{"id":14773,"date":"2016-12-29T14:26:31","date_gmt":"2016-12-29T14:26:31","guid":{"rendered":"https:\/\/algerienetwork.com\/jamouli\/?p=14773"},"modified":"2021-01-21T18:57:22","modified_gmt":"2021-01-21T18:57:22","slug":"ahmed-bedjaoui-il-faut-oeuvrer-pour-une-culture-cinematographique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/jamouli\/ahmed-bedjaoui-il-faut-oeuvrer-pour-une-culture-cinematographique\/","title":{"rendered":"Ahmed Bedjaoui : Il faut \u0153uvrer pour une culture cin\u00e9matographique."},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><strong>Interview de Mr. Ahmed Bedjaoui (AB) par Jamouli Ouzidane (JO)<\/strong><\/p>\n<p><strong>JO-1 : Mr le Dr. Ahmed Bedjaoui, permettez de vous pr\u00e9senter en quelque mots si possible :<\/strong><\/p>\n<p><strong>Vous \u00eates une figure mythique de la critique du cin\u00e9ma international (italien, su\u00e9dois, am\u00e9ricain) en g\u00e9n\u00e9ral, sp\u00e9cialiste du cin\u00e9ma alg\u00e9rien et en g\u00e9n\u00e9ral un expert de la communication. Vous \u00eates Monsieur T\u00e9l\u00e9 Cin\u00e9 club des 70-80. Vous avez hant\u00e9 les studios alg\u00e9riens pendant au moins 20 ans en psychanalysant en quelque sorte les \u0153uvres des classiques. Gr\u00e2ce \u00e0 vous les alg\u00e9riens de notre g\u00e9n\u00e9ration ont d\u00e9couvert le cin\u00e9ma universel et en ce qui me concerne Ingmar Bergman avec les s\u00e9duisantes Ingrid Bergman et Liv Ullmann qui ont berc\u00e9 notre enfance.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Vous avez \u00e9t\u00e9 responsable des archives \u00e0 la Cin\u00e9math\u00e8que alg\u00e9rienne (1966 \u00e0 1971), conseiller du directeur g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;ONCIC (1971 \u00e0 1977), Directeur du d\u00e9partement des services de production cin\u00e9matographique \u00e0 la RTA avec une p\u00e9riode d&rsquo;or pour le cin\u00e9ma alg\u00e9rien, Vice-pr\u00e9sident du Conseil National de l&rsquo;Audiovisuel de 1987 \u00e0 1991, conseiller pour la communication aupr\u00e8s du Premier Ministre alg\u00e9rien, consultant pour le compte de la Commission europ\u00e9enne, directeur du r\u00e9seau REMFOC, Conseiller pour le cin\u00e9ma aupr\u00e8s du ministre alg\u00e9rien de la communication en 2000, Commissaire g\u00e9n\u00e9ral adjoint pour l&rsquo;ann\u00e9e de l&rsquo;Alg\u00e9rie en France en 2003.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Cela fait une carri\u00e8re bouillonnante bien remplie. Qu\u2019est ce qui vous fait courir comme un madjnoun leila vraiment derri\u00e8re cette passion de toute une vie ? Un \u00e9v\u00e9nement particulier ? Une petite confidence devant votre psychanalyste ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>AB.<\/strong> Aussi loin que je puisse me souvenir, l\u2019amour du cin\u00e9ma m\u2019a toujours habit\u00e9. Tout petit, j\u2019organisais des s\u00e9ances de \u00ab&nbsp;cin\u00e9ma&nbsp;\u00bb avec des rouleaux de bandes dessin\u00e9es que je faisais tourner avec des m\u00e9canismes en fil de fer. Lorsque plus tard, j\u2019ai vu le volet des Enfants du Vent de Brahim Tsaki dans lequel des enfants fabriquent dans un total mutisme des engins roulants avec du fil de fer, je me suis tout de suite reconnu.<\/p>\n<p>Peu de temps apr\u00e8s, alors que j\u2019\u00e9tais \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire, mon oncle maternel a \u00e9t\u00e9 charg\u00e9 par un distributeur des projections itin\u00e9rantes publiques \u00e0 Sebdou o\u00f9 nous habitions alors. Trois fois par semaines, il montrait des films en 16mm dans un caf\u00e9 du village. Il en profitait pour ramener chez nous l\u2019appareil de projection et nous montrait des films \u00e9gyptiens et am\u00e9ricains le plus souvent.