{"id":3052,"date":"2015-10-19T17:43:40","date_gmt":"2015-10-19T17:43:40","guid":{"rendered":"http:\/\/telecineclub.com\/?p=3052"},"modified":"2015-10-19T17:43:40","modified_gmt":"2015-10-19T17:43:40","slug":"la-bataille-dalger","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/la-bataille-dalger\/","title":{"rendered":"La Bataille d&rsquo;Alger"},"content":{"rendered":"<p>film italo-alg\u00e9rien1 de Gillo Pontecorvo, sorti en 1966.<\/p>\n<p>Le r\u00e9cit se d\u00e9roule pour l&rsquo;essentiel entre 1954 et 1957 et prend pour cadre, comme son titre l&rsquo;indique, la bataille d&rsquo;Alger ayant oppos\u00e9, durant la guerre d&rsquo;Alg\u00e9rie, l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise aux ind\u00e9pendantistes du Front de lib\u00e9ration nationale.<\/p>\n<p>Selon le classement \u00e9tabli par Sight &amp; Sound, revue de cin\u00e9ma du British Film Institue, La Bataille d\u2019Alger est class\u00e9 le 48e film sur les 50 meilleurs films de tous les temps2, et 120e sur la liste du magazine Empire des 500 meilleurs films de tous les temps3.<\/p>\n<p><strong>Synopsis[modifier\u00a0<\/strong><br \/>\nEn 1954 \u00e0 Alger en Alg\u00e9rie, le Front de lib\u00e9ration nationale (FLN) diffuse son premier communiqu\u00e9 : son but est l&rsquo;ind\u00e9pendance national vis \u00e0 vis de la France, et la restauration de l&rsquo;\u00c9tat alg\u00e9rien. Ali la Pointe propose des parties de bonneteau. Rep\u00e9r\u00e9 par la police, il s&rsquo;enfuit mais se fait agresser par un passant, il r\u00e9plique et se fait tabasser par le reste du groupe. Rattrap\u00e9 par la police, il se fait arr\u00eater. Emprisonn\u00e9, il assiste par la fen\u00eatre de sa cellule \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9cution d&rsquo;une peine de mort par guillotine sur un nationaliste. Le FLN le contacte.<\/p>\n<p>Cinq mois plus tard, il r\u00e9alise une premi\u00e8re mission pour le FLN : il tire au pistolet sur un policier. L&rsquo;arme, qui lui est fournie au dernier moment, n&rsquo;est pas charg\u00e9e. Il s&rsquo;enfuit. En rencontrant plus tard El-hadi Jaffar, un homme important au sein du FLN, il apprend que cette mission \u00e9tait un test pour voir s&rsquo;il \u00e9tait un agent d&rsquo;infiltration de la police. Jaffar estime que l&rsquo;organisation n&rsquo;est pas encore pr\u00eate \u00e0 tuer un policier.<\/p>\n<p>En avril 1956, le FLN d\u00e9cide de bannir l&rsquo;usage et la vente des drogues dont l&rsquo;alcool, la prostitution et le prox\u00e9n\u00e9tisme. Un homme ivre dans la rue est battu par des enfants. Ali la Pointe assassine un homme condamn\u00e9 \u00e0 mort par le FLN. Des mariages clandestins sont organis\u00e9s par le FLN.<\/p>\n<p>Le 20 juin 1956, une s\u00e9rie d&rsquo;attentats vise des policiers. Leurs armes sont vol\u00e9es. Les policiers r\u00e9pliquent et tirent sur des hommes arm\u00e9s. Les postes de police sont renforc\u00e9s, des barrages filtrants sont mont\u00e9s par la police et des rues sont condamn\u00e9es, bloquant ainsi les quartiers arabes. Des restrictions sont prises pour la vente de produits pharmaceutiques destin\u00e9s \u00e0 soigner des blessures par balle, les responsables d&rsquo;\u00e9tablissement sanitaire doivent d\u00e9clarer les bless\u00e9s admis \u00e0 la police.<\/p>\n<p>Le 20 juillet 1956, une nouvelle vague d&rsquo;attentats fait trois morts chez les policiers. La population des quartiers europ\u00e9ens se fait mena\u00e7ante envers les Arabes. Aid\u00e9 par un commissaire, un homme d\u00e9pose une bombe dans la casbah, tuant plusieurs personnes. La population manifeste le lendemain, le FLN contient la manifestation. Trois femmes sont charg\u00e9es de d\u00e9poser des bombes. Pour sortir de la casbah sans se faire fouiller, elles s&rsquo;habillent \u00ab \u00e0 l&rsquo;europ\u00e9enne \u00bb. Les bombes explosent dans deux caf\u00e9s et dans une agence Air France.