{"id":4568,"date":"2016-07-15T14:23:02","date_gmt":"2016-07-15T14:23:02","guid":{"rendered":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/?p=4521"},"modified":"2016-07-15T14:23:02","modified_gmt":"2016-07-15T14:23:02","slug":"omar-mokhtar-chaalal-le-fugitif","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/omar-mokhtar-chaalal-le-fugitif\/","title":{"rendered":"Omar Mokhtar Chaalal : Le Fugitif"},"content":{"rendered":"<p>Auteur : Omar Mokhtar Chaalal.<br \/>\nTitre : Le fugitif.<br \/>\nGenre : roman. XI chapitres titr\u00e9s.<br \/>\nEditions : Casbah. 2006. 127 pages.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9ambule<\/strong>.<br \/>\nJ\u2019informe mes ami\/e\/s litt\u00e9raires et mes ami\/e\/s lecteurs lectrices initi\u00e9\/e\/s aux th\u00e9ories litt\u00e9raires, qu\u2019une certaine terminologie appartient \u00e0 mes propres th\u00e9ories dont je fais un sage usage assur\u00e9 de sa pertinence et sans crainte de la profanation de l\u2019orthodoxie du temple acad\u00e9mique condamnant \u00e0 l\u2019h\u00e9r\u00e9sie et \u00e0 la vanit\u00e9 toute innovation.<\/p>\n<p>Ceci est un bref article. J\u2019y pr\u00e9sente quelques pistes pour ceux qui souhaitent participer \u00e0 l\u2019\u00e9laboration de l\u2019ouvrage r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 notre d\u00e9funt ami. Je suis au travail depuis longtemps.<\/p>\n<p>Ma pr\u00e9sentation est br\u00e8ve les redondances qu\u2019elle contient lui sont n\u00e9cessaires.<\/p>\n<p><strong>\u00ab Le fugitif \u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Le titre est \u00e9loquent est initie par son seuil, &#8211; le seuil au sens de G\u00e9rard Genette- le lecteur, au double et compl\u00e9mentaire sens du titre : homme traqu\u00e9 ne s\u2019autorisant que des apparitions fugaces afin d\u2019\u00e9chapper \u00e0 ses poursuivants.<\/p>\n<p>L\u2019objet de la traque est bien entendu une proie et toute proie connait des pr\u00e9dateurs. Or, dans ce cas pr\u00e9cis, la proie en plus d\u2019\u00eatre un homme, Hocine\/Omar, c\u2019est aussi son esprit, ses id\u00e9es qui doivent \u00eatre mis \u00e0 l\u2019\u00e9cart de la soci\u00e9t\u00e9, au rancart, au quart des matons apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 mat\u00e9\/s.<\/p>\n<p>En guise de commentaire \u00e0 l\u2019illustration en premi\u00e8re de couverture, une maison de la casbah d\u2019Alger, certainement la Rue des Vandales, je cite une phrase de la p22 : \u00ab Puis nous nous engouffr\u00e2mes dans l\u2019\u00e9troite ruelle. Une ruelle semblable \u00e0 la rue des Vandales de Yacine, une ruelle sans image et sans cartes postales. \u00bb<br \/>\nRue anonyme, faite pour les fugitifs : sans images et sans cartes postales l\u2019expression accro\u00eet l\u2019atmosph\u00e8re et l\u2019esprit de la clandestinit\u00e9. La convocation de Kateb Yacine que Omar Chaalal interpelle plusieurs fois comme il le fait pour son po\u00e8te d\u2019\u00e9lection le Prix Nobel Nazim Hikmet sont des r\u00e9f\u00e9rences id\u00e9ologiques certaines, iconographie de la lutte.<\/p>\n<p>Le titre est une porte ouverte sur l\u2019incipit qui m\u00e8ne de plain-pied dans l\u2019action clandestine d\u00e9crite au premier chapitre. Petit matin gris et pluvieux d\u2019un hiver alg\u00e9rois. Rendez-vous pr\u00e9cautionneux entre deux partisans devant aller \u00e0 un rendez-vous clandestin ayant lieu \u00e0 El Harrach. Le trajet y est d\u00e9crit, s\u2019il est loin de l\u2019hypotypose, il propose un aper\u00e7u des haltes et des lieux, connaissances indispensables \u00e0 tout fugitif.