{"id":3685,"date":"2016-06-14T21:13:47","date_gmt":"2016-06-14T21:13:47","guid":{"rendered":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/?p=3685"},"modified":"2020-06-05T23:23:43","modified_gmt":"2020-06-05T23:23:43","slug":"il-nest-plus-question-de-democratie-faites-place-a-la-post-democratie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/il-nest-plus-question-de-democratie-faites-place-a-la-post-democratie\/","title":{"rendered":"Il n\u2019est plus question de d\u00e9mocratie : faites place \u00e0 la \u00ab post-d\u00e9mocratie \u00bb !"},"content":{"rendered":"<blockquote><p><em>\u00ab\u00a0La d\u00e9mocratie n\u2019y est plus vue comme un ordre politique \u00e0 construire en commun, entre les diff\u00e9rents groupes ou classes constitutifs de la communaut\u00e9 politique, mais comme une r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9j\u00e0 \u00e9difi\u00e9e qui doit \u00eatre donn\u00e9e et distribu\u00e9e par l\u2019\u00c9tat. On ne songe plus \u00e0 b\u00e2tir un \u00c9tat d\u00e9mocratique. On demande \u00e0 un \u00c9tat pos\u00e9 comme par essence toujours d\u00e9mocratique de distribuer des droits ou de la reconnaissance juridique. De co-constructeurs de la d\u00e9mocratie, les individus des soci\u00e9t\u00e9s d\u00e9mocratiques en deviennent les cr\u00e9anciers\u00a0\u00bb, <\/em>\u00a0Alain Caill\u00e9<em>.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p><strong>\u00ab\u00a0Post-d\u00e9mocratie\u00a0\u00bb est un essai publi\u00e9 en 2000 par Colin Crouch (\u00e9ditions Diaphanes). N\u00e9 en 1944, politologue et sociologue britannique, il d\u00e9bute \u00e0 la London School of Economics en 1969, en qualit\u00e9 de lecteur. Enseignant successivement \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Bath et d\u2019Oxford, il tient de 1995 \u00e0 2004 la chaire de Science Politique \u00e0 l\u2019Institut universitaire europ\u00e9en de Florence et y enseigne la sociologie. Jusqu\u2019\u00e0 2011, il est professeur de Management public au sein de l\u2019University of Warwick Business School.<\/strong><\/p>\n<p>Quel sens donner \u00e0 l\u2019utilisation du pr\u00e9fixe \u00ab\u00a0post\u00a0\u00bb accol\u00e9 ici \u00e0 celui de d\u00e9mocratie ? C\u2019est l\u2019id\u00e9e de mouvement, de changement \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur m\u00eame d\u2019un concept\u00a0: il en garde le nom, mais ses changements sont si importants qu\u2019il convient de lui ajouter un pr\u00e9fixe \u00ab\u00a0post\u00a0\u00bb. C\u2019est l\u2019apr\u00e8s paradigme, vers une forme de d\u00e9passement. D\u00e9passement qui ne demeure pas total puisque le paradigme a laiss\u00e9 de consid\u00e9rables marques. C\u2019est pourquoi sa pr\u00e9sence est essentielle.<\/p>\n<p>Appliqu\u00e9 au concept de post-d\u00e9mocratie, c\u2019est l\u2019image que cette derni\u00e8re a d\u00e9pass\u00e9 <em>\u00ab\u00a0l\u2019id\u00e9e d\u2019un gouvernement par le peuple, et remis en cause l\u2019id\u00e9e m\u00eame de gouvernement\u00a0\u00bb<\/em>. Un d\u00e9passement perceptible selon l\u2019auteur dans l\u2019\u00e9volution de l\u2019\u00e9quilibre de la citoyennet\u00e9\u00a0: <em>\u00ab Effondrement de la d\u00e9f\u00e9rence envers les gouvernements (\u2026), la revendication d\u2019une transparence publique totale et la r\u00e9duction de la fonction