{"id":3164,"date":"2015-03-15T12:38:11","date_gmt":"2015-03-15T12:38:11","guid":{"rendered":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/?p=3164"},"modified":"2015-03-15T12:38:11","modified_gmt":"2015-03-15T12:38:11","slug":"le-passe-genocidaire-de-la-france-en-algerie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/le-passe-genocidaire-de-la-france-en-algerie\/","title":{"rendered":"Le pass\u00e9 g\u00e9nocidaire de la France en Alg\u00e9rie"},"content":{"rendered":"<p>La colonisation de l\u2019Alg\u00e9rie par la France d\u00e9buta en juin 1830 lorsque la soldatesque fran\u00e7aise d\u00e9barqua \u00e0 Sidi-Ferruch dans la r\u00e9gion d\u2019Alger. Apr\u00e8s la capitulation du Dey d\u2019Alger le 5 juillet 1830, face \u00e0 la r\u00e9sistance du peuple alg\u00e9rien, la \u00ab pacification \u00bb du pays fut obtenue au prix de la syst\u00e9matisation des \u00ab razzias \u00bb par le g\u00e9n\u00e9ral Lamorici\u00e8re et de la mise en place d\u2019une politique de la \u00ab terre br\u00fbl\u00e9e \u00bb par le mar\u00e9chal Bugeaud. La premi\u00e8re phase de la conqu\u00eate, appel\u00e9e \u00ab pacification \u00bb, se termina en 1857 apr\u00e8s le \u00ab nettoyage de la Kabylie \u00bb. Durant la p\u00e9riode allant de 1830 \u00e0 1871, la France se lan\u00e7a dans une politique g\u00e9nocidaire \u00e9maill\u00e9e de crimes de guerre et de crimes contre l\u2019humanit\u00e9 plus horribles les uns que les autres.<\/p>\n<p class=\"photo\">Dans la nuit du 6 au 7 avril 1832, la tribu des Ouffia fut extermin\u00e9e pr\u00e8s d\u2019El-Harrach (Maison-Carr\u00e9e) par le gouvernement du duc de Rovigo. A ce moment, Pellissier de Reynaud affirmait\u00a0: \u00ab\u00a0<i>Tout ce qui vivait fut vou\u00e9 \u00e0 la mort ; tout ce qui pouvait \u00eatre pris fut enlev\u00e9, on ne fit aucune distinction d&rsquo;\u00e2ge ni de sexe. Cependant l&rsquo;humanit\u00e9 d&rsquo;un petit nombre d&rsquo;officiers sauva quelques femmes et quelques enfants. En revenant de cette funeste exp\u00e9dition, plusieurs de nos cavaliers portaient des t\u00eates au bout de leurs lances et une d&rsquo;elles servie, dit-on, \u00e0 un horrible festin.<\/i>\u00a0\u00bb (1)<\/p>\n<p>Par la suite, l\u2019assassinat de tribus enti\u00e8res se renouvela \u00e0 plusieurs reprises. En 1844,\u00a0le g\u00e9n\u00e9ral Cavaignac proc\u00e9da \u00e0 l\u2019enfumage de la tribu des Sb\u00e9ahs pour obtenir leur reddition. D\u00e9crivant cette \u00ab\u00a0op\u00e9ration\u00a0\u00bb, le g\u00e9n\u00e9ral Canrobert \u00e9crivait\u00a0: \u00ab\u00a0<i>On p\u00e9tarada l&rsquo;entr\u00e9e de la grotte et on y accumula des fagots de broussailles. Le soir, le feu fut allum\u00e9. Le lendemain quelques Sb\u00e9ahs se pr\u00e9sent\u00e8rent \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de la grotte, demandant l&rsquo;aman \u00e0 nos postes avanc\u00e9s. Leurs compagnons, les femmes et les enfants \u00e9taient morts.<\/i>\u00a0\u00bb (2)<\/p>\n<p>En 1845, dans le Dahra, devant les difficult\u00e9s \u00e0 r\u00e9primer une insurrection men\u00e9e par un jeune chef maraboutique surnomm\u00e9 Boumaza, le colonel P\u00e9lissier d\u00e9cida d\u2019enfumer les Ouled Riah. Ceux-ci s&rsquo;\u00e9taient retranch\u00e9s par centaines dans des grottes de montagnes. De grands feux furent allum\u00e9s et entretenus devant les issues des grottes. Loin d\u2019\u00eatre un acte isol\u00e9, l\u2019\u00ab\u00a0enfumade\u00a0\u00bb des Ouled Riah fut encourag\u00e9e par le gouverneur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Alg\u00e9rie, le mar\u00e9chal Bugeaud, qui ordonna au colonel P\u00e9lissier d\u2019employer cette m\u00e9thode le 11 juin 1845\u00a0: \u00ab\u00a0<i>Si ces gredins se retirent dans leurs cavernes, imitez Cavaignac aux Sbeha. Fumez-les \u00e0 outrance comme des renards\/<\/i>\u00a0\u00bb (3)<\/p>\n<p>Quelques semaines apr\u00e8s l\u2019\u00ab\u00a0enfumade\u00a0\u00bb des Ouled Riah, le colonel de Saint-Arnaud fit proc\u00e9der \u00e0 l\u2019emmurement d\u2019autres membres de la tribu des Sb\u00e9ahs\u00a0: \u00ab\u00a0<i>Alors je fais herm\u00e9tiquement boucher toutes les issues et je fais un vaste cimeti\u00e8re. La terre couvrira \u00e0 jamais les cadavres de ces fanatiques. Personne n&rsquo;est descendu dans les cavernes ; personne&#8230; que moi ne sait qu&rsquo;il y a l\u00e0-dessous cinq cents brigands qui n&rsquo;\u00e9gorgeront plus les Fran\u00e7ais. Un rapport confidentiel a tout dit au mar\u00e9chal simplement, sans po\u00e9sie terrible ni images.