{"id":831,"date":"2012-12-17T13:42:11","date_gmt":"2012-12-17T13:42:11","guid":{"rendered":"http:\/\/algerienetwork.com\/france\/?p=831"},"modified":"2012-12-17T13:42:11","modified_gmt":"2012-12-17T13:42:11","slug":"andre-miquel-connaitre-son-heritage-arabe-nempeche-pas-detre-francais","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/international\/andre-miquel-connaitre-son-heritage-arabe-nempeche-pas-detre-francais\/","title":{"rendered":"Andr\u00e9 Miquel : \u00ab\u00a0Conna\u00eetre son h\u00e9ritage arabe n&#8217;emp\u00eache pas d&rsquo;\u00eatre fran\u00e7ais\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/algerienetwork.com\/france\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/miguel.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-832\" title=\"ANDRE MIQUEL\" src=\"http:\/\/algerienetwork.com\/france\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/miguel.jpg\" alt=\"\" width=\"493\" height=\"271\" \/><\/a>Depuis plus d&rsquo;un demi-si\u00e8cle, Andr\u00e9 Miquel traduit inlassablement les plus beaux textes du patrimoine arabe, des vers de Qays, le fou d&rsquo;amour de Leyla, aux <em>Mille et une nuits<\/em>, en passant par les grands g\u00e9ographes. N\u00e9 en 1929, ce po\u00e8te-\u00e9crivain-traducteur nous a permis de p\u00e9n\u00e9trer des textes rares, parfois difficiles, avec toujours la m\u00eame passion de transmettre. Mais quelle place tient cet Islam raffin\u00e9 qu&rsquo;il aime tant dans le monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui ? Est-ce pour conjurer les d\u00e9mons de la violence et de l&rsquo;ignorance qui accompagnent souvent le d\u00e9veloppement de la deuxi\u00e8me religion du monde que cet ancien professeur au Coll\u00e8ge de France consacre \u00e0 un \u00e9tonnant calife du IXe si\u00e8cle ses <em>Entretiens de Bagdad <\/em>(Bayard, 2012) ? Cette ode \u00e0 la sagesse et \u00e0 la tol\u00e9rance est-elle un r\u00eave de po\u00e8te ou le message d&rsquo;un sage ? L&rsquo;Islam d&rsquo;Andr\u00e9 Miquel n&rsquo;est-il pas trop beau pour \u00eatre vrai ? Entretien autour d&rsquo;une civilisation mythique, l&rsquo;Islam des Lumi\u00e8res.<\/p>\n<p><strong>Le Point.fr :<\/strong> <strong>Dans votre dernier livre, vous mettez en sc\u00e8ne le calife abbasside Ma&rsquo;m\u00fbn et des sages musulmans discutant de Dieu, de l&rsquo;amour et du pouvoir avec des chr\u00e9tiens et des juifs. Un joli conte ? <\/strong><\/p>\n<p><strong>Andr\u00e9 Miquel<\/strong> : Ce livre exprime ce que pour moi l&rsquo;Islam pourrait \u00eatre. C&rsquo;est mon testament d&rsquo;arabisant, apr\u00e8s cinquante-cinq ans de carri\u00e8re. J&rsquo;ai toujours ressenti une estime particuli\u00e8re pour Ma&rsquo;M\u00fbn, ce fils du fameux Haroun al-Rachid. Au IXe si\u00e8cle, alors que l&rsquo;Occident chr\u00e9tien peine \u00e0 sortir d&rsquo;une \u00e9poque de troubles, ce calife de Bagdad encourage la traduction en arabe des oeuvres grecques, fonde un institut des sciences et invite ses fr\u00e8res \u00e0 discuter des rapports entre religion et raison, d\u00e9bat aujourd&rsquo;hui encore d&rsquo;une \u00e9tonnante actualit\u00e9. J&rsquo;ai donc voulu le faire revivre en renouant avec un genre tr\u00e8s en honneur dans la litt\u00e9rature arabe classique : les maq\u00e2m\u00e2t, des entretiens autour d&rsquo;un sujet convenu ou sans programme pr\u00e9\u00e9tabli.