{"id":2297,"date":"2015-10-20T14:50:25","date_gmt":"2015-10-20T14:50:25","guid":{"rendered":"http:\/\/algerienetwork.com\/france\/?p=2297"},"modified":"2015-10-20T14:50:25","modified_gmt":"2015-10-20T14:50:25","slug":"on-a-commemore-a-marseille-les-massacres-du-17-octobre-1961","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/international\/on-a-commemore-a-marseille-les-massacres-du-17-octobre-1961\/","title":{"rendered":"On a comm\u00e9mor\u00e9 \u00e0 Marseille les massacres du 17 octobre 1961"},"content":{"rendered":"<div class=\"media media-align-center media-image format-66-pcent format-475_pixels\" style=\"text-align: left;\"><span class=\"legend\"><span class=\"legend\">Photo extraite du film \u00ab\u00a0Ici on noie les Alg\u00e9riens\u00a0\u00bb\u00ab Nous sommes descendus dans la rue pour protester contre toutes les formes de m\u00e9pris et de vexation dont nous faisions l&rsquo;objet depuis toujours, alors que nous \u00e9tions des citoyens de la R\u00e9publique fran\u00e7aise&#8230;\u00bb scande M. Ali Haroun dans la salle de l&rsquo;Espace C\u00e9zanne, \u00e0 deux pas de la Canebi\u00e8re, \u00e0 l&rsquo;adresse d&rsquo;un nombreux public. Ce responsable de la F\u00e9d\u00e9ration de France du FNL (de 1954 \u00e0 1962), puis ministre dans le gouvernement alg\u00e9rien, \u00e9tait \u00e0 Marseille le samedi 10 octobre dernier, \u00e0 l&rsquo;invitation de l&rsquo;Ufac \u2013 Union des Universitaires Alg\u00e9riens et Franco-Alg\u00e9riens. Pour comm\u00e9morer la nuit sanglante du 17 octobre 1961 \u00e0 Paris.<\/span><\/span><br \/>\n<b>\u00ab\u00a0Ici on noie des Alg\u00e9riens\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/b>Toujours trait\u00e9s comme\u00a0 \u00ab\u00a0indig\u00e8nes\u00a0\u00bb, et consid\u00e9r\u00e9s comme les h\u00e9ritiers d&rsquo;une nationalit\u00e9 fran\u00e7aise d\u00e9natur\u00e9e (une nationalit\u00e9 par d\u00e9faut, celle de sujets qui ne peuvent revendiquer une autre nationalit\u00e9 du fait de leur soumission \u00e0 la France), les \u00ab\u00a0autochtones alg\u00e9riens\u00a0\u00bb ne jouissaient pas au d\u00e9but des ann\u00e9es 60 de tous les droits rattach\u00e9s \u00e0 la citoyennet\u00e9 fran\u00e7aise, bien que d\u00e9clar\u00e9s \u00ab\u00a0Fran\u00e7ais \u00e0 part enti\u00e8re\u00a0\u00bb par les ordonnances de 1958.&nbsp;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/static.mediapart.fr\/files\/AH.png\" alt=\"Ali Haroun\" width=\"549\" height=\"410\" \/><br \/>\n<i>M. Ali Harou, tr\u00e8s \u00e9mouvant lors de son \u00e9vocation du 17 octobre 1961.(Ph : Ph. L.)<br \/>\n<\/i><br \/>\nDe 1954 \u00e0 1962, M. Ali Haroun a \u00e9t\u00e9 un des responsables de la F\u00e9d\u00e9ration de France du FLN, organisateur de cette marche pacifique des Alg\u00e9riens sur Paris qui a tourn\u00e9 ex abrupto \u00e0 la ratonnade sanglante avec l&rsquo;intervention des forces de \u00ab\u00a0l&rsquo;ordre\u00a0\u00bb. Pr\u00e8s de 18 500 personnes arr\u00eat\u00e9s et un bilan terrible\u00a0: des centaines de victimes, des cadavres par dizaines charri\u00e9s par la Seine&#8230;<br \/>\nL&rsquo;\u00e9cran de la salle de l&rsquo;Espace C\u00e9zanne affiche des photos prises \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. L&rsquo;une d&rsquo;elle est particuli\u00e8rement \u00e9difiante. Accroch\u00e9e \u00e0 une rambarde d&rsquo;un quai de la Seine, une immense banderole proclame \u00a0: \u00ab<i>\u00a0Ici on noie les Alg\u00e9riens<\/i>\u00a0\u00bb (1).