<\/i>\u00a0\u00bb (4)<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de ces multiples crimes contre l\u2019humanit\u00e9, les correspondances et les m\u00e9moires des acteurs de la\u00a0conqu\u00eate\u00a0abondent en t\u00e9moignages qui attestent des vell\u00e9it\u00e9s\u00a0g\u00e9nocidaires\u00a0des conqu\u00e9rants et du caract\u00e8re syst\u00e9matique de l\u2019entreprise exterminatrice. <i>La chasse \u00e0 l\u2019homme<\/i> fut le titre de l\u2019ouvrage du Comte d\u2019H\u00e9risson (5).\u00a0 Dans ses Lettres, le lieutenant-colonel de Montagnac \u00e9voquait clairement son projet exterminateur\u00a0: \u00ab\u00a0<i>Tous les bons militaires que j\u2019ai l\u2019honneur de commander sont pr\u00e9venus par moi-m\u00eame que, s\u2019il leur arrive de m\u2019amener un Arabe vivant, ils re\u00e7oivent une vol\u00e9e de coups de plat de sabre.<\/i>\u00a0\u00bb (6). Face \u00e0 la r\u00e9sistance alg\u00e9rienne, l\u2019an\u00e9antissement et la d\u00e9portation \u00e9taient les solutions propos\u00e9es par Montagnac\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0<i>Voil\u00e0, mon brave ami, comment il faut faire la guerre aux Arabes\u00a0: tuer tous les hommes jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge de quinze ans, prendre toutes les femmes et les enfants, en charger des b\u00e2timents, les envoyer aux \u00eeles Marquises ou ailleurs\u00a0; en un mot en finir, an\u00e9antir tout ce qui ne rampera pas \u00e0 nos pieds comme des chiens\u2026<\/i>\u00a0\u00bb (7).<\/p>\n<p>Gouverneur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Alg\u00e9rie et \u00e0 la t\u00eate du corps exp\u00e9ditionnaire, Bugeaud justifia toutes les exactions commises par les troupes fran\u00e7aises. En 1842, il affirmait\u00a0: \u00ab<i>\u00a0Il n\u2019y a pas d\u2019autres moyens d\u2019atteindre et de soumettre ce peuple extraordinaire.<\/i>\u00a0\u00bb (8). Parlant de la guerre exterminatrice men\u00e9e en Alg\u00e9rie par l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise, le colonel de Saint-Arnaud affirmait\u00a0: \u00ab\u00a0<i>Voila la guerre d\u2019Afrique\u00a0; on se fanatise \u00e0 son tour et cela d\u00e9g\u00e9n\u00e8re en une guerre d\u2019extermination.<\/i>\u00a0\u00bb (9). Ces citations des principaux acteurs de la conqu\u00eate de l\u2019Alg\u00e9rie illustrent les projets g\u00e9nocidaires des autorit\u00e9s coloniales fran\u00e7aises.<\/p>\n<p>Les militaires fran\u00e7ais \u00e9taient loin d\u2019\u00eatre les seuls partisans de cette conqu\u00eate g\u00e9nocidaire de l\u2019Alg\u00e9rie. M\u00e9decin \u00e0 Alger, le docteur Bodichon exprimait les m\u00eames vell\u00e9it\u00e9s exterminatrices dans un article publi\u00e9 en 1841\u00a0: \u00ab<i>\u00a0Sans violer les lois de la morale, nous pourrons combattre nos ennemis africains par la poudre et le fer joints \u00e0 la famine, les divisions intestines, la guerre par l\u2019eau-de-vie, la corruption et la d\u00e9sorganisation [\u2026] sans verser le sang, nous pourrons, chaque ann\u00e9e, les d\u00e9cimer en nous attaquant \u00e0 leurs moyens d\u2019alimentation.<\/i>\u00a0\u00bb (10).