<\/p>\n<p>Le 10 janvier 1957, les paras de la 10e DP entrent dans Alger avec pour mission de lutter contre l&rsquo;activit\u00e9 des r\u00e9seaux terroristes du FLN. Leur chef, le colonel Mathieu Philippe, comme il l&rsquo;explique \u00e0 ses officiers dans un briefing sur la guerre anti-subversive, veut d\u00e9manteler l&rsquo;organisation pyramidale du FLN en proc\u00e9dant \u00e0 des arrestations et des interrogatoires, sous-entendant le recours \u00e0 la torture.<\/p>\n<p>En pr\u00e9vision d&rsquo;une discussion sur l&rsquo;Alg\u00e9rie \u00e0 l&rsquo;ONU, le FLN organise huit jours de gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale pour montrer le soutient dont il dispose parmi la population. La gr\u00e8ve est massivement suivie ; usant de violences, les militaires obligent une partie de la population \u00e0 travailler. L&rsquo;ONU refuse d&rsquo;intervenir en Alg\u00e9rie.<\/p>\n<p>Les m\u00e9thodes de Mathieu s&rsquo;av\u00e8rent efficaces, il obtient l&rsquo;identit\u00e9 de l&rsquo;\u00c9tat-major du FLN, dont font partie Jaffar et Ali la Pointe. Larbi Ben M&rsquo;hidi, un des fondateurs du FLN est arr\u00eat\u00e9. Il meurt dans sa cellule dans des circonstances troublantes. La torture est employ\u00e9e au cours d&rsquo;interrogatoires : chalumeau, \u00e9lectricit\u00e9, eau\u2026 Les attentats continuent.<\/p>\n<p>Les militaires remontent jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9tat-major du FLN. Pris au pi\u00e8ge, Jaffar se rend le 24 septembre 1957. Le 8 octobre 1957, Ali la Pointe est aussi pris au pi\u00e8ge avec d&rsquo;autres combattants. Il ne se rend pas, l&rsquo;arm\u00e9e fait exploser la cachette.<\/p>\n<p>Le 11 d\u00e9cembre 1960, apr\u00e8s deux ann\u00e9es de calme, la population d&rsquo;Alger manifeste. Des militaires tirent sur des manifestants. L&rsquo;opinion publique fran\u00e7aise est influenc\u00e9e par ces manifestations. Des hommes politiques fran\u00e7ais cherchent alors \u00e0 red\u00e9finir la relation de la France avec l&rsquo;Alg\u00e9rie. Finalement, le 2 juillet 1962, l&rsquo;Alg\u00e9rie devient ind\u00e9pendante.<\/p>\n<p><strong>Fiche technique[modifier\u00a0<\/strong><br \/>\nTitre fran\u00e7ais : La Bataille d&rsquo;Alger<br \/>\nTitre anglais : The Battle of Algiers<br \/>\nTitre original : La Battaglia di Algeri<br \/>\nR\u00e9alisation : Gillo Pontecorvo<br \/>\nAssistant r\u00e9alisateur : Ruggero Deodato<br \/>\nSc\u00e9nario : Franco Solinas d&rsquo;apr\u00e8s un livre de Yacef Saadi<br \/>\nMusique : Ennio Morricone et Gillo Pontecorvo, Jean S\u00e9bastien Bach La Passion selon Saint Matthieu (BWV 244)<br \/>\nPhotographie : Marcello Gatti<br \/>\nMontage : Mario Morra et Mario Serandrei<br \/>\nProduction : Antonio Musu pour Igor Film (Italie) ; Yacef Saadi pour Casbah Film (Alg\u00e9rie)<br \/>\nProducteur ex\u00e9cutif : Ruggero Deodato<br \/>\nLangue : fran\u00e7ais, italien, anglais, arabe<br \/>\nFormat : noir et blanc &#8211; 1,85:1 &#8211; mono &#8211; 35 mm<br \/>\nDur\u00e9e : 121 minutes (1 h 57)<br \/>\nDistribution : StudioCanal<br \/>\nMention CNC : interdit aux moins de 12 ans, art et essai (visa d&rsquo;exploitation no 37251 d\u00e9livr\u00e9e le 1er juin 1970)4<br \/>\nDistribution[modifier | modifier le code]<br \/>\nBrahim Haggiag : Ali la Pointe<br \/>\nJean Martin : le