<\/p>\n<p>J\u2019\u00e9tais totalement fascin\u00e9 par ces s\u00e9ances qui me transportaient dans un monde magique, irr\u00e9el et imaginaire. Je crois que j\u2019en ai gard\u00e9 un d\u00e9sir intense de dire pourquoi j\u2019aimais tel ou tel film et de communiquer avec le public. Le plus \u00e9trange, c\u2019est que j\u2019ai eu l\u2019occasion de pr\u00e9senter vingt ans plus tard dans mon \u00e9mission t\u00e9l\u00e9 cin\u00e9club des films dont j\u2019ai reconnu des s\u00e9quences enfouies dans mon inconscient.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait le cas d\u2019un film de Raoul Walsh dans lequel on voit Humphrey Bogart mourant sur un lit d\u2019h\u00f4pital. J\u2019avais compris \u00e0 cinq ans que la cigarette qui tombait de ses l\u00e8vres \u00e9tait le signe visuel de la mort du h\u00e9ros.<\/p>\n<p><strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" src=\"http:\/\/www.elwatan.com\/images\/2014\/12\/10\/actu2-2_2555514.jpg\" alt=\"\" width=\"252\" height=\"339\">JO-2 : On commence par le pr\u00e9sent et votre dernier ouvrage : \u00ab\u00a0Cin\u00e9ma et Guerre de lib\u00e9ration\u00a0\u00bb. Une \u00ab exposition photos \u00bb du photographe yougoslave serbe St\u00e9phane Labudovic a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e le 20 Mai 2015 au Bastion 23 \u00e0 Alger. Je pense que c&rsquo;est lui qui a fait la photo aussi de couverture de votre livre. Pourquoi cet hommage pour cet homme ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>AB<\/strong>. Stevan Labudovic est une le\u00e7on pour l\u2019engagement et le courage. Il \u00e9tait photographe officiel de Tito et jouissait \u00e0 ce titre, de beaucoup de privil\u00e8ges. Il a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 quitter ces avantages pour se rendre dans les maquis et se mettre au service de l\u2019ALN. Il a fini sa carri\u00e8re \u00e0 l\u2019ANP dont il est retrait\u00e9. Mieux encore, \u00e0 chaque premier novembre, il revient en Alg\u00e9rie, rev\u00eat le costume de l\u2019arm\u00e9e nationale et assiste au lever du drapeau.<\/p>\n<p>Je voulais, \u00e0 travers cette image dire que l\u2019h\u00e9ro\u00efsme ou le patriotisme a parfois \u00e9t\u00e9 port\u00e9 par des personnes qui ont fait le choix de l\u2019Alg\u00e9rie, contre leur propre communaut\u00e9. Malheureusement, on a trop tendance \u00e0 oublier ou \u00e0 occulter l\u2019apport de personnalit\u00e9s comme Pierre Chaulet, Jacqueline Guerroudj, Serge Michel, Jacques Charby, Henri Maillot et bien d\u2019autres.<\/p>\n<p><strong>JO-3 : ce livre vous a demand\u00e9 une recherche incroyable dans les coulisses de ce cin\u00e9ma. Une r\u00e9trospective qui je pense sera suivi d&rsquo;une monographie de toutes les \u0153uvres du cin\u00e9ma alg\u00e9rien durant cette p\u00e9riode et je suppose certainement une trilogie pour clore cette p\u00e9riode historique.<\/strong><\/p>\n<p><strong>AB<\/strong>. Effectivement, ce livre a demand\u00e9 des milliers d\u2019heures de visionnage, de recherche et de documentation. Il fallait aussi recouper les sources car, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de gens modestes et effac\u00e9s, il y en a eu qui ont su mettre en valeur leur r\u00f4le. C\u2019est en recourant \u00e0 plusieurs sources que l\u2019on arrive \u00e0 approcher la v\u00e9rit\u00e9. Fort heureusement, beaucoup de protagonistes de la guerre de lib\u00e9ration ont commenc\u00e9 \u00e0 t\u00e9moigner par \u00e9crit et cela s\u2019est av\u00e9r\u00e9 pr\u00e9cieux pour mes recherches.<\/p>\n<p><strong>JO-4 : Maintenant, tout le monde connait un peu la crise du cin\u00e9ma ou de la production t\u00e9l\u00e9visuelle de nos jours. On ne produit plus de g\u00e9nie chez les producteurs, les r\u00e9alisateurs, les \u00e9crivains, les acteurs &#8230; C&rsquo;est un peu valable aussi pour le cin\u00e9ma \u00e9gyptien, libanais &#8230;<\/strong><\/p>\n<p><strong>AB<\/strong>. L\u2019aventure du cin\u00e9ma est une chose merveilleuse qui a connu son pic entre 1920 et 1970 en gros. Cinquante ans pendant lesquels, le cin\u00e9ma \u00e9tait le seul art populaire capable de drainer des foules, de les faire r\u00eaver ensemble dans une chambre noire o\u00f9 on projetait un film enregistr\u00e9 dans une chambre noire qui est la cam\u00e9ra. Au cours de ce demi-si\u00e8cle, nous avons connu \u00e0 travers le monde des cin\u00e9astes de g\u00e9nie qui vont du russe Eisenstein au japonais Misogushi en passant par Chahine, Renoir, Hitchcock ou Fellini. Mais on peut en citer plus de cents qui ont apport\u00e9 des id\u00e9es cin\u00e9matographiques lumineuses.