<\/p>\n<p>Des intellectuels renomm\u00e9s et respect\u00e9s, appartenant \u00e0 des courants de pens\u00e9e diff\u00e9rents voire oppos\u00e9s, s\u2019enthousiasmaient pour la colonisation et allaient jusqu\u2019\u00e0 justifier \u00ab\u00a0philosophiquement\u00a0\u00bb crimes et massacres. Un penseur \u00ab\u00a0lib\u00e9ral\u00a0\u00bb comme Alexis de Tocqueville \u00e9crivait en 1841\u00a0: \u00ab <i>J&rsquo;ai souvent entendu en France des hommes que je respecte, mais que je n&rsquo;approuve pas, trouver mauvais qu&rsquo;on br\u00fbl\u00e2t les moissons, qu&rsquo;on vid\u00e2t les silos et enfin qu&rsquo;on s&#8217;empar\u00e2t des hommes sans armes, des femmes et des enfants. Ce sont l\u00e0, suivant moi, des n\u00e9cessit\u00e9s f\u00e2cheuses, mais auxquelles tout peuple qui voudra faire la guerre aux Arabes sera oblig\u00e9 de se soumettre.<\/i>\u00bb L\u2019auteur de <i>De la d\u00e9mocratie en Am\u00e9rique<\/i> ajoutait : \u00ab <i>Je crois que le droit de la guerre nous autorise \u00e0 ravager le pays et que nous devons le faire soit en d\u00e9truisant les moissons \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de la r\u00e9colte, soit dans tous les temps en faisant de ces incursions rapides qu&rsquo;on nomme razzias et qui ont pour objet de s&#8217;emparer des hommes ou des troupeaux.<\/i> \u00bb (11).<\/p>\n<p>D\u00e9fenseur du droit et des humbles, Victor Hugo n\u2019en exprimait pas moins une ferveur coloniale d\u00e9bordante. Dans son journal, <i>Choses vues<\/i>, Hugo rapportait un d\u00e9bat qu\u2019il avait eu avec le g\u00e9n\u00e9ral Bugeaud en janvier 1841. Face au manque d\u2019enthousiasme colonial de Bugeaud, Hugo expliquait\u00a0: \u00ab\u00a0<i>Je crois que notre nouvelle conqu\u00eate est chose heureuse et grande. C\u2019est la civilisation qui marche sur la barbarie. C\u2019est un peuple \u00e9clair\u00e9 qui va trouver un peuple dans la nuit. Nous sommes les Grecs du monde, c\u2019est \u00e0 nous d\u2019illuminer le monde. Notre mission s\u2019accomplit, je ne chante qu\u2019Hosanna. Vous pensez autrement que moi c\u2019est tout simple. Vous parlez en soldat, en homme d\u2019action. Moi je parle en philosophe et en penseur.<\/i>\u00a0\u00bb (12).<\/p>\n<p>Un penseur <strong>r\u00e9volution<\/strong>naire comme Friedrich Engels se montrait lui aussi favorable \u00e0 la conqu\u00eate de l\u2019Alg\u00e9rie par les arm\u00e9es fran\u00e7aises m\u00eame s\u2019il en critiquait les \u00ab\u00a0exc\u00e8s\u00a0\u00bb. En janvier 1848, il \u00e9crivait \u00e0 propos de la conqu\u00eate g\u00e9nocidaire de l\u2019Alg\u00e9rie : \u00ab\u00a0<i>C&rsquo;est tr\u00e8s heureux que ce chef arabe<\/i>\u00a0[Abd el-Kader] <i>ait \u00e9t\u00e9 captur\u00e9. La lutte des b\u00e9douins \u00e9tait sans espoir et bien que la mani\u00e8re brutale avec laquelle les soldats comme Bugeaud ont men\u00e9 la guerre soit tr\u00e8s bl\u00e2mable, la conqu\u00eate de l&rsquo;Alg\u00e9rie est un fait important et heureux pour le progr\u00e8s de la civilisation [\u2026]. Et la conqu\u00eate de l&rsquo;Alg\u00e9rie a d\u00e9j\u00e0 oblig\u00e9 les beys de Tunis et Tripoli et m\u00eame l&#8217;empereur du Maroc \u00e0 prendre la route de la civilisation. [\u2026] Le bourgeois moderne avec sa civilisation, son industrie, son ordre, ses \u00ab\u00a0lumi\u00e8res \u00bb relatives, est pr\u00e9f\u00e9rable au seigneur f\u00e9odal ou au voleur maraudeur, et \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 barbare \u00e0 laquelle ils appartiennent.<\/i>\u00a0\u00bb (13).<\/p>\n<p>Les positions de ces diff\u00e9rents acteurs \u2013 militaires fran\u00e7ais, penseurs lib\u00e9raux ou <strong>r\u00e9volution<\/strong>naires \u2013 montrent l\u2019enthousiasme quasi unanime que suscitaient les conqu\u00eates coloniales au sein des opinions publiques europ\u00e9ennes en g\u00e9n\u00e9ral et de la population fran\u00e7aise en particulier. Les crimes les plus horribles \u00e9taient accept\u00e9s, voire soutenus et justifi\u00e9s, car les colonis\u00e9s n\u2019\u00e9taient pas consid\u00e9r\u00e9s comme des \u00eatres humains \u00e0 part enti\u00e8re mais comme une sous-humanit\u00e9 enti\u00e8rement \u00e0 part. Au mieux cette sous-humanit\u00e9 devait \u00eatre \u00ab\u00a0civilis\u00e9e\u00a0\u00bb pour avoir l\u2019\u00ab\u00a0honneur\u00a0\u00bb d\u2019\u00eatre hiss\u00e9e, dans un futur improbable, au niveau de l\u2019humanit\u00e9 occidentale. Pour les colonis\u00e9s, l\u2019inhumanit\u00e9 \u00e9tait \u00e9rig\u00e9e en r\u00e8gle par les Europ\u00e9ens qui divisaient les Hommes en deux cat\u00e9gories\u00a0: les occidentaux\/humains et les autres\/infrahumains.