colonel Mathieu<br \/>\nYacef Saadi : Djafar, le chef de la Zone autonome d&rsquo;Alger<br \/>\nLatafi Ahmed : Petit Omar<br \/>\nLarbi Zekkal : un combattant du FLN<br \/>\nSamia Kerbash : une des filles du r\u00e9seau bombes<br \/>\nUgo Paletti : le capitaine des parachutistes fran\u00e7ais<br \/>\nFusia El Kader : Halima, l&rsquo;une des filles du r\u00e9seau bombes<\/p>\n<p><strong>Objectivit\u00e9<\/strong><br \/>\nCette section ne cite pas suffisamment ses sources (mai 2014). Pour l&rsquo;am\u00e9liorer, ajoutez des r\u00e9f\u00e9rences v\u00e9rifiables [Comment faire ?] ou le mod\u00e8le {{R\u00e9f\u00e9rence n\u00e9cessaire}} sur les passages n\u00e9cessitant une source.<br \/>\nLe pass\u00e9 de d\u00e9linquant du h\u00e9ros du film (Ali la Pointe) est clairement pr\u00e9sent\u00e9, et son pass\u00e9 de prox\u00e9n\u00e8te est fortement sugg\u00e9r\u00e9 (sc\u00e8ne de la tourn\u00e9e des bordels, et de l&rsquo;ex\u00e9cution d&rsquo;Hac\u00e8ne). Ali la Pointe est clairement pr\u00e9sent\u00e9 comme un homme d&rsquo;action et pas du tout un intellectuel. Son c\u00f4t\u00e9 romantique transpara\u00eet principalement dans sa volont\u00e9 de lutter sans concession (il est contre l&rsquo;arr\u00eat des attentats pendant la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale) et surtout par son sacrifice final, pr\u00e9f\u00e9rant la mort plut\u00f4t que la honte de la capture. Son courage, ainsi que celui de beaucoup de combattants alg\u00e9riens morts pour leur cause, sera salu\u00e9 par le colonel Philippe Mathieu (inspir\u00e9 de la figure du colonel Bigeard5).<\/p>\n<p>Les attentats du FLN sont bien pr\u00e9sent\u00e9s comme des actes de terreur : assassinats de gendarmes et de policiers tout \u00e0 fait paisibles, sc\u00e8ne des attentats \u00e0 la bombe dans le bar, la discoth\u00e8que et l&rsquo;agence Air France, o\u00f9 la cam\u00e9ra s&rsquo;attarde longuement sur les victimes avant l&rsquo;explosion : des gens tout \u00e0 fait normaux, des enfants, des b\u00e9b\u00e9s, y compris des musulmans. Apr\u00e8s l&rsquo;explosion, le calvaire des victimes est \u00e9galement abondamment pr\u00e9sent\u00e9 (amplifi\u00e9 par le fait que quelques minutes auparavant ceux-ci \u00e9taient tranquillement en train de danser ou de boire un verre).<\/p>\n<p>Le colonel Mathieu est pr\u00e9sent\u00e9 comme un soldat digne qui a une mission difficile, et qui doit utiliser des moyens exceptionnels. \u00c0 aucun moment il n&rsquo;est pr\u00e9sent\u00e9 comme un monstre ou un tortionnaire. Dans de tr\u00e8s nombreuses sc\u00e8nes le personnage a le loisir d&rsquo;exprimer son point de vue et de justifier ses actions.<\/p>\n<p>La question de la torture est abord\u00e9e comme un fait, sans jugement moral : seules quelques sc\u00e8nes montrent des actes de torture. Cependant le film pr\u00e9sente la torture comme ayant \u00e9t\u00e9 efficace pour d\u00e9manteler le r\u00e9seau du FLN d&rsquo;Alger, ce qui est aujourd&rsquo;hui une position tr\u00e8s controvers\u00e9e[r\u00e9f. n\u00e9cessaire].<\/p>\n<p>Les soldats ne sont pas montr\u00e9s comme \u00e9tant sp\u00e9cialement des monstres : dans une des premi\u00e8res sc\u00e8nes, apr\u00e8s avoir tortur\u00e9 un homme puis s&rsquo;\u00eatre mis \u00e0 table, les soldats offrent du caf\u00e9 et rassurent le prisonnier, cela \u00e9tant tout de m\u00eame d\u00fb au plan d&rsquo;action de l&rsquo;arm\u00e9e : utiliser ledit homme afin de parvenir au c\u0153ur de l&rsquo;organisation du FLN, pour le d\u00e9manteler.