{"id":3571,"date":"2017-08-04T23:09:22","date_gmt":"2017-08-04T23:09:22","guid":{"rendered":"http:\/\/dounyazad.com\/cinema\/?p=3571"},"modified":"2020-06-19T21:12:28","modified_gmt":"2020-06-19T21:12:28","slug":"lalgerie-mise-a-nu-au-panorama-des-cinemas-du-maghreb-et-du-moyen-orient","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/lalgerie-mise-a-nu-au-panorama-des-cinemas-du-maghreb-et-du-moyen-orient\/","title":{"rendered":"L\u2019Alg\u00e9rie mise \u00e0 nu au Panorama des cin\u00e9mas du Maghreb et du Moyen-Orient"},"content":{"rendered":"<p>C\u2019est un film courageux, tragique et lumineux, \u00e0 l\u2019image de sa r\u00e9alisatrice, n\u00e9e \u00e0 Alger, en 1964, et r\u00e9fugi\u00e9e politique en France depuis 2000. En janvier 2010 &#8211;\u00a0cinq ans avant l\u2019attentat contre <i>Charlie Hebdo<\/i>\u00a0&#8211; <a href=\"http:\/\/www.rfi.fr\/contenu\/20100114-dramaturge-algerienne-rayhana-agressee-paris\"><strong>Rayhana a \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9e<\/strong><\/a> dans le m\u00eame XIe arrondissement de Paris, tr\u00e8s probablement par des islamistes en col\u00e8re contre sa pi\u00e8ce. Alors qu\u2019elle se rendait \u00e0 pied \u00e0 la Maison des M\u00e9tallos o\u00f9 l\u2019artiste pr\u00e9sentait <i>\u00c0 mon \u00e2ge je me cache encore pour fumer<\/i> \u00a0&#8211; qui, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, n\u2019\u00e9tait qu\u2019une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre &#8211; deux hommes ont asperg\u00e9 son visage d\u2019essence avant d\u2019\u00e9craser une braise de cigarette sur sa t\u00eate. Par miracle, elle n\u2019a pas pris feu et pu fuir\u2026<\/p>\n<p><b><i>\u00ab\u00a0\u00c0 mon \u00e2ge je me cache encore pour fumer\u00a0\u00bb<\/i><\/b><i><br \/>\n<\/i><br \/>\nAujourd\u2019hui, Rayhana raconte cette histoire de femmes dans un hammam \u00e0 Alger dans son premier long m\u00e9trage, tourn\u00e9 \u00e0 Salonique, par crainte de repr\u00e9sailles, mais avec une force et une franchise inou\u00efe. <i>\u00c0 mon \u00e2ge je me cache encore pour fumer<\/i> nous plonge dans les traumatismes des femmes dans l\u2019Alg\u00e9rie des ann\u00e9es 1990, apr\u00e8s la victoire du Front islamique du salut (FIS) aux \u00e9lections\u2026<\/p>\n<p>Fatima est la patronne du hammam. Pendant que la terreur court la rue, elle transforme l\u2019int\u00e9rieur de son bain de vapeur en un refuge pour les femmes. Ici, la vie et la parole fourmillent\u00a0: toutes les g\u00e9n\u00e9rations et classes sociales se rencontrent, \u00e9changent sur leurs r\u00e9alit\u00e9s souvent tristes, mais confient aussi leurs r\u00eaves et leurs fantasmes \u00e9rotiques.<\/p>\n<p><b>Les corps des femmes rythment le r\u00e9cit<\/b><\/p>\n<p>Samia est l\u2019Antigone de cette histoire. A 29 ans, pas encore mari\u00e9e, elle ose encore \u00e0 r\u00eaver d\u2019un marie \u00e9migr\u00e9 dot\u00e9 de lunettes pour regarder avec lui la mer et l\u2019horizon. Pendant qu&rsquo;elle masse les corps des autres, elle croit encore \u00e0 la possibilit\u00e9 de cr\u00e9er son propre <a href=\"http:\/\/www.rfi.fr\/culture\/20170128-algerie-merzak-allouache-mene-enquete-paradis-fipa\">paradis<\/a> sur terre.<\/p>\n<p>Dans une esth\u00e9tique charnelle, impr\u00e9gn\u00e9e de la couleur de la chair, les corps des femmes investissent l\u2019\u00e9cran, rythment le r\u00e9cit. Prot\u00e9g\u00e9es par les murs du hammam, elles se lavent aussi des humiliations subies\u00a0: la nuit de noces \u00e0 11 ans, les violences quotidiennes, la peur d\u2019\u00eatre trait\u00e9 de\u00a0 \u00ab\u00a0pute\u00a0\u00bb ou asperg\u00e9 de l\u2019acide pour une cigarette fum\u00e9e, une robe port\u00e9e ou un voile refus\u00e9.<\/p>\n<p><b>Le voile et la violence<\/b><\/p>\n<p>Les yeux dans les yeux, on partage le destin des femmes sous le joug des machistes et fondamentalistes. La cam\u00e9ra regarde franchement, ne tremble pas. Sans fausse pruderie, elle touche les corps, les c\u0153urs et les \u00e2mes. A\u00efcha, Keltoum, Zahia et les autres viennent ici pour respirer, se faire malaxer et, parfois, on y chante et danse, pousse des youyous, par exemple, quand\u00a0Nadia brandit avec fiert\u00e9 le certificat de son divorce et f\u00eate sa libert\u00e9 retrouv\u00e9e. Elles s\u2019y disputent aussi, comme sur le port du voile, m\u00eame si Fatima met les choses au clair\u00a0: \u00ab\u00a0<i>Pour les hommes, il n\u2019y a aucune diff\u00e9rence entre vous deux\u00a0: Toi, une b\u00e2ch\u00e9e. Toi une d\u00e9capotable. Bonnes \u00e0 baiser toutes les deux.\u00a0<\/i>\u00bb<\/p>\n<p>Dans cet univers de corps nus merveilleusement mis en sc\u00e8ne surgit la face cach\u00e9e de la violence faite aux femmes. \u00c0 l\u2019int\u00e9rieur du hammam, les f\u00ealures et les faiblesses, les blessures et les bleus prennent corps pendant les bourreaux rodent devant la porte.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.rfi.fr\/culture\/20170426-algerie-mise-nu-rayhana-age-cache-encore-fumer-cinema\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">source<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est un film courageux, tragique et lumineux, \u00e0 l\u2019image de sa r\u00e9alisatrice, n\u00e9e \u00e0 Alger, en 1964, et r\u00e9fugi\u00e9e politique en France depuis 2000. En janvier 2010 &#8211;\u00a0cinq ans avant l\u2019attentat contre Charlie Hebdo\u00a0&#8211; Rayhana a \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9e dans le m\u00eame XIe arrondissement de Paris, tr\u00e8s probablement par des islamistes en col\u00e8re contre sa pi\u00e8ce. [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3572,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[271],"tags":[],"class_list":{"0":"post-3571","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-evenements"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3571","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3571"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3571\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3571"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3571"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3571"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}