<\/p>\n<p>Au niveau d\u00e9mographique, la conqu\u00eate g\u00e9nocidaire men\u00e9e par les troupes fran\u00e7aises provoqua une importante baisse de la population alg\u00e9rienne. En quelques ann\u00e9es, le peuple alg\u00e9rien fut v\u00e9ritablement d\u00e9cim\u00e9. Avant la conqu\u00eate fran\u00e7aise de 1830, l\u2019Alg\u00e9rie comptait entre 3 et 5 millions d\u2019habitants sur son territoire. La population alg\u00e9rienne a connu un recul d\u00e9mographique quasiment constant durant la p\u00e9riode de la conqu\u00eate jusqu&rsquo;\u00e0 son \u00e9tiage le plus bas en 1872. La\u00a0p\u00e9riode de la conqu\u00eate de l\u2019Alg\u00e9rie (1830-1871) fut marqu\u00e9e par trois grandes phases d\u00e9mographiques d&rsquo;\u00e9volution de la population alg\u00e9rienne. De 1830 \u00e0 1856, la population alg\u00e9rienne tomba d\u2019environ 5 \u00e0 3 millions d\u2019habitants \u00e0 environ 2,3 millions. Par la suite, elle remonta jusqu&rsquo;\u00e0 2,7 millions en 1861 avant de conna\u00eetre sa chute la plus brutale \u00e0 2,1 millions d\u2019habitants en 1872. La population alg\u00e9rienne ne retrouva son niveau d\u2019environ 3 millions d\u2019individus qu\u2019en 1890 (14).<\/p>\n<p>En se basant sur ces chiffres, nous pouvons \u00e9tablir que l\u2019Alg\u00e9rie a perdu entre 30 et 58% de sa population au cours des quarante-deux premi\u00e8res ann\u00e9es (1830-1872) de la colonisation fran\u00e7aise. Des pertes humaines d\u2019une telle ampleur, volontairement provoqu\u00e9es par une autorit\u00e9 politique responsable, ne peuvent \u00eatre qualifi\u00e9es que par le terme de g\u00e9nocide (15).<\/p>\n<p>Durant la premi\u00e8re phase de la conqu\u00eate de 1830 \u00e0 1856, la d\u00e9croissance d\u00e9mographique de la population alg\u00e9rienne s\u2019explique par l\u2019extr\u00eame violence des m\u00e9thodes utilis\u00e9es par l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise. Les massacres de masse, les \u00ab\u00a0enfumades\u00a0\u00bb et autres proc\u00e9d\u00e9s g\u00e9nocidaires d\u00e9cim\u00e8rent la population alg\u00e9rienne. De plus, la politique de la \u00ab\u00a0terre br\u00fbl\u00e9e\u00a0\u00bb, d\u00e9cid\u00e9e par Bugeaud, eut des effets d\u00e9vastateurs sur les \u00e9quilibres socio-\u00e9conomiques et alimentaires de l\u2019Alg\u00e9rie. Elle provoqua des famines et favorisa le d\u00e9veloppement d\u2019\u00e9pid\u00e9mies qui permirent d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer le processus de conqu\u00eate du pays et de mettre en \u0153uvre une politique d\u2019\u00e9radication du peuple alg\u00e9rien.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une p\u00e9riode de baisse d\u2019intensit\u00e9 de la violence suite \u00e0 la fin de la premi\u00e8re phase de conqu\u00eate en 1857, la p\u00e9riode 1866-1872 a vu \u00e0 nouveau la population alg\u00e9rienne fondre sous les coups de la politique coloniale fran\u00e7aise. De 1866 \u00e0 1872 \u2013 en raison du d\u00e9veloppement d&rsquo;une \u00e9pid\u00e9mie de chol\u00e9ra en 1867, de typhus et de variole de 1869 \u00e0 1872 et de la famine en 1868, de la r\u00e9pression de l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise apr\u00e8s la grande r\u00e9volte de 1871 et d\u2019un tremblement de terre \u2013 la population alg\u00e9rienne diminua de plus de 500.000 personnes. La famine de 1868 aurait \u00e9t\u00e9 responsable de la mort de 300.000 \u00e0 500.000 Alg\u00e9riens alors que la r\u00e9pression de la r\u00e9volte de 1871 aurait caus\u00e9 la mort d\u2019environ 300.000 personnes. Etudiant cette p\u00e9riode, Djilali Sarri estime qu\u2019un million d\u2019Alg\u00e9riens seraient morts durant les ann\u00e9es 1866-1872. Il parle de v\u00e9ritable \u00ab\u00a0<i>d\u00e9sastre d\u00e9mographique<\/i>\u00a0\u00bb (16).