<\/p>\n<p>Et puis la t\u00e9l\u00e9vision est venue. Autant le cin\u00e9ma s\u2019est confondu avec la libert\u00e9 et la diversit\u00e9 des messages, autant la t\u00e9l\u00e9vision a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e comme une arme pour la pens\u00e9e unique un peu partout, y compris dans les pays d\u00e9mocratiques. La t\u00e9l\u00e9vision a chang\u00e9 les habitudes de consommation et \u00e9clat\u00e9 les groupes des publics pour les r\u00e9duire \u00e0 des individus isol\u00e9s, ou ce que David Riesman appelle des \u00ab&nbsp;foules solitaires&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>Le cin\u00e9ma a tout dit. Il est difficile aujourd\u2019hui d\u2019innover. C\u2019est pourquoi ce sont les pays jeunes ou \u00ab&nbsp;diff\u00e9rents&nbsp;\u00bb comme l\u2019Iran ou la Cor\u00e9e qui apportent des id\u00e9es nouvelles. Gr\u00e2ce au r\u00f4le jou\u00e9 par le cin\u00e9ma dans la lib\u00e9ration du pays, l\u2019Alg\u00e9rie a eu, dans l\u2019\u00e9lan de l\u2019ind\u00e9pendance sa p\u00e9riode de gloire, nourrie elle-m\u00eame par un r\u00eave de justice et de d\u00e9veloppement exemplaire, qui a dur le temps de deux d\u00e9cennies, jusqu\u2019au moment o\u00f9 Omar Gatlato est venu montrer les fissures qui traversaient ce r\u00eave.<\/p>\n<p><strong>JO-5 : Comment en sommes-nous arriv\u00e9s l\u00e0 et quels actes devons nous faire pour restituer notre g\u00e9nie.<\/strong><\/p>\n<p><strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"http:\/\/regardscinemaalgerien.files.wordpress.com\/2013\/02\/11.jpg\" alt=\"\" width=\"549\" height=\"340\"><\/strong><\/p>\n<p><strong>AB<\/strong>. Avec Omar Gatlalto, l\u2019Enfer \u00e0 dix ans, le Charbonnier ou encore Tahya ya Didou ont entretenu l\u2019illusion d\u2019une relance qui n\u2019est jamais venue. Au moment o\u00f9 le cin\u00e9ma officiel \u00e9tait domin\u00e9 par des r\u00eaves de grandeur et par les carcans de l\u2019unanimisme, c\u2019est curieusement \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision que la flamme s\u2019est allum\u00e9e \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision de l\u2019\u00e9poque de la grande RTA.<\/p>\n<p>D\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es soixante, Abdelaziz Tolbi avec Noua ou Moussa Haddad avec les Enfants de Novembre commencent \u00e0 apporter une vision nouvelle au traitement de la guerre d\u2019ind\u00e9pendance. Un regard moins pollu\u00e9 par les r\u00eaves hollywoodiens. Des films qui enfin expliquent pourquoi une g\u00e9n\u00e9ration enti\u00e8re a d\u00e9cid\u00e9 de faire don de sa vie pour retrouver la dignit\u00e9 d\u2019\u00eatre Alg\u00e9rienne ou Alg\u00e9rien chez soi.<\/p>\n<p>Je produisais et animais l\u2019\u00e9mission T\u00e9l\u00e9 cin\u00e9club depuis 1969 et j\u2019\u00e9tais souvent appel\u00e9 \u00e0 pr\u00e9senter des films alg\u00e9riens produits par la RTA qui \u00e9tait dirig\u00e9e par Abderrahmane Cheriet, un homme tout \u00e0 fait remarquable. C\u2019est lui qui a commenc\u00e9 \u00e0 encourager la production. Autant il \u00e9tait ouvert, autant la direction de la t\u00e9l\u00e9vision et de l\u2019information \u00e9tait conservatrice et frileuse.