<\/p>\n<p>Les ambigu\u00eft\u00e9s de la presse de l&rsquo;\u00e9poque sont pr\u00e9sent\u00e9es, y compris celles du journal communiste L&rsquo;Humanit\u00e9 : tous r\u00e9clamaient une action ferme et rapide des autorit\u00e9s au d\u00e9but de l&rsquo;insurrection, pour mettre fin \u00e0 celle-ci et restaurer l&rsquo;ordre.<\/p>\n<p>En conclusion, le film montre que chaque camp s&rsquo;y bat avec les moyens dont il dispose. Le FLN pour faire face \u00e0 l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise et d\u00e9moraliser l&rsquo;occupant ne semble pas avoir d&rsquo;autre choix que d&rsquo;organiser des attentats[r\u00e9f. n\u00e9cessaire]. L&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise pour d\u00e9manteler les r\u00e9seaux et prot\u00e9ger ses ressortissants ne semble pas avoir d&rsquo;autre choix que d&rsquo;utiliser la torture[r\u00e9f. n\u00e9cessaire].<\/p>\n<p><strong>Conception et r\u00e9alisation<\/strong><\/p>\n<p>Le Lieu du tournage du film<br \/>\nCette section ne cite pas suffisamment ses sources. Pour l&rsquo;am\u00e9liorer, ajoutez des r\u00e9f\u00e9rences v\u00e9rifiables [Comment faire ?] ou le mod\u00e8le {{R\u00e9f\u00e9rence n\u00e9cessaire}} sur les passages n\u00e9cessitant une source.<\/p>\n<p>Le film voit le jour en 1965, trois ans apr\u00e8s la fin des hostilit\u00e9s en Alg\u00e9rie, lorsqu&rsquo;un des chefs militaires du FLN \u00e0 Alger, Yacef Saadi, propose au r\u00e9alisateur communiste italien l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un film fond\u00e9 sur son exp\u00e9rience dans l&rsquo;ALN6.<\/p>\n<p>Le film est tourn\u00e9 avec des non-professionnels, \u00e0 l&rsquo;exception de Jean Martin, dans le r\u00f4le du colonel Mathieu \u00e0 la t\u00eate des parachutistes fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Ce film a \u00e9t\u00e9 tourn\u00e9 dans la Casbah d&rsquo;Alger, cam\u00e9ra \u00e0 l&rsquo;\u00e9paule. Les combattants survivants de la bataille d&rsquo;Alger de 1957 ont servi de conseillers techniques. Certaines sc\u00e8nes d&rsquo;int\u00e9rieur, dont celle de la r\u00e9ception au cours de laquelle le commissaire prend cong\u00e9 d&rsquo;une ma\u00eetresse de maison, ont \u00e9t\u00e9 visiblement r\u00e9alis\u00e9es en France. Les premi\u00e8res images ont \u00e9t\u00e9 tourn\u00e9es \u00e0 la cit\u00e9 Climat de France, 5 000 logements, construite par l&rsquo;architecte Fernand Pouillon juste au-dessus de Bab El Oued.<\/p>\n<p>Les chars de l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise que l&rsquo;on peut voir dans le film ne sont pas fran\u00e7ais mais russes, en effet, ce sont des automoteurs blind\u00e9s SU-100 pr\u00eat\u00e9s par l&rsquo;arm\u00e9e alg\u00e9rienne qui se fournissait en URSS.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9ception critique<\/strong><br \/>\nLa pr\u00e9sentation officielle de ce film au Festival de Venise 1966 suscita la mauvaise humeur de la d\u00e9l\u00e9gation fran\u00e7aise qui n&rsquo;assista pas \u00e0 la projection du film. Par la suite, la d\u00e9fiance initiale se transforma en vindicte contre le jury et contre les responsables de la Mostra lorsque les officiels fran\u00e7ais &#8211; Robert Bresson et Fran\u00e7ois Truffaut \u00e9taient pressentis comme vainqueurs &#8211; apprirent que le Lion d&rsquo;Or \u00e9tait attribu\u00e9 \u00e0 Gillo Pontecorvo et La Bataille d&rsquo;Alger ; le film re\u00e7ut ainsi le Lion d&rsquo;Or malgr\u00e9 l&rsquo;opposition de la France7. Pour le critique suisse Freddy Buache, \u00ab la passion, teint\u00e9e de chauvinisme g\u00e9n\u00e9ralement inavou\u00e9, brouilla les jugements ; on proclama le film partisan, caricatural et, pour tout dire m\u00e9diocre [\u2026] \u00bb. Puis il ajoute que nous sommes, selon lui, \u00ab en pr\u00e9sence d&rsquo;une \u0153uvre magnifique et rigoureuse qui \u00e9vite avec une rare d\u00e9licatesse l&rsquo;ensemble des d\u00e9fauts \u00e9num\u00e9r\u00e9s avec complaisance \u00e0 son sujet : pas de manich\u00e9isme, pas d&rsquo;exploitation romanesque d&rsquo;un th\u00e8me qui demeure d&rsquo;un bout \u00e0 l&rsquo;autre grave et lyrique \u00bb.