<br \/>\nLa comm\u00e9moration \u00e0 Marseille avait pour but de ranimer les m\u00e9moires d\u00e9faillantes. De lever une nouvelle fois le tabou.<br \/>\nElle a aussi \u00e9t\u00e9 l&rsquo;occasion de faire un point sur les relations entre la France et l&rsquo;Alg\u00e9rie et d&rsquo;\u00e9voquer la situation en M\u00e9diterran\u00e9e.<\/p>\n<p><b>Le 17 octobre \u00e0 Paris\u00a0: les \u00ab\u00a0indig\u00e8nes\u00a0\u00bb de la R\u00e9publique ont manifest\u00e9 pour la reconnaissance de leur dignit\u00e9 et de leurs droits de citoyens&#8230; Pas pour revendiquer le droit \u00e0 l&rsquo;ind\u00e9pendance de l&rsquo;Alg\u00e9rie<\/b><br \/>\nLa m\u00e9moire de cet \u00e9v\u00e9nement se perd en France. Et quand la manifestation du 17 octobre 1961 est \u00e9voqu\u00e9e, c&rsquo;est souvent en lui attribuant, en toute bonne foi, un objectif qui n&rsquo;\u00e9tait pas le sien. En 2012, \u00e0 l&rsquo;occasion du 51<sup>e<\/sup> anniversaire de la manifestation, le pr\u00e9sident Fran\u00e7ois Hollande n&rsquo;a-t-il pas reconnu \u00ab\u00a0<i>avec lucidit\u00e9, au nom de la R\u00e9publique, la sanglante r\u00e9pression au cours de laquelle ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s des Alg\u00e9riens qui manifestaient&#8230; pour leur droit \u00e0 l&rsquo;ind\u00e9pendance\u00a0<\/i>\u00bb\u00a0?<br \/>\nEh bien non&#8230; ! Les Alg\u00e9riens, alors \u00ab\u00a0citoyens fran\u00e7ais\u00a0\u00bb ou plus exactement \u00ab Fran\u00e7ais Musulman d&rsquo;Alg\u00e9rie\u00a0\u00bb &#8211; FMA, pour reprendre la terminologie raciste de l&rsquo;\u00e9poque, n&rsquo;ont pas manifest\u00e9 le 17 octobre 1961 &#8230; pour \u00ab\u00a0<i>leur droit \u00e0 l&rsquo;ind\u00e9pendance<\/i>\u00a0\u00bb\u00a0!<br \/>\n\u00ab\u00a0<i>Ils ont manifest\u00e9 pour le respect de leur dignit\u00e9, pour leurs droits de citoyen dans la R\u00e9publique fran\u00e7aise\u00a0!\u00a0<\/i>\u00bb C&rsquo;est une v\u00e9rit\u00e9 qu&rsquo;a tenu \u00e0 exprimer M. Ali Haroun.<br \/>\nSuivant son exemple, les autres orateurs n&rsquo;ont pas relev\u00e9 de mani\u00e8re explicite l&rsquo;erreur du pr\u00e9sident Hollande. Au contraire, tous lui ont rendu hommage pour sa reconnaissance de \u00ab\u00a0la sanglante r\u00e9pression\u00a0\u00bb. Un \u00e9v\u00e9nement effac\u00e9 de la m\u00e9moire fran\u00e7aise. Le geste pr\u00e9sidentiel a contribu\u00e9 a en raviver le souvenir.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/static.mediapart.fr\/files\/600x843x17octP2BP2BP2B.jpg.pagespeed.ic_.1IBxdsAesx.jpg\" alt=\"600x843x17octP2BP2BP2B.jpg.pagespeed.ic_\" width=\"645\" height=\"906\" \/><\/p>\n<p>La manifestation nocturne et pacifique du 17 octobre 1961 organis\u00e9e par la F\u00e9d\u00e9ration Fran\u00e7aise du FLN (Front de Lib\u00e9ration Nationale), a rassembl\u00e9 sur les pav\u00e9s parisiens des milliers de \u00ab\u00a0Fran\u00e7ais Musulmans d&rsquo;Alg\u00e9rie\u00a0\u00bb. Ce sont d&rsquo;honn\u00eates travailleurs qui vivent dans des bidonvilles de la banlieue parisienne qui ont d\u00e9fil\u00e9 ce soir-l\u00e0. Les hommes sont souvent en costume, chemise blanche et cravate, ras\u00e9s de pr\u00e8s, \u00ab\u00a0comme pour un mariage\u00a0\u00bb.