<\/p>\n<p>Parfois, ces gens s\u2019opposaient au passage de tel ou tel film et Abderrahmane Cheriet me le montrait en projection pour avoir mon avis. Certains dans ce cercle restreint pr\u00e9conisaient de censurer certaines sc\u00e8nes (pourtant bien anodines). Avec l\u2019accord du DG, je d\u00e9cidais de programmer ces films dans mon \u00e9mission \u00e0 la condition qu\u2019il n\u2019y ait aucune censure.<\/p>\n<p>En contrepartie, je m\u2019engageais \u00e0 poser la question au r\u00e9alisateur qui avait ainsi la chance de s\u2019expliquer directement avec son public. Cela est arriv\u00e9 assez souvent au cours des dix premi\u00e8res ann\u00e9es et nous a permis de sauver des \u0153uvres majeures. Je voudrais ajouter qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque de Boumediene et contrairement aux id\u00e9es re\u00e7ues, la libert\u00e9 d\u2019expression dans les arts et m\u00eame la presse publique, \u00e9tait plus grande qu\u2019au cours des ann\u00e9es 80. Je pouvais faire mes \u00e9missions en direct et je recevais des appels t\u00e9l\u00e9phoniques non filtr\u00e9s.<\/p>\n<p>A partir de 1981, on m\u2019a oblig\u00e9 \u00e0 enregistrer mes \u00e9missions qui passaient ensuite au visionnage de contr\u00f4le avant diffusion. Je produisais et animais toujours cette \u00e9mission lorsqu\u2019en 1976, Abderrahmane Laghouati (dont j&nbsp;\u00bb\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 le conseiller \u00e0 l\u2019ONCIC) a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 directeur g\u00e9n\u00e9ral de la RTA. Il m\u2019a demand\u00e9 de diriger la production de la t\u00e9l\u00e9vision.<\/p>\n<p>Ce que j\u2019ai accept\u00e9, \u00e0 condition d\u2019avoir carte blanche, ce qu\u2019il m\u2019a accord\u00e9 sans jamais se d\u00e9mentir. En contrepartie, je m\u2019engageais \u00e0 fournir \u00e0 la programmation un long m\u00e9trage de fiction chaque d\u00e9but de mois, plusieurs feuilletons par an et des dizaines de documentaires r\u00e9guli\u00e8rement.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 la volont\u00e9 de cet homme exceptionnel qui fut le plus grand patron que la t\u00e9l\u00e9vision alg\u00e9rienne ait connu, et sans doute l\u2019un des plus grands de la M\u00e9diterran\u00e9e, la production de la RTA a connu son heure de gloire. Entre 1976 et 1984, j\u2019ai ainsi produit pr\u00e8s de 80 longs m\u00e9trages de fiction, une dizaine de feuilletons (dont Zina) et une centaine de documentaires artistiques.<\/p>\n<p>C\u2019est l\u00e0 que Abderrahmane Bouguermouh a pu r\u00e9aliser son premier film Les Oiseaux de l\u2019\u00e9t\u00e9, puis dansa foul\u00e9e Kahla oua Beida. N\u2019oublions pas les deux films de la future acad\u00e9micienne Assia Djebar si violemment attaqu\u00e9e par des cin\u00e9astes autoproclam\u00e9s et autodidactes. La Nouba des femmes du Mont Chenoua qui a remport\u00e9 le prix de la critique au festival de Venise et La Zerda ou les chants de l\u2019oubli qui a \u00e9t\u00e9 prim\u00e9 \u00e0 Berlin. Assia Djebar a \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re femme arabe \u00e0 r\u00e9aliser ainsi un long m\u00e9trage de fiction.<\/p>\n<p>Mais \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de cela, nous avons eu de merveilleux documentaires de Azeddine Meddour (Colonialisme sans empire et Combien je vous aime) que j\u2019avais engag\u00e9 en arrivant \u00e0 la direction de la production, d\u2019Iftic\u00e8ne (Gorine, Djalti ou les Rameaux de feu), de Moussa Haddad (Lib\u00e9ration, Le D\u00e9fi ou encore Hassen Terro au Maquis) de Bakhti (le retour). N\u2019oublions pas que c\u2019est \u00e0 cette \u00e9poque que la RTA a produit Vent de sable de Lakhdar-Hamina, qui fut pr\u00e9sent\u00e9 au festival de Cannes dans la s\u00e9lection officielle. Je ne peux citer tous les autres r\u00e9alisateurs comme Badie ou Badri et tant d\u2019autres qui nous ont donn\u00e9 des \u0153uvres superbes. Qu\u2019ils m\u2019en excusent tous.<\/p>\n<p><strong>JO-6 : Parlez nous de votre production du magnifique film Nahla qui est je pense l&rsquo;une de vos plus belles histoire d&rsquo;amour avec le cin\u00e9ma.