{"id":3597,"date":"2017-12-04T13:00:38","date_gmt":"2017-12-04T13:00:38","guid":{"rendered":"http:\/\/dounyazad.com\/cinema\/?p=3597"},"modified":"2020-07-22T12:51:43","modified_gmt":"2020-07-22T12:51:43","slug":"le-contraire-de-lamour-mon-pays-etranger-deux-histoires-dalgerie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/le-contraire-de-lamour-mon-pays-etranger-deux-histoires-dalgerie\/","title":{"rendered":"\u00ab Le Contraire de l\u2019amour \u00bb, \u00ab Mon Pays \u00e9tranger \u00bb : deux histoires d\u2019Alg\u00e9rie"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/passeursmemoires.free.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Dominique Lurcel<\/a> a adapt\u00e9 et mis en sc\u00e8ne le journal de <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Mouloud_Feraoun\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Mouloud Feraoun<\/a> sous le titre \u00ab Le Contraire de l\u2019amour \u00bb. <a href=\"http:\/\/www.sandrinecharlemagne.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Sandrine Charlemagne<\/a> publie un roman titr\u00e9 \u00ab Mon Pays \u00e9tranger \u00bb. Les deux titres sont interchangeables.<\/p>\n<h2>Un Alg\u00e9rien fils de l\u2019\u00e9cole fran\u00e7aise<\/h2>\n<p>Le roman de Sandrine Charlemagne est \u00e9crit comme un journal. Il met en sc\u00e8ne une narratrice qui se rend pour la premi\u00e8re fois en Alg\u00e9rie, le pays de son p\u00e8re d\u00e9c\u00e9d\u00e9, lequel n\u2019a cess\u00e9 de la rudoyer, de l\u2019humilier et de la battre de son vivant, un p\u00e8re qui a \u00e9t\u00e9 \u00ab le contraire de l\u2019amour \u00bb.<\/p>\n<p>Mouloud Feraoun a \u00e9crit \u00ab Fils du pauvre \u00bb en 1939. Un premier roman autobiographique que le Seuil publiera en 1954. L\u2019ann\u00e9e suivante, il commence un journal qui ne sera publi\u00e9 qu\u2019apr\u00e8s sa mort (assassinat) en 1962. Un journal qui se lit comme un roman. Celui d\u2019une vie, la sienne. Et d\u2019un pays comme \u00ab \u00e9tranger \u00bb qui devient le sien.<\/p>\n<p>Cruel destin que celui de cet homme n\u00e9 en 1913, romancier \u00ab d\u2019expression fran\u00e7aise \u00bb, fils de paysans kabyles devenu \u00e9l\u00e8ve de l\u2019\u00e9cole normale d\u2019instituteurs \u00e0 Alger (boursier) dans un pays o\u00f9 peu d\u2019enfants alg\u00e9riens \u00e9taient scolaris\u00e9s (5% en 1912). Mouloud Feraoun devait devenir directeur d\u2019\u00e9cole puis inspecteur des centres sociaux en 1960 \u00e0 Ch\u00e2teau Royal (Alger). C\u2019est l\u00e0 qu\u2019il sera <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Assassinat_de_Ch\u00e2teau-Royal\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">assassin\u00e9<\/a> par l\u2019<a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Organisation_arm\u00e9e_secr\u00e8te\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">OAS<\/a> avec cinq de ses coll\u00e8gues en 1962, peu de jours avant le cessez-le-feu. Son journal raconte son \u00e9volution dans un pays, le sien o\u00f9 il se sent un peu comme \u00e9tranger, jusqu\u2019\u00e0 basculer du c\u00f4t\u00e9 de la r\u00e9sistance et du parti de l\u2019ind\u00e9pendance.