{"id":1141,"date":"2013-06-05T12:40:57","date_gmt":"2013-06-05T12:40:57","guid":{"rendered":"http:\/\/magvert.com\/?p=1141"},"modified":"2013-06-05T12:40:57","modified_gmt":"2013-06-05T12:40:57","slug":"lalgerie-et-la-securite-energetique-quelle-transition-face-au-nouvel-ordre-mondial","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/economie\/lalgerie-et-la-securite-energetique-quelle-transition-face-au-nouvel-ordre-mondial\/","title":{"rendered":"L\u2019Alg\u00e9rie et la s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique : quelle transition face au nouvel ordre mondial"},"content":{"rendered":"<p>Dr Abderrahmane Mebtoul,<br \/>\nL\u2019objet de cette contribution est la synth\u00e8se de mon intervention au colloque international organis\u00e9 par la revue international Energie Passages \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale fran\u00e7aise le 31 mai 2013 portant sur le th\u00e8me \u00abl\u2019Alg\u00e9rie face \u00e0 la concurrence et \u00e0 la transition \u00e9nerg\u00e9tique mondiale \u00bb, en pr\u00e9sence de nombreux responsables de firmes \u00e9trang\u00e8res, d\u2019experts de renom et de nombreux cadres alg\u00e9riens et du directeur g\u00e9n\u00e9ral des hydrocarbures repr\u00e9sentant le minist\u00e8re alg\u00e9rien de l\u2019Energie.<br \/>\nEn 2013 est que 96% de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 est produite en Alg\u00e9rie \u00e0 partir du gaz naturel,<br \/>\nPour commencer, je voudrais afin d\u2019\u00e9viter certaines d\u00e9sinformations qu\u2019aucune soci\u00e9t\u00e9 \u00e9trang\u00e8re ne s\u2019est retir\u00e9e apr\u00e8s l\u2019attentat terroriste du champ gazier d\u2019In Amenas, o\u00f9 d\u2019ailleurs la s\u00e9curit\u00e9 est pos\u00e9 pour l\u2019ensemble du Sahel, et le terrorisme une menace plan\u00e9taire. Pour certaines firmes, le gel de ses activit\u00e9s est momentan\u00e9, \u00e9tant m\u00fb par la seule logique du profit, certes tenant compte des contraintes tant politiques que socio- \u00e9conomiques. D\u2019autant plus que l\u2019assiette fiscale de la nouvelle loi des hydrocarbures alg\u00e9rienne de 2013 modifiant celle de 2006, repose sur la profitabilit\u00e9 pouvant inclure des charges additionnelles comme la s\u00e9curit\u00e9. Si certaines soci\u00e9t\u00e9s \u00e0 l\u2019avenir devaient aller ailleurs, c\u2019est que le taux de profit est plus avantageux. Il faudra \u00eatre pragmatique et il appartiendra alors aux autorit\u00e9s alg\u00e9riennes d\u2019adapter le cadre juridique. Je pense que s\u2019il y a attentisme de certaines compagnies, cela est d\u00fb \u00e0 la situation politique sp\u00e9cifique de l\u2019Alg\u00e9rie \u00e0 la veille de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle d\u2019avril 2014.<br \/>\n<strong>\u00a0 1.- Cerner le concept de la transition \u00e9nerg\u00e9tique<\/strong><br \/>\nLa transition pouvant \u00eatre d\u00e9finie comme le passage d\u2019une civilisation humaine construite sur une \u00e9nergie essentiellement fossile, polluante, abondante, et peu ch\u00e8re, \u00e0 une civilisation o\u00f9 l\u2019\u00e9nergie est renouvelable, rare, ch\u00e8re, et moins polluante ayant pour objectif le remplacement \u00e0 terme des \u00e9nergies de stock (p\u00e9trole, charbon, gaz, uranium) par les \u00e9nergies de flux (\u00e9olien, solaire, biomasse). Le pic pourrait selon l\u2019Institut fran\u00e7ais du p\u00e9trole et des \u00e9nergies nouvelles, se situer vers 2015-2025 pour le p\u00e9trole, 2025-2045 pour le gaz et 2100 pour le charbon. Le d\u00e9veloppement actuel de l\u2019extraction d\u2019\u00e9nergies fossiles dites \u00ab non conventionnelles \u00bb, telles que les gaz de schistes ou le p\u00e9trole off-shore profond, peuvent repousser le pic, sans pour autant modifier le caract\u00e8re \u00e9puisable de ces ressources. D\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, l\u2019\u00e9nergie est au c\u0153ur de la souverainet\u00e9 des Etats et de leurs politiques de s\u00e9curit\u00e9 allant parfois \u00e0 provoquer des guerres. Les avanc\u00e9es techniques (Gnl-gaz naturel liqu\u00e9fi\u00e9, gaz de schiste, am\u00e9lioration des performances d\u2019exploitation de gisements d\u2019hydrocarbures) coupl\u00e9es aux dynamiques \u00e9conomiques modifient les rapports de force \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale et affectent \u00e9galement les recompositions politiques \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des Etats comme \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des espaces r\u00e9gionaux. Aussi s\u2019agit-il de cerner le concept de transition \u00e9nerg\u00e9tique impliquant de bien r\u00e9pondre \u00e0 quatre questions essentielles.<br \/>\n<strong>Premi\u00e8rement<\/strong>, si l\u2019humanit\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralisait le mode de consommation \u00e9nerg\u00e9tique des pays riches, il nous faudrait les ressources de 4 ou 5 plan\u00e8tes d\u2019o\u00f9 l\u2019urgence d\u2019une adaptation pour un nouveau mod\u00e8le de consommation. Deuxi\u00e8mement, la transition \u00e9nerg\u00e9tique renvoie \u00e0 d&rsquo;autres sujets que techniques, posant la probl\u00e9matique soci\u00e9tale, autant que la fiscalit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique influant sur le choix des allocations des ressources et ayant un impact sur la r\u00e9partition du revenu par cat\u00e9gories socio professionnelles). Il ne suffit pas de faire une loi car le d\u00e9terminant c\u2019est le socle social Cela pose la probl\u00e9matique\u00a0 d\u2019un nouveau mod\u00e8le de croissance : tous les secteurs \u00e9conomiques, tous les m\u00e9nages sont concern\u00e9s : transport, BTPH ; industries, agriculture. Les choix techniques d\u2019aujourd\u2019hui engagent la soci\u00e9t\u00e9 sur le long terme. Il ne faut pas \u00eatre pessimiste devant faire confiance au g\u00e9nie humain. Le passage de l\u2019\u00e8re du charbon \u00e0 l\u2019\u00e8re des hydrocarbures ce n\u2019est pas parce qu\u2019il n\u2019y avait plus de charbon,\u00a0 et demain d\u2019autres sources d\u2019\u00e9nergie. Cela est due aux nouveau proc\u00e9d\u00e9s technologiques qui produit \u00e0 grande \u00e9chelle ont permis de r\u00e9duire les co\u00fbts ce que les \u00e9conomistes appellent les \u00e9conomies d\u2019\u00e9chelle influant d\u2019ailleurs sur la recomposition du pouvoir \u00e9conomique mondial et\u00a0 sur les gouvernances locales.