<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"http:\/\/www.sudplanete.net\/_uploads\/images\/galerie\/rep_galerie\/article_9532_4_0.jpg\" alt=\"\" width=\"400\" height=\"305\"><\/p>\n<p><strong>AB<\/strong>. Au milieu de cette production si riche, Nahla appara\u00eet comme la cerise sur le g\u00e2teau, un joyau serti de diamants, un miracle unique, puisque Beloufa n\u2019a jamais pu r\u00e9aliser depuis (et malgr\u00e9 son immense talent) un second long-m\u00e9trage. C\u2019\u00e9tait aussi une folie que nous avons pu mener \u00e0 bien gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019audace et \u00e0 la volont\u00e9 d\u2019Abderrahmane Laghouati. La RTA a acquis deux cam\u00e9ras enti\u00e8res et le film a pu \u00eatre tourn\u00e9 en 35 mm en format cin\u00e9ma. De plus, il s\u2019est tourn\u00e9 enti\u00e8rement au Liban quasiment en pleine guerre civile. Le r\u00e9sultat fut ce film mythique qui est \u00e0 mon avis, l\u2019exception alg\u00e9rienne avec La Nouba des femmes du mont Chenoua.<\/p>\n<p><strong>Jo- 7 : parlez nous d&rsquo;un autre film mystique que vous avez aussi produit : le grand Bouamama de Benamar Bakhti \u00e9crit par Boualem Bessaaih avec le grand acteur Athmane Ariouath.<\/strong><br \/>\n<strong>AB<\/strong>. Apr\u00e8s quelques ann\u00e9es d\u2019intense travail de production, nous avions r\u00e9ussi \u00e0 former des \u00e9quipes enti\u00e8res en faisant la promotion de jeunes techniciens ou d\u00e9corateurs. Le projet de l\u2019\u00e9pop\u00e9e du Cheikh Bouamama (c\u2019est le titre complet du film) \u00e9tait sens\u00e9 \u00eatre le d\u00e9but d\u2019une phase de consolidation qui devait nous mener \u00e0 un grand film sur l\u2019Emir avec auparavant un autre sur El Mokrani. Le sc\u00e9nario a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit par Boualem Bessaih qui connait bien l\u2019histoire des insurrections du Sud Oranais avec Laala, Belkheir et Bouamama.<\/p>\n<p>Mis \u00e0 part le chef cascadeur Yvan Chiffre (qui a form\u00e9 une dizaine d\u2019Alg\u00e9riens sur cette production) tous les postes \u00e9taient exclusivement dirig\u00e9s par des Alg\u00e9riens&nbsp;: Youssef Sahraoui \u00e0 l\u2019image, Malek Za\u00efdi au son, Mohamed Kessa\u00ef pour les d\u00e9cors, Ch\u00e9rif Kortbi pour la musique Mouaki Larafi au montage&nbsp;: Costumes, Liliane El Hachemi pour les costumes.<\/p>\n<p>Sous la direction de Madame El Hachemi, des milliers de costumes, d\u2019armes et de selles ont \u00e9t\u00e9 confectionn\u00e9s en Alg\u00e9rie. Et puis, ce fut l\u2019apog\u00e9e de cet immense acteur qu\u2019est Athmane Ariouath. Ce dernier a \u00e9t\u00e9 sous-utilis\u00e9 dans le cin\u00e9ma alg\u00e9rien qui est pass\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019un com\u00e9dien d\u2019exception.<\/p>\n<p><strong>Jo-8: comment voyez vous le r\u00f4le puissant du cin\u00e9ma dans le vaste champs de la communication, des m\u00e9dias, des r\u00e9seaux sociaux modernes et surtout du b\u00e9haviorisme social, de l&#8217;embrigadement et de la propagande \u00e0 la lumi\u00e8re de votre exp\u00e9rience qui commence d\u00e9j\u00e0 avec le cin\u00e9ma de guerre et de r\u00e9volution.<\/strong><\/p>\n<p>R. Comme je l\u2019ai dit plus haut, le cin\u00e9ma a eu son heure de gloire. Il a gagn\u00e9 sa place de haute lutte en contribuant \u00e0 gagner des batailles politiques sur la sc\u00e8ne internationale. On parlait \u00e0 l\u2019\u00e9poque de propagande et d\u2019information. A mon avis les hommes du GPRA ont remport\u00e9 sur la France coloniale une bataille d\u00e9cisive qui s\u2019est jou\u00e9e sur le terrain de la communication, audiovisuelle en particulier. Les Alg\u00e9riens \u00e9taient des cin\u00e9philes accomplis, gr\u00e2ce au r\u00e9seau important de 450 salles h\u00e9rit\u00e9es de l\u2019\u00e8re coloniale. Le cin\u00e9ma alg\u00e9rien m\u00e9ritait mieux. A mon avis, il a \u00e9t\u00e9 trahi au profit de la t\u00e9l\u00e9vision sans que cela profite vraiment \u00e0 ce m\u00e9dia dominant.