<\/p>\n<p><strong>Ma&rsquo;m\u00fbn est aussi le calife qui favorisa les mu&rsquo;tazilites, ces penseurs musulmans qui d\u00e9fendaient au nom de la raison la libert\u00e9 de l&rsquo;homme face \u00e0 Dieu, mais qui se montr\u00e8rent d&rsquo;une rare intol\u00e9rance&#8230; <\/strong><\/p>\n<p>C&rsquo;est vrai que, comme d&rsquo;autres, ces penseurs ont \u00e9t\u00e9 tent\u00e9s d&rsquo;imposer leur vue. Mais ils ont pos\u00e9 le probl\u00e8me essentiel : les rapports de la foi avec la raison.<\/p>\n<p><strong>Cette p\u00e9riode est souvent d\u00e9sign\u00e9e aujourd&rsquo;hui comme l&rsquo;Islam des Lumi\u00e8res. Mais n&rsquo;est-ce pas un mythe ? <\/strong><\/p>\n<p>Les Lumi\u00e8res sont certes un ph\u00e9nom\u00e8ne occidental, directement li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution des sciences et du christianisme. Mais ce mouvement a pu dans certains pays \u00eatre orchestr\u00e9 ou favoris\u00e9 par un pouvoir \u00ab\u00a0\u00e9clair\u00e9\u00a0\u00bb : Louis XV, par le relais de Madame de Pompadour, ou Fr\u00e9d\u00e9ric II de Prusse ont fait au XVIIIe si\u00e8cle ce que Ma&rsquo;m\u00fbn a tent\u00e9 au IXe, favoriser les sciences et les arts. Certes, ce calife n&rsquo;a pas tout invent\u00e9 : les traductions des oeuvres grecques avaient commenc\u00e9 avant lui et le mouvement s&rsquo;est amplifi\u00e9 du fait de l&rsquo;ouverture du monde musulman \u00e0 l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/iran\">Iran<\/a> et \u00e0 l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/inde\">Inde<\/a>. J&rsquo;ai d&rsquo;ailleurs pris un peu de libert\u00e9 avec la chronologie, pour les besoins de la cause, notamment quand Ma&rsquo;m\u00fbn \u00e9voque l&rsquo;envoi d&rsquo;ambassadeurs vers la <a href=\"http:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/russie\">Russie<\/a>, la Chine et l&rsquo;Inde, qui est en fait post\u00e9rieur. Ce que j&rsquo;ai voulu montrer, c&rsquo;est l&rsquo;ouverture d&rsquo;un Islam trop oubli\u00e9 aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p><strong>Vous d\u00e9crivez des chr\u00e9tiens et des juifs d\u00e9battant librement avec le calife. Quel \u00e9tait leur statut dans cet Islam du IXe si\u00e8cle ? <\/strong><\/p>\n<p>En contrepartie d&rsquo;un imp\u00f4t, ils restaient libres de pratiquer leur foi, avec l&rsquo;assurance de la protection du pouvoir. Bien des non-chr\u00e9tiens auraient sans doute souhait\u00e9 b\u00e9n\u00e9ficier d&rsquo;un statut aussi favorable dans l&rsquo;Europe du temps. Est-ce que je m&rsquo;en contenterais aujourd&rsquo;hui ? Non. Les temps ont chang\u00e9. La tol\u00e9rance sous Ma&rsquo;m\u00fbn demeurait effectivement un statut octroy\u00e9, et notre \u00e9poque doit r\u00eaver d&rsquo;autre chose, qui a pour nom fraternit\u00e9. Mais il faut juger ce calife dans son contexte.