<br \/>\n<strong>Troisi\u00e8mement<\/strong>, il faut \u00eatre r\u00e9aliste et d\u2019\u00e9viter une vision unilat\u00e9rale car les fossiles classiques demeureront encore pour longtemps la principale source d\u2019\u00e9nergie. Aussi, la transition \u00e9nerg\u00e9tique doit \u00eatre fond\u00e9e sur deux principes : premi\u00e8rement, sur la sobri\u00e9t\u00e9 \u00e9nergique (efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique), impliquant la ma\u00eetrise de la demande, la sensibilisation, mais aussi la formation pour forger de nouveaux comportements et donc un changement de culture. C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il faut de nouveaux r\u00e9seaux, un nouveau syst\u00e8me de financement par de nouvelles politiques publiques, agir sur la r\u00e9duction des besoins \u00e9nerg\u00e9tiques en amont en augmentant l\u2019efficacit\u00e9 des \u00e9quipements et de leurs usages (par exemple nouveaux proc\u00e9d\u00e9s pour le BTPH- transport pour des \u00e9conomies en \u00e9nergie, (plus de 7O% de la consommation d&rsquo;\u00e9nergie) passant par la r\u00e9novation des b\u00e2timents existants et un nouveau mode de transport. Deuxi\u00e8mement, cela renvoie au MIX \u00e9nerg\u00e9tique qui n\u00e9cessitera d\u2019adapter le r\u00e9seau \u00e9lectrique aux nouveaux usages, supposant un nouveau r\u00e9seau de distribution adapt\u00e9 aux nouvelles productions et de consommations pour garantir la continuit\u00e9 de fourniture et au meilleur prix.<br \/>\n<strong>Quatri\u00e8mement<\/strong> la transition \u00e9nerg\u00e9tique suppose un consensus social, l&rsquo;acceptabilit\u00e9 des citoyens du fait de la hausse \u00e0 court terme du co\u00fbt de l&rsquo;\u00e9nergie, mais profitable aux g\u00e9n\u00e9rations futures, supposant des m\u00e9canismes car la question fondamentale est la suivante : cette transition \u00e9nerg\u00e9tique, combien \u00e7a co\u00fbte, combien \u00e7a rapporte et qui en seront les b\u00e9n\u00e9ficiaires ? Le dernier rapport de l\u2019AIE de mai 2013, consacr\u00e9 par exemple \u00e0 l\u2019Allemagne, note que la facture de la transition \u00e9nerg\u00e9tique risque de flamber avec la sortie du nucl\u00e9aire. Un foyer de trois personnes paie en moyenne 83 euros par mois (70% du SMIG alg\u00e9rien) pour son \u00e9lectricit\u00e9, pr\u00e8s du double qu&rsquo;il y a dix ans Apr\u00e8s avoir pos\u00e9 ces pr\u00e9alables, quelle est la situation de l\u2019\u00e9conomie alg\u00e9rienne? Aussi la transition \u00e9nerg\u00e9tique est un processus long \u00e9minemment politique qui devrait \u00eatre trait\u00e9e loin de toute pol\u00e9mique politique, en \u00e9tant constructif et non partisan, impliquant un nouveau mod\u00e8le de consommation \u00e9volutif: exemple le t\u00e9l\u00e9phone portable qui concernera des milliards d&rsquo;individus au niveau de la plan\u00e8te suppose une recharge par l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9. D&rsquo;autres besoins nouveaux pourront appara\u00eetre au fil des d\u00e9cennies, l\u2019objectif strat\u00e9gique \u00e9tant d&rsquo;\u00e9viter la pr\u00e9carit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique de la majorit\u00e9.<br \/>\n<strong>\u00a0 2. L\u2019Alg\u00e9rie face \u00e0 l\u2019\u00e9puisement de ses r\u00e9serves<\/strong><br \/>\nIl est utile de rappeler que 98 % des exportations du pays sont issues des seuls hydrocarbures et important environ 70\/75% des besoins des m\u00e9nages et des entreprises publiques et priv\u00e9es. Ceux-ci ont g\u00e9n\u00e9r\u00e9 quelque 600 milliards de dollars de recettes en devises entre 2000 et 2012, selon les bilans de Sonatrach, la compagnie nationale des hydrocarbures. Cette manne a permis \u00e0 l&rsquo;Alg\u00e9rie d&rsquo;\u00e9teindre sa dette ext\u00e9rieure et de diminuer artificiellement sa dette int\u00e9rieure, et de disposer de r\u00e9serves de change consid\u00e9rables, 200 milliards de dollars selon le FMI, en janvier 2013 , 190 milliards selon la banque d\u2019Alg\u00e9rie dont 86% plac\u00e9es en majorit\u00e9 en bons de tr\u00e9sor am\u00e9ricains et en obligations europ\u00e9ennes \u00e0 un taux fixe de 3%,( les int\u00e9r\u00eats rapport\u00e9s en 2011 ayant \u00e9t\u00e9 de 4,7 milliards de dollars, r\u00e9serves\u00a0 auquel il faut ajouter les 173 tonnes d&rsquo;or.<br \/>\nParadoxe, le PIB alg\u00e9rien reste modeste \u00e0 188,6 milliards de dollars en 2012 selon le FMI, dont plus de 40-45 % g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par les hydrocarbures et en r\u00e9alit, tenant compte des effets indirects de la d\u00e9pense publique via toujours les hydrocarbures, restant que moins de 20% pour les v\u00e9ritables producteurs de richesses et ce pour de 37,9 millions d&rsquo;habitants au 1er janvier 2013, selon l&rsquo;estimation de l&rsquo;Office national des statistiques (ONS). Comme on ne saurait minimiser la corruption qui freine la mise en \u0153uvre d\u2019affaires saines.