<br \/>\nBravant le couvre feu auquel ils sont astreints, ces \u00ab\u00a0Fran\u00e7ais Musulmans d&rsquo;Alg\u00e9rie\u00a0\u00bb d\u00e9filent en cette nuit du 17 octobre 1961, en famille, avec leurs \u00e9pouses et leurs enfants. Tous ont rev\u00eatus leurs plus beaux habits. Tout \u00e0 coup, sans crier gare, les forces de \u00ab\u00a0l&rsquo;ordre\u00a0\u00bb ouvrent le feu. La \u00ab\u00a0ratonnade\u00a0\u00bb sanglante se poursuit au bord de la Seine. Des hommes sont abattus et leurs corps jet\u00e9s dans le fleuve.<br \/>\nLa \u00ab\u00a0ratonnade\u00a0\u00bb vengeresse est couverte par Maurice Papon, pr\u00e9fet de police de Paris (haut fonctionnaire de \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00c9tat dit Fran\u00e7ais\u00a0\u00bb sous l&rsquo;Occupation), avec l&rsquo;approbation tacite du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle. Pour beaucoup d&rsquo;observateurs\u00a0: c&rsquo;est un crime d&rsquo;\u00c9tat.<br \/>\nCombien de bless\u00e9s\u00a0? Combien de morts\u00a0? Les chiffres avanc\u00e9s jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui font l&rsquo;objet d&rsquo;une controverse. Papon* et son ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur, Roger Frey*,\u00a0dressent un premier bilan : \u00ab\u00a0<i>2 morts et quelques bless\u00e9s parmi les manifestants. Une douzaine d&rsquo;officiers de police hospitalis\u00e9s&#8230; On renvoie ces prochains jours en Alg\u00e9rie une majorit\u00e9 de manifestants arr\u00eat\u00e9s<\/i>\u00a0\u00bb. Fermez le ban\u00a0!<br \/>\nChiffres aussit\u00f4t contest\u00e9s par <i>l&rsquo;Humanit\u00e9 <\/i>et <i>Lib\u00e9ration (<\/i>il ne s&rsquo;agit pas du \u00ab\u00a0Lib\u00e9ration\u00a0\u00bb d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, mais du journal de la R\u00e9sistance, \u00e9dit\u00e9 par le mouvement &#8211; non communiste &#8211; <i> Lib\u00e9ration-Sud<\/i>, qui a paru de 1941 \u00e0 1964). <i><br \/>\nLe Figaro<\/i> d\u00e9nonce les exactions commises par la police\u00a0; <i>Le Monde<\/i> alerte ses lecteurs sur des conditions de d\u00e9tention indigne et d\u00e9montre l&rsquo;invraisemblance des annonces officielles.<br \/>\nLes journaux populaires, <i>le Parisien lib\u00e9r\u00e9, l&rsquo;Aurore, Paris Match<\/i> se contentent de reproduire les bobards de la version officielle ; ils contribuent \u00e0 anesth\u00e9sier la majorit\u00e9 de la population fran\u00e7aise.<br \/>\nLa classe politique questionne Papon et le ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur\u00a0: \u00ab\u00a0<i>Est-il vrai que 50 Alg\u00e9riens ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s dans la cour de la pr\u00e9fecture, que 150 cadavres ont \u00e9t\u00e9 rep\u00each\u00e9s dans la Seine\u00a0?<\/i>\u00a0\u00bb \u00c0 ces questions qui se font pressantes, ils r\u00e9pondent par un parfait silence radio.