{"id":3217,"date":"2015-03-17T11:31:42","date_gmt":"2015-03-17T11:31:42","guid":{"rendered":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/?p=3217"},"modified":"2020-06-06T14:46:28","modified_gmt":"2020-06-06T14:46:28","slug":"comment-je-me-suis-fait-entuber-par-yasmina-khadra","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/comment-je-me-suis-fait-entuber-par-yasmina-khadra\/","title":{"rendered":"Comment je me suis fait entuber par Yasmina Khadra"},"content":{"rendered":"<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #993300;\"><em>par Jean-Jacques Reboux, ex-directeur des \u00e9ditions Apr\u00e8s la Lune,&nbsp;<\/em><\/span><span style=\"color: #993300;\"><em>premier \u00e9diteur en France de Yasmina Khadra<\/em><\/span><\/h3>\n<p>Se faire entuber n\u2019est pas chose agr\u00e9able. Le reconna\u00eetre moins encore. C\u2019est avouer qu\u2019on a p\u00each\u00e9 par exc\u00e8s de confiance, par na\u00efvet\u00e9, voire par b\u00eatise. \u00c0 pr\u00e9sent que j\u2019ai mis fin \u00e0 mes activit\u00e9s de petit \u00e9diteur ind\u00e9pendant, j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9, non sans quelque h\u00e9sitation, de narrer ma collaboration douloureuse avec l\u2019\u00e9crivain mondialement reconnu, c\u00e9l\u00e9br\u00e9, traduit dans 43 langues, Yasmina Khadra, dont je fus, que cela lui plaise ou non (et cela lui d\u00e9pla\u00eet<em>profond\u00e9ment<\/em>), le premier \u00e9diteur en France, et qui devint, douze ans plus tard, mon associ\u00e9 dans une entreprise qui connut ses heures de gloire et vient de fermer ses portes, apr\u00e8s 7 ans d\u2019exercice et 69 titres publi\u00e9s : les \u00e9ditions Apr\u00e8s la Lune.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Youcef Dris<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><em><strong>Entuber.<\/strong><\/em> Formule triviale, que j\u2019emploie \u00e0 dessein tant elle est en ad\u00e9quation avec la rh\u00e9torique caporaliste du commandant Khadra lorsqu\u2019il se met en col\u00e8re, ce qui est fr\u00e9quent, pour des raisons pas toujours dignes des nobles causes qu\u2019il pr\u00e9tend d\u00e9fendre. Yasmina Khadra, c\u2019est un peu la Mamie Nova de la litt\u00e9rature, on ne lui dit pas merci, on ne l\u2019aime jamais assez, on l\u2019accuse de tous les maux. Mais il ne se laisse pas faire. D\u00e8s qu\u2019il y a un pet de travers, c\u2019est plus fort que lui, il s\u2019\u00e9nerve, souffre et endosse l\u2019habit du martyr. Critiques, \u00e9diteurs, journalistes, chroniqueurs, tous sont suspects et en prennent pour leur grade.<\/p>\n<p>Leur faute&nbsp;? Refuser de reconna\u00eetre \u00e0 sa juste valeur son g\u00e9nie, qui est immensissime, comme l\u2019ignorent encore quelques ind\u00e9crottables b\u00e9otiens au mauvais go\u00fbt navrant, complices (il n\u2019y a pas de hasard) de l\u2019abominable <a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/livres\/2008\/10\/23\/03005-20081023ARTFIG00502-yasmina-khadra-est-il-vraiment-victime-d-un-complot-litteraire-.php\"><strong>complot litt\u00e9raire<\/strong><\/a> dont il est victime de la part des<a href=\"http:\/\/bibliobs.nouvelobs.com\/romans\/20081020.BIB2237\/khadra-attaque-les-prix-litteraires.html\"><strong>organisateurs des prix<\/strong><\/a> litt\u00e9raires,&nbsp;\u00e0 tel point que, se prenant \u00e0 r\u00eaver d\u2019un destin \u00e0 la \u00c9mile Ajar, il d\u00e9cida de confondre les larrons en publiant en 2004 chez Fayard un faux premier roman, <em><a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/livres\/2009\/02\/26\/03005-20090226ARTFIG00490-on-a-retrouve-leurs-romans-caches-.php\"><strong>Frenchie<\/strong><\/a><\/em>, sous le pseudo <strong>Benjamin