des hommes politiques\u00a0\u00bb<\/em>. Ainsi, la \u00ab\u00a0classe politique\u00a0\u00bb forme ses propres r\u00e9ponses face au d\u00e9passement \u00e0 l\u2019\u0153uvre et de leur fonction. Pour ce faire, elle recours essentiellement aux techniques <em>\u00ab\u00a0courantes de la manipulation politique contemporaine\u00a0\u00bb<\/em>, qualifi\u00e9 aussi de <em>show business<\/em> et de marketing commercial. La p\u00e9riode \u00ab\u00a0post\u00a0\u00bb est donc une p\u00e9riode tr\u00e8s complexe o\u00f9 les r\u00e9alit\u00e9s formelles du \u00ab\u00a0pr\u00e9-d\u00e9passement\u00a0\u00bb restent pr\u00e9sentes.<\/p>\n<p>L\u2019influence croissante des lobbies \u00e9conomiques sur la question politique, d\u00e9bouchant sur une modification des agendas des gouvernements en mati\u00e8re \u00e9conomique, la privatisation exponentielle des services publics ou encore la s\u00e9paration consid\u00e9rable entre la base citoyenne militante et les partis politiques engendrent de graves cons\u00e9quences sur la r\u00e9alit\u00e9 des droits des citoyens. Car la post-d\u00e9mocratie, c\u2019est aussi une remise en cause de la citoyennet\u00e9. La citoyennet\u00e9 active (la participation \u00e0 la direction de la vie de la cit\u00e9) laisse place \u00e0 une citoyennet\u00e9 \u00ab\u00a0passive\u00a0\u00bb o\u00f9 l\u2019\u00e9diction de normes permet la protection de l\u2019individu contre <em>l\u2019autre<\/em> \u2013 autrui \u2013 mais surtout contre l\u2019\u00c9tat.<\/p>\n<h3>C\u2019est la fragmentation de la population qui est en jeu<\/h3>\n<div id=\"attachment_10876\" class=\"wp-caption alignright\">\n<p><a class=\"cboxElement\" title=\"Post-d\u00e9mocratie, par Colin Crouch aux \u00e9ditions Diaphanes.\" href=\"http:\/\/the-dissident.eu\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/post-democratie-de-crouch-940857528_L.jpg\" rel=\"lightbox[10863]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-10876\" src=\"http:\/\/the-dissident.eu\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/post-democratie-de-crouch-940857528_L.jpg\" sizes=\"auto, (max-width: 303px) 100vw, 303px\" srcset=\"http:\/\/the-dissident.eu\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/post-democratie-de-crouch-940857528_L.jpg 303w, http:\/\/the-dissident.eu\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/post-democratie-de-crouch-940857528_L-193x300.jpg 193w\" alt=\"Post-d\u00e9mocratie, par Colin Crouch aux \u00e9ditions Diaphanes.\" width=\"303\" height=\"471\" \/><\/a><\/p>\n<p class=\"wp-caption-text\">Post-d\u00e9mocratie, par Colin Crouch aux \u00e9ditions Diaphanes.<\/p>\n<\/div>\n<p>Quelle place pour le citoyen au c\u0153ur de cette \u00ab\u00a0phase\u00a0\u00bb d\u00e9mocratique\u00a0? La nuance peut \u00eatre apport\u00e9e ici car la \u00ab\u00a0post-d\u00e9mocratie\u00a0\u00bb n\u2019est pas un moment o\u00f9 le citoyen n\u2019existe plus, o\u00f9 il n\u2019est plus pris en compte ni \u00e9cout\u00e9 : jamais les sondages et la communication politique n\u2019ont connu pareille importance. La post-d\u00e9mocratie se soucie de l\u2019avis des individus, c\u2019est ce qui lui reste du moment \u00ab\u00a0d\u00e9mocratique\u00a0\u00bb. Quelle articulation entre citoyennet\u00e9 passive et int\u00e9r\u00eat pour l\u2019individu\u00a0? Force est de constater la multiplication de