<\/p>\n<p>Le r\u00e9alisateur et journaliste communiste Gillo Pontecorvo et l&rsquo;acteur-producteur FLN Yacef Saadi ont constitu\u00e9 un t\u00e9moignage portant sur un \u00e9pisode de la guerre d&rsquo;Alg\u00e9rie particuli\u00e8rement impitoyable8,9.<br \/>\nInitialement interdit en France, diffus\u00e9 bri\u00e8vement en 1970 mais retir\u00e9 des \u00e9crans sous la pression de manifestations d&rsquo;extr\u00eame droite, le film attendit 1971 pour sortir normalement9. Le film resta censur\u00e9 en France, jusqu&rsquo;en 2004, car consid\u00e9r\u00e9 comme un film de propagande, brisant des tabous sur le comportement militaire fran\u00e7ais au cours de ce qui ne s&rsquo;est longtemps appel\u00e9 en France que de simples \u00e9v\u00e8nements, et s&rsquo;attaquant \u00e0 des traumatismes alors r\u00e9cents.<\/p>\n<p>Le film fut tourn\u00e9 trois ans apr\u00e8s l&rsquo;ind\u00e9pendance de l&rsquo;Alg\u00e9rie et le rapatriement de 800 000 pieds-noirs et juifs s\u00e9farades dont la plupart n&rsquo;avaient jamais foul\u00e9 le sol de la m\u00e9tropole, leurs familles vivant en Alg\u00e9rie depuis plus d&rsquo;un si\u00e8cle. Et \u00e0 l&rsquo;expatriation et expropriation de ces deux cat\u00e9gories de civils s&rsquo;ajoute l&rsquo;exode des ind\u00e9sirables harkis, leur internement dans des camps et leur mise \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart de la population m\u00e9tropolitaine.<br \/>\nCe film a inspir\u00e9 R.A.S. (1973) d&rsquo;Yves Boisset.<\/p>\n<p><strong>Utilisation par les militaires<\/strong><br \/>\nCe film \u00e9tait r\u00e9guli\u00e8rement projet\u00e9 aux stagiaires \u00e9trangers de l&rsquo;\u00c9cole des Am\u00e9riques (install\u00e9e tout d&rsquo;abord au Panama puis sur le territoire am\u00e9ricain), dans le cadre des \u00e9tudes relatives aux guerres de type r\u00e9volutionnaire. Le r\u00e9alisme pouss\u00e9 de la mise en sc\u00e8ne et du sc\u00e9nario ont fait que ce film a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 \u00e0 contre-emploi par certains services de renseignement10.<\/p>\n<p>Selon le journal Le Monde (8 septembre 2003), quelques mois apr\u00e8s le d\u00e9but de l&rsquo;intervention de la coalition en Irak, les officiers de l\u2019\u00e9tat-major de l&rsquo;arm\u00e9e am\u00e9ricaine et quelques civils sont invit\u00e9s \u00e0 visionner le film La Bataille d&rsquo;Alger dans un auditorium au Pentagone, afin d&rsquo;avoir un aper\u00e7u de la guerre subversive men\u00e9e par la France durant cette p\u00e9riode et faire un parall\u00e8le avec les probl\u00e8mes rencontr\u00e9s lors de l&rsquo;occupation de Bagdad durant la guerre en Irak. Et sur les cartes d&rsquo;invitation envoy\u00e9es \u00e0 ces officiers de l\u2019\u00e9tat-major, on peut lire ceci : \u00ab Comment gagner la bataille contre le terrorisme et perdre la guerre des id\u00e9es? \u00bb L&rsquo;invitation stipulait aussi : \u00ab Des enfants tirent sur des soldats \u00e0 bout pourtant, des femmes mettent des bombes dans des caf\u00e9s et bient\u00f4t toute la population arabe communie dans une ferveur folle. Les Fran\u00e7ais ont un plan, ils obtiennent un succ\u00e8s tactique, mais ils subissent un \u00e9chec strat\u00e9gique, cela vous rappelle quelque chose ? pour comprendre pourquoi, venez \u00e0 cette projection rare. \u00bb D&rsquo;apr\u00e8s Donald Rumsfeld qui a assist\u00e9 \u00e0 la projection du film, \u00abLa Bataille d&rsquo;Alger est un mod\u00e8le d&rsquo;enseignement sur la gu\u00e9rilla urbaine pour mieux comprendre le d\u00e9veloppement de la guerre en Irak \u00bb.