Cros<\/strong>. Mais n\u2019est pas Romain Gary qui veut, et le feu d\u2019artifice agonisa dans le ciel germanopratin tel un p\u00e9tard mouill\u00e9. Ne parlons m\u00eame pas ici des&nbsp;accusations de plagiat&nbsp;dont il est l\u2019objet&nbsp;(<strong><a href=\"http:\/\/karimsarroub.com\/2010\/04\/10\/ce-que-yasmina-khadra-doit-a-tahar-ouettar\/\">Tahar Ouettar<\/a>&nbsp;<\/strong>et&nbsp;<strong><a href=\"http:\/\/karimsarroub.com\/2009\/11\/29\/ce-que-yasmina-khadra-doit-a-youcef-dris\/\">Youcef Dris<\/a><\/strong>, dont <em>Les amants de Padovani<\/em> auraient \u00e9t\u00e9 all\u00e8grement pill\u00e9s dans <em>Ce que le jour doit \u00e0 la nuit<\/em>), ou des affreux ragots colport\u00e9s contre lui par la terrible<a href=\"http:\/\/www.tamurt.info\/yasmina-khadra-accuse-le-ministere-de-la-culture,5437.html\"><strong>ministre de la Culture<\/strong><\/a> alg\u00e9rienne.<\/p>\n<p><strong>Yasmina Khadra, personne ne l\u2019aime, mais il est le seul \u00e0 le savoir<\/strong><\/p>\n<p>Il lui faut par cons\u00e9quent le crier sur les toits, en se gardant d\u2019y mettre les formes. Il a beau avoir quitt\u00e9 l\u2019arm\u00e9e alg\u00e9rienne, lorsqu\u2019il s\u2019agit de prendre l\u2019ascendant sur le militaire Mohamed Moulessehoul qu\u2019il est rest\u00e9, l\u2019\u00e9crivain Yasmina Khadra est \u00e0 la peine. Il lui manque pour cela un <em>petit quelque chose<\/em>, qui pourrait s\u2019appeler humilit\u00e9, modestie voire, tout simplement, humanit\u00e9. Comme souvent les m\u00e9galomanes, les parano\u00efaques, les pervers narcissiques, les pers\u00e9cut\u00e9s, notre grand incompris souffre d\u2019un mal pernicieux, encore m\u00e9connu (la psychologie a encore de beaux jours devant elle)&nbsp;: le \u00ab&nbsp;syndrome de Hulk&nbsp;\u00bb, du nom de ce super-Zorro hypersensible que les injustices font exploser de verdeur.<strong>&nbsp;<\/strong>Mais revenons quelques ann\u00e9es en arri\u00e8re. Seize ans exactement. \u00c0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 je fus amen\u00e9 \u00e0 entendre sa voix. Une \u00e9poque o\u00f9 personne en France ne connaissait son existence. Encore moins sa v\u00e9ritable identit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>La voix de Yasmina Khadra<\/strong><\/p>\n<p>La premi\u00e8re fois que j\u2019entendis la voix de Yasmina Khadra, c\u2019\u00e9tait au t\u00e9l\u00e9phone, et la voix \u00e9tait celle de sa femme. C\u2019\u00e9tait en 1997, je travaillais alors aux \u00e9ditions Baleine, dont le succ\u00e8s insolent de la collection Le Poulpe avait permis de racheter Canaille, la maisonnette d\u2019\u00e9dition que j\u2019avais b\u00e2tie de mes propres mains en 1992. La derni\u00e8re fois que je l\u2019ai entendue, c\u2019\u00e9tait sur mon r\u00e9pondeur t\u00e9l\u00e9phonique, en juin 2013. Le ton avait r\u00e9solument chang\u00e9. La voix douce \u00e9tait fielleuse, la menace tangible&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Si tu ne me rends pas les droits de La rose de Blida, je vais \u00eatre oblig\u00e9 de te faire un proc\u00e8s.&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/em>J\u2019avais collectionn\u00e9 les proc\u00e8s depuis 2006 (un 1er&nbsp;contre un flic pour outrage, un 2e&nbsp;contre l\u2019Opus Dei pour diffamation, un 3e&nbsp;contre une ex-flic devenue romanci\u00e8re), et bien qu&rsquo;averti de la forfanterie belliqueuse du monsieur (je ne suis pas le seul de ses \u00e9diteurs qu\u2019il ait menac\u00e9 de proc\u00e8s), qui m\u2019avait auparavant trait\u00e9 d\u2019escroc, je lui rendis les droits qu\u2019il me r\u00e9clamait, portant sur la cession en poche de <em><strong>La rose de Blida (et autres nouvelles)<\/strong><\/em>.