r\u00e9seaux, d\u2019associations poursuivant collectivement des objectifs qui leurs sont propres. Est-ce pour autant une repr\u00e9sentation, une marque de la bonne sant\u00e9 de la d\u00e9mocratie\u00a0? Colin Crouch r\u00e9pond par la n\u00e9gative\u00a0: pour l\u2019auteur, ces \u00ab\u00a0regroupements\u00a0\u00bb sont les t\u00e9moins d\u2019une <em>\u00ab\u00a0soci\u00e9t\u00e9 lib\u00e9rale forte\u00a0\u00bb,<\/em> mais pas d\u2019une <em>\u00ab\u00a0d\u00e9mocratie forte\u00a0\u00bb<\/em>. Leur poids n\u2019est que trop faible au regard de l\u2019influence que peuvent avoir les lobbies d\u2019int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques aupr\u00e8s des gouvernements et \u2013 surtout \u2013 aupr\u00e8s de l\u2019agenda politique.<\/p>\n<p>La conduite de l\u2019id\u00e9al d\u00e9mocratique tend vers une d\u00e9mocratie maximale, celle qui se perd au c\u0153ur de la post-d\u00e9mocratie. L\u2019auteur\u00a0d\u00e9montre rigoureusement, \u00e0 travers six chapitres concis et pr\u00e9cis, par quels m\u00e9canismes et par quelles caract\u00e9ristiques les d\u00e9mocraties modernes sont entr\u00e9es dans une phase \u00ab\u00a0post-d\u00e9mocratique\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h3>Les m\u00e9dias, un r\u00f4le essentiellement \u00ab\u00a0publicitaire\u00a0\u00bb<\/h3>\n<p>La post-d\u00e9mocratie repr\u00e9sente la courbe descendante de la parabole d\u00e9mocratique \u00e9voqu\u00e9e. La courbe ascendante se situe entre 1945 et 1980, celle de l\u2019\u00e8re des \u00c9tats providence\u00a0: consommation de masse, croissance de la production, soutien de l\u2019\u00c9tat, politisation et revendication des masses\u2026 \u00c0 partir des ann\u00e9es 1990, on assiste \u00e0 l\u2019av\u00e8nement de la <em>\u00ab\u00a0courbe lib\u00e9rale de la d\u00e9mocratie\u00a0\u00bb<\/em> m\u00ealant conservation des institutions et d\u00e9gradation de la citoyennet\u00e9 (c\u2019est \u00e0 dire de la capacit\u00e9 des citoyens \u00e0 changer les instances politiques). Ces deux vecteurs \u00e9tant accompagn\u00e9s par les m\u00e9dias qui jouent, selon l\u2019auteur, un r\u00f4le essentiellement \u00ab\u00a0publicitaire\u00a0\u00bb livrant une mise en sc\u00e8ne constante de la vie politique, des hommes politiques et de la politique. Cette \u00e9volution est constante car elle est v\u00e9hicul\u00e9e par <em>\u00ab\u00a0l\u2019in\u00e9vitable entropie de la d\u00e9mocratie\u00a0\u00bb<\/em>. L\u2019\u00e9lection n\u2019\u00e9chappe pas \u00e0 cette derni\u00e8re\u00a0: le changement \u00e9lectoral est visible au sein d\u2019un d\u00e9bat public \u00e9rig\u00e9 en spectacle \u2013 sous contr\u00f4le \u2013 face \u00e0 des citoyens devenus apathiques et passifs.<\/p>\n<p>La politique ne semble se jouer qu\u2019au regard d\u2019interactions entre acteurs\u00a0: le gouvernement \u00e9lu, les lobbies et les \u00e9lites \u00e9conomiques.<\/p>\n<p>Le \u00ab\u00a0moment d\u00e9mocratique\u00a0\u00bb d\u00e9crit, c\u2019est celui o\u00f9 les soci\u00e9t\u00e9s tendent vers une \u00ab\u00a0d\u00e9mocratie maximale\u00a0\u00bb \u00e0 la suite de l\u2019instauration de la d\u00e9mocratie ou suite \u00e0 de \u00ab\u00a0graves crises de r\u00e9gime\u00a0\u00bb. Le ph\u00e9nom\u00e8ne donne lieu \u00e0 un certain enthousiasme, \u00e0 une red\u00e9finition collective de la vie en soci\u00e9t\u00e9 et \u00e0 une mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart \u00ab\u00a0de groupes puissants non-d\u00e9mocratiques\u00a0\u00bb. Aussi, c\u2019est une p\u00e9riode dans laquelle les soci\u00e9t\u00e9s ne connaissent pas \u2013 encore \u2013 l\u2019art de la manipulation. Crouch envisage m\u00eame la possibilit\u00e9 d\u2019une incarnation autoritaire des mouvements de masse.