<br \/>\nOn se livre \u00e0 toutes sortes de sp\u00e9culations. On minimise ou on exag\u00e8re. \u00ab\u00a0<i>On n&rsquo;a pas tout comptabilis\u00e9\u00a0: \u00a0la Seine a pu charrier des cadavres jusqu&rsquo;\u00e0 la mer&#8230;<\/i>\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00c0 l&rsquo;Espace C\u00e9zanne, 54 ans plus tard, les personnes dans le public reprennent mot \u00e0 mot les m\u00eames arguments, les m\u00eames sp\u00e9culations.<br \/>\nIl existe un rapport sur les archives de la Pr\u00e9fecture de police relatives \u00e0 la manifestation organis\u00e9e par le FLN le 17 octobre 1961. Le fichier PDF est \u00e0 t\u00e9l\u00e9charger <a class=\"external\" href=\"http:\/\/www.ladocumentationfrancaise.fr\/var\/storage\/rapports-publics\/984000823.pdf\" target=\"_blank\">ici <\/a><br \/>\nCe rapport comprend notamment les archives de l&rsquo;IGS (inspection g\u00e9n\u00e9rale des services) et de l&rsquo;institut m\u00e9dico-l\u00e9gal (IML) vers\u00e9es \u00e0 la fin des ann\u00e9es 90.<br \/>\nEn r\u00e9sum\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0<i>Il appara\u00eet que les \u00e9v\u00e9nements du 17 octobre 1961 s&rsquo;ins\u00e8rent dans un contexte qui d\u00e9borde cette journ\u00e9e et que la manifestation a donn\u00e9 lieu \u00e0 une r\u00e9pression tr\u00e8s dure. La mission ne peut donner le chiffre des morts avec assurance mais conclut \u00e0 des dizaines de victimes ce qui est sup\u00e9rieur au bilan officiel (sept morts) mais tr\u00e8s inf\u00e9rieur aux centaines de victimes dont il a \u00e9t\u00e9 parfois question.<\/i>\u00a0\u00bb<br \/>\nM. Ali Haroun a \u00e9voqu\u00e9 devant le public marseillais \u00ab\u00a0<i>200 morts et des centaines de bless\u00e9s chez les manifestants.<\/i> Pour lui, de nombreuses disparitions s&rsquo;expliquent <i>\u00ab par le refoulement en Alg\u00e9rie de centaines de manifestants et leurs familles dans les semaines qui ont suivi la r\u00e9pression<\/i>. <i>C&rsquo;est donc \u00e0 tort, <\/i>a-t-il insist\u00e9 <i>, qu&rsquo;on a comptabilis\u00e9 les personnes refoul\u00e9es avec les morts.\u00a0\u00bb<\/i><br \/>\nLa manifestation du 17 octobre 1961 est \u00e0 situer dans son v\u00e9ritable contexte, celui d&rsquo;une guerre qui ne disait pas son nom. D&rsquo;une \u00ab\u00a0<i>sale guerre\u00a0\u00bb, dira-t-on plus tard,<\/i> que la censure camouflait sous les termes de \u00ab\u00a0<i>maintien de l&rsquo;ordre<\/i>\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0<i>pacification<\/i>\u00a0\u00bb. La presse fran\u00e7aise utilisait l&rsquo;expression <i>\u00ab les \u00e9v\u00e9nements d&rsquo;Alg\u00e9rie.\u00a0\u00bb<\/i><br \/>\n\u00ab\u00a0L<i>e terrorisme musulman est \u00e0 l&rsquo;origine de drames\u00a0<\/i>\u00bb pour l&rsquo;\u00e9ditorialiste du <i>Monde<\/i>, Jacques Fauvet, qui se fait accusateur au lendemain du 17 octobre. Eh bien non\u00a0! Ce sont la dignit\u00e9 et les droits bafou\u00e9s des Alg\u00e9riens, du commencement de l&rsquo;occupation \u00e0 la fin de la p\u00e9riode coloniale qui sont en cause.