<\/p>\n<p>Ce qui me mit en f\u00e2cheuse posture avec l\u2019\u00e9diteur, Univers Poche, qui m\u2019avait vers\u00e9 une confortable avance, dont je n\u2019avais revers\u00e9 \u00e0 l\u2019auteur, pour cause de tr\u00e9sorerie d\u00e9faillante, qu\u2019un tiers de la part qui lui revenait.&nbsp;Entre ces deux moments, treize ans ont pass\u00e9. Le cadet en culottes courtes de Blida est devenu un \u00e9crivain c\u00e9l\u00e9br\u00e9 dans le monde entier. Flash-back.<\/p>\n<p><strong><em>Morituri, <\/em>histoire d\u2019un manuscrit explosif<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>1997, donc. Lors d\u2019un cocktail des \u00e9ditions Baleine, une journaliste du&nbsp;<em>Figaroscope<\/em>, excellente connaisseuse de l\u2019Alg\u00e9rie, me tend un manuscrit au titre prometteur,&nbsp;<em><strong>Morituri<\/strong><\/em>.&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Lis \u00e7a, c\u2019est g\u00e9nial. \u00c7a dit tout sur l\u2019Alg\u00e9rie actuelle&nbsp;! Gallimard devait le publier mais ils ont la trouille des GIA, ces cons&nbsp;!&nbsp;<\/em>\u00bb L\u2019attentat de Saint-Michel, attribu\u00e9 au GIA alg\u00e9rien, \u00e9tait tout frais, et si les grands \u00e9diteurs ont les moyens financiers de leurs ambitions, il arrive que le courage leur fasse d\u00e9faut. Intrigu\u00e9, je d\u00e9vore le roman dans la nuit. Bluff\u00e9, j\u2019en parle \u00e0 <strong>Antoine de Kerversau<\/strong>, patron des <a href=\"http:\/\/www.editionsbaleine.fr\/search.php?search_query=khadra&amp;submit_search=Rechercher\"><strong>\u00e9ditions Baleine<\/strong><\/a>, qui me donne le feu vert. Le calendrier de la collection que je dirigeais [Canaille\/Revolver] \u00e9tant complet pour de longs mois, nous d\u00e9cidons de le publier tr\u00e8s vite dans une autre collection.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9poque, Internet n\u2019existait pas, la seule fa\u00e7on de communiquer avec Amal B. (le nom figurant sur le manuscrit) \u00e9tait le t\u00e9l\u00e9phone et le fax. Je disposais d\u2019un num\u00e9ro \u00e0 Oran, avec cr\u00e9neau horaire limit\u00e9&nbsp;: le mardi en d\u00e9but d\u2019apr\u00e8s-midi. La voix de celle qui ne se faisait pas encore appeler Yasmina Khadra \u00e9tait peu assur\u00e9e. On la sentait confront\u00e9e \u00e0 une situation qui la d\u00e9passait, dans un pays min\u00e9 par la trag\u00e9die et la parano\u00efa. Et pour cause, c\u2019\u00e9tait l\u2019\u00e9pouse de l\u2019\u00e9crivain, que j\u2019aurai au t\u00e9l\u00e9phone cinq ou six fois en deux mois. Cela, nous ne le s\u00fbmes que plus tard.&nbsp;Toujours est-il que <em><strong>Morituri<\/strong><\/em> parut, tr\u00e8s vite suivi de <em><strong>Double blanc<\/strong><\/em> et <em><strong>L\u2019Automne des chim\u00e8res<\/strong><\/em>. Relay\u00e9es par une couverture m\u00e9diatique de choc, les aventures du commissaire Llob captiv\u00e8rent des dizaines de milliers de lecteurs, les droits poche rachet\u00e9s par <strong>Folio<\/strong>, tandis que le rideau se levait peu \u00e0 peu sur l\u2019identit\u00e9 de l\u2019auteure, qui avait pris comme pseudonyme les 2e&nbsp;et 3e&nbsp;pr\u00e9noms de sa femme, Yamina Khadra, que je pris, pour la petite histoire, la libert\u00e9 de transformer en Yasmina, pour des raisons de sonorit\u00e9.