{"id":2218,"date":"2013-08-25T14:29:12","date_gmt":"2013-08-25T14:29:12","guid":{"rendered":"http:\/\/adonisat.com\/?p=2218"},"modified":"2013-08-25T14:29:12","modified_gmt":"2013-08-25T14:29:12","slug":"un-art-sans-frontieres-12-lart-arabe-face-au-marche-global-12-juillet-2010","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/un-art-sans-frontieres-12-lart-arabe-face-au-marche-global-12-juillet-2010\/","title":{"rendered":"Un art sans fronti\u00e8res ? (1\/2) L\u2019art arabe face au march\u00e9 global 12 juillet 2010"},"content":{"rendered":"<p>Dans le monde arabe, le grand public le conna\u00eet pour son talent de dessinateur de presse car il a longtemps travaill\u00e9 pour <em>Al-Khaleej<\/em>, un des grands quotidiens de la r\u00e9gion, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019on lui refuse la marge de libert\u00e9 qu\u2019il jugeait n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019expression de son talent. En Syrie, pays dont il s\u2019est \u201ctenu \u00e0 l\u2019\u00e9cart\u201d pendant 25 ans et qu\u2019il n\u2019a retrouv\u00e9 qu\u2019en 2005, Youssef Abdelk\u00e9 (\u064a\u0648\u0633\u0641 \u0639\u0628\u062f \u0644\u0643\u064a \u00a0Yusuf Abdelki) est avant tout une des figures les plus importantes du monde de l\u2019art, pour son \u0153uvre plastique bien entendu, mais aussi pour son itin\u00e9raire personnel (voir cet <a href=\"http:\/\/weekly.ahram.org.eg\/2009\/957\/entertain.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">article<\/a> en anglais dans <em>Al-Ahram<\/em>) et encore plus encore pour sa capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur les conditions sociales et politiques de la pratique artistique.<\/p>\n<p>Autant dire que la violente diatribe qu\u2019il a publi\u00e9e (en arabe :\u00a0 \u201c<a href=\"http:\/\/www.assafir.com\/WeeklyArticle.aspx?EditionId=1578&amp;WeeklyArticleId=69298&amp;ChannelId=9131&amp;Author=%D9%8A%D9%88%D8%B3%D9%81-%D8%B9%D8%A8%D8%AF%D9%84%D9%83%D9%8A\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Les fondements mon\u00e9taires<\/a> de l\u2019esth\u00e9tique c\u00e9leste de Khaled Samawi\u201d) il y a quelques semaines dans le quotidien libanais <em>Al-Safir<\/em> n\u2019est pas pass\u00e9 inaper\u00e7ue. A travers la personne de Khaled Samawi (\u062e\u0627\u0644\u062f \u0627\u0644\u0633\u0645\u0627\u0648\u064a), le propri\u00e9taire de la galerie <a href=\"http:\/\/www.ayyamgallery.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Al-Ayyam<\/a> qui a ouvert \u00e0 Damas en 2006 et qui est d\u00e9sormais au c\u0153ur du boom, artistique et financier, de la peinture arabe contemporaine (voir ce pr\u00e9c\u00e9dent <a href=\"http:\/\/cpa.hypotheses.org\/200\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">billet<\/a>), Youssef Abdelk\u00e9 pose en fait la question du devenir d\u2019un art arabe contemporain arriv\u00e9 \u00e0 la crois\u00e9e des chemins.<\/p>\n<p>Pour ne pas s\u2019en tenir \u00e0 \u201cl\u2019\u00e9cume des choses\u201d et comprendre les v\u00e9ritables motivations de cet artiste lorsqu\u2019il d\u00e9clenche cette pol\u00e9mique, il faut probablement revenir \u00e0 un autre article, un peu plus ancien publi\u00e9 en d\u00e9cembre 2009, toujours dans <em>Al-<\/em><em>Safir<\/em>. \u201cUn art sans fronti\u00e8res (<a href=\"http:\/\/www.assafir.com\/WeeklyArticle.aspx?EditionId=1423&amp;WeeklyArticleId=63571&amp;ChannelId=8376&amp;Author=%D9%8A%D9%88%D8%B3%D9%81-%D8%B9%D8%A8%D8%AF%D9%84%D9%83%D9%8A\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">\u0641\u0640\u0640\u0646 \u0628\u0640\u0640\u0644\u0627 \u062d\u0640\u0640\u062f\u0648\u062f<\/a>) propose en effet une analyse de l\u2019art arabe contemporain qui associe optimisme et pessimisme, une appr\u00e9ciation extr\u00eamement positive de la sc\u00e8ne artistique arabe et une inqui\u00e9tude manifeste sur son devenir. Ci-dessous un r\u00e9sum\u00e9 qu\u2019on esp\u00e8re fid\u00e8le aux id\u00e9es de l\u2019auteur (du moins c\u2019est ce qu\u2019on esp\u00e8re), mais pas n\u00e9cessairement \u00e0 la lettre de son texte.<\/p>\n<p><em><a href=\"http:\/\/f-origin.hypotheses.org\/wp-content\/blogs.dir\/14\/files\/2010\/07\/60d%C3%A9tal.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"60'd\u00e9tal\" src=\"http:\/\/f-origin.hypotheses.org\/wp-content\/blogs.dir\/14\/files\/2010\/07\/60d%C3%A9tal.jpg\" alt=\"\" width=\"254\" height=\"144\" \/><\/a><\/em><\/p>\n<p><em>Abdelk\u00e9 ouvre sa contribution par le constat de la vitalit\u00e9 (\u062d\u0631\u0627\u0643) de l\u2019expression plastique dans le monde arabe. Une vitalit\u00e9 dont t\u00e9moignent les nombreuses biennales qui sont organis\u00e9es dans la r\u00e9gion et qui r\u00e9v\u00e8lent un tournant artistique, le tableau de chevalet c\u00e9dant de plus en plus la place \u00e0 d\u2019autres techniques en lien avec les pratiques actuelles dans le monde.<\/em><\/p>\n<p><em>Sur la sc\u00e8ne plastique arabe, toujours selon Abdelki, les premi\u00e8res d\u00e9cennies du XXe si\u00e8cle ont ainsi \u00e9t\u00e9 \u201chant\u00e9es\u201d par le d\u00e9sir d\u2019assimiler les techniques occidentales, en lien avec une gamme de sujets incontournables (portraits, natures mortes, etc.). Face au d\u00e9sir d\u2019identification (\u062a\u0645\u0627\u0647) avec l\u2019Autre tout-puissant, les pratiques plastiques h\u00e9rit\u00e9es du pass\u00e9 ont pu sembler avoir perdu tout leur attrait. Mais vers le milieu du si\u00e8cle, dans le contexte des ind\u00e9pendances, de nouveaux courants ont vu le jour, s\u2019effor\u00e7ant de concilier techniques occidentales et identit\u00e9 locale en exploitant l\u2019h\u00e9ritage plastique arabe, musulman et m\u00eame antique (pharaonique, byzantin, assyrien\u2026). A cette \u00e9poque \u00e9galement, et dans le contexte bien particulier de la guerre froide, a surgi l\u2019opposition entre les tenants de \u201cl\u2019art pour l\u2019art\u201d \u2013 et de l\u2019abstraction \u2013 d\u2019un c\u00f4t\u00e9, contre les partisans de \u201cl\u2019art au service du peuple\u201d et du r\u00e9alisme, de l\u2019autre.<\/em><\/p>\n<p><em>La tension entre ces deux grandes tendances n\u2019a cess\u00e9 de se perp\u00e9tuer, si ce n\u2019est qu\u2019une \u00e9volution a fini par s\u2019affirmer de mani\u00e8re de plus en plus manifeste, avec l\u2019apparition de nouvelles pratiques en rupture avec la peinture de chevalet. L\u2019essor des vid\u00e9o-art, des installations rendait vaines toutes les discussions sur la sp\u00e9cificit\u00e9 de l\u2019h\u00e9ritage plastique local, sur le r\u00e9alisme et l\u2019abstraction, sur l\u2019int\u00e9gration de pratiques esth\u00e9tiques populaires traditionnelles\u2026 Si toutes les \u00e9coles pouvaient se reconna\u00eetre dans ces nouvelles formes artistiques, elles refl\u00e9taient \u00e9galement \u2013 c\u2019est Abdelki qui s\u2019exprime ! \u2013 un foss\u00e9 croissant entre les intentions de l\u2019artiste et les r\u00e9ceptions du public.