<br \/>\nComme le fait remarquer M Ali Haroun, \u00ab\u00a0d<i>u d\u00e9but de la colonisation<\/i> <i>de l&rsquo;Alg\u00e9rie \u00e0 la reconnaissance de son ind\u00e9pendance, du premier au dernier jour, les atteintes \u00e0 la dignit\u00e9 et les vexations de toutes sortes n&rsquo;ont jamais cess\u00e9\u00a0<\/i>\u00bb.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/static.mediapart.fr\/files\/YB.png\" alt=\"Yves Bonnet\" width=\"374\" height=\"282\" \/><br \/>\n<i>M. Yves Bonnet, <i>pr\u00e9fet honoraire, <\/i>ancien directeur de la DST<i>. (Ph : Ph. L.)<\/i><br \/>\n<\/i><\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, la page est tourn\u00e9e mais le devoir de m\u00e9moire reste&#8230; Et des hauts fonctionnaires fran\u00e7ais sont vigilants.<br \/>\nPr\u00e9sent \u00e0 cette comm\u00e9moration du 17 octobre \u00e0 Marseille, le pr\u00e9fet honoraire Yves Bonnet, ancien directeur de la DST, a rapport\u00e9 au public de l&rsquo;Espace C\u00e9zanne, une anecdote tr\u00e8s r\u00e9v\u00e9latrice. Il a oppos\u00e9 un non cat\u00e9gorique \u00e0 Gaston Defferre, ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur au d\u00e9but des ann\u00e9es 80, qui lui ordonnait \u00ab\u00a0d<i>e liquider Carlos<\/i>\u00a0\u00bb, un dangereux terroriste. M Yves Bonnet lui a fait comprendre que \u00ab\u00a0<i>ce n&rsquo;\u00e9tait pas l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;il se faisait de la fonction publique.<\/i>\u00a0\u00bb Defferre, ne lui en a pas gard\u00e9 rancune. Dix ans plus tard, la DST se couvrira de gloire en arr\u00eatant \u00ab\u00a0Carlos\u00a0\u00bb. Conduit en France, il sera traduit en justice et condamn\u00e9.<br \/>\nL&rsquo;image que nous conserverons de cette comm\u00e9moration du 17 octobre 1961 \u00e0 Marseille, c&rsquo;est l&rsquo;accolade d&rsquo;Yves Bonnet, ancien haut fonctionnaire de l&rsquo;\u00c9tat fran\u00e7ais, cette accolade qu&rsquo;il a donn\u00e9e spontan\u00e9ment et fraternellement \u00e0 l&rsquo;ancien responsable alg\u00e9rien de la F\u00e9d\u00e9ration France du FLN, M Ali Haroun.<br \/>\nCe dernier est apparu comme un homme honn\u00eate et droit, qui a combattu avec d\u00e9termination mais sans haine. L&rsquo;histoire a montr\u00e9 que sur le sol de la m\u00e9tropole fran\u00e7aise, la F\u00e9d\u00e9ration de France du FNL a toujours men\u00e9 des op\u00e9rations cibl\u00e9es. Pas de terrorisme aveugle, contrairement \u00e0 l&rsquo;OAS. Elle a combattu pour qu&rsquo;on respecte ces droits proclam\u00e9s par notre constitution comme \u00ab\u00a0naturels, inali\u00e9nables et sacr\u00e9s.\u00a0\u00bb Ce sont des hommes de sa trempe qui ont fait du combat de chaque militant alg\u00e9rien, le combat de tous les hommes conscients de leur dignit\u00e9, de leurs droits et \u00e9pris de libert\u00e9. Partout dans le monde. Comme le d\u00e9montre l&rsquo;\u00e9cho retentissant rencontr\u00e9 \u00e0 New York dans l&rsquo;enceinte de l&rsquo;ONU&#8230;\u00a0 le \u00ab\u00a0machin\u00a0\u00bb comme l&rsquo;avait surnomm\u00e9e le g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle.<br \/>\nLa comm\u00e9moration du 17 octobre 1961 constitue un rappel de ces droits de l&rsquo;Homme et du Citoyen, qui transcendent toutes les fronti\u00e8res, celles des \u00c9tats comme celles des administrations, et toutes les ob\u00e9diences, id\u00e9ologiques comme religieuses. C&rsquo;est une piqure de rappel destin\u00e9e \u00e0 renforcer la vigilance de tous les d\u00e9mocrates, de toutes les personnes \u00e9prises de libert\u00e9 et de justice.<\/p>\n<p><b>La comm\u00e9moration a donn\u00e9 l&rsquo;opportunit\u00e9 d&rsquo;\u00e9changer et de d\u00e9battre, de jeter un regard sur des probl\u00e8mes qui nous concernent tous<\/b><br \/>\nLa comm\u00e9moration du 17 octobre 1961 a donn\u00e9 lieu \u00e0 Marseille \u00e0 des interventions brillantes de personnalit\u00e9s politiques et religieuses, et \u00e0 des d\u00e9bats remarquablement mod\u00e9r\u00e9s par Mme Houiria Hadj Chiekh, maire adjoint du 7e secteur de Marseille. Se sont notamment exprim\u00e9s \u00e0 la tribune\u00a0: MM. Ali Haroun, responsable de la F\u00e9d\u00e9ration de France du FLN, ancien ministre de la R\u00e9publique alg\u00e9rienne, d\u00e9mocratique et populaire\u00a0; Yves Bonnet, pr\u00e9fet honoraire, ancien directeur de la DST\u00a0; Ghaleb Bencheikh, pr\u00e9sident de la Conf\u00e9rence Mondiale des Religions pour la Paix, bien connu des t\u00e9l\u00e9spectateurs de la 2\u00a0; Roland Caucanas, directeur de l&rsquo;Institut catholique de la M\u00e9diterran\u00e9e\u00a0; Azedine Gaci, Recteur de la mosqu\u00e9e Othman de Villeurbanne\u00a0; Rapha\u00ebl Liogier, sociologue, philosophe, professeur des Universit\u00e9s de Sciences Po, extr\u00eamement convainquant.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/static.mediapart.fr\/files\/AA.png\" alt=\"AA.png\" width=\"212\" height=\"245\" \/><br \/>\n<i>M. Abdelkader Azazen, un des deux survivants de la manifestation du 17 octobre 1961 pr\u00e9sent \u00e0 la comm\u00e9moration de Marseille, apporte son t\u00e9moignage.<\/i><\/p>\n<p>Dans le public, parmi de nombreuses interventions, nous avons relev\u00e9 celle de M. Abdelkader Azazen, un des deux seuls t\u00e9moins pr\u00e9sents \u00e0 cette comm\u00e9moration de la manifestation du 17 octobre \u00e0 Marseille. L&rsquo;autre t\u00e9moin \u00e9tant M. Ali Haroun.<br \/>\nLe programme concoct\u00e9 par les universitaires de l&rsquo;Ufac a permis aux orateurs de faire un large tour d&rsquo;horizon sur le devenir de la soci\u00e9t\u00e9 alg\u00e9rienne, d&rsquo;en mesurer les aspirations et les blocages. De faire un point sur les relations alg\u00e9ro-fran\u00e7aises pour mieux en mesurer les intentions et les actes.<br \/>\nOn a \u00e9voqu\u00e9 le dialogue interculturel m\u00e9diterran\u00e9en mais aussi la crise des migrants dans l&rsquo;espace europ\u00e9en. L&rsquo;arriv\u00e9e en masse de r\u00e9fugi\u00e9s de guerre peut-elle \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un \u00ab\u00a0retour de b\u00e2ton\u00a0\u00bb\u00a0? On conna\u00eet le r\u00f4le jou\u00e9 par des \u00c9tats europ\u00e9ens. Ils ont contribu\u00e9 au renversement des dictatures sur la rive sud, sans assurer le service apr\u00e8s-vente, si l&rsquo;on peut dire. R\u00e9sultat\u00a0: des pays totalement d\u00e9stabilis\u00e9s, en proie \u00e0 des affrontements cruels et sans fin, fuis par leurs habitants qui veulent \u00e9migrer en masse vers l&rsquo;Europe. Autres th\u00e8mes abord\u00e9s\u00a0: le conflit au Sahel\u00a0: vers un r\u00e8glement politique ou l&rsquo;enlisement par la terreur\u00a0? Monde arabo-musulman\u00a0: vers une fin tragique comme l&rsquo;Empire Ottoman\u00a0?