<\/p>\n<p>Les ann\u00e9es pass\u00e8rent. Licenci\u00e9 des \u00e9ditions Baleine en 1998 pour cause d\u2019explosion en plein vol du Poulpe, je pla\u00e7ai en 2000 un 4e&nbsp;roman de Khadra chez Flammarion (<em><strong>Le dingue au bistouri<\/strong><\/em>). Mes contacts avec l\u2019auteur, qui avait regagn\u00e9 la France en passant par le Mexique et \u00e9tait d\u00e9sormais publi\u00e9 chez Julliard, s\u2019espac\u00e8rent. Jusqu\u2019\u00e0 ce que nous nous retrouvions au salon du livre de Paris. Puis au salon du polar de Montigny-les-Cormeilles 2005, o\u00f9 <em>La part du mort<\/em> venait d\u2019\u00eatre prim\u00e9. Je lui parlai de mon projet fou de monter une maison d\u2019\u00e9dition et lui demandai un texte. Il accepta chaleureusement, heureux de donner un coup de pouce \u00e0 son premier \u00e9diteur en France. <em>La Rose de Blida<\/em> para\u00eetra en mars 2006 dans la merveilleuse collection La Ma\u00eetresse en maillot de bain, qui s\u2019int\u00e9ressait aux \u00ab&nbsp;petits arrangements avec l\u2019enfance&nbsp;\u00bb et n\u2019eut h\u00e9las pas le succ\u00e8s qu\u2019elle m\u00e9ritait, en raison notamment de son petit format et de son manque de visibilit\u00e9 en librairie. Deux ans pass\u00e8rent.<\/p>\n<p>Juin 2007. Les \u00e9ditions Apr\u00e8s la Lune, cribl\u00e9es de dettes, essouffl\u00e9es, malgr\u00e9 quelques jolis succ\u00e8s, sont sur le point de fermer boutique lorsqu\u2019un coup de tonnerre surgit. L\u2019Opus Dei, s\u2019estimant diffam\u00e9e par le roman <em><strong>Camino 999<\/strong><\/em> de Catherine Fradier, envoie les huissiers. Branle-bas de combat. Souscription pour payer l\u2019avocat. Soutien d\u00e9cisif du <a href=\"http:\/\/blogs.rue89.nouvelobs.com\/cabinet-de-lecture\/lopus-dei-sen-prend-a-un-editeur-independant\"><strong>cabinet de lecture<\/strong> <\/a>de Rue 89.&nbsp;Pass\u00e9 l\u2019\u00e9tat de choc, nous nous d\u00e9fend\u00eemes. Gr\u00e2ce \u00e0 la publicit\u00e9 engrang\u00e9e par ce proc\u00e8s tr\u00e8s m\u00e9diatis\u00e9, qui s\u2019\u00e9talera sur plus d\u2019un an et demi [l\u2019Opus Dei perdra en appel en janvier 2009] et \u00e0 l\u2019obtention sur la lanc\u00e9e du prix Polar SNCF, les dettes furent rembours\u00e9es en trois mois. Les affaires reprirent. H\u00e9las trop timidement pour permettre aux \u00e9ditions de rebondir, encore moins de payer leur unique salari\u00e9 (ma pomme) qui se faisait exploiter par le g\u00e9rant (ma pomme) en travaillant b\u00e9n\u00e9volement depuis plusieurs ann\u00e9es. C\u2019est alors qu\u2019eut lieu un second coup de th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n<p><strong>YK, le retour<\/strong><\/p>\n<p>Printemps 2010. Apr\u00e8s moult procrastination, j\u2019appelle Yasmina Khadra, dont je gardais au fond de mon portefeuille le courriel plein de pr\u00e9venance qu\u2019il m\u2019avait envoy\u00e9 un jour o\u00f9, terrass\u00e9 par le burning-out, je lui disais ma lassitude de faire vivre un maison d\u2019\u00e9dition dans des conditions aussi pr\u00e9caires. Il me re\u00e7ut dans son bureau, au 7e&nbsp;\u00e9tage du Centre culturel alg\u00e9rien, dont il avait \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 directeur par le pr\u00e9sident Bouteflika, qui ne se d\u00e9pla\u00e7ait pas encore en fauteuil roulant. L\u2019homme n\u2019avait pas chang\u00e9. Il avait toujours au fond des yeux cette fronde p\u00e9tillante et malicieuse qui m\u2019avait s\u00e9duit lors de nos premi\u00e8res rencontres. Il \u00e9tait content de me revoir. Moi aussi. Dans le feu de la conversation, il me proposa \u2013 \u00f4 miracle&nbsp;! \u2013 d\u2019investir de l\u2019argent dans les \u00e9ditions Apr\u00e8s la Lune, afin de leur donner un nouveau souffle. <em>\u00ab&nbsp;Tu auras un bureau, une attach\u00e9e de presse, un salaire, je te donnerai un roman in\u00e9dit\u2026&nbsp;\u00bb<\/em> YK racheta les parts de la moiti\u00e9 de mes 26 associ\u00e9s, entra dans le capital \u00e0 hauteur de 29 %, promit de donner un peu d\u2019air \u00e0 la SARL en lui pr\u00eatant quelques milliers d\u2019euros puis me fit part de son vieux r\u00eave&nbsp;: cr\u00e9er une collection de litt\u00e9rature qui donnerait leur chance \u00e0 des \u00e9crivains alg\u00e9riens connus au pays mais inconnus en France.