<\/p>\n<p>R\u00e9compense<br \/>\nLion d&rsquo;or \u00e0 la Mostra de Venise 1966, ce qui provoqua la col\u00e8re de la d\u00e9l\u00e9gation fran\u00e7aise.<br \/>\nPrim\u00e9 \u00e0 Cannes et nomm\u00e9 aux Oscars.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9f\u00e9rences[modifier\u00a0<\/strong><br \/>\n\u2191 (en) La Bataille d&rsquo;Alger [archive] sur l\u2019Internet Movie Database<br \/>\n\u2191 British Film Institue [archive]<br \/>\n\u2191 Empire&rsquo;s 500 Greatest Movies of All Time [archive]<br \/>\n\u2191 \u00ab La Bataille d&rsquo;Alger : Visa et Classification \u00bb [archive], sur cnc.fr, CNC (consult\u00e9 le 6 d\u00e9cembre 2014)<br \/>\n\u2191 le colonel Mathieu, inspir\u00e9 de la figure du g\u00e9n\u00e9ral Bigeard, dans le film La bataille d&rsquo;Alger [archive]<br \/>\n\u2191 The Source\u00a0\u00bb. The Battle of Algiers booklet accompanying the Criterion Collection DVD release, p. 14.<br \/>\n\u2191 Comme hors-la-loi, ces films ont fait scandale, magazine Le Point, no 1984 du 23 septembre 2010<br \/>\n\u2191 \u00ab La bataille d&rsquo;Alger : Victoire ou d\u00e9faite ? \u00bb [archive] par R\u00e9mi Kauffer<br \/>\n\u2191 a et b \u00ab Gillo Pontecorvo, le r\u00e9alisateur de la Bataille d\u2019Alger n\u2019est plus \u00bb [archive] par Dominique Widemann, article du journal L&rsquo;Humanit\u00e9, le 14 octobre 2006.<br \/>\n\u2191 Voir document complet sur ce sujet Escadrons de la mort, l&rsquo;\u00e9cole fran\u00e7aise [archive],documentaire r\u00e9alis\u00e9 par Canal+ en 2004.<\/p>\n<p><strong>Liens externes<\/strong><br \/>\nLa Bataille d&rsquo;Alger, Roger Trinquier vs Yacef Saadi (1970)<br \/>\nInterdiction en France le film la bataille d\u2019Alger, journal t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 &#8211; 03\/06\/1970 &#8211; 02min25s<br \/>\n(en) La Bataille d&rsquo;Alger sur l\u2019Internet Movie Database<br \/>\nFrancis Moury, La Bataille d\u2019Alger, sur cineastes.net<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>film italo-alg\u00e9rien1 de Gillo Pontecorvo, sorti en 1966. Le r\u00e9cit se d\u00e9roule pour l&rsquo;essentiel entre 1954 et 1957 et prend pour cadre, comme son titre l&rsquo;indique, la bataille d&rsquo;Alger ayant oppos\u00e9, durant la guerre d&rsquo;Alg\u00e9rie, l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise aux ind\u00e9pendantistes du Front de lib\u00e9ration nationale. Selon le classement \u00e9tabli par Sight &amp; Sound, revue de cin\u00e9ma [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3388,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"video","meta":{"footnotes":""},"categories":[268],"tags":[],"class_list":{"0":"post-3052","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-video","5":"has-post-thumbnail","7":"category-cinema","8":"post_format-post-format-video"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3052","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3052"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3052\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3052"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3052"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3052"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}