<\/p>\n<p>L\u2019exipit quant-\u00e0 lui, verrouille le texte d\u2019un \u00e9pisode \u00e0 haut risque par quelques vers traitant du p\u00e8re de Hocine\/Omar, debout sur le quai de la gare de S\u00e9tif sous la surveillance de deux policiers. Le p\u00e8re n\u2019a pas l\u2019occasion de rencontrer Hocine\/Omar \u00e0 S\u00e9tif, puisque la police est sur les traces du fugitif.<\/p>\n<p>\u00ab Deux larmes s\u2019\u00e9croul\u00e8rent sur les joues du p\u00e8re,<br \/>\nL\u2019une tomba dans le c\u0153ur du proscrit,<br \/>\nL\u2019autre inonda le monde de l\u2019oppression\u2026 \u00bb<\/p>\n<p>Fouillant discr\u00e8tement du regard le quai de la gare, le fugitif aper\u00e7oit son paternel et retient comme un scotome, une empreinte r\u00e9tinienne ind\u00e9l\u00e9bile, deux larmes sur les joues du p\u00e8re.<\/p>\n<p>C\u2019est l\u2019hiver, un hiver alg\u00e9rois pluvieux, des militants clandestins du PAGS, dont l\u2019un activement recherch\u00e9 par la police se rencontrent pour aller vers une r\u00e9union secr\u00e8te.<\/p>\n<p>Rendez-vous fixe, rendez-vous de rattrapage, messages cod\u00e9s, tout l\u2019arsenal de la clandestinit\u00e9 y est d\u00e9crit.<\/p>\n<p>Hocine\/Omar, dont l\u2019identit\u00e9 fut r\u00e9v\u00e9l\u00e9e sous la torture lors de l\u2019arrestation d\u2019un autre membre du parti dans un commissariat de S\u00e9tif est le narrateur de l\u2019hivernale aventure.<\/p>\n<p>Le r\u00e9cit est testimonial. Derri\u00e8re le pr\u00e9nom de Hocine se tient Omar Mokhtar Chaalal, rep\u00e9rable gr\u00e2ce \u00e0 ce que je nomme : \u00ab les identit\u00e9s identifiantes \u00bb autrement dit, les \u00e9l\u00e9ments de fiction rep\u00e9rables dans la biographie de l\u2019auteur, \u00e9l\u00e9ments faisant passer le vraisemblable fictionnel vers le r\u00e9el autobiographique, chassant ainsi toute approche par l\u2019autofiction et toute id\u00e9e d\u2019autofiction.<\/p>\n<p>Si \u00ab l\u2019anonymat aspectuel \u00bb absence de portrait physique des personnages, est une pratique d\u2019\u00e9criture particuli\u00e8re au roman moderne, Chaalal en fait un usage subtile pour mieux pr\u00e9senter l\u2019anonymat si n\u00e9cessaire \u00e0 la vie clandestine.<\/p>\n<p>Savoureusement bien \u00e9crit, soulag\u00e9 de toutes surcharges, \u00ab Le fugitif \u00bb \u00e9crit filmique \u00e0 souhait, proc\u00e8de \u00e0 une comparaison assez subtile entre les pratiques polici\u00e8res de l\u2019\u00e9poque coloniale et celles des services de s\u00e9curit\u00e9 et policiers de l\u2019Alg\u00e9rie ind\u00e9pendante.<br \/>\nL\u2019\u00e9pop\u00e9e narr\u00e9e inscrit son chronotope en hiver au mois de ramadhan, entre Alger et S\u00e9tif et retour vers la capitale.<\/p>\n<p>L\u2019onomastique est r\u00e9gionale, le recours au quolibet ou surnom a pour but de r\u00e9sumer la vie des personnages avant leur engagement dans l\u2019action politique clandestine.<\/p>\n<p>Hocine\/Omar, le fugitif, h\u00e9berg\u00e9 \u00e0 la Casbah d\u2019Alger apprend que son fr\u00e8re est malade et hospitalis\u00e9. Il contrevient \u00e0 toutes les r\u00e8gles de s\u00e9curit\u00e9 du parti et en compagnie de Youcef le constantinois, il se rend \u00e0 S\u00e9tif sous les trombes de neige que connaissait la r\u00e9gion \u00e0 l\u2019\u00e9poque du r\u00e9cit.<\/p>\n<p>Sachant les gares surveill\u00e9es, lui et son compagnon de lutte descendent du train en marche \u00e0 Mezloug. Ils affrontent le froid, la faim, les chiens et les risques de mauvaises rencontres et ne peuvent compter sur le secours d\u2019un camarade r\u00e9sidant des lieux pr\u00e9nomm\u00e9 Lamri n\u2019ayant pas r\u00e9pondu \u00e0 leurs appels pour raison d\u2019absence assur\u00e9ment.