<\/p>\n<p><em>\u00ab&nbsp;Je l\u2019appellerai Bel Horizon&nbsp;!<\/em> [nom touristique donn\u00e9 \u00e0 sa bonne ville d\u2019Oran] <em>Nous irons en faire la promotion au salon du livre d\u2019Alger&nbsp;! Tu viendras avec moi&nbsp;! Le minist\u00e8re de la Culture alg\u00e9rien nous ach\u00e8tera plusieurs centaines de livres pour les biblioth\u00e8ques.&nbsp;\u00bb <\/em>[Entretemps, l\u2019homme s\u2019est <a href=\"http:\/\/www.tamurt.info\/yasmina-khadra-accuse-le-ministere-de-la-culture,5437.html\"><strong>f\u00e2ch\u00e9 tout cru<\/strong><\/a> avec la ministre, et \u00e7a ne s\u2019est pas arrang\u00e9.]&nbsp;Depuis toujours passionn\u00e9 par l\u2019Alg\u00e9rie, sa litt\u00e9rature, son histoire (la guerre d\u2019Alg\u00e9rie est au c\u0153ur de mon roman <em>Le massacre des innocents<\/em>), je me faisais une joie de fouler le sol de ce pays. Faut-il pr\u00e9ciser que je n\u2019y ai jamais mis les pieds, pas plus que je n\u2019ai vu la couleur ni de l\u2019argent, ni du roman in\u00e9dit promis. Pas plus que la concr\u00e9tisation des autres projets all\u00e9chants qu\u2019il m\u2019avait fait miroiter (rachat par un grand \u00e9diteur, puis par un richissime homme d\u2019affaires alg\u00e9rien).<\/p>\n<p>La bonne foi m\u2019oblige \u00e0 pr\u00e9ciser qu\u2019il se trouva \u00e0 l\u2019\u00e9poque quelques amis pour me dissuader de pareille association. <em>\u00ab&nbsp;Ne va pas te mettre dans les pattes de Khadra&nbsp;! L\u2019anar et le militaire, vous n\u2019\u00eates pas faits pour vous entendre&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/em> Jusqu\u2019\u00e0 cette insulte au vitriol envoy\u00e9e via Facebook par la journaliste qui m\u2019avait confi\u00e9 le manuscrit de <em>Morituri<\/em>, m\u2019accusant de collusion avec le \u00ab&nbsp;collabo-tra\u00eetre \u00e0 la solde de Bouteflika&nbsp;\u00bb. D\u2019un naturel t\u00eatu, peu m\u00e9fiant, et surtout all\u00e9ch\u00e9 par la belle aventure qui se profilait et allait me permettre d\u2019effectuer dans des conditions d\u00e9centes ce travail d\u2019\u00e9diteur qui me passionnait, en me versant de nouveau un salaire (ce dont le sieur Khadra, je le compris un peu tard, se contrefichait all\u00e8grement), je d\u00e9cidai de foncer.<\/p>\n<p>J\u2019\u00e9tais d\u2019autant plus confiant que \u00ab&nbsp;l\u2019ami&nbsp;\u00bb Khadra m\u2019abreuvait avec une belle constance de ses j\u00e9r\u00e9miades sur son \u00e9diteur Julliard, accus\u00e9 de ne pas \u00eatre \u00e0 la hauteur de l\u2019immense \u00e9crivain qu\u2019il \u00e9tait. Il ne faisait pour moi aucun doute que mon nouvel associ\u00e9 s\u2019inspirait de l\u2019initiative de l\u2019\u00e9crivain su\u00e9dois <strong>Henning Mankel<\/strong>, lequel, profitant de sa c\u00e9l\u00e9brit\u00e9, cr\u00e9a sa propre maison d\u2019\u00e9dition, Leopart f\u00f6rlag, et <a href=\"http:\/\/www.lexpress.fr\/culture\/livre\/henning-mankell_812081.html#oArg4ptVIKDV8ret.99\"><strong>d\u00e9clarait \u00e0 <\/strong><\/a><em><a href=\"http:\/\/www.lexpress.fr\/culture\/livre\/henning-mankell_812081.html#oArg4ptVIKDV8ret.99\"><strong>L\u2019Express<\/strong><\/a><\/em><em>&nbsp;<\/em>: <em>\u00ab&nbsp;<\/em><em>J&rsquo;avais le m\u00eame \u00e9diteur depuis trente ans et je ne voulais plus que tout cet argent continue \u00e0 passer uniquement dans les poches des riches. Il faut que les revenus des livres soient investis dans de nouveaux livres.