<br \/>\nUn rapport, rendu public le 29 mai 2013 par la Banque africaine de d\u00e9veloppement (BAD) sur la fuite des capitaux en Afrique, fait ressortir que le montant des capitaux transf\u00e9r\u00e9s en dehors de l\u2019Alg\u00e9rie de mani\u00e8re illicite, (domin\u00e9e par les surfacturations) entre la p\u00e9riode allant de 1980 \u00e0 2009, a atteint la somme astronomique de 173,711 milliards de dollars US. L\u2019Alg\u00e9rie, suivant les donn\u00e9es de ce rapport, vient en quatri\u00e8me position des pays africains les plus touch\u00e9s par cette h\u00e9morragie, derri\u00e8re respectivement le Nigeria (252,357 milliards), la Libye (222,875 milliards) et l\u2019Afrique du Sud avec 183,794 milliards de dollars US.<br \/>\nPour en revenir \u00e0 notre probl\u00e9matique, l\u2019Alg\u00e9rie est le troisi\u00e8me fournisseur de gaz de l\u2019Europe (13\/15%), continent fortement d\u00e9pendant qui devra \u00e0 la fois diversifier ses sources d\u2019approvisionnement et r\u00e9aliser sa transition \u00e9nerg\u00e9tique. L\u2019Alg\u00e9rie peine toujours \u00e0 maintenir le niveau des volumes export\u00e9s au-dessus de 60 milliards de m\u00e8tres cubes, un seuil qui \u00e9tait bien conserv\u00e9 entre 2001 et 2008 et les prix \u00e9lev\u00e9s cachent une baisse du volume encore que le Minist\u00e8re de l\u2019Energie rassure avec la mise en exploitation courant 2014 des nouveaux gisements mais tout reste une question non d\u2019offre mais de demande face \u00e0 la crise mondiale qui sera de longue dur\u00e9e.<br \/>\nPour calculer la dur\u00e9e de vie des r\u00e9serves en Alg\u00e9rie, il s\u2019agit de prendre en compte l\u2019\u00e9volution des co\u00fbts et des prix internationaux, pouvant d\u00e9couvrir des milliers de gisements non rentables. La dur\u00e9e de vie des r\u00e9serves est \u00e9galement influenc\u00e9e par le volume tant les exportations que de la forte consommation int\u00e9rieure du fait du bas prix du gaz, un des plus bas au niveau du monde, bloqu\u00e9s par la d\u00e9cision du 30 mai 2005.<br \/>\nSelon la d\u00e9claration du PDG de Sonatrach en date du 24 f\u00e9vrier 2013 les r\u00e9serves alg\u00e9riennes en gaz conventionnel sont de 2000 milliards de m\u00e8tres cubes gaz, loin des donn\u00e9es euphoriques de 4500, soit 1,3% des r\u00e9serves mondiales, encore que certains experts pr\u00e9conisent de limiter les gaz torch\u00e9s et utiliser les techniques de r\u00e9cup\u00e9ration notamment au niveau du gisement p\u00e9trolier d&rsquo;Hassi Messaoud pour accro\u00eetre les r\u00e9serves. Mais le probl\u00e8me est de d\u00e9terminer les co\u00fbts additionnels pour la rentabilit\u00e9 tenant compte de la concurrence.<br \/>\nLa consommation int\u00e9rieure en 2012, selon le Creg est de 25\/30 milliards de m\u00e8tres cubes gazeux et avait extrapol\u00e9 environ 50 milliards de m\u00e8tres cubes gazeux horizon 2017\/2020. Mais ce montant a \u00e9t\u00e9 calcul\u00e9 avant l\u2019annonce des nouveaux projets consommateurs d\u2019une grande quantit\u00e9 de p\u00e9trole et de gaz. Mais avec ce paradoxe, les m\u00e9nages \u00e9tant les plus importants consommateurs d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 que les entreprises montrant une d\u00e9sindustrialisation du pays, loin donc des normes internationales, posant la probl\u00e9matique des subventions g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es et non cibl\u00e9es. Selon une r\u00e9cente \u00e9tude du PNUD ayant exploit\u00e9 les donn\u00e9es de l\u2019Agence internationale de l\u2019\u00e9nergie (AIE), l\u2019Alg\u00e9rie figure parmi les pays arabes qui subventionnent le plus les produits \u00e9nerg\u00e9tiques avec 10,59 milliards de dollars (quelque 800 milliards de DA) consacr\u00e9s \u00e0 la subvention des prix de l\u2019\u00e9nergie en 2010 L\u2019\u00e9lectricit\u00e9 a profit\u00e9 de 2,13 milliards dollars (quelque150 milliards DA) de subventions, tandis que les carburants ont co\u00fbt\u00e9 8,46 milliards de dollars (environ 650 milliards de DA). Ces subventions repr\u00e9sentent, selon l\u2019organisme onusien, 6,6% du PIB alg\u00e9rien en 2010.<br \/>\nCes subventions ne concernent pas seulement l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, mais d\u2019autres segments comme le prix du pain \u00e9tant subventionn\u00e9s depuis 1996, sans subventions, le prix de la baguette actuellement \u00e0 8,50-10 dinars \u2013 officiel \u2013 d\u00e9passerait 25 DA. Pour les carburants, selon le minist\u00e8re de l\u2019\u00c9nergie et des Mines, le prix r\u00e9el devrait fluctuer entre 60 et 80 DA le litre. Concernant le prix de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 plafonn\u00e9, Sonelgaz, sugg\u00e8re que le tarif devrait \u00eatre revaloris\u00e9 de 11% par an pour pouvoir financer ses investissements, induits par l\u2019augmentation de la capacit\u00e9 de production, accusant une perte de 41 milliards de dinars alg\u00e9riens en 2011(un euro \u00e9gal \u00e0 100 dinars au cours officiel).<br \/>\nDevant comparer le comparable, en Alg\u00e9rie le tarif varie entre 2 DA et 3,20 DA\/kwh selon le niveau de consommation, alors que ce prix est entre 3,45 DA et 4,94 DA\/kwh en Tunisie, et entre 5,27 DA et 6,40 DA\/kwh au Maroc.Aussi, la consommation int\u00e9rieure risque d\u2019\u00eatre fortement augment\u00e9e apr\u00e8s les d\u00e9cisions courant 2012 d\u2019installer d\u2019importantes capacit\u00e9s d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 fonctionnant au gaz. En effet, suite aux coupures r\u00e9currentes d\u2019\u00e9lectricit\u00e9, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 de doubler la capacit\u00e9 d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 \u00e0 partir des turbines de gaz. Sonelgaz dans son programme 2012\/2017 vise \u00e0 investir, avec l\u2019appui du gouvernement pour lui permettre d\u2019augmenter sa production de 8.000 M\u00e9gawatts suppl\u00e9mentaires, portant le total \u00e0 12.000 M\u00e9gawatts pour un montant de 36,55 milliards d\u2019euros.