<\/p>\n<p><strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright\" src=\"http:\/\/i43.tower.com\/images\/mm110602744\/f-scott-fitzgerald-winter-dreams-f-vhs-cover-art.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"366\">Jo-9 : Votre th\u00e8se de Phd en 1983 a port\u00e9 sur la litt\u00e9rature am\u00e9ricaine avec le grand auteur Scott Fitzgerald et Hollywood.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Commen\u00e7ons par Fitzgerald et ses \u0153uvres mises en sc\u00e8nes aussi comme \u00ab\u00a0Gatsby le magnifique\u00a0\u00bb de Jack Clayton avec le magnifique Robert Redford, \u00ab\u00a0tendre est la nuit\u00a0\u00bb de Henry King, \u00ab\u00a0le dernier Nabab\u00a0\u00bb de Elia Kazan, rappelons qu&rsquo;il a aussi particip\u00e9 au sc\u00e9nario d&rsquo; \u00ab\u00a0autant en emporte le vent\u00a0\u00bb qu&rsquo;est-ce qui fait r\u00e9ellement son g\u00e9nie particulier ou qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un g\u00e9nie en g\u00e9n\u00e9ral ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>AB<\/strong>. Oui, j\u2019ai pass\u00e9 de longues ann\u00e9es \u00e0 r\u00e9diger ce doctorat en anglais et cela m\u2019a beaucoup enrichi sur le plan personnel. J\u2019ai lu et annot\u00e9 tout ce qui avait \u00e9t\u00e9 \u00e9crit (y compris dans sa correspondance priv\u00e9e) par Francis Scott Fitzgerald, mais aussi \u00e0 peu pr\u00e8s tout ce qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit sur lui. Le m\u00e9rite de Fitzgerald aura \u00e9t\u00e9, avec ses coll\u00e8gues de la Bit g\u00e9n\u00e9ration (dont Hemingway), d\u2019avoir enfin sorti la litt\u00e9rature am\u00e9ricaine de la nursery europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Fitzgerald, sans \u00eatre un g\u00e9nie de la dimension de James Joyce ou de Faulkner, a \u00e9crit des \u0153uvres majeures, dans un anglais particuli\u00e8rement color\u00e9 et ancr\u00e9 dans la f\u00ealure du r\u00eave am\u00e9ricain de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du 20\u00e8me si\u00e8cle. Il voulait devenir une star \u00e0 l\u2019image des stars d\u2019Hollywood. Il a particip\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9criture de nombreux scripts pour la MGM mais il n\u2019a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9dit\u00e9 qu\u2019une seule fois.<\/p>\n<p>Cette p\u00e9riode nous a donn\u00e9 un magnifique roman inachev\u00e9, Le Dernier Nabab, superbement adapt\u00e9 par Elia Kazan. J\u2019allais dire mon ami Kazan, car bien que je ne l\u2019aie jamais rencontr\u00e9, j\u2019ai tellement fr\u00e9quent\u00e9 ses \u0153uvres qu\u2019il fait \u00e0 jamais partie de ma culture profonde.<\/p>\n<p><strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" src=\"http:\/\/clio-cr.clionautes.org\/IMG\/jpg\/electre_978-2-7324-6089-5_9782732460895.jpg\" alt=\"\" width=\"238\" height=\"238\">JO-10 ; parlons de la complexit\u00e9 du r\u00f4le de Hollywood comme influence sociale. Quels sont vos points de vue sur sa missions comme :<\/strong><br \/>\n<strong>&#8211; une machine de propagande politique et patriotique d\u00e9j\u00e0 durant les deux guerres, la chasse aux sorci\u00e8res contre les russes, les chinois, les iraniens, quelles sont sommairement les th\u00e9ories psycho-analytiques dans le cin\u00e9ma.<\/strong><\/p>\n<p><strong>AB<\/strong>. Hollywood a \u00e9t\u00e9 pendant la deuxi\u00e8me guerre mondiale une machine de propagande mobilis\u00e9e contre le nazisme. Mais c\u2019est apr\u00e8s la guerre que l\u2019hyst\u00e9rie anti-communiste, men\u00e9e par le s\u00e9nateur McCarthy s\u2019est d\u00e9chain\u00e9e. De nombreux cin\u00e9astes ont \u00e9t\u00e9 victimes de la chasse aux sorci\u00e8res&nbsp;; Chaplin, Losey, Dassin, Ben Barzman etc. Seul Kazan a \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 la cur\u00e9e en choisissant de t\u00e9moigner contre ses coll\u00e8gues. Certains lobbies ont pouss\u00e9 quelques producteurs mineurs le plus souvent \u00e0 d\u00e9velopper une image n\u00e9gative des Arabes et des Musulmans. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 choqu\u00e9 par Argo de Ben Affleck (par ailleurs un excellent com\u00e9dien) qui a malmen\u00e9 l\u2019histoire et donn\u00e9 une image inadmissible de l\u2019Iran.<\/p>\n<p><strong>&#8211; une machine qui d\u00e9montre les fissures de la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine en g\u00e9n\u00e9ral et constituent ainsi une critique de la conscience sociale am\u00e9ricaine.<\/strong><\/p>\n<p><strong>AB<\/strong>.. Il faut \u00e9galement noter la pr\u00e9sence s\u2019une g\u00e9n\u00e9ration de com\u00e9diens engag\u00e9s qui ont d\u00e9nonc\u00e9 la guerre que les ultras r\u00e9publicains ont men\u00e9e contre l\u2019Irak par exemple, sous des pr\u00e9textes fallacieux et mensongers. Georges Cloney, Bradd Pitt, Matt Damon, Angelina Joly, Johnny Depp ou encore Nicolas Cage sont autant d\u2019exemples d\u2019artistes engag\u00e9s au c\u0153ur m\u00eame d\u2019Hollywood.<br \/>\nR. N\u2019oublions pas tout de m\u00eame que le cin\u00e9ma am\u00e9ricain a souvent d\u00e9nonc\u00e9 le syst\u00e8me politique capitaliste. Des cin\u00e9astes comme Huston et tous les r\u00e9alisateurs du film noir ont \u00e9t\u00e9 des gens engag\u00e9s. De nombreux acteurs comme Gary Cooper, Spencer Tracy ou Humphrey Bogart \u00e9taient des personnes tr\u00e8s \u00e0 gauche de la pens\u00e9e dominante aux USA.<\/p>\n<p><strong>&#8211; un divertissement qui vend la s\u00e9duction du mod\u00e8le am\u00e9ricain.<\/strong><br \/>\n<strong>AB<\/strong>. Hollywood s\u2019est toujours pr\u00e9sent\u00e9e comme une fabrique de r\u00eave, faute d\u2019\u00eatre celle du r\u00eave am\u00e9ricain \u00e9corn\u00e9 depuis si longtemps. Le souci premier des grands studios hollywoodiens est de faire du business et de gagner de l\u2019argent \u00e0 travers le r\u00e9seau de salles et de distribution de home cin\u00e9ma dont ils disposent \u00e0 travers le monde. Si le film peut distraire et \u00eatre bon, on le retrouvera aux oscars, mais cela est secondaire.<\/p>\n<p>J<strong>O-11 : Parlez nous un peu de la critique cin\u00e9matographie en Alg\u00e9rie qui est inexistante en r\u00e9alit\u00e9. On a aucune \u00e9cole, aucun enseignement, aucune revue et aucun courant. En France, il y&rsquo;avait les \u00ab\u00a0Cahiers du Cin\u00e9ma\u00a0\u00bb o\u00f9 m\u00eame des cin\u00e9astes comme Fran\u00e7ois Truffaut, Claude Chabrol, Serge Darney, &#8230; excellaient. Quelles perspectives voyez-vous ?<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"http:\/\/i.ytimg.com\/vi\/ICVo3t2h2u4\/hqdefault.jpg\" alt=\"\" width=\"317\" height=\"238\"><\/p>\n<p><strong>AB.&nbsp;<\/strong>Il a exist\u00e9 \u00e0 la RTA \u00e0 l\u2019\u00e9poque de Laghouati une excellente revue \u00ab&nbsp;Les deux Ecrans&nbsp;\u00bb. Cette revue avait un public tr\u00e8s large recrut\u00e9 parmi les cin\u00e9philes qui se formaient dans les salles de cin\u00e9ma au milieu d\u2019un public. Aujourd\u2019hui, les salles sont toutes ferm\u00e9es et le cin\u00e9ma est priv\u00e9 de public.<\/p>\n<p>Comment imaginer dans ce vide sid\u00e9ral une critique qui ne rel\u00e8ve pas du virtuel ou du fantasme&nbsp;? L\u2019enseignement du cin\u00e9ma est au point mort et l\u2019Universit\u00e9 alg\u00e9rienne ne dispose pas d\u2019espaces r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 l\u2019enseignement de l\u2019audiovisuel.<\/p>\n<p>Tant que l\u2019Etat continuera \u00e0 monopoliser les activit\u00e9s de production, de formation et de promotion du cin\u00e9ma au lieu de laisser ces t\u00e2ches au march\u00e9 et de se contenter d\u2019apporter des aides aux porteurs de projets, nous stagnerons dans la situation peu reluisante qui caract\u00e9rise le cin\u00e9ma depuis les ann\u00e9es 90.