<\/p>\n<p><strong>Mais vous qui \u00eates chr\u00e9tien, n&rsquo;avez-vous jamais \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9 par les musulmans ? <\/strong><\/p>\n<p>Jamais. Le probl\u00e8me ne s&rsquo;est pos\u00e9 ni avec mes amis, ni avec mes coll\u00e8gues, ni avec mes \u00e9tudiants musulmans. Je savais qui ils \u00e9taient, ils savaient qui j&rsquo;\u00e9tais et nous nous respections. En tant que croyant chr\u00e9tien, je ne peux que comprendre et respecter l&rsquo;islam, cette religion qui r\u00e9p\u00e8te inlassablement le myst\u00e8re de l&rsquo;unit\u00e9 de Dieu : Dieu est un. Mais ce que je demande, c&rsquo;est qu&rsquo;on me laisse imaginer cette unit\u00e9 \u00e0 travers le myst\u00e8re de la Trinit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Dans les ann\u00e9es cinquante, qu&rsquo;est-ce qui peut int\u00e9resser un fils d&rsquo;instituteurs de l&rsquo;H\u00e9rault \u00e0 s&rsquo;int\u00e9resser \u00e0 la culture islamique ? <\/strong><\/p>\n<p>C&rsquo;est une longue histoire. Quand je suis entr\u00e9 \u00e0 Normale Sup, j&rsquo;\u00e9tais d\u00e9sign\u00e9 pour faire carri\u00e8re dans les langues classiques, mais je r\u00eavais de d\u00e9sert, de palmiers, de minarets. J&rsquo;ai appris l&rsquo;arabe par pur plaisir, puis suis parti \u00e0 Damas comme boursier. Entre-temps, mon ma\u00eetre R\u00e9gis Blach\u00e8re m&rsquo;a confi\u00e9 la traduction d&rsquo;un livre de fables, Kal\u00eela wa Dimna, d&rsquo;Ibn-al-Muqaffa. Ce fut extraordinaire. Je voulais poursuivre dans cette voie, mais, parce que je n&rsquo;avais pas l&rsquo;agr\u00e9gation d&rsquo;arabe, je n&rsquo;ai pas pu aller \u00e0 l&rsquo;institut fran\u00e7ais du Caire ou de Damas. Alors, d\u00e9pit\u00e9, j&rsquo;ai particip\u00e9 \u00e0 des fouilles en \u00c9thiopie, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 professeur de lyc\u00e9e \u00e0 Clermont-Ferrand, puis j&rsquo;ai travaill\u00e9 \u00e0 la direction des affaires culturelles du Quai d&rsquo;Orsay pour l&rsquo;Afrique et l&rsquo;Asie.<\/p>\n<p><strong>Et comment vous retrouvez-vous en 1961 en prison au Caire ?<\/strong><\/p>\n<p>J&rsquo;avais cru avoir vocation \u00e0 \u00eatre diplomate et j&rsquo;ai accept\u00e9 un poste de charg\u00e9 de mission culturelle, en R\u00e9publique arabe unie, celle de Nasser. Ce fut une r\u00e9ussite : deux mois apr\u00e8s mon arriv\u00e9e au Caire, j&rsquo;\u00e9tais, avec mes coll\u00e8gues, accus\u00e9 d&rsquo;espionnage, de complot contre la s\u00fbret\u00e9 d&rsquo;\u00c9tat et de tentative d&rsquo;assassinat du pr\u00e9sident Nasser. Un proc\u00e8s mont\u00e9 de toutes pi\u00e8ces, \u00e0 un moment o\u00f9 la guerre d&rsquo;Alg\u00e9rie n&rsquo;en finissait pas de finir&#8230; J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 en avril 62, apr\u00e8s que les Fran\u00e7ais ont lib\u00e9r\u00e9 Ben Bella, le leader alg\u00e9rien.<\/p>\n<p><strong>Cinq mois de r\u00e9flexion&#8230; <\/strong><\/p>\n<p>Oui, et au secret absolu, comme je l&rsquo;ai racont\u00e9 en 1964 dans mon livre <em>Le repas du soir<\/em> (Flammarion). Cela m&rsquo;a donn\u00e9 le temps de conclure qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de plus beau m\u00e9tier que la recherche et l&rsquo;\u00e9criture. \u00c0 partir de l\u00e0, ma voie a \u00e9t\u00e9 trac\u00e9e : \u00eatre chercheur, \u00e9crire si possible des livres compris par un public honn\u00eatement cultiv\u00e9, mais aussi me donner le temps de l&rsquo;\u00e9criture libre, celle des romans, des nouvelles et de la po\u00e9sie. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 ma\u00eetre assistant \u00e0 Aix-en-Provence en langue et civilisation arabes, je suis entr\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole pratique des hautes \u00e9tudes, puis j&rsquo;ai enseign\u00e9 \u00e0 Paris VIII-Vincennes, \u00e0 Paris-III, et enfin au Coll\u00e8ge de France.