<br \/>\nD\u00e8s lors, avec cette augmentation de la consommation int\u00e9rieure, du fait de la d\u00e9cision de ne pas modifier les prix int\u00e9rieurs, il y a risque d\u2019aller vers 70 milliards m\u00e8tres cubes gazeux horizon 2017-2020 de consommation int\u00e9rieure, d\u00e9passant le volume des exportations de 2012 et rendant probl\u00e9matique les extrapolations d\u2019exportation de 85 milliards de m\u00e8tres cubes gazeux pr\u00e9vus d\u00e8s 2014. Si l\u2019on prend l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019exportation de 85 milliards m\u00e8tres cubes gazeux et 70 milliards de m\u00e8tres cubes gazeux de consommation int\u00e9rieures, il faudrait produire d\u00e8s 2017 entre 155 milliards de m\u00e8tres cubes gazeux supposant d\u2019importants investissements dans ce domaine, limitant le financement des secteurs hors hydrocarbures et donnant une dur\u00e9e de vie de 13 ans maximum soit horizon 2026.<br \/>\n<strong>3- Sonatrach et la concurrence internationale<\/strong><br \/>\nIl faudra \u00e9videmment prendre en compte la croissance ou pas de l\u2019\u00e9conomie mondiale qui est un \u00e9l\u00e9ment d\u00e9terminant de la demande des hydrocarbures et donc du prix de cession, et des co\u00fbts, les concurrents ayant d\u00e9j\u00e0 amorti leurs installations, des \u00e9nergies substituables du fait des importantes mutations \u00e9nerg\u00e9tiques mondiales. Rappelons que la Russie poss\u00e8de 1\/3 des r\u00e9serves mondiales de gaz conventionnel en plus du savoir-faire technologique et manag\u00e9rial contre 15% pour l\u2019Iran et 10% pour le Qatar, ces trois pays totalisant plus de pr\u00e8s de 50% des r\u00e9serves mondiales. Ainsi se pose tout le probl\u00e8me de savoir si face \u00e0 la concurrence notamment russe, Sonatrach a une strat\u00e9gie gazi\u00e8re devant prendre avec s\u00e9rieux Gazprom principal con\u00e7urent de l\u2019Alg\u00e9rie.<br \/>\nConcertant le gaz conventionnel, il y aura lieu de tenir compte de la concurrence du Qatar, de la donne libyenne qui avec des r\u00e9serves de 1500 milliards de m\u00e8tres cubes gazeux non exploit\u00e9es et des nouvelles d\u00e9couvertes en Afrique. La strat\u00e9gie de Gazprom, grande soci\u00e9t\u00e9 internationale dynamique cot\u00e9e en bourse, ce qui n\u2019est pas le cas de Sonatrach, \u00e0 travers le North Stream et le South Stream est offensive. Pour Nord Stream, le 8 novembre 2011 a \u00e9t\u00e9 inaugur\u00e9 en Allemagne, qui permet l\u2019acheminement de gaz russe en Europe. La premi\u00e8re conduite, d&rsquo;une capacit\u00e9 de 27,5 milliards de m\u00e8tres cube, contourna nt l\u2019Ukraine est op\u00e9rationnelle.<br \/>\nUne deuxi\u00e8me est en cours de construction doublant la capacit\u00e9 de la liaison. Le montant du projet s&rsquo;\u00e9levait initialement \u00e0 environ 13 milliards de dollars selon des d\u00e9clarations de responsables russes repris par la pesse internationale en tenant compte des co\u00fbts de financement mais les pr\u00e9visions de cl\u00f4ture donnent un montant plus important. Quant au projet de South Stream, concurrent direct de l\u2019Alg\u00e9rie, il doit alimenter en gaz russe l&rsquo;Europe occidentale, notamment la Bulgarie, la Serbie, la Hongrie, la Slov\u00e9nie et l\u2019Autriche, la Gr\u00e8ce et l&rsquo;Italie, via la Mer Noire et les Balkans. D&rsquo;une capacit\u00e9 de 63 milliards de m3 de gaz, le tron\u00e7on sous-marin doit entrer en service en 2015, le co\u00fbt estimatif du projet \u00e9tant \u00e9valu\u00e9 \u00e0 15,5 milliards d&rsquo;euros mais devant cl\u00f4turer selon certaines estimations \u00e0 environ 20\/22 milliards de dollars, d\u2019autres experts l\u2019estimant \u00e0 environ 24 milliards de dollars .<br \/>\nL\u2019ensemble de ces projets remet en cause le projet alg\u00e9ro-italien Galsi dont le cout ramen\u00e9 aux capacit\u00e9s et \u00e0 l\u2019investissement par rapport au South Stream serait sup\u00e9rieur de pr\u00e8s de 15% et pos\u00e9 le probl\u00e8me de sa rentabilit\u00e9, devait relier directement l\u2019Alg\u00e9rie \u00e0 l\u2019Italie via la Sardaigne capacit\u00e9 de 8 milliards de m\u00e8tres cubes gazeux, pour un investissement entre 2,5 et 3 milliards de dollars initialement, mais dont le co\u00fbt en mai 2013, approcherai actuellement 4 milliards de dollars alors que la mise en service \u00e9tait pr\u00e9vue pour 2014.<br \/>\nIl semblerait que la majorit\u00e9 des \u00e9lus de la Sardaigne s\u2019opposent pour l\u2019instant \u00e0 la r\u00e9alisation de ce projet du moins dans le trac\u00e9 traditionnel pour des raisons \u00e9cologiques et autres et du fait de l\u2019autonomie de cette r\u00e9gion, le gouvernement central italien ne pouvant rien faire sans l\u2019aval des \u00e9luslocaux. Encore qu\u2019il faille une entente entre Gazprom et Sonatrach afin d\u2019\u00e9viter une d\u00e9rive des prix qui serait pr\u00e9judiciable aux investissements gaziers tr\u00e8s capitalistique et \u00e0 maturation lente qui p\u00e9naliseraient tant les consommateurs que les producteurs devant s\u2019entendre sur un juste prix. Sans cela l\u2019Alg\u00e9rie mais \u00e9galement\u00a0 les russes risquent de connaitre de gros soucis concernant leur gaz surtout \u00e0 compter de 2020.