<\/p>\n<p><strong>JO- 12 : Comment voyez vous le r\u00f4le du critique cin\u00e9matographique : entre informer sur le film, donner un simple avis de journaliste, faire la promotion commerciale avec un attach\u00e9 de presse, ou critiquer le contenu dans la forme et le fond.<\/strong><\/p>\n<p><strong>AB.&nbsp;<\/strong>Pour \u00eatre clair, je ne crois pas qu\u2019il existe ou puisse exister des critiques de cin\u00e9ma dans un cin\u00e9ma virtuel et sans circuit de salles. Il a exist\u00e9 une critique lorsque des centaines de salles accueillaient des millions de spectateurs. Aujourd\u2019hui, il ya moins de vingt salles ouvertes au public dans tous le pays. A quel public parlerait un critique aujourd\u2019hui&nbsp;?<\/p>\n<p><strong>JO-13: Finalement apr\u00e8s cette faste p\u00e9riode de la passion cin\u00e9matographique, quel projet de r\u00eave vous reste t-il \u00e0 esp\u00e9rer ? R\u00e9aliser un autre film pour la prosp\u00e9rit\u00e9 ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>AB.&nbsp;<\/strong>Faire un film pour qui&nbsp;? Tous les films qui ont \u00e9t\u00e9 faits depuis 15 ans ont \u00e9t\u00e9 vus par quelques centaines d\u2019invit\u00e9s privil\u00e9gi\u00e9s \u00e0 l\u2019occasion des avant-premi\u00e8res mondaines et par quelques festivaliers lorsqu\u2019ils arrivent \u00e0 \u00eatre s\u00e9lectionn\u00e9s. Pour m\u00e9moire, les neuf films pr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 la s\u00e9lection de Cannes en 2015 n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 retenus.<\/p>\n<p>Mon r\u00eave est le m\u00eame&nbsp;:<br \/>\n&#8211; militer pour la r\u00e9ouverture de certaines salles encore viables ou\/et l\u2019ouverture de multiplex qui font aujourd\u2019hui le bonheur du cin\u00e9ma \u00e9gyptien ou turc.<br \/>\n&#8211; continuer \u00e0 \u0153uvrer pour que la culture cin\u00e9matographique se r\u00e9implante dans nos \u00e9coles, nos lyc\u00e9es et nos universit\u00e9s.<\/p>\n<p>C\u2019est en offrant des structures viables au march\u00e9 cin\u00e9matographique et en renfor\u00e7ant l\u2019amour du cin\u00e9ma qu\u2019on aidera le septi\u00e8me art \u00e0 sortir de son marasme. La production de films n\u2019est justifiable que lorsque le public sera en mesure de l\u2019accueillir. Ce n\u2019est pas en mettant la charrue avant les b\u0153ufs qu\u2019on fera revivre un cin\u00e9ma moribond.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Interview de Mr. Ahmed Bedjaoui par Jamouli Ouzidane<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><em>Note : Vid\u00e9o ci-joint de&nbsp;Mr. Ahmed Bedjaoui invit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9mission \u00ab\u00a0Expression Livre\u00a0\u00bb, pr\u00e9sent\u00e9 par Mr. &nbsp;Youssef Sa\u00efah (sur Canal Alg\u00e9rie, en date du 11-11-2014) \u00e0 l&rsquo;occasion de la sortie de son nouveau livre intitul\u00e9 : \u00ab\u00a0Cin\u00e9ma et guerre de lib\u00e9ration, Alg\u00e9rie, des batailles d\u2019images\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<div class=\"youtube-embed\" data-video_id=\"ICVo3t2h2u4\"><iframe loading=\"lazy\" title=\"&quot;75 ans de cin\u00e9ma&quot; \u00e9mission pr\u00e9sent\u00e9e par Ahmed Bedjaoui (1972)\" width=\"696\" height=\"392\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/ICVo3t2h2u4?feature=oembed&#038;enablejsapi=1\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Interview de Mr. Ahmed Bedjaoui (AB) par Jamouli Ouzidane (JO) JO-1 : Mr le Dr. Ahmed Bedjaoui, permettez de vous pr\u00e9senter en quelque mots si possible : Vous \u00eates une figure mythique de la critique du cin\u00e9ma international (italien, su\u00e9dois, am\u00e9ricain) en g\u00e9n\u00e9ral, sp\u00e9cialiste du cin\u00e9ma alg\u00e9rien et en g\u00e9n\u00e9ral un expert de la communication. 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