI, Abdelali, Constantine, M\u00e9dersa, 2008, Essai.<br><br><a href=\"http:\/\/www.limag.com\/new\/index.php?inc=dspliv&amp;liv=00017076\">Une Histoire litt\u00e9raire d\u00e9vi\u00e9e. La r\u00e9ception critique de la litt\u00e9rature alg\u00e9rienne de langue fran\u00e7aise avant 1950<\/a><br>MERDACI, Abdelali, Constantine, M\u00e9dersa, 2006, Essai.<br><br><a href=\"http:\/\/www.limag.com\/new\/index.php?inc=dspliv&amp;liv=00028208\">Une histoire litt\u00e9raire d\u00e9vi\u00e9e. La r\u00e9ception critique de la litt\u00e9rature alg\u00e9rienne de langue fran\u00e7aise d\u2019avant 1950<\/a><br>MERDACI, Abdelali, Constantine, Medersa,<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Pr. Merdaci&nbsp; Mis en cause nomm\u00e9ment dans une contribution publi\u00e9e dans l\u2019\u00e9dition de Libert\u00e9 du jeudi 26 d\u00e9cembre 2014 sous le titre \u00ab&nbsp;Meursault, contre-enqu\u00eate ou la revanche postcoloniale du fils prodige&nbsp;\u00bb, reprenant des \u00e9l\u00e9ments de mon article sur \u00ab&nbsp;La s\u00e9lection-disqualification de Kamel Daoud aux prix Goncourt et Renaudot 2014. 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