<\/p>\n<p><center><a title=\"ImageShack - Image And Video Hosting\" href=\"http:\/\/imageshack.us\/photo\/my-images\/853\/conqueteconstantine.jpg\/\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener noreferrer\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/img853.imageshack.us\/img853\/6986\/conqueteconstantine.jpg\" alt=\"Photo\" border=\"0\" \/><\/a><br \/>\nL&rsquo;attaque de Constantine par les troupes coloniales fran\u00e7aises le 13 novembre 1837<\/center>En 1880, le d\u00e9clin d\u00e9mographique de la population alg\u00e9rienne \u00e9tait tel que, dans une \u00e9tude intitul\u00e9e <i>La d\u00e9mographie figur\u00e9e de l\u2019Alg\u00e9rie<\/i> (17), le docteur Ren\u00e9 Ricoux, chef des travaux de la statistique d\u00e9mographique et m\u00e9dicale au bureau de statistique du gouvernement g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;Alg\u00e9rie, pr\u00e9voyait la disparition des Alg\u00e9riens. Selon lui, les Berb\u00e8res et les Arabes, \u00ab\u00a0<i>races inf\u00e9rieures\u00a0<\/i>\u00bb et surtout \u00ab\u00a0<i>races d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9es\u00a0<\/i>\u00bb, devaient tendre \u00ab\u00a0<i>\u00e0 dispara\u00eetre d\u2019une fa\u00e7on r\u00e9guli\u00e8re et rapide<\/i>\u00a0\u00bb (18).<\/p>\n<p>Etudiant l\u2019\u00e9volution d\u00e9mographique de la population alg\u00e9rienne depuis l\u2019invasion fran\u00e7aise de 1830, le docteur Ricoux expliquait\u00a0: \u00ab\u00a0<i>A notre arriv\u00e9e, en 1830, la population indig\u00e8ne \u00e9tait \u00e9valu\u00e9e \u00e0 trois millions d\u2019habitants. Les deux derniers recensements officiels, \u00e0 peu pr\u00e8s r\u00e9guliers, donnent en 1866\u00a0: 2.652.072 habitants, et en 1872\u00a0: 2.125.051\u00a0; le d\u00e9chet en 42 ans a \u00e9t\u00e9 de 874.949 habitants, soit une moyenne de 20.000 d\u00e9c\u00e8s par an. Durant la p\u00e9riode 1866-72, avec le typhus, la famine, l\u2019insurrection, la diminution a \u00e9t\u00e9 bien plus effrayante encore\u00a0: en six ans il y a eu disparition de 527.021 indig\u00e8nes\u00a0; c\u2019est une moyenne non de 20.000 d\u00e9c\u00e8s annuel mais de 87.000\u00a0!<\/i>\u00a0\u00bb (19). Au regard de ces chiffres, le docteur Ricoux affirmait qu\u2019 \u00ab<i>\u00a0un d\u00e9chet aussi consid\u00e9rable (nous pouvons ajouter qu\u2019il se reproduit r\u00e9guli\u00e8rement chaque ann\u00e9e) suffit \u00e0 d\u00e9montrer [\u2026] que les indig\u00e8nes [\u2026] sont menac\u00e9s d\u2019une disparition in\u00e9vitable, prochaine.<\/i>\u00a0\u00bb (20).<\/p>\n<p>Les pr\u00e9dictions apocalyptiques du docteur Ricoux ne se r\u00e9alis\u00e8rent pas mais elles exprimaient clairement le \u00ab\u00a0<i>d\u00e9sastre d\u00e9mographique<\/i>\u00a0\u00bb frappant la population alg\u00e9rienne depuis le d\u00e9but de la conqu\u00eate fran\u00e7aise en 1830. M\u00eame de farouches partisans de la domination fran\u00e7aise, comme le docteur Ricoux, reconnaissaient les cons\u00e9quences dramatiques de la colonisation pour le peuple alg\u00e9rien qui \u00e9tait vou\u00e9 \u00e0 disparaitre, \u00e0 l\u2019instar des Am\u00e9rindiens ou des premiers habitants de la Tasmanie.<\/p>\n<p>L\u2019oppression du peuple alg\u00e9rien ne cessa pas apr\u00e8s la p\u00e9riode de la conqu\u00eate (1830-1871). Elle se perp\u00e9tua sous d\u2019autres formes notamment par une politique de destruction de l\u2019identit\u00e9 culturelle et civilisationnelle du peuple alg\u00e9rien. A la suite de la conqu\u00eate g\u00e9nocidaire, la France mit en place une politique ethnocidaire visant \u00e0 faire dispara\u00eetre l\u2019ensemble des caract\u00e8res sociaux et culturels\u00a0du peuple alg\u00e9rien en s\u2019attaquant prioritairement \u00e0 l\u2019islam et \u00e0 la langue arabe qui fut d\u00e9clar\u00e9e langue \u00e9trang\u00e8re dans son propre pays. Les structures d\u2019enseignement pr\u00e9valant avant la colonisation, les mosqu\u00e9es et autres lieux de culte musulmans furent largement d\u00e9truits.