{"id":16275,"date":"2020-08-17T21:48:42","date_gmt":"2020-08-17T21:48:42","guid":{"rendered":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/?p=16275"},"modified":"2020-08-17T21:48:45","modified_gmt":"2020-08-17T21:48:45","slug":"de-ain-el-beida-oum-el-bouaghi-a-oran-cheikh-said-zemouchi-nationaliste-et-agitateur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/de-ain-el-beida-oum-el-bouaghi-a-oran-cheikh-said-zemouchi-nationaliste-et-agitateur\/","title":{"rendered":"De A\u00efn El-Be\u00efda (Oum El-Bouaghi) \u00e0 Oran: Cheikh Sa\u00efd Zemouchi, nationaliste et \u00abagitateur\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><\/h1>\n\n\n\n<p>Nous sommes au mois de mai 1946, un \u00e9v\u00e9nement sans pareil agite les coeurs et les esprits de tous les habitants du populeux quartier d&rsquo;El-Hamri. Il s&rsquo;agit, ni plus, ni moins que de la naissance du club de football du Mouloudia d&rsquo;Oran, naissance qui co\u00efncide avec la f\u00eate du Mouloud. A la place Soualmia (Ex-place Thiers), Cheikh Sa\u00efd Zemouchi, homme pieux et g\u00e9n\u00e9reux qui vient officier ses \u00abdourousse\u00bb dans la petite m\u00e9dersa, associ\u00e9 \u00e0 la f\u00eate, n&rsquo;h\u00e9sitera pas \u00e0 adjoindre sa \u00abbaraka\u00bb au club de football naissant qui ne tardera pas \u00e0 porter haut le flambeau du combat lib\u00e9rateur, \u00e0 travers le sacrifice de nombreux parmi les joueurs que garde la m\u00e9moire locale de cet homme, sinon le souvenir d&rsquo;un homme au parcours exemplaire et qui n&rsquo;a v\u00e9cu que pour les autres. <\/p>\n\n\n\n<p>Cheikh Sa\u00efd Zemouchi est n\u00e9 le 04 mars 1904 \u00e0 A\u00efn El-Be\u00efda (Oum El-Bouaghi). Ayant appris le Coran \u00e0 12 ans, le jeune Sa\u00efd, encore adolescent, ira jusqu&rsquo;\u00e0 Tunis pour accomplir ses \u00e9tudes \u00e0 Zeitouna, en d\u00e9crochant, en finale, avec brio la plus haute distinction acad\u00e9mique. Retour au pays, \u00e0 Constantine exactement o\u00f9 il assistera avec ferveur \u00e0 la naissance de l&rsquo;association des Oul\u00e9mas alg\u00e9riens, sous la f\u00e9rue de Cheikh Abdelhamid Ibn-Badis. <\/p>\n\n\n\n<p>1932, Sa\u00efd Zemouchi, \u00e0 l&rsquo;instar de beaucoup d&rsquo;autres, est envoy\u00e9 pour sa part \u00e0 Mascara pour entamer le travail des islahistes qui consistait \u00e0 \u00e9purer la religion de tout ce qui est malsain et \u00e9tranger au message authentique. Les difficult\u00e9s sont \u00e9normes pour s&rsquo;imposer dans un environnement des plus chahut\u00e9s par l&rsquo;obscurantisme, le charlatanisme et la fausse pratique religieuse. Heureusement que des familles notables de Mascara l&rsquo;adopt\u00e8rent rapidement en lui prodiguant toute l&rsquo;aide morale et mat\u00e9rielle pour accomplir la mission, pas du tout ais\u00e9e ,face aussi aux multiples \u00e9cueils de l&rsquo;administration coloniale qui suivait, au plus pr\u00e8s, cet ind\u00e9sirable agitateur. <\/p>\n\n\n\n<p>Entre-temps, soit en 1934, Abdelmoumen Tahar, l&rsquo;un des premiers