<\/p>\n<h2>Une fran\u00e7aise fille d\u2019un p\u00e8re alg\u00e9rien<\/h2>\n<p>Le journal de Mouloud Feraoun est le p\u00e9riple d\u2019un cheminement int\u00e9rieur, d\u2019une conscience d\u00e9chir\u00e9e. Le roman de Sandrine Charlemagne dit les t\u00e2tonnements d\u2019un parcours initiatique :<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab Est-ce r\u00e9ellement mon pays, ce pays dont on a jamais os\u00e9 me parler ? [\u2026] Comment recevra-t-on ma curiosit\u00e9 de femme \u00e0 double identit\u00e9 ? \u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Mouloud Feraoun est lui aussi un \u00eatre divis\u00e9. Accompagn\u00e9 par les ponctuations et les respirations du violoncelle de Marc Lauras, l\u2019acteur <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Samuel_Churin\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Samuel Churin <\/a>traduit en sc\u00e8ne avec conviction les \u00e9tats d\u2019\u00e2me changeants de l\u2019\u00e9crivain alg\u00e9rien d\u2019expression fran\u00e7aise, passant du doute \u00e0 la col\u00e8re, de la souffrance \u00e0 la r\u00e9volte.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas sur la tombe de son p\u00e8re (o\u00f9 elle ne se rendra finalement pas), d\u2019un p\u00e8re qu\u2019elle appeler \u00ab pater \u00bb que la narratrice de \u00ab Mon pays \u00e9tranger \u00bb trouvera \u00e0 apprivoiser un pays qui \u00e9tait jusqu\u2019alors un mirage, mais aupr\u00e8s d\u2019un homme de th\u00e9\u00e2tre, Mahmoud (qui a \u00ab l\u2019\u00e2ge qu\u2019aurait le pater s\u2019il \u00e9tait encore l\u00e0 \u00bb). Il l\u2019attend au pied du bateau et sera le premier \u00e0 la guider dans un pays qu\u2019elle ne demande qu\u2019\u00e0 aimer. Malgr\u00e9 les assassinats (directeur de th\u00e9\u00e2tre, acteurs).<\/p>\n<p>\u00ab Je suis l\u00e0 pour trouver ma v\u00e9rit\u00e9 \u00bb, \u00e9crit la narratrice. Elle ne la trouvera pas. \u00ab Non je ne saurai jamais la cause de tant de solitude glaciale entre nous \u00bb, dit-elle parlant de son p\u00e8re alg\u00e9rien qui, aupr\u00e8s d\u2019elle, sera comme un \u00e9tranger. A Oran, entre femmes, la narratrice trouvera des s\u0153urs. Rires et douceurs. Et, \u00e0 travers elles, l\u2019\u00e9cho de son amie Nina avec laquelle elle ne cesse d\u2019effectuer ce voyage en pens\u00e9e puisqu\u2019elles voulaient le faire ensemble mais que Nina s\u2019est suicid\u00e9e.<\/p>\n<h2>Dis moi ton nom et je te dirai&#8230;<\/h2>\n<p>La mort violente traverse aussi le journal de Mouloud Feraoun avant que sa propre mort n\u2019y mette fin. Il \u00e9crit en fran\u00e7ais, la langue du colonisateur, il craint que la mort ne vienne de son propre camp. Elle viendra de ceux dont il a appris la langue. Dans l\u2019Alg\u00e9rie ind\u00e9pendante et d\u00e9chir\u00e9e o\u00f9 d\u00e9barque la narratrice de Sandrine Charlemagne, on intime l\u2019ordre \u00e0 \u00ab la Fran\u00e7aise \u00bb de taire sa langue dans les lieux public, les taxis. Elle a \u00ab peur de parler fran\u00e7ais \u00bb.<\/p>\n<p>Et pour finir, la question du nom rapproche ces deux destins.