<\/p>\n<p><strong>Vous avez \u00e9crit sur la litt\u00e9rature et la civilisation arabes, mais jamais sur la religion musulmane. Pourquoi ? <\/strong><\/p>\n<p>Je ne suis pas un islamologue. Ce qui m&rsquo;int\u00e9resse, ce sont les hommes et la soci\u00e9t\u00e9 que cette religion a model\u00e9s. J&rsquo;ai voulu savoir si la po\u00e9sie, et en particulier la po\u00e9sie classique, participait des m\u00eames joies, des m\u00eames bonheurs et angoisses que les n\u00f4tres. Comment elle parlait de l&rsquo;amour, de la mort, de l&rsquo;au-del\u00e0.<\/p>\n<p><strong>Cette recherche de l&rsquo;Autre dans ce qu&rsquo;il a de plus intime vous a-t-elle permis de devenir \u00ab\u00a0arabe\u00a0\u00bb ? <\/strong><\/p>\n<p>Non. Il y a dans chaque culture un jardin clos absolument irr\u00e9ductible. Pour moi, c&rsquo;est la musique. Bien s\u00fbr, je peux prendre plaisir \u00e0 \u00e9couter un morceau de musique \u00ab\u00a0orientale\u00a0\u00bb, mais elle ne me procure pas la m\u00eame \u00e9motion que la mienne. J&rsquo;explore donc un autre jardin, immense, ouvert sur le monde, la litt\u00e9rature. Les chefs-d&rsquo;oeuvre, \u00e9videmment, comme <em>Kalila<\/em>, et les <em>Mille et une nuits<\/em>, que j&rsquo;ai traduites avec Jamel Eddine Bencheikh pour la Pl\u00e9iade. Mais aussi la litt\u00e9rature qui \u00e9chappe aux doctes, aux savants, celle des g\u00e9ographes arabes ou les M\u00e9moires d&rsquo;Oussama ibn Mounqidh, un chevalier syrien en contact avec les Templiers, qui, fait rare en son temps, a laiss\u00e9 une autobiographie. Lisez son portrait des Francs : c&rsquo;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 une le\u00e7on d&rsquo;ouverture aux autres.<\/p>\n<p><strong>Mais peut-on vraiment traduire dans sa v\u00e9racit\u00e9 la po\u00e9sie arabe ? On vous a accus\u00e9 de transformer les oeuvres&#8230; <\/strong><\/p>\n<p>Il y a une sacr\u00e9e diff\u00e9rence entre le po\u00e8me arabe \u00e0 rime unique et le po\u00e8me fran\u00e7ais. Un jour, l&rsquo;id\u00e9e m&rsquo;est venue que cette po\u00e9sie pouvait \u00eatre lue comme une po\u00e9sie classique fran\u00e7aise, avec son jeu de rimes et ses rythmes, de mani\u00e8re que le lecteur fran\u00e7ais soit dans le m\u00eame contexte d&rsquo;accueil qu&rsquo;un Arabe le lisant dans sa langue d&rsquo;origine. \u00c9videmment, on m&rsquo;a accus\u00e9 de ne pas \u00eatre assez fid\u00e8le au texte original. Mais je ne fais que mettre en \u00e9vidence les correspondances. Quand Qays, le fou de Leyla, s&rsquo;imagine avec la femme aim\u00e9e, il d\u00e9crit ainsi deux poissons qu&rsquo;agite l&rsquo;ab\u00eeme de la mer. \u00ab\u00a0Deux poissons dans les flots : je r\u00eave et crois nous voir\/Lorsque la vaste mer nous berce avec le soir\/Je r\u00eave, je nous vois : ma vie, ta vie, ensemble !\/Je vois, je r\u00eave, et la mort m\u00eame nous rassemble.\u00a0\u00bb Pour traduire cela, j&rsquo;ai tourn\u00e9 autour du pot pendant des jours et des jours, et je me suis finalement souvenu des <em>Fleurs du mal <\/em>de Baudelaire : \u00ab\u00a0La mer, la vaste mer, console nos labeurs.