dentistes alg\u00e9riens et notable de Mascara, lui donnera en mariage sa fille Khe\u00efra. Exc\u00e9d\u00e9e par ses activit\u00e9s subversives, les autorit\u00e9s coloniales lui interdirent d&rsquo;enseigner aux jeunes de moins de 16 ans avant carr\u00e9ment de le proscrire de la ville de Mascara o\u00f9 son aura de tribun et de rh\u00e9teur hors pair, a d\u00e9pass\u00e9 les propres fronti\u00e8res de la ville. Il ira \u00e0 Constantine pour prodiguer son savoir dans la mosqu\u00e9e verte et de l\u00e0 il sera, encore une fois, forc\u00e9 de partir jusqu&rsquo;\u00e0 T\u00e9bessa. Il ne sera pas autoris\u00e9 d&rsquo;assister \u00e0 l&rsquo;enterrement du Cheikh Abdelhamid Ibn-Badis. 1943, Cheikh Sa\u00efd Zemouchi part presque en clandestinit\u00e9 pour El-Harrach chez un Mascar\u00e9en du nom de Abdelkrim qui tombera en martyr plus tard. Et de l\u00e0, il regagnera Oran en d\u00e9pit d&rsquo;un sauf-conduit valable pour 15 jours seulement. <\/p>\n\n\n\n<p>A sa descente du train, il trouvera un accueil des plus chaleureux form\u00e9s par Tsouria Bela\u00efd Hadj Tayeb, Hadj Cheikh Ahmed, Souiah Houari, Ghaouti Bendellal, Djillali Brixi, Belab\u00e8s, Reguieg Habib, Nafi, Nemiche, Hadj Ahmed Haffrat, soit tous les membres premiers fondateurs de la medersa et qui viennent d&rsquo;\u00eatre, pour beaucoup d&rsquo;entre eux, \u00e9largis apr\u00e8s 3 ann\u00e9es de captivit\u00e9 dans la prison de Jni\u00e8ne Bourezgue. Les 15 jours autoris\u00e9s une fois expir\u00e9s, il est convoqu\u00e9 par le pr\u00e9fet Lambert qu&rsquo;il ira le voir en compagnie de l&rsquo;infatigable Ghaouti Bendellal, non sans \u00eatre suivi de pr\u00e8s par des centaines de citoyens qui se parqueront aux alentours de la pr\u00e9fecture car aucun ne voulait se d\u00e9tacher de cet homme qui a su en si peu de temps conqu\u00e9rir le coeur de tous. Voyant cela de son balcon, le pr\u00e9fet Lambert face \u00e0 la menace qui se d\u00e9gageait de la foule exc\u00e9d\u00e9e, c\u00e9dera et le Cheikh fut autoris\u00e9 \u00e0 rester \u00e0 Oran. Il habitera avec sa petite famille \u00e0 la rue Emile Delors, le premier si\u00e8ge de l&rsquo;association. Ses actions furent ensuite nombreuses et h\u00e9ro\u00efques. 1945, massacre \u00e0 grande \u00e9chelle \u00e0 l&rsquo;est alg\u00e9rien. <\/p>\n\n\n\n<p>Khe\u00efra Bent Bendaoud, une dame au grand coeur, organisera avec le cheikh le rapatriement de nombreux enfants orphelins que de nombreuses familles oranaises adopteront. 1950, la grande liesse populaire \u00e0 l&rsquo;occasion de l&rsquo;inauguration du nouveau si\u00e8ge de la m\u00e9dersa qui s&rsquo;y trouve encore actuellement. Sa\u00efd Zemouchi, Larbi Tebessi, Tewfik El-Madani, Cheikh Abbes, Bachir El-Ibrahimi et bien d&rsquo;autres, au-devant de la procession d\u00e9fieront les autorit\u00e9s coloniales qui n&rsquo;oseront pas s&rsquo;interposer face \u00e0 cette forte mar\u00e9e humaine. <\/p>\n\n\n\n<p>Quand la R\u00e9volution \u00e9clate, le Cheikh est \u00e0 Khenchla. Juin 1955, retour \u00e0 Oran et \u00e0 