&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/em>De toute \u00e9vidence, mon associ\u00e9 allait mettre le paquet pour, primo, renflouer la maison, secundo, lui permettre de prosp\u00e9rer, tierco, en tirer de subtantiels b\u00e9n\u00e9fices, quarto, donner leur chance \u00e0 des inconnus. Il me faudra quelque temps pour comprendre qu\u2019entre les paroles et les actes il y avait un foss\u00e9&nbsp;: celui de l\u2019argent.<\/p>\n<p><strong>Un homme profond\u00e9ment d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9 par l\u2019argent<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019argent, on le sait, est, avec la soif \u00e9perdue de reconnaissance, l\u2019une des plus lancinantes fixations de Yasmina Khadra. Pas un d\u00e9bat, une interview o\u00f9 la chose ne revienne en force, alors que personne \u00e0 ma connaissance ne lui a jamais reproch\u00e9 de gagner confortablement sa vie gr\u00e2ce \u00e0 ses livres. C\u2019est ainsi qu\u2019annon\u00e7ant en novembre 2013 sa candidature aux \u00e9lections pr\u00e9sidentielles alg\u00e9riennes de 2014, avant m\u00eame d\u2019\u00e9voquer son programme (son non-programme, diront les mauvais esprits), il clamait&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Je ne m\u2019int\u00e9resse pas \u00e0 l\u2019argent.&nbsp;\u00bb<\/em>&nbsp;Je peux, quant \u00e0 moi, t\u00e9moigner que cet homme-l\u00e0 ne s\u2019int\u00e9resse pas, mais alors pas du tout, \u00e0 l\u2019argent. Tenez\u2026<\/p>\n<p>M\u00eame quand il place quelques milliers d\u2019euros dans une affaire, il pousse le d\u00e9sint\u00e9ressement jusqu\u2019\u00e0 faire tout ce qui est en son pouvoir pour que les affaires ne soient pas florissantes. J\u2019en connais qui, taraud\u00e9s par l\u2019app\u00e2t du gain \u2013 tel Henning Mankel, dont la maison d\u2019\u00e9dition, qui publie, tiens, tiens, des auteurs africains, se porte bien \u2013, auraient d\u00e9plac\u00e9 des montagnes pour permettre au fleuve Pactole de couler \u00e0 flots. Pas Yasmina Khadra, dont le slogan christique <em>\u00ab&nbsp;Les Alg\u00e9riens ne s\u2019aiment pas assez !&nbsp;\u00bb<\/em>, \u00e0 d\u00e9faut de marquer l\u2019histoire de son pays, rappelle opportun\u00e9ment qu\u2019il ne tient pas les marchands du Temple en odeur de saintet\u00e9.<\/p>\n<p>Je n\u2019aurai donc pas la cruaut\u00e9 de rappeler ici que le 20 juin 2011, YK recevait le <a href=\"http:\/\/www.academie-francaise.fr\/grand-prix-de-litterature-henri-gal\"><strong>prix Jean Gal<\/strong><\/a> de l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise, dot\u00e9 de 40.000 euros,&nbsp;ce qui ne l\u2019emp\u00eachera pas, peu apr\u00e8s, de refuser de pr\u00eater aux \u00e9ditions Apr\u00e8s la Lune les quelques malheureux milliers d\u2019euros qu\u2019il avait promis, et qui feront cruellement d\u00e9faut au moment de mettre en chantier la collection Bel Horizon, fin 2011, emp\u00eachant notamment toute possibilit\u00e9 de promotion.<\/p>\n<p><strong>Collection Bel Horizon (bouch\u00e9)<\/strong><\/p>\n<p>Le plus rageant dans tout cela, ce n\u2019est pas tant le m\u00e9pris avec lequel j\u2019ai \u00e9t\u00e9 trait\u00e9 par ce monsieur. M\u00eame si j\u2019ai sinc\u00e8rement cru qu\u2019apr\u00e8s les emmerdes, les vaches maigres, les poursuites de l\u2019Opus Dei, la pr\u00e9carit\u00e9, ainsi que \u2013 comme me le disait un des mes associ\u00e9s \u2013 une \u00ab&nbsp;certaine incapacit\u00e9 chronique \u00e0 vouloir m\u2019enrichir&nbsp;\u00bb, un miracle \u00e9tait possible. Le plus rageant dans cette affaire, c\u2019est la fa\u00e7on dont ce monsieur a fait croire \u00e0 des auteurs alg\u00e9riens (<strong>Hamid Grine, Fat\u00e9ma Bakha\u00ef, Francis Pornon<\/strong>, qui lui, est, fran\u00e7ais) que sa notori\u00e9t\u00e9 allait servir de caisse de r\u00e9sonnance \u00e0 leurs \u00e9crits.