<\/p>\n<p>Cette phase se d\u00e9cline dans le temps. L\u2019engagement politique \u00e9lev\u00e9 des ann\u00e9es 1940-1950 faiblit, les \u00e9lites sont de plus en plus pr\u00e9sentes et apprennent \u00e0 manipuler les citoyens. Les probl\u00e8mes politiques deviennent complexes \u2013 emportant une technicisation des questions qui limite la participation de tous \u2013 et les \u00e9lecteurs d\u00e9sertent les bureaux de vote.<\/p>\n<p>Les premi\u00e8res crises des ann\u00e9es 1970 ainsi que la d\u00e9r\u00e9gulation financi\u00e8re des ann\u00e9es 1980 vont acc\u00e9l\u00e9rer le processus\u00a0: la consommation de masse s\u2019essouffle face \u00e0 la pr\u00e9\u00e9minence des march\u00e9s. Le capital s\u2019impose face au travail, les r\u00e9gimes de protection sociale s\u2019effritent et l\u2019influence des syndicats chute.<\/p>\n<h3>Les multinationales, en relation constante avec les \u00e9lites politiques<\/h3>\n<p>Les raisons de la crise d\u00e9mocratique sont explicit\u00e9es successivement avec une logique implacable par l\u2019auteur qui nous am\u00e8ne \u00e0 le suivre sans sourciller. Il d\u00e9veloppe dans un premier temps l\u2019influence du mod\u00e8le de l\u2019entreprise multinationale qu\u2019il qualifie d\u2019institution clef de la post-d\u00e9mocratie. Cette m\u00eame entreprise qui ne cesse de se diluer, de sous-traiter en masse pour se d\u00e9barrasser de ses t\u00e2ches manuelles, pour ne plus se concentrer que sur l\u2019aspect \u00ab\u00a0communicationnel\u00a0\u00bb et \u2013 surtout \u2013 pour ne plus rendre visible les responsables de ces grandes multinationales. Elle d\u00e9veloppe un \u00ab\u00a0nouveau paradigme\u00a0\u00bb\u00a0: c\u2019est l\u2019entreprise fant\u00f4me qui se concr\u00e9tise \u00e0 partir des ann\u00e9es 1980. Les entreprises deviennent des \u00ab\u00a0mod\u00e8les institutionnels\u00a0\u00bb pour devenir des \u00ab\u00a0concentrations de pouvoir\u00a0\u00bb, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des \u00e9lites politiques avec lesquelles elles sont en relation constante.<\/p>\n<p>L\u2019autre versant porte sur les classes sociales et sur les citoyens. Colin Crouch d\u00e9montre comment l\u2019affaiblissement de l\u2019importance politique des travailleurs a jou\u00e9 sur la crise de la d\u00e9mocratie. Au del\u00e0 de cet affaiblissement, on retrouve l\u2019id\u00e9e d\u2019une absence d\u2019organisation des autres classes sociales, notamment celles qui se sont d\u00e9velopp\u00e9es au cours des ann\u00e9es 1970 avec l\u2019essor des emplois du secteur tertiaire. La crise des bases citoyennes des partis \u2013 \u00e9voqu\u00e9e avec le probl\u00e8me du r\u00e9formisme contemporain \u2013 am\u00e8ne l\u2019universitaire \u00e0 \u00e9voquer la nouvelle forme du \u00ab\u00a0parti politique\u00a0\u00bb au sein du moment post-d\u00e9mocratique. Ces derniers ont repris le mod\u00e8le de l\u2019entreprise au c\u0153ur