la fin de cette ann\u00e9e-l\u00e0, pour ses activit\u00e9s militantes, il est arr\u00eat\u00e9 en compagnie de Sa\u00efd Belbouri et Tahar Dala\u00e2. Il passera 6 mois en prison et subira les pires tortures qui le marqueront durement par la suite. Il est d\u00e9fendu par ma\u00eetre Thuvenny, avocat et un juste parmi les justes, qui sera plus tard assassin\u00e9 par la \u00abmain-rouge\u00bb \u00e0 Rabat. Poursuivi par la \u00abmain-rouge\u00bb, l&rsquo;ordre est donn\u00e9 au cheikh de quitter Oran pour le Maroc. Il restera 15 jours cach\u00e9 \u00e0 Mers El-K\u00e9bir avant de partir gr\u00e2ce au r\u00e9seau jusqu&rsquo;au Maroc, non sans difficult\u00e9, du maquis. Sa famille est \u00e9vacu\u00e9e en catimini, quant \u00e0 elle, \u00e0 partir de la rue des Milles et une Nuits de M\u00e9dioni \u00e0 la villa \u00abAziz et Aziz\u00bb \u00e0 Maraval. Sa fille, Fatiha, moudjahida, dira que dans cette villa se cachait aussi Hadj Ben Alla et bien d&rsquo;autres militants recherch\u00e9s par la soldatesque coloniale. Trois mois plus tard, sa famille, avec des faux papiers, le rejoindra au Maroc et le trouvera malade et diminu\u00e9. En d\u00e9pit de cela, il s&rsquo;adonnera toujours avec plus de ferveur \u00e0 ses activit\u00e9s. <\/p>\n\n\n\n<p>Il mourra au mois de septembre de l&rsquo;ann\u00e9e 1960. Sa d\u00e9pouille fut rapatri\u00e9e, le 04 juillet 1964. Le commandant Ben Ahmed, alias Si Moussa, organisera la veill\u00e9e mortuaire \u00e0 Medrassat El Fallah. Le lendemain, le tout Oran l&rsquo;accompagnera jusqu&rsquo;au cimeti\u00e8re de A\u00efn El-Be\u00efda qui porte le nom de la ville qui l&rsquo;a vu na\u00eetre 56 ann\u00e9es, auparavant. Ce r\u00e9cit est puis\u00e9 dans quelques documents et surtout \u00e0 partir du t\u00e9moignage de son \u00e9pouse encore vivante et lucide et de sa fille Fatiha Zemouchi, une maquisarde qui n&rsquo;a plus revu son p\u00e8re vivant depuis 1956, date de son arrestation non loin de Mostaganem, aux c\u00f4t\u00e9s de deux autres maquisardes Ammaria Ourdighi et Kebdani Fatima originaires de B\u00e9ni-Saf et encore vivantes. <\/p>\n\n\n\n<p>Les cinq enfants du Cheikh, afin de perp\u00e9tuer le souvenir du d\u00e9funt, souhaitent que son nom porte au moins le nom d&rsquo;un grand \u00e9difice tels qu&rsquo;une mosqu\u00e9e, une place ou un boulevard. C&rsquo;est la moindre des reconnaissances d&rsquo;un homme qui a marqu\u00e9 tant de son empreinte, l&rsquo;histoire du mouvement nationaliste.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ecrit par :<\/strong> T Lakhal<br><strong>Source : <\/strong>www.lequotidien-oran.com<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous sommes au mois de mai 1946, un \u00e9v\u00e9nement sans pareil agite les coeurs et les esprits de tous les habitants du populeux quartier d&rsquo;El-Hamri. Il s&rsquo;agit, ni plus, ni moins que de la naissance du club de football du Mouloudia d&rsquo;Oran, naissance qui co\u00efncide avec la f\u00eate du Mouloud. 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