<\/em><\/p>\n<p><em>La sc\u00e8ne plastique qui s\u2019est ainsi constitu\u00e9e resterait marginale si elle ne recevait deux soutiens importants : celui des biennales arabes (avec leurs d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s occidentaux qui ne retiennent que ce type d\u2019\u0153uvres), et celui des institutions \u00e9trang\u00e8res dont l\u2019intervention, comme dans d\u2019autres domaines (droits de l\u2019homme, de la femme et autres questions soci\u00e9tales), influe sur l\u2019\u00e9volution naturelle des choses. Il va de soi, souligne Abdelki, que ces pratiques esth\u00e9tiques sont parfaitement l\u00e9gitimes, mais elles posent la question de leur r\u00e9ception dans leur soci\u00e9t\u00e9 d\u2019origine (tout comme les pratiques des pionniers de l\u2019art arabe moderne d\u2019ailleurs, lorsqu\u2019ils s\u2019identifiaient totalement avec les formes occidentales).<\/em><\/p>\n<p><em>Le march\u00e9 refl\u00e8te, lui, une r\u00e9alit\u00e9 toute diff\u00e9rente, en ce sens que le tableau y r\u00e8gne en ma\u00eetre, au d\u00e9triment des formes d\u2019art conceptuel. Il consacre les artistes disparus, et incorpore \u00e0 petites doses des cr\u00e9ateurs actuels, par le jeu de la publicit\u00e9 et des ventes aux ench\u00e8res organis\u00e9es par les grandes maisons internationales (Christie\u2019s, Sotheby\u2019s\u2026). En d\u2019autres termes, le march\u00e9 r\u00e8gne sur les artistes, un march\u00e9 qui se moque des choix esth\u00e9tiques et qui ne retient comme seul crit\u00e8re que les b\u00e9n\u00e9fices potentiels d\u2019un investissement financier.<\/em><\/p>\n<p><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"abdelkisamaha\" src=\"http:\/\/f-origin.hypotheses.org\/wp-content\/blogs.dir\/14\/files\/2010\/07\/abdelkisamaha.jpg\" alt=\"\" width=\"173\" height=\"197\" \/><\/em><\/p>\n<p><em>La \u201ccarte de l\u2019art arabe actuel\u201d est donc aujourd\u2019hui parfaitement in\u00e9dite, conclut Abdelki. La recherche d\u2019une inspiration locale, puis\u00e9e dans l\u2019histoire de la r\u00e9gion, a fait place \u00e0 une identification totale avec l\u2019Occident, en lien avec la domination du march\u00e9 et alors que le soutien de la puissance publique a disparu depuis longtemps. Si les artistes avaient su r\u00e9sister aux intrusions \u00e9tatiques dans leur pratique artistique, rien ne dit qu\u2019ils sauront faire face aux assauts de l\u2019argent roi. On peut seulement penser que, comme lors des g\u00e9n\u00e9rations pr\u00e9c\u00e9dentes, certains se contenteront de profiter de la situation en tirant leur \u00e9pingle du jeu. On peut aussi esp\u00e9rer qu\u2019ils seront quelques-uns \u00e0 montrer plus de maturit\u00e9 et \u00e0 faire entendre la voix de l\u2019art.<\/em><\/p>\n<p>Illustration tir\u00e9e de l\u2019article d\u2019<em>Al-Ahram<\/em> donn\u00e9 en lien plus haut et, ci-contre, dessin de Youssef Abdelki en hommage au journaliste libanais Joseph Samaha.<em><br \/>\n<\/em><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/cpa.hypotheses.org\/2037\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">source<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans le monde arabe, le grand public le conna\u00eet pour son talent de dessinateur de presse car il a longtemps travaill\u00e9 pour Al-Khaleej, un des grands quotidiens de la r\u00e9gion, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019on lui refuse la marge de libert\u00e9 qu\u2019il jugeait n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019expression de son talent. 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