d\u2019une reproduction perp\u00e9tuelle des \u00e9lites politiques et de l\u2019\u00e9tablissement assum\u00e9 de relations avec les grandes multinationales par le biais notamment de contrats divers (sondages, analyses, conseils\u2026) et d\u2019\u00e9valuations. Ces nouveaux partis sont pourtant plus nuanc\u00e9s que cela\u00a0: aux traits post-d\u00e9mocratiques \u00e9voqu\u00e9s (r\u00e9elle attention aux sondages d\u2019opinion visant les \u00e9lecteurs) se rajoutent des traits \u00ab\u00a0pr\u00e9-d\u00e9mocratiques\u00a0\u00bb, consacr\u00e9s par les relations \u00e9troites des partis avec les milieux \u00e9conomiques et patronaux. Cette congruence entre milieux \u00e9conomiques\/patronaux et milieux politiques se traduit par une privatisation accrue des services publics mais aussi \u2013 <em>de facto<\/em> \u2013 de la citoyennet\u00e9.<\/p>\n<h3>La d\u00e9mocratie, \u00ab\u00a0une coquille vide\u00a0\u00bb<\/h3>\n<p>C\u2019est aussi une r\u00e9duction des droits des citoyens puisque l\u2019opacit\u00e9 de la structure publique d\u00e9sormais privatis\u00e9e (sous-trait\u00e9e ou conc\u00e9d\u00e9e <em>a minima<\/em>) emp\u00eache le citoyen d\u2019exercer un contr\u00f4le direct. Ainsi, l\u2019\u00c9tat, par perte de confiance due aux id\u00e9ologies lib\u00e9rales et \u00e9conomiques \u2013 qui tendent \u00e0 convaincre que l\u2019\u00c9tat est bien moins comp\u00e9tent que les march\u00e9s \u2013 a tendance \u00e0 se d\u00e9lester de ses activit\u00e9s principales de gestion de l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral et de l\u2019\u00e9galit\u00e9 d\u2019acc\u00e8s pour <em>\u00ab\u00a0se consacrer \u00e0 son image\u00a0\u00bb<\/em>. Telle une entreprise priv\u00e9e. L\u2019absence r\u00e9elle de contr\u00f4le des citoyens renforce l\u2019id\u00e9e selon laquelle la v\u00e9ritable relation entre ces derniers et l\u2019\u00c9tat reste concentr\u00e9e sur le jeu \u00e9lectoral.<\/p>\n<p>L\u2019apport de cet essai est ind\u00e9niable tant il d\u00e9m\u00eale avec pr\u00e9cision toutes les caract\u00e9ristiques qui font la post-d\u00e9mocratie. Du n\u00e9ologisme aux classes sociales, en passant par les entreprises multinationales et les partis politiques, sa d\u00e9monstration est pertinente et d\u2019actualit\u00e9. L\u2019auteur ne sombre pas dans un fatalisme certain, celui qui emp\u00eache de croire \u00e0 tous changements. Si <em>\u00ab\u00a0la d\u00e9mocratie est de plus en plus une coquille vide\u00a0\u00bb<\/em>, Colin Crouch nous montre qu\u2019il est de notre devoir de <em>\u00ab\u00a0retrouver des marges d\u2019action\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/the-dissident.eu\/10863\/il-nest-plus-question-de-democratie-faites-place-a-la-post-democratie\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">source<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0La d\u00e9mocratie n\u2019y est plus vue comme un ordre politique \u00e0 construire en commun, entre les diff\u00e9rents groupes ou classes constitutifs de la communaut\u00e9 politique, mais comme une r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9j\u00e0 \u00e9difi\u00e9e qui doit \u00eatre donn\u00e9e et distribu\u00e9e par l\u2019\u00c9tat. On ne songe plus \u00e0 b\u00e2tir un \u00c9tat d\u00e9mocratique. 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