\u00a0\u00bb Et j&rsquo;ai traduit le \u00ab\u00a0ballotter\u00a0\u00bb de l&rsquo;original par \u00ab\u00a0bercer\u00a0\u00bb. Je crois avoir \u00e9t\u00e9 dans le ton, m\u00eame si je n&rsquo;ai pas respect\u00e9 la litt\u00e9ralit\u00e9 stricte. Je pr\u00e9f\u00e8re une autre litt\u00e9ralit\u00e9 qui est la fid\u00e9lit\u00e9 minimale au sens, et maximale au contexte.<\/p>\n<p><strong>Vous \u00e9voquez la beaut\u00e9, la tol\u00e9rance de la culture arabe. Mais cette pens\u00e9e n&rsquo;est-elle pas surtout une r\u00e9flexion sur le d\u00e9clin ? <\/strong><\/p>\n<p>Il y a sa part. Les Arabes ont \u00e9t\u00e9 les ma\u00eetres du monde seulement pendant un si\u00e8cle et demi, du VIIe si\u00e8cle au milieu du VIIIe si\u00e8cle. Ensuite, ils se sont politiquement effac\u00e9s derri\u00e8re les Iraniens, les Turcs, les Mongols, etc. Ces gens ont v\u00e9cu dans la peur latente des invasions. Ibn Khaldoun et aussi Ibn Batt\u00fbta vivent le probl\u00e8me de la naissance et de la mort des civilisations, m\u00eame s&rsquo;ils veulent croire que l&rsquo;Islam, lui, ne mourra pas. Quant \u00e0 l&rsquo;\u00c9gyptien Suyyuti, il a \u00e9crit plus de 500 ouvrages en trente ans, tous consacr\u00e9s \u00e0 transmettre le patrimoine arabe. Pourquoi ? La peur obscure que cela ne se perde ? La volont\u00e9, en tout cas, de retrouver la grandeur du pass\u00e9, port\u00e9e par la puissance de la litt\u00e9rature.<\/p>\n<p><strong>Et qui peut expliquer la violence de l&rsquo;Islam aujourd&rsquo;hui ? <\/strong><\/p>\n<p>Dans le cas fran\u00e7ais, le probl\u00e8me est surtout celui de l&rsquo;\u00e9chec scolaire. Pour \u00eatre un homme dans la cit\u00e9, il faut d&rsquo;abord avoir les moyens de r\u00e9ussir sa scolarit\u00e9. Dans mon H\u00e9rault natal, mes parents enseignaient \u00e0 des enfants dont les parents \u00e9taient parfois des immigr\u00e9s espagnols. Quand ces enfants \u00e9taient bons \u00e9l\u00e8ves, leurs parents comme mes parents \u00e9taient fiers. C&rsquo;est cela qui manque trop souvent aujourd&rsquo;hui, cette fiert\u00e9 de part et d&rsquo;autre.<\/p>\n<p><strong>La France a connu de tr\u00e8s grands orientalistes : Henry Corbin, Louis Massignon, Jacques Berque, etc. Pourtant, l&rsquo;Islam est tr\u00e8s mal connu en France. Pourquoi, selon vous ? <\/strong><\/p>\n<p>Par manque d&rsquo;int\u00e9r\u00eat. C&rsquo;est aussi cela, notre \u00e9chec. La civilisation musulmane n&rsquo;est pas toujours connue des Fran\u00e7ais, ni m\u00eame des musulmans. Pourtant, conna\u00eetre l&rsquo;h\u00e9ritage arabe n&#8217;emp\u00eache pas d&rsquo;\u00eatre fran\u00e7ais \u00e0 part enti\u00e8re. Mais les m\u00e9dias ont leur part de responsabilit\u00e9, non ? Les orientalistes sont trop souvent sollicit\u00e9s dans deux situations : pour qu&rsquo;ils confortent les clich\u00e9s qu&rsquo;a l&rsquo;Occident de l&rsquo;Islam, ou pour tenter d&rsquo;expliquer la situation en temps de crise. N&rsquo;est-ce pas dommage ?<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.lepoint.fr\/culture\/connaitre-son-heritage-arabe-n-empeche-pas-d-etre-francais-14-12-2012-1581438_3.php\" target=\"_blank\">source<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis plus d&rsquo;un demi-si\u00e8cle, Andr\u00e9 Miquel traduit inlassablement les plus beaux textes du patrimoine arabe, des vers de Qays, le fou d&rsquo;amour de Leyla, aux Mille et une nuits, en passant par les grands g\u00e9ographes. 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