La recherche en sciences sociales a longtemps été un terrain en friche au Maroc. Aujourd’hui encore, à l’université, elle fait figure de parent pauvre. Une seule structure y fonctionne vraiment: le Centre marocain des sciences sociales de l’université de Casablanca, dirigé par le politologue Mohamed Tozy. Mais, à côté de cette recherche académique, plusieurs laboratoires d’idées ont émergé ces dernières années.

Certains privilégient les enquêtes de terrain, d’autres sont dans une démarche de participation plus directe au débat public, voire de lobbying assumé. Dans une étude publiée l’an dernier (1), Khadija Mohsen-Finan, maître de conférence à l’université de Paris VIII et chercheuse associée à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris), les avait passés au crible, soulignant à la fois leur dynamisme et leurs ambiguïtés. Au Maroc, l’émergence de ces think tanks s’explique aussi, selon elle, par la volonté du pouvoir de « montrer qu’il est bien dans la modernité politique ».

Brahim Fassi Fihri, le jeune patron de l’Institut Amadeus, assume ce rôle de « vitrine » de l’ouverture marocaine. Chaque année, son institut organise une conférence qui rassemble décideurs et experts. Le forum Medays, qui se tient depuis cinq ans au mois de novembre à Tanger, se présente comme une plate-forme d’échanges d’expériences et d’idées entre les pays du Sud. « En montrant que le Maroc est un pays ouvert, dans lequel on peut débattre avec une très grande liberté de ton, nous contribuons à son rayonnement international », se félicite Brahim Fassi Fihri, dont le père a longtemps dirigé la diplomatie marocaine, avant d’être nommé, au tout début de cette année, au cabinet royal.

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