<\/p>\n<p><b>Un \u00e9v\u00e9nement tr\u00e8s suivi<\/b><br \/>\nPour la comm\u00e9moration du 17 octobre , le maire de Marseille, M. jean-Claude Gaudin, avait d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 Mme Noro Issan-Hamad, conseill\u00e8re m\u00e9tropolitaine (UDI).<br \/>\nMme Lisette Narducci, maire du 2e secteur de Marseille (PRG), M. Patrick Mennucci, d\u00e9put\u00e9 (PS) et pr\u00e9sident du groupe France-Alg\u00e9rie \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e Nationale, et d&rsquo;autres \u00e9lus encore, ainsi que des repr\u00e9sentants de parti, comme M. Miloud Boualem (Modem), de nombreux dirigeants d&rsquo;associations (Mme Assia Boubiaf \u2013Agr Asso- Droit devant\u00a0; M. Slimane Azzoug \u2013 Club 92&#8230;) et de syndicats ont manifest\u00e9 par leurs interventions, leurs pr\u00e9sences ou leurs passages, leur int\u00e9r\u00eat pour cette comm\u00e9moration. Nous avons relev\u00e9 la pr\u00e9sence de Maitre Serge Pautot, instituteur en Alg\u00e9rie dans le cadre de la coop\u00e9ration, ainsi que de nombreux amis de l&rsquo;Alg\u00e9rie dont la liste serait fastidieuse \u00e0 \u00e9num\u00e9rer ici.<br \/>\nL&rsquo;\u00e9v\u00e9nement \u00e9tait couvert en direct par Jacques Soncin de radio Gazelle, film\u00e9 par le r\u00e9alisateur alg\u00e9rien Kamel Okeil et des t\u00e9l\u00e9visions alg\u00e9riennes.<br \/>\nLe Comit\u00e9 d&rsquo;organisation de la comm\u00e9moration du 17 octobre 1961 \u00e9tait pr\u00e9sid\u00e9 par M. Abdekader Haddouche, d\u00e9put\u00e9 repr\u00e9sentant des Alg\u00e9riens du sud de la\u00a0France \u00e0 l&rsquo;APN-Alger qui, \u00e0 l&rsquo;issue des d\u00e9bats, a convi\u00e9 le public \u00e0 poursuivre les \u00e9changes autour du verre de l&rsquo;amiti\u00e9. <i><b>Philippe LEGER<\/b><\/i><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/static.mediapart.fr\/files\/LN.png\" alt=\"LN.png\" width=\"449\" height=\"311\" \/><br \/>\n<i>La maire du 2e secteur, Mme Lisette Narducci, accueillie \u00e0 son arriv\u00e9e par un membre du Comit\u00e9 d&rsquo;Organisation.<i>.(Ph : Ph. L.)<\/i><\/i><\/p>\n<p><i><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/static.mediapart.fr\/files\/MB_PM.png\" alt=\"MB_PM.png\" width=\"449\" height=\"279\" \/><br \/>\nDe gauche \u00e0 droite : M. Milhoud Boualem, repr\u00e9sentant le Modem, et M. Patrick Mennucci, d\u00e9put\u00e9 (PS) (il c\u00e8dera gracieusement sa place \u00e0 Mme Lisette Narducci.)<i> Ph : Ph. L.<\/i><\/i><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/static.mediapart.fr\/files\/BF-SP.png\" alt=\"BF-SP.png\" width=\"450\" height=\"429\" \/><br \/>\nDe gauche \u00e0 droite : MM Abdelkader Haddouche, d\u00e9put\u00e9 ; Me Serge Pautot, ancien instituteur coop\u00e9rant en Alg\u00e9rie. <i>(Ph : Ph. L.)