<\/p>\n<p>Au lieu de \u00e7a, ce fut un enterrement de premi\u00e8re classe, malgr\u00e9 de tr\u00e8s beaux textes, mis en valeur par les belles maquettes de <strong>Philippe Routier<\/strong>. \u00c0 part un article de <strong>Claude Combet<\/strong> dans<em>Livres hebdo<\/em>, il fallait \u00eatre dr\u00f4lement d\u00e9gourdi pour savoir, en novembre 2011, que l\u2019\u00e9crivain alg\u00e9rien le plus c\u00e9l\u00e8bre tendait la main \u00e0 ses \u00ab&nbsp;fr\u00e8res de lettres&nbsp;\u00bb dans la maison d\u2019\u00e9dition cr\u00e9\u00e9e par l\u2019\u00e9diteur qui le fit conna\u00eetre en France. Les \u00e9crivains alg\u00e9riens qui l\u2019accus\u00e8rent de censure au Centre culturel alg\u00e9rien seront ravis d\u2019apprendre que Yasmina Khadra se paya le luxe d\u2019autocensurer les auteurs qu\u2019il publia et ne leva pas le petit doigt pour les d\u00e9fendre.<\/p>\n<p>Y compris lorsque&nbsp;<em><strong>Camus dans le narguil\u00e9<\/strong><\/em>,&nbsp;de&nbsp;Hamid Grine,&nbsp;pouss\u00e9 par une <a href=\"http:\/\/jeanjacquesreboux.blogspot.fr\/2012\/02\/gerard-collard-aime-camus-dans-le.html\"><strong>critique \u00e9logieuse<\/strong><\/a> de&nbsp;<strong>G\u00e9rard Collard<\/strong> \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision,&nbsp;connut un joli succ\u00e8s d\u2019estime [950 r\u00e9assorts en dix jours, ce qui n\u2019est pas rien] qui aurait pu se transformer en best-seller pour peu que quelques moyens y fussent consacr\u00e9s. Ce qui aurait eu, il est vrai, l\u2019inconv\u00e9nient de prouver que la langue d\u2019\u00e9crivains alg\u00e9riens tels que <strong>Hamid Grine<\/strong> et <strong>Fat\u00e9ma Bakha\u00ef<\/strong> valait bien celle du ma\u00eetre.<\/p>\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp;Pour moi, tu n\u2019es qu\u2019un accident de parcours.&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Voil\u00e0. Je me suis fait duper par Yasmina Khadra et je n\u2019en suis pas tr\u00e8s fier. Cela aura au moins eu le m\u00e9rite de m\u2019\u00f4ter mes derni\u00e8res illusions de petit \u00e9diteur allant cherchant la pitance avec les dents, &nbsp;d\u00e9fiant les lois du s\u00e9rail, et ayant compris, mais un peu tard, que la crise, les restructurations du m\u00e9tier de l\u2019\u00e9dition et la r\u00e9volution num\u00e9rique avaient d\u00e9finitivement azimut\u00e9 la galaxie Gutenberg, et que dans ce bouleversement de civilisation les petits \u00e9diteurs iconoclastes et d\u00e9sargent\u00e9s ne peuvent pas jouer dans la cour des grands. Reste cette question, qui restera \u00e0 jamais une \u00e9nigme&nbsp;: \u00ab&nbsp;Pourquoi m\u2019as-tu fait croire, Mohammed Moulessehoul, que tu m\u2019aiderais&nbsp;? Pourquoi avoir ferm\u00e9 ce \u00ab&nbsp;bel horizon&nbsp;\u00bb que tu promettais \u00e0 tes compatriotes \u00e9crivains&nbsp;?&nbsp;\u00bb<em>&nbsp;<\/em>Relisant ses derniers courriels \u00e9corch\u00e9s, j\u2019ai bien un d\u00e9but de r\u00e9ponse, que je m\u2019abstiendrai de livrer ici, de peur de passer pour trop cruel.<\/p>\n<p><em>\u00ab&nbsp;Tu m\u2019as d\u00e9\u00e7u. Tu as essay\u00e9 de m\u2019entuber. (\u2026)<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab&nbsp;<\/em><em>De gr\u00e2ce, ne t&rsquo;attribue pas le beau r\u00f4le. Ne dis pas qu&rsquo;aucun \u00e9diteur ne voulait de Morituri. Gallimard l&rsquo;avait accept\u00e9 avec un rare enthousiasme avant de se r\u00e9tracter suite \u00e0 l&rsquo;attentat de Saint-Michel. [sic] D&rsquo;autres \u00e9diteurs le voulaient avant que Baleine se manifeste. Baleine a \u00e9t\u00e9 la mauvaise porte, pour moi. Hormis l&rsquo;\u00e0-valoir, je n&rsquo;ai JAMAIS re\u00e7u un sou des droits de vente sur l&rsquo;ensemble de la trilogie. La preuve, j&rsquo;en