<br \/>\nEn effet, le recours massif \u00e0 la fracturation hydraulique les Etats-Unis, sans oublier la Chine dont les r\u00e9serves de 25.000 milliards de m\u00e8tres cubes gazeux \u00e9quivalentes \u00e0 ceux es USA, mais \u00e9tant confront\u00e9e \u00e0 une p\u00e9nurie d\u2019eau, pourraient devenir le premier producteur mondial de p\u00e9trole ainsi que de gaz \u00e0 la fin de la d\u00e9cennie, selon le directeur adjoint de l&rsquo;Agence internationale de l&rsquo;\u00e9nergie (AIE), encore qu\u2019il faille v\u00e9rifier concr\u00e8tement ces pr\u00e9visions que certains experts mettent en doute, invoquant les extrapolations hasardeuses de l\u2019AIE des r\u00e9serves en Mer Caspienne. Cet essor a fait chuter les cours du gaz naturel sur le march\u00e9 am\u00e9ricain, d\u00e9sormais inf\u00e9rieurs \u00e0 3\/5 dollars par million de BTU contre 9-10 dollars en Europe et entre 12- 15 en Asie, o\u00f9 la catastrophe de Fukushima a fait bondir la demande japonaise en gaz.<br \/>\nDonc, des enjeux strat\u00e9giques pour l\u2019Alg\u00e9rie dont les recettes p\u00e9trole\/gaz en provenance des USA, o\u00f9 le 30 mai 2013, l\u2019agence Bloomberg annonce que le groupe Sonatrach a baiss\u00e9 son prix de vente de 85 cents le baril de p\u00e9trole pour le mois de juin, faisant suite \u00e0 une pr\u00e9c\u00e9dente baisse de 30 cents par baril, cela \u00e9tant due au boom de production am\u00e9ricaine dans les gisements du Dakota du Nord et du Texas venant directement concurrencer la production alg\u00e9rienne, qui produit un p\u00e9trole de qualit\u00e9 similaire \u00e0 celui issu du schiste am\u00e9ricain. Or 18 \u00e0 20 milliards de dollars soit 25-30% des recettes de Sonatrach proviennent des USA.<br \/>\nL\u2019Alg\u00e9rie ne va-t-elle pas donc perdre des parts de march\u00e9 avec l\u2019arriv\u00e9e de ce nouvel exportateur ? Par ailleurs, l\u2019Italie vient de faire savoir en ce mois de mai 2013 qu\u2019elle r\u00e9duisait ses achats de gaz \u00e0 Sonatrach avec un impact n\u00e9gatif sur les capacit\u00e9s du grand gazoduc Transmed. Autre contrainte pour Sonatrach, le projet Medgaz via l\u2019Espagne Sonatrach \u00e9tant le principal actionnaire avec 26% des parts, d\u2019une capacit\u00e9 de 8 milliards de m\u00e8tres cubes gazeux o\u00f9 selon l\u2019agence Reuters en date du 25 d\u00e9cembre 2012 deux partenaires du groupe Sonatrach Endesa et Iberdrola \u00e9taient en n\u00e9gociations pour leur retrait dans le capital de Medgaz.<br \/>\nIl est \u00e0 pr\u00e9ciser que le capital d\u2019Endesa est d\u00e9tenu \u00e0 hauteur de 92 % par l\u2019italien Enel (ENEI.MI) qui est un leader de la distribution de gaz en Espagne alors que Iberdrola, d\u00e9tenteur de 20% du capital de Medgaz aux c\u00f4t\u00e9s de Cepsa avec 20% ainsi que les fran\u00e7aises Gdf et Suez avec 12 %.Mais dernier rebondissement, m\u00eame pour Suez l\u2019agence Reuters dans une d\u00e9p\u00eache en date du 28 mai 2013, le groupe \u00e9nerg\u00e9tique fran\u00e7ais m\u00e8ne actuellement des n\u00e9gociations avec les groupes espagnols Gas Natural et Cepsa, en vue de vendre sa participation de 12%. Dans la foul\u00e9e, GDF Suez a annonc\u00e9 le 28 mai 2013 la conclusion d&rsquo;un accord avec le groupe \u00e9nerg\u00e9tique autrichien OMV Gas and Power sur l&rsquo;achat d&rsquo;une participation d&rsquo;environ 9% dans le projet de gazoduc Nabucco West, reliant la Turquie \u00e0 l&rsquo;Autriche.<br \/>\nCe projet a pour objectif de s\u00e9curiser et de diversifier l&rsquo;approvisionnement en gaz des march\u00e9s europ\u00e9ens sur le long terme. Nabucco West, dont la mise en service est pr\u00e9vue \u00e0 l&rsquo;horizon 2020, permettra l&rsquo;acheminement d&rsquo;une dizaine de milliards de m\u00e8tres cubes de gaz par an, en provenance d&rsquo;Azerba\u00efdjan. A terme, sa capacit\u00e9 pourrait \u00eatre augment\u00e9e de 13 milliards de m\u00e8tres cubes suppl\u00e9mentaires afin de permettre l&rsquo;importation de la production de nouveaux champs gaziers de la r\u00e9gion de la mer Caspienne.<br \/>\nAutre contrainte qui limite la man\u0153uvre de Sonarach o\u00f9 d\u2019ailleurs aucune information sur la rentabilit\u00e9 de ses investissements \u00e0 l\u2019\u00e9tranger notamment au P\u00e9rou, le projet NIGAL (gazoduc reliant la r\u00e9gion de le Nig\u00e9ria) \u00e0 l\u2019Alg\u00e9rie et l Europe, soit 2500 km sur le territoire alg\u00e9rien, 750 km sur le territoire du Niger, 1300 km sur le territoire Nig\u00e9rian, pr\u00e9vu pour le transport de 20 \u00e0 30 milliards de m3 par an, en majorit\u00e9 vers le march\u00e9 europ\u00e9en pourra-t-il permettre d\u2019 accro\u00eetre les capacit\u00e9s d\u2019exportation? Avec un co\u00fbt pr\u00e9vu initialement \u00e0 7 milliards de dollars, son cout d\u00e9passerait 2O milliards de dollar selon une \u00e9tude du 28 avril 2011 de l\u2019institut fran\u00e7ais des relations internationales IFRI.<br \/>\nCe projet financ\u00e9 pour partie par l\u2019Europe avec la crise d\u2019endettement est-il r\u00e9alisable d\u2019autant plus que compar\u00e9 aux canalisations russes, son co\u00fbt est trop \u00e9lev\u00e9. Enfin concernant le GNL, l\u2019Alg\u00e9rie pourra-t-elle du fait des faibles capacit\u00e9s et de la d\u00e9perdition de ses cadres, avoir \u00e9t\u00e9 par le pass\u00e9 leader dans ce domaine, concurrencer le Qatar, l\u2019Iran proche de l\u2019Asie, la Russie et surtout tenant compte du co\u00fbt de transport devant contourner toute la corniche d\u2019Afrique pour arriver en Asie, liant forc\u00e9ment son march\u00e9 naturel \u00e0 l\u2019Europe ? Et c\u2019est l\u00e0 que rentre la concurrence et les d\u00e9cisions du Conseil europ\u00e9en qui vient d&rsquo;approuver l&rsquo;accord \u00e9nerg\u00e9tique strat\u00e9gique entre l&rsquo;Alg\u00e9rie et les 27 pays de l&rsquo;Union europ\u00e9enne le 15 avril 2013, accord qui sera ensuite ratifi\u00e9 par le parlement europ\u00e9en, et sign\u00e9 \u00e0 Alger au plus tard avant le mois de ramadhan, \u00e0 l&rsquo;occasion d&rsquo;une visite du commissaire europ\u00e9en \u00e0 l&rsquo;\u00c9nergie.