<\/i><\/p>\n<p><i><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/static.mediapart.fr\/files\/6_ph.png\" alt=\"6_ph.png\" width=\"668\" height=\"664\" \/><br \/>\nQuelques vues de la salle pendant les interventions (Photos communiqu\u00e9es par le Comit\u00e9 d&rsquo;Organisation).<\/i><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><i><i><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/static.mediapart.fr\/files\/HHC-BF-YB-AH.png\" alt=\"HHC-BF-YB-AH.png\" width=\"663\" height=\"449\" \/><br \/>\nDe gauche \u00e0 droite : Mme Houaria Hadj Cheikh ; MM. Abdelkader Haddouche ; Yves Bonnet ; Ali Haroun<i>. (Ph : Ph. L.)<\/i><\/i><\/i><\/p>\n<p>* Dans son ouvrage-r\u00e9v\u00e9lation sur \u00abl&rsquo;Affaire Papon\u00bb, Michel Slitinsky \u00e9crit: <i>\u00abLa v\u00e9rit\u00e9 oblige \u00e0 dire que sous l&rsquo;autorit\u00e9 de Roger Frey, ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur, Maurice Papon a \u00e9t\u00e9 un pr\u00e9fet de police r\u00e9pressif jusqu&rsquo;au sang.\u00bb <\/i>Il pr\u00e9cise :<i> \u00abLe 17 octobre 1961 et dans les jours suivants, il fait jeter des Alg\u00e9riens dans la Seine et en fait tuer un certain nombre sous ses yeux. (&#8230;) Il y a des morts, des noy\u00e9s dans la Seine, des pendus dans le bois de Vincennes, des agonisants dans les fourr\u00e9s. (&#8230;) Mais les \u00e9tats de service de Maurice Papon ne se limitent pas \u00e0 cet octobre sanglant de 1961. Le 8 f\u00e9vrier 1962, alors que des manifestations ont lieu \u00e0 Paris contre les attentats de l&rsquo;OAS, des incidents \u00e9clatent au m\u00e9tro Charonne, qui se soldent par neuf morts. <\/i>Conclusion laconique de Michel Slitinsky<i>\u00a0: Il ne fait pas bon \u00eatre juif \u00e0 Bordeaux en 1942, alg\u00e9rien \u00e0 Paris en 1961, antifasciste \u00e0 Paris en 1962.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>(1) voir la bande annonce du <a class=\"external\" href=\"http:\/\/bande-annonce.tuxboard.com\/ici-on-noie-les-algeriens\/\" target=\"_blank\">film<\/a> \u00ab\u00a0Ici on noie les Alg\u00e9riens\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/div>\n<p>(1) voir la bande annonce du <a class=\"external\" href=\"http:\/\/bande-annonce.tuxboard.com\/ici-on-noie-les-algeriens\/\" target=\"_blank\">film<\/a> \u00ab\u00a0Ici on noie les Alg\u00e9riens\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><a class=\"subscriber\" title=\"Le blog de Philippe LEGER\" href=\"http:\/\/blogs.mediapart.fr\/blog\/philippe-leger\">PHILIPPE LEGER<\/a><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/blogs.mediapart.fr\/edition\/visages-de-marseille\/article\/191015\/commemore-marseille-les-massacres-du-17-octobre-1961\">SOURCE de l&rsquo;article\u00a0<\/a><\/p>\n<p>Merci a Mr, Phillipe LEGER d&rsquo;autoriser cette reproduction &#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Photo extraite du film \u00ab\u00a0Ici on noie les Alg\u00e9riens\u00a0\u00bb\u00ab Nous sommes descendus dans la rue pour protester contre toutes les formes de m\u00e9pris et de vexation dont nous faisions l&rsquo;objet depuis toujours, alors que nous \u00e9tions des citoyens de la R\u00e9publique fran\u00e7aise&#8230;\u00bb scande M. 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