<\/p>\n<p>Les massacres de masse reprirent au lendemain de la guerre 1939-1945 afin de lutter contre le mouvement national alg\u00e9rien qui voulait lib\u00e9rer l\u2019Alg\u00e9rie du joug colonial fran\u00e7ais. Les massacres de mai 1945 dans le nord-constantinois firent plusieurs milliers de victimes. Apr\u00e8s le d\u00e9clenchement de la R\u00e9volution alg\u00e9rienne, en novembre 1954, les massacres de masse perp\u00e9tr\u00e9s par les troupes fran\u00e7aises prirent une nouvelle ampleur. Massacres, viols collectifs, tortures syst\u00e9matiques ou internement de populations civiles dans des camps de \u00ab\u00a0regroupement\u00a0\u00bb, la r\u00e9pression fran\u00e7aise fut, durant pr\u00e8s de huit ans (1954-1962), une suite de crimes de guerre et de crimes contre l\u2019humanit\u00e9. Dans sa lettre de d\u00e9mission adress\u00e9e \u00e0 Robert Lacoste, ministre r\u00e9sident en Alg\u00e9rie, le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la police d\u2019Alger, l\u2019ancien r\u00e9sistant Paul Teitgen, qui avait \u00e9t\u00e9 tortur\u00e9 par la Gestapo, n\u2019h\u00e9sita pas \u00e0 comparer l\u2019action des militaires fran\u00e7ais \u00e0 celle de la police secr\u00e8te du Troisi\u00e8me Reich (21).<\/p>\n<p>Au total, cent trente deux ans de colonisation fran\u00e7aise en Alg\u00e9rie (1830-1862) aurait fait, selon l\u2019historien Mostafa Lacheraf, environ 6 millions de morts alg\u00e9riens (22).<\/p>\n<p>Loin de s\u2019interroger sur son histoire coloniale, la France officielle reste dans une attitude n\u00e9gationniste quant \u00e0 son pass\u00e9 g\u00e9nocidaire en Alg\u00e9rie. Pour elle, la colonisation de l\u2019Alg\u00e9rie est toujours vue sous un angle favorable malgr\u00e9 les travaux faisant \u00e9tat des crimes de guerre et des crimes contre l\u2019humanit\u00e9 ayant \u00e9t\u00e9 perp\u00e9tr\u00e9s durant cent trente deux ann\u00e9es d\u2019occupation fran\u00e7aise de la terre alg\u00e9rienne.<\/p>\n<p>La loi du 23 f\u00e9vrier 2005 portant \u00ab\u00a0<i>reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Fran\u00e7ais rapatri\u00e9s<\/i>\u00a0\u00bb est venue graver dans le marbre cette vision r\u00e9visionniste de l\u2019histoire de la colonisation fran\u00e7aise. Pr\u00e9sent\u00e9 par l\u2019UMP, le projet de loi originel avait \u00e9t\u00e9 discut\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale le\u00a011 juin\u00a02004 sans qu\u2019il n\u2019y ait d\u2019opposition particuli\u00e8re de la gauche parlementaire. Lors de la discussion du texte de loi au\u00a0S\u00e9nat, le\u00a016 d\u00e9cembre 2004, aucune objection ne fut soulev\u00e9e et le groupe socialiste vota en faveur du texte main dans la main avec la droite. Finalement, le texte fut d\u00e9finitivement adopt\u00e9 le\u00a010 f\u00e9vrier\u00a02005\u00a0et la loi fut promulgu\u00e9e le\u00a023 f\u00e9vrier 2005.<\/p>\n<p>L\u2019article 4 alin\u00e9a 2 de cette loi pr\u00e9voyait que les \u00ab\u00a0<i>programmes scolaires reconnaissent en particulier le r\u00f4le positif de la pr\u00e9sence fran\u00e7aise outre-mer, notamment en Afrique du Nord et accordent \u00e0 l\u2019histoire et aux sacrifices des combattants de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise issus de ces territoires la place \u00e9minente \u00e0 laquelle ils ont droit.<\/i>\u00a0\u00bb Cependant, apr\u00e8s de multiples protestations, le Conseil constitutionnel a constat\u00e9 le caract\u00e8re r\u00e8glementaire de\u00a0l\u2019alin\u00e9a 2 de l&rsquo;article 4 afin de permettre sa suppression par simple d\u00e9cret.<\/p>\n<p>La suppression de l\u2019article 4 alin\u00e9a 2 a permis de passer sous silence les autres articles de la loi du 23 f\u00e9vrier 2005 qui s\u2019inscrivent tout autant dans une perspective r\u00e9visionniste. Par exemple, l\u2019article 1 stipule que \u00ab<i>\u00a0la Nation exprime sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont particip\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre accomplie par la France dans les anciens d\u00e9partements fran\u00e7ais d&rsquo;Alg\u00e9rie, au Maroc, en Tunisie et en Indochine ainsi que dans les territoires plac\u00e9s ant\u00e9rieurement sous la souverainet\u00e9 fran\u00e7aise.