<br \/>\nLes n\u00e9gociations sur ce contrat interviennent donc dans un contexte particulier, marqu\u00e9 par des bouleversements profonds de la carte \u00e9nerg\u00e9tique mondiale comme analys\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment et le nouveau m\u00e9morandum insistera sur la d\u00e9connexion des prix du gaz et du p\u00e9trole qui n\u2019est plus en vigueur depuis au moins trois ann\u00e9es et qu\u2019adviendra-t-il des prix du gaz alg\u00e9rien aussit\u00f4t les contrats \u00e0 moyen et long terme arriv\u00e9s \u00e0 expiration, l\u2019Europe faisant pression pour une baisse des prix ?<br \/>\nRappelons que dans le cadre de la ren\u00e9gociation de contrats de gaz \u00e0 long terme par le groupe italien Edison qui a \u00e9t\u00e9 repris par le groupe fran\u00e7ais EDF, Sonatrach a perdu en mars 2013, une affaire d&rsquo;arbitrage o\u00f9 le groupe italien a obtenu la r\u00e9vision \u00e0 la baisse des prix d&rsquo;un contrat de fourniture de gaz naturel et ce sur d\u00e9cision, rendue par la Cour d&rsquo;arbitrage de la Chambre de commerce internationale avec un impact estim\u00e9 \u00e0 environ 300 millions d&rsquo;euros (390 millions de dollars) sur l&rsquo;Ebitda (exc\u00e9dent brut d&rsquo;exploitation) du groupe Sonatrach en 2013.. Ce qui m\u2019am\u00e8ne \u00e0 analyser les axes directeurs du Minist\u00e8re alg\u00e9rien de l\u2019Energie.<br \/>\n<strong>4.- Les actions du minist\u00e8re de l\u2019Energie face \u00e0 cette transition \u00e9nerg\u00e9tique<\/strong><br \/>\nLe constat en 2013 est que 96% de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 est produite en Alg\u00e9rie \u00e0 partir du gaz naturel, 3% \u00e0 partir du diesel (pour les r\u00e9gions isol\u00e9es du sud), 1% \u00e0 partir de l&rsquo;eau et que face aux contraintes analys\u00e9es pr\u00e9c\u00e9demment, il y a une prise de conscience qui fait le gouvernement axe sa strat\u00e9gie pour une transition \u00e9nerg\u00e9tique ma\u00eetrisable autour de cinq axes privil\u00e9giant un bouquet \u00e9nerg\u00e9tique , ayant les moyens de son financement mais privil\u00e9giant le transfert de savoir-faire manag\u00e9rial et technologique , o\u00f9 un partenariat gagnant\/gagnant notamment avec la France pourrait se r\u00e9aliser dans le cadre du cod\u00e9veloppement.<br \/>\n<strong>a.-<\/strong> Le premier axe est d\u2019am\u00e9liorer l\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique par d\u2019une nouvelle politique des prix (prix de cession du gaz sur le march\u00e9 int\u00e9rieur environ un dixi\u00e8me du prix international occasionnant un gaspille des ressources qui sont gel\u00e9s transitoirement pour des raisons sociales. En Alg\u00e9rie existe un v\u00e9ritable paradoxe : la consommation r\u00e9sidentielle (riches et pauvres payent le m\u00eame tarif ; idem pour les carburants et l\u2019eau) repr\u00e9sente 60% contre 30% en Europe et la consommation du secteur industriel 10% contre 45% en Europe montrant le d\u00e9p\u00e9rissement du tissu industriel, soit moins de 5% du produit int\u00e9rieur brut. A cet effet, une r\u00e9flexion est engag\u00e9 pour la cr\u00e9ation d\u2019une chambre nationale de compensation, que toute subventions devra avoir l\u2019aval du parlement pour plus de transparence, chambre devant r\u00e9aliser un syst\u00e8me de p\u00e9r\u00e9quation, segmentant les activit\u00e9s afin d\u2019encourager les secteurs structurants et tenant compte du revenu par couches sociales mais impliquant une nouvelle politique salariale.<br \/>\n<strong>b<\/strong>&#8211; Le deuxi\u00e8me axe, l\u2019Alg\u00e9rie a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019investir massivement \u00e0 l\u2019amont pour de nouvelles d\u00e9couvertes. L\u2019Alg\u00e9rie sera le troisi\u00e8me plus gros investisseur dans le secteur de l\u2019\u00e9nergie de la r\u00e9gion Moyen-Orient et Afrique du Nord (Mena) au cours des cinq prochaines ann\u00e9es avec un montant de 71 milliards de dollars de d\u00e9penses pr\u00e9vues dans le secteur de l\u2019\u00e9nergie sur la p\u00e9riode 2013-2017 devant se classer en troisi\u00e8me position apr\u00e8s l\u2019Arabie Saoudite (165 milliards de dollars d\u2019investissements pr\u00e9vus) et les Emirats arabes unis (107 milliards de dollars), selon Bloomberg. Le minist\u00e8re de l\u2019Energie entend d\u00e9velopper \u00e9galement la fili\u00e8re de la p\u00e9trochimie, notamment avec la r\u00e9novation du complexe de Skikda. Ce projet sera men\u00e9 en partenariat avec une entreprise \u00e9trang\u00e8re, pour produire des mati\u00e8res plastiques, du poly\u00e9thyl\u00e8ne, du PVC et d&rsquo;autres produits chimiques n\u00e9cessaires \u00e0 l&rsquo;industrie.<br \/>\nL&rsquo;investissement co\u00fbtera 15 milliards de dollars. Le groupe Sonatrach n\u00e9gocie \u00e9galement un projet de production de 900.000 tonnes d&rsquo;aluminium qui n\u00e9cessite un investissement de six milliards de dollars. Pour le raffinage de p\u00e9trole, les six nouvelles raffineries retenues dans le plan d&rsquo;action du gouvernement vont faire doubler les capacit\u00e9s de raffinage du pays et couvriront ses besoins en carburants d&rsquo;ici \u00e0 2040, encore que se pose le pic p\u00e9trolier pour l\u2019Alg\u00e9rie. La construction de ces usines va d\u00e9marrer cette ann\u00e9e avec l&rsquo;ambition de les achever d&rsquo;ici \u00e0 2018, Pour le GNL, la Sonatrach va mettre en service fin 2O13 deux unit\u00e9s \u00e0 Arzew et Skikda d&rsquo;une capacit\u00e9 de 4,5 millions de tonnes\/an chacune, la capacit\u00e9 de liqu\u00e9faction de gaz naturel de l&rsquo;Alg\u00e9rie devant passer \u00e0 35 milliards de m3 par an avec la mise en service de ces deux projets. Quelle sera leur rentabilit\u00e9 ?