subis encore les frais via Platet\/Folio. On me r\u00e9mun\u00e8re au compte-gouttes. Des mis\u00e8res. Et seulement lorsque je les r\u00e9clame. C&rsquo;est-\u00e0-dire une ann\u00e9e sur cinq. (\u2026)<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab&nbsp;Qu&rsquo;esp\u00e8res-tu en te faisant passer pour une victime ? Je subis la mauvaise foi depuis 15 ans. J&rsquo;avance toujours. Parce que je suis un homme droit. Inutile de nous \u00e9crire. <\/em><em>Pour moi, tu n\u2019es qu\u2019un accident de parcours. Tu m\u2019as pris mon argent. Je te le donne. L\u2019avenir nous dira qui a \u00e9t\u00e9 bon et qui ne l\u2019a pas \u00e9t\u00e9. Adieu.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Est-il besoin de pr\u00e9ciser que je n\u2019ai jamais \u00ab&nbsp;pris l\u2019argent&nbsp;\u00bb de ce monsieur et que son entr\u00e9e dans le capital des \u00e9ditions fut d\u00fbment sign\u00e9e devant mon avocat&nbsp;? Mais foin des aigreurs&nbsp;! Il y a une vie apr\u00e8s l\u2019\u00e9dition (l\u2019\u00e9criture, par exemple). Si l\u2019avenir de l\u2019Alg\u00e9rie, apr\u00e8s la r\u00e9\u00e9lection du fauteuil roulant de Bouteflika, est inqui\u00e9tant, celui de Yasmina Khadra m\u2019indiff\u00e8re. Quant aux accidents de parcours, dont j\u2019ai eu plus que ma part, ils sont parfois salutaires, pourvu qu\u2019on n\u2019y laisse pas sa peau.<\/p>\n<p>Fin de la catharsis.&nbsp;Vive la litt\u00e9rature&nbsp;!<br \/>\n[Ajout du 28 avril : <a href=\"http:\/\/jeanjacquesreboux.blogspot.fr\/2014\/04\/yasmina-khadra-brandit-la-menace-dun.html\"><strong>YK brandit la menace d&rsquo;un proc\u00e8s<\/strong><\/a>.]<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Source<\/strong> ;<\/p>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/jeanjacquesreboux.blogspot.fr\/2014\/04\/yasmina-khadra-brandit-la-menace-dun.html\">JEAN-JACQUES REBOUX<\/a><\/h2>\n<p>lire aussi ;<\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: left;\"><strong><a title=\"Ce que Yasmina Khadra doit \u00e0 Youcef Dris\" href=\"http:\/\/algerienetwork.com\/blog\/ce-que-yasmina-khadra-doit-a-youcef-dris\/\">Ce que Yasmina Khadra doit \u00e0 Youcef Dris<\/a>&nbsp;&nbsp;<\/strong><\/li>\n<li style=\"text-align: left;\"><strong><a title=\"Yasmina Khadra le fou du Roi qui veut devenir Empereur.\" href=\"http:\/\/algerienetwork.com\/algerie\/yasmina-khdra-le-fou-du-roi-qui-veut-devenir-empereur-les-dessous-dune-notoriete\/\">Yasmina Khadra le fou du Roi qui veut devenir Empereur.<\/a><\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: left;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>par Jean-Jacques Reboux, ex-directeur des \u00e9ditions Apr\u00e8s la Lune,&nbsp;premier \u00e9diteur en France de Yasmina Khadra Se faire entuber n\u2019est pas chose agr\u00e9able. Le reconna\u00eetre moins encore. C\u2019est avouer qu\u2019on a p\u00each\u00e9 par exc\u00e8s de confiance, par na\u00efvet\u00e9, voire par b\u00eatise. \u00c0 pr\u00e9sent que j\u2019ai mis fin \u00e0 mes activit\u00e9s de petit \u00e9diteur ind\u00e9pendant, j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3495,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[38,28],"tags":[],"class_list":{"0":"post-3217","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-actualites","8":"category-livre"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3217","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3217"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3217\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3217"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3217"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3217"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}