<\/i>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>De quelle \u00ab\u00a0\u0153uvre\u00a0\u00bb cette loi parle-t-elle\u00a0? Des \u00ab\u00a0enfumades\u00a0\u00bb, des viols collectifs, des tortures et autres massacres de masse\u00a0? De quels crimes de guerre et de quels crimes contre l\u2019humanit\u00e9 la loi du 23 f\u00e9vrier 2005 fait-elle l\u2019apologie\u00a0? De l\u2019ethnocide visant \u00e0 d\u00e9truire la culture arabo-musulmane en Alg\u00e9rie\u00a0? Qui sont ces femmes et ces hommes \u00e0 qui la nation fran\u00e7aise exprime \u00ab<i>\u00a0sa reconnaissance<\/i>\u00a0\u00bb pour \u00ab\u00a0<i>l&rsquo;\u0153uvre accomplie<\/i>\u00a0\u00bb\u00a0? Bugeaud, Saint-Arnaud, Montagnac, d\u2019H\u00e9risson ou Cavaignac\u00a0? Bodichon, Tocqueville ou Lavigerie\u00a0? Naegelen, Soustelle, Lacoste, Massu, Salan ou Bigeard\u00a0? Tous ces hommes n\u2019ont fait que planifier, commanditer, justifier et mettre en \u0153uvre des crimes de guerre et des crimes contre l\u2019humanit\u00e9 qui seraient reconnus comme tels si la France officielle reconnaissait les Alg\u00e9riens comme des \u00eatres humains \u00e0 part enti\u00e8re.<\/p>\n<p>En effet, si les crimes d\u2019Hitler sont pleinement reconnus comme tels par la France officielle, c\u2019est avant tout parce que ses victimes sont consid\u00e9r\u00e9es comme appartenant de plein droit \u00e0 l\u2019humanit\u00e9. A l\u2019instar de l\u2019ensemble des peuples non-occidentaux, les Alg\u00e9riens n\u2019ont pas ce privil\u00e8ge. Comme durant la p\u00e9riode coloniale, la France officielle continue \u00e0 traiter les Alg\u00e9riens et l\u2019ensemble des non-occidentaux comme des sous-hommes. Le n\u00e9gationnisme de la France officielle quant \u00e0 son histoire coloniale nous rappelle ce qu\u2019Aim\u00e9 C\u00e9saire d\u00e9non\u00e7ait d\u00e9j\u00e0 au lendemain de la guerre 1939-1945 dans <i>Discours sur le colonialisme<\/i>. Selon lui, les Occidentaux ne reprochent pas \u00e0 Hitler \u00ab<i>\u00a0le\u00a0crime\u00a0en soi, le\u00a0crime contre l\u2019homme,\u00a0<\/i>\u00bb \u00ab<i>\u00a0l\u2019humiliation de l\u2019homme en soi,<\/i>\u00bb mais \u00ab\u00a0<i>le crime contre l\u2019homme blanc\u00a0<\/i>\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire \u00ab\u00a0<i>d\u2019avoir appliqu\u00e9 \u00e0 l\u2019Europe des proc\u00e9d\u00e9s colonialistes dont ne relevaient jusqu\u2019ici que les Arabes d\u2019Alg\u00e9rie, les coolies de l\u2019Inde et les n\u00e8gres d\u2019Afrique.<\/i>\u00a0\u00bb (23).<\/p>\n<p>Dans une France postcoloniale structur\u00e9e par le racisme, seuls les crimes de masse contre l\u2019homme blanc peuvent \u00eatre pleinement reconnus comme des crimes contre l\u2019humanit\u00e9 puisque les attributs de l\u2019humanit\u00e9 ne sont pas enti\u00e8rement reconnus aux non-occidentaux.<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Notes de lecture<\/span> :<\/p>\n<p>(1) Julien Charles-Andr\u00e9,\u00a0<i>Histoire de l&rsquo;Alg\u00e9rie contemporaine. La conqu\u00eate et les d\u00e9buts de la colonisation (1827-1871)<\/i>, Paris, P.U.F, 2 \u00e9dition, 1979, page 92. Cf. Sellam Sadek, \u00ab\u00a0Conqu\u00eate de l\u2019Alg\u00e9rie\u00a0: crimes de guerre et crimes contre l\u2019humanit\u00e9\u00a0\u00bb, in. <i>Parler des camps, penser les g\u00e9nocides<\/i>, Paris, Albin Michel, 1999<br \/>\n(2) <i>Ibid.<\/i>, page 320<br \/>\n(3) Nouschi Andr\u00e9, Prenant Andr\u00e9, Lacoste Yves, <i>Alg\u00e9rie, pass\u00e9 et pr\u00e9sent<\/i>, Paris, Ed. Sociales, 1960, page 305<br \/>\n(4) Julien Charles-Andr\u00e9,\u00a0<i>Histoire de l&rsquo;Alg\u00e9rie contemporaine. La conqu\u00eate et les d\u00e9buts de la colonisation (1827-1871)<\/i>, <i>op. cit.