<br \/>\n<strong>c-<\/strong> Le troisi\u00e8me axe est le d\u00e9veloppement des \u00e9nergies renouvelables. L\u2019Alg\u00e9rie a r\u00e9ceptionn\u00e9 en mi-juillet 2011 la centrale \u00e9lectrique hybride \u00e0 Hassi R\u2019mel, d\u2019une capacit\u00e9 globale de 150 MW, dont 30 MW provenant de la combinaison du gaz et du solaire. Cette exp\u00e9rience est int\u00e9ressante. La combinaison de 20% de gaz conventionnel et 80% de solaire me semble \u00eatre un axe essentiel pour r\u00e9duire les co\u00fbts et ma\u00eetriser la technologie. \u00c0 cet effet, le CREG (l\u2019agence de r\u00e9gulation) a annonc\u00e9 le 28 mai 2013 que deux projets de d\u00e9crets destin\u00e9s \u00e0 accompagner la mise en \u0153uvre du programme alg\u00e9rien de d\u00e9veloppement des \u00e9nergies renouvelables, qui sont en cours de finalisation, seront prochainement promulgu\u00e9s. Le premier texte d\u00e9finit les conditions d\u2019acc\u00e8s, pour les producteurs priv\u00e9s, aux tarifs d\u2019achat garantis d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 produite de source renouvelable.<br \/>\nL\u2019obligation aux producteurs de raccorder leurs installations au r\u00e9seau national interconnect\u00e9 de distribution d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 constitue la principale condition de ce nouveau dispositif dont la mise en place r\u00e9pond \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019adopter un nouveau m\u00e9canisme d\u2019encouragement \u00e0 la production des \u00e9nergies renouvelables, le d\u00e9lai de traitement du dossier ne doit pas d\u00e9passer les deux mois. Les fili\u00e8res concern\u00e9es par ces avantages sont le solaire photovolta\u00efque et thermique, l\u2019\u00e9olien, la g\u00e9othermie, la petite hydraulique, la biomasse, la valorisation des d\u00e9chets et les installations de cog\u00e9n\u00e9ration. Le deuxi\u00e8me projet de texte pr\u00e9voit l\u2019institution d\u2019un certificat de garantie d\u2019origine des \u00e9quipements et installations de production d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 de source renouvelable.<br \/>\nLe projet de loi pr\u00e9voit l\u2019instauration d\u2019un nouveau m\u00e9canisme qui fera b\u00e9n\u00e9ficier tous les producteurs \u00e9ligibles des tarifs d\u2019achat garanti, le producteur d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 devant vendre exclusivement l\u2019\u00e9nergie aux soci\u00e9t\u00e9s de distribution d\u00e9pendant de la Sonelgaz respectant un tarif pr\u00e9f\u00e9rentiel dont le seuil sera fix\u00e9 par le minist\u00e8re de l\u2019Energie sur proposition de la Creg. Le tarif d\u2019achat garanti est fix\u00e9 sur toute la dur\u00e9e du contrat, qui s\u2019\u00e9tale de 15 \u00e0 20 ans, avec une r\u00e9vision \u00e9ventuelle, au bout de la cinqui\u00e8me ann\u00e9e, en fonction du potentiel r\u00e9el mesur\u00e9 sur site et des technologies install\u00e9es. Des mesures incitatives sont pr\u00e9vues par une politique volontariste \u00e0 travers l\u2019octroi de subventions pour couvrir les surco\u00fbts qu\u2019il induit sur le syst\u00e8me \u00e9lectrique national et la mise en place d\u2019un fonds national de ma\u00eetrise de l\u2019\u00e9nergie (FNME) pour assurer le financement de ces projets et octroyer des pr\u00eats non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s et des garanties pour les emprunts effectu\u00e9s aupr\u00e8s des banques et des \u00e9tablissements financiers.<br \/>\nLe programme alg\u00e9rien consistait au d\u00e9part \u00e0 installer une puissance d\u2019origine renouvelable de pr\u00e8s de 22 000 MW entre 2011 et 2030, dont 12 000 m\u00e9gawatts par an d\u00e9di\u00e9s \u00e0 couvrir la demande nationale de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 et 10 000 MW \u00e0 l\u2019exportation. D\u2019ici 2030, environ, 40% de la production d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 destin\u00e9e \u00e0 la consommation nationale sera d\u2019origine renouvelable. Le ministre de l&rsquo;Energie et des Mines vient de faire savoir en ce mois de mai 2013, l&rsquo;objectif de l&rsquo;Alg\u00e9rie de produire, dans les 20 ans \u00e0 venir, 30 \u00e0 40% de ses besoins en \u00e9lectricit\u00e9 \u00e0 partir des \u00e9nergies renouvelables.<br \/>\nLe montant de l\u2019investissement public consacr\u00e9 par l\u2019Alg\u00e9rie \u00e0 la r\u00e9alisation de son programme de d\u00e9veloppement des \u00e9nergies renouvelables, \u00e0 l\u2019\u00e9ch\u00e9ance 2030,qui \u00e9tait au d\u00e9part fix\u00e9 \u00e0 60 milliards de dollars s\u2019\u00e9l\u00e8vera, selon le Minist\u00e8re de l\u2019\u00e9nergie, \u00e0 100 milliards de dollars portant ainsi la capacit\u00e9 \u00e0 36.000 m\u00e9gawatts. Le probl\u00e8me l\u2019Alg\u00e9rie aura-t-elle les capacit\u00e9s d\u2019absorption, la maitrise technologique pour \u00e9viter les surcouts, la ma\u00eetrise du march\u00e9 mondial et ne sera-t-il pas pr\u00e9f\u00e9rable de r\u00e9aliser ce projet grandiose dans le cadre de l\u2019int\u00e9gration du Maghreb, pont entre l\u2019Europe et l\u2019Afrique, march\u00e9 naturel du Maghreb et de l\u2019Europe, continent \u00e0 enjeux multiples qui horizon 2O3O, tirera la croissance de l\u2019\u00e9conomie mondiale.