En dépit de débats nourris sur la délibération et la représentation démocratiques, la question de la justification de l’élection comme mode de désignation des gouvernants a été peu abordée par la philosophie politique contemporaine. Cette question est pourtant importante. Une confrontation avec l’alternative que pourrait constituer le tirage au sort d’une assemblée représentative permet d’identifier les vertus spécifiques de l’élection au regard de quatre critères de légitimité démocratique : le consentement et la responsabilité des gouvernés, l’inclusion égalitaire des citoyens, le contrôle des décideurs et la contestabilité des décisions, la qualité épistémique de la décision. L’analyse conduit à conclure au caractère essentiel de l’élection dans des démocraties de masse. C’est à partir d’elle, et non en dépit d’elle, que doit être surmontée la crise de la représentation.

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