<\/i>, page 321<br \/>\n(5) Comte d\u2019H\u00e9risson, <i>La chasse \u00e0 l\u2019homme<\/i>, Paris, Ed. Paul Ollendorf, 1866<br \/>\n(6) Colonel de Montagnac, <i>Lettres d\u2019un soldat<\/i>, Paris, 1885<br \/>\n(7) <i>Ibid.<\/i><br \/>\n(8) Mar\u00e9chal Bugeaud, \u00ab\u00a0A propos de la destruction des villages et des r\u00e9coltes op\u00e9r\u00e9es chez les B\u00e9ni Mena\u00e7er\u00a0\u00bb (Lettre au Mar\u00e9chal Soult, avril 1842)<br \/>\n(9) Saint-Arnaud, \u00ab\u00a0Lettre du 28 mars 1843\u00a0\u00bb, in <i>Lettres du Mar\u00e9chal Saint-Arnaud,<\/i> Cf. Le Cour Grandmaison Olivier, <i>Coloniser exterminer, Sur la guerre et l\u2019Etat colonial<\/i>, Paris Ed. Fayard, 2005, page 190<br \/>\n(10) Cf. Kateb Kamel, <i>Europ\u00e9ens, \u00ab\u00a0indig\u00e8nes\u00a0\u00bb et juifs en Alg\u00e9rie (1830-1962)<\/i>, Paris, Ined\/PUF, 2001, page 40<br \/>\n(11) de Tocqueville Alexis, \u00ab\u00a0Travail sur l&rsquo;Alg\u00e9rie\u00a0\u00bb, 1841. in <i>\u0152uvres compl\u00e8tes<\/i>, Paris, Gallimard, \u00ab Biblioth\u00e8que de la Pl\u00e9iade \u00bb, 1991, pages 704 et 705<br \/>\n(12) Hugo Victor, <i>Choses vues<\/i>, Paris, Ed. Gallimard, Folio Classique, 1972, page 168<br \/>\n(13) Engels Friedrich,\u00a0Northern Star, 22 janvier 1848.<br \/>\n(14) Cf. Kateb Kamel, <i>Europ\u00e9ens, \u00ab\u00a0indig\u00e8nes\u00a0\u00bb et juifs en Alg\u00e9rie (1830-1962)<\/i>, <i>op. cit.<\/i><br \/>\n(15) M\u00eame s\u2019il ne s\u2019agit pas de comparer les crimes de masse entre eux, durant la guerre 1939-1945 les nazis extermin\u00e8rent environ 46% de la population juive europ\u00e9enne (environ 5,1 millions sur une population de 11 millions) et 33% de la population tzigane (environ 250.000 sur une population de 750.000).<br \/>\n(16) Kateb Kamel, <i>Europ\u00e9ens, \u00ab\u00a0indig\u00e8nes\u00a0\u00bb et juifs en Alg\u00e9rie (1830-1962)<\/i>,<i>op. cit.<\/i>, page 30<br \/>\n(17) Ricoux Ren\u00e9, <i>La d\u00e9mographie figur\u00e9e de l\u2019Alg\u00e9rie<\/i>, Paris, Ed. Masson, 1880<br \/>\n(18) <i>Ibid.<\/i>, page 260<br \/>\n(19) <i>Ibid.<\/i><br \/>\n(20) <i>Ibid.<\/i>, page 261<br \/>\n(21) Cf. Teitgen Paul, \u00ab\u00a0Lettre de d\u00e9mission \u00e0 Pierre Lacoste ministre r\u00e9sident en Alg\u00e9rie\u00a0\u00bb, 24 mars 1957. Publi\u00e9e dans le journal <i>Le Monde<i> le 1ier octobre 1960.<br \/>\n(22) Cf. Lacheraf Mostefa, <i>L\u2019Alg\u00e9rie\u00a0: Nation et Soci\u00e9t\u00e9<\/i>, Alger, Ed. Casabah, 2004<br \/>\n(23) C\u00e9saire Aim\u00e9, <i>Discours sur le colonialisme<\/i>, Paris, Pr\u00e9sence Africaine, 2004, page 14<\/i><\/i><\/p>\n<p>Par<a href=\"http:\/\/www.ism-france.org\/analyses\/Le-passe-genocidaire-de-la-France-en-Algerie-article-16433\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"> Youssef Girard<\/a><\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" width=\"696\" height=\"522\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/RGLrdjkcLdM?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La colonisation de l\u2019Alg\u00e9rie par la France d\u00e9buta en juin 1830 lorsque la soldatesque fran\u00e7aise d\u00e9barqua \u00e0 Sidi-Ferruch dans la r\u00e9gion d\u2019Alger. Apr\u00e8s la capitulation du Dey d\u2019Alger le 5 juillet 1830, face \u00e0 la r\u00e9sistance du peuple alg\u00e9rien, la \u00ab pacification \u00bb du pays fut obtenue au prix de la syst\u00e9matisation des \u00ab razzias [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3165,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[44,25],"tags":[],"class_list":["post-3164","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-colonisation","category-histoire"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3164","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3164"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3164\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3164"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3164"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3164"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}