<br \/>\n<strong>d-<\/strong> Quatri\u00e8me axe, l&rsquo;Alg\u00e9rie compte construire sa premi\u00e8re centrale nucl\u00e9aire en 2025 pour faire face \u00e0 une demande d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 galopante, a affirm\u00e9 le 19 mai 2013, le ministre de l&rsquo;\u00c9nergie et des Mines, l&rsquo;institut de g\u00e9nie nucl\u00e9aire, cr\u00e9\u00e9 r\u00e9cemment, devant former les ing\u00e9nieurs et les techniciens en partenariat, qui seront charg\u00e9s de faire fonctionner cette centrale. Les r\u00e9serves prouv\u00e9es de l&rsquo;Alg\u00e9rie en uranium avoisinent les 29.000 tonnes, de quoi faire fonctionner seulement deux centrales nucl\u00e9aires d&rsquo;une capacit\u00e9 de 1.000 M\u00e9gawatts chacune pour une dur\u00e9e de 60 ans, selon les donn\u00e9es du Minist\u00e8re de l&rsquo;\u00c9nergie.\u00a0 La ressource humaine \u00e9tant la clef \u00e0 l\u2019instar de la production de toutes les formes d\u2019\u00e9nergie et afin d\u2019\u00e9viter cet exode de cerveaux massif que connait l&rsquo;Alg\u00e9rie, le poste services avec la sortie de devises \u00e9tant pass\u00e9 de 2 milliards de dollars en 2002 \u00e0 plus de 12 milliards fin 2012, dont une grande partie destin\u00e9e au secteur hydrocarbures, Sonatrach se vidant de sa substance, il convient de r\u00e9soudre le probl\u00e8me r\u00e9current des chercheurs qui depuis des ann\u00e9es demandent l\u2019\u00e9claircissement de leur statut, la revalorisation de leur r\u00e9mun\u00e9ration et surtout un environnement propice par la lev\u00e9e\u00a0 des obstacles bureaucratiques qui freinent la recherche.<br \/>\n<strong>e-<\/strong> Enfin cinqui\u00e8me axe l\u2019option du gaz de schiste introduite dans la nouvelle loi des hydrocarbures de 2013 r\u00e9serves selon l\u2019AIE de 6000 milliards de m\u00e8tres cubes gazeux et entre 12.000 et 17.000 selon le minist\u00e8re de l\u2019Energie. En Alg\u00e9rie, devant \u00e9viter des positions tranch\u00e9es pour ou contre, un large d\u00e9bat national s\u2019impose, car on ne saurait minimiser les risques de pollution des nappes phr\u00e9atiques au Sud du pays. L\u2019Alg\u00e9rie \u00e9tant un pays semi-aride, le probl\u00e8me de l\u2019eau \u00e9tant un enjeu strat\u00e9gique au niveau m\u00e9diterran\u00e9en et africain, doit \u00eatre op\u00e9r\u00e9 un arbitrage pour la consommation d\u2019eau douce, (les nouvelles techniques peu consommatrices d\u2019eau n\u2019\u00e9tant pas encore mises au point, malgr\u00e9 le recyclage, quel sera le co\u00fbt, fonction de l\u2019achat du savoir-faire), un milliard de m\u00e8tres cubes gazeux n\u00e9cessitant 1 million de m\u00e8tres cubes d\u2019eau douce et \u00eatre pris en compte les co\u00fbts (en plus de l\u2019achat des brevets) devant forer plusieurs centaines de puits moyens pour un milliard de m\u00e8tres cubes gazeux. Sans compter la dur\u00e9e courte de la vie de ces gisements, environ 5 ann\u00e9es pouvant r\u00e9cup\u00e9rer une moyenne de 20\/25% contre 85\/90% pour les gisements de gaz conventionnel sans compter la n\u00e9cessaire entente avec des pays riverains se partageant ces nappes non renouvelables dont le Maroc, la Libye et la Tunisie.<br \/>\nEn r\u00e9sum\u00e9, la part de l\u2019OPEP qui repr\u00e9sente 30% de la commercialisation de p\u00e9trole au niveau du march\u00e9 mondial risque de diminuer et donc son influence, la Russie et les USA \u00e9tant hors OPEP. Pour le gaz, n\u2019existant pas de cartel, et donc de march\u00e9 mondial (devant g\u00e9n\u00e9raliser les GNL), du fait de la segmentation avec la pr\u00e9dominance des canalisations, chaque producteur agira en fonction de ses int\u00e9r\u00eats imm\u00e9diats. Pour l\u2019Alg\u00e9rie est pos\u00e9e la probl\u00e9matique de sa s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique, de l\u2019urgence d\u2019une transition \u00e9nerg\u00e9tique raisonnable et ma\u00eetris\u00e9e s\u2019ins\u00e9rant dans le cadre global d\u2019une transition d\u2019une \u00e9conomie de rente \u00e0 une \u00e9conomie hors hydrocarbures dans le cadre des avantages comparatifs mondiaux. Cela suppose except\u00e9 les secteurs strat\u00e9giques de lever la r\u00e8gle des 49-51% inadapt\u00e9e \u00e0 toutes les fili\u00e8res et toutes les contraintes bureaucratiques d&rsquo;environnement qui freinent l&rsquo;expansion de l\u2019entreprise cr\u00e9atrice de valeur ajout\u00e9e. Cela suppose un profond r\u00e9am\u00e9nagement des structures du pouvoir alg\u00e9rien assis sur la rente, assistant \u00e0 un Etat artificiellement riche mais une population de plus en plus pauvre avec des tensions sociales g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es.<br \/>\n<strong>Dr Abderrahmane Mebtoul, Professeur des Universit\u00e9s, Expert International en management strat\u00e9gique<\/strong><br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/permalink.php?story_fbid=577422805636548&amp;id=516806068364889\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">source<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dr Abderrahmane Mebtoul, L\u2019objet de cette contribution est la synth\u00e8se de mon intervention au colloque international organis\u00e9 par la revue international Energie Passages \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale fran\u00e7aise le 31 mai 2013 portant sur le th\u00e8me \u00abl\u2019Alg\u00e9rie face \u00e0 la concurrence et \u00e0 la transition \u00e9nerg\u00e9tique mondiale \u00bb, en pr\u00e9sence de nombreux responsables de firmes \u00e9trang\u00e8res, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":4438,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"tdm_status":"","tdm_grid_status":"","footnotes":""},"categories":[610],"tags":[],"class_list":{"0":"post-1141","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-energies"},"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.3 - 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