<\/p>\n<p>Les camarades de lutte luttent aussi contre la neige, le vent, le froid, les fondri\u00e8res et les flaques d\u2019eau invisibles. La for\u00eat qu\u2019ils traversent n\u2019est pas non plus de tout repos.<\/p>\n<p>Ils arrivent \u00e0 S\u00e9tif o\u00f9 toutes les pr\u00e9cautions ne peuvent emp\u00eacher la d\u00e9nonciation. Hocine\/Omar fuit l\u2019h\u00f4pital dans un pr\u00e9cipit\u00e9 catimini.<\/p>\n<p>Pour repartir vers Alger, le fugitif se rend \u00e0 El Eulma o\u00f9 il est enferm\u00e9 par un cheminot membre du parti dans un wagon r\u00e9serv\u00e9 au service et donc ferm\u00e9 \u00e0 cl\u00e9.<\/p>\n<p>Les deux r\u00e9cits ench\u00e2ss\u00e9s les plus importants servent \u00e0 la fois \u00e0 la comparaison entre l\u2019\u00e9poque coloniale et l\u2019Alg\u00e9rie ind\u00e9pendante et r\u00e9inscrivent le personnage dans son enfance courageuse et combattive du temps de la m\u00eame colonisation.<\/p>\n<p>L\u2019importance accord\u00e9e dans la narration aux \u00e9v\u00e8nements du parcours Alger S\u00e9tif, viennent au secours de l\u2019anonymat ou du souci de l\u2019anonymat du fugitif. Ils le rendent moins pr\u00e9sent dans l\u2019\u00e9criture m\u00eame s\u2019il est lui-m\u00eame narrateur.<\/p>\n<p>Ceci est une pr\u00e9sentation succincte du Fugitif, r\u00e9cit on ne peut plus savoureux de l\u2019hiver ramadanesque d\u2019un clandestin en son propre pays.<\/p>\n<p>Honneur et Gloire \u00e0 ta m\u00e9moire, Omar Mokhtar Chaalal.<\/p>\n<p>&#8212; Notes :<\/p>\n<p>Omar Mokhtar Chaalal est n\u00e9 le 13 f\u00e9vrier 1946 \u00e0 S\u00e9tif et d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 70 ans. Il a dirig\u00e9 l\u2019institut de formation professionnelle et la maison de la culture de S\u00e9tif.<\/p>\n<p>ses ouvrages\u00a0:<\/p>\n<ul class=\"spip\">\n<li>Le proscrit. po\u00e9sie, Barzakh, Alger 2000.<\/li>\n<li>Kateb Yacine, l&rsquo;homme libre . essai biographique, Casbah- Editions , Alger, 2003.<\/li>\n<li>Le fugitif , roman, Casbah-Editions, Alger, 2006.<\/li>\n<li>Talghouda, roman, Casbah-Editions, Alger, 2009.<\/li>\n<li>L\u2019Entente au coeur, Casbah-Editions, Alger, 2016.<\/li>\n<\/ul>\n<h4 class=\"_5pbw\" data-ft=\"{&quot;tn&quot;:&quot;C&quot;}\"><span class=\"fwn fcg\" style=\"color: #008000;\"><span class=\"fcg\"><span class=\"fwb\">Fateh Boureboune<\/span> <\/span><\/span><\/h4>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur : Omar Mokhtar Chaalal. Titre : Le fugitif. Genre : roman. XI chapitres titr\u00e9s. Editions : Casbah. 2006. 127 pages. Pr\u00e9ambule. J\u2019informe mes ami\/e\/s litt\u00e9raires et mes ami\/e\/s lecteurs lectrices initi\u00e9\/e\/s aux th\u00e9ories litt\u00e9raires, qu\u2019une certaine terminologie appartient \u00e0 mes propres th\u00e9ories dont je fais un sage usage assur\u00e9 de sa pertinence et sans [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":4579,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":{"0":"post-4568","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-critiques"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4568","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4568"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4568\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4568"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4568"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/algerienetwork.com\/culture\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4568"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}