<\/p>\n<p>\u00ab Inutile de dire que je ne m\u2019appelle pas Feraoun \u00bb, \u00e9crit l\u2019\u00e9crivain alg\u00e9rien d\u2019expression fran\u00e7aise dans une lettre \u00e0 <a href=\"http:\/\/emmanuelrobles.online.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Emmanuel Robl\u00e8s<\/a>. Ce nom, c\u2019est celui choisi par l\u2019administration fran\u00e7aise. Dans le village o\u00f9 il est n\u00e9, Tizi Hibel, on ne connait pas Feraoun mais on connait la famille A\u00eft Chaba\u00e2ne.<\/p>\n<p>De m\u00eame, au lieu de porter un pr\u00e9nom bien fran\u00e7ais, la narratrice de \u00ab Mon pays \u00e9tranger \u00bb aurait d\u00fb s\u2019appeler Malika. Mais son p\u00e8re qui ne lui parla jamais dans sa langue natale, en d\u00e9cida autrement.<\/p>\n<p>\u00ab L\u2019imposition d\u2019un nom de famille toucha de m\u00eame au c\u0153ur de l\u2019identit\u00e9 personnelle des Alg\u00e9riens \u00bb, \u00e9crit l\u2019historienne <a href=\"http:\/\/chs.univ-paris1.fr \u203a Annuaire\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Sylvie Thenault<\/a> dans cette somme remarquable qu\u2019est \u00ab Histoire de l\u2019Alg\u00e9rie \u00e0 la p\u00e9riode coloniale \u00bb qu\u2019elle a pilot\u00e9e avec Abderrahmane Nouch\u00e8ne, Jean-Pierre Peyroulou et Ouanassa Siari Tengour et qui vient de para\u00eetre (\u00e9ditions La D\u00e9couverte, 720p, 28,50\u20ac).<\/p>\n<p>La violence, la n\u00e9gation commencent dans le nom impos\u00e9. C\u2019est aussi ce que racontent ce spectacle inspir\u00e9 d\u2019un journal et ce roman au sous-bassement biographique.<\/p>\n<div id=\"infos_pratiques\">\n<div>Infos pratiques<\/div>\n<div>\u00ab\u00a0Le contraire de l&rsquo;amour\u00a0\u00bb d&rsquo;apr\u00e8s le Journal de Mouloud Feraoun, \u00ab\u00a0Mon pays \u00e9tranger\u00a0\u00bb par Sandrine Charlemagne<\/div>\n<div>un spectacle, un roman, un seul sujet: l&rsquo;Alg\u00e9rie<\/div>\n<ul>\n<li>\u00ab Le contraire de l&rsquo;amour \u00bb \u00e0 la <a href=\"http:\/\/www.maisondesmetallos.org\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Maison des M\u00e9tallos <\/a>, jeudi et vendredi \u00e0 20h, samedi \u00e0 19h et dimanche \u00e0 16h, jusqu&rsquo;au 18 novembre, 01 47 00 25 20, puis 20 et 21 nov au Th\u00e9\u00e2tre Firmin G\u00e9mier Antony, 24 nov m\u00e9diath\u00e8que Andr\u00e9 Malraux \u00e0 Strasbourg, 27 nov Th\u00e9\u00e2tre de Chelles, 30 nov Les Quatre saisons \u00e0 Givors, 4 d\u00e9c Th\u00e9\u00e2tre de Lisieux, 19 d\u00e9c Salle Vasse \u00e0 Nantes, etc.<\/li>\n<li>\u00ab Mon pays \u00e9tranger\u201c <a href=\"http:\/\/www.ladifference.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"> Editions de la diff\u00e9renc<\/a>e, 256p, 18 euros<\/li>\n<\/ul>\n<p><a href=\"http:\/\/blogs.rue89.com\/balagan\/2012\/11\/15\/le-contraire-de-lamour-mon-pays-etranger-deux-histoires-dalgerie-228910\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">source<\/a><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dominique Lurcel a adapt\u00e9 et mis en sc\u00e8ne le journal de Mouloud Feraoun sous le titre \u00ab Le Contraire de l\u2019amour \u00bb. 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