{"id":14777,"date":"2016-12-29T14:29:18","date_gmt":"2016-12-29T14:29:18","guid":{"rendered":"https:\/\/algerienetwork.com\/jamouli\/?p=14777"},"modified":"2021-01-05T21:54:04","modified_gmt":"2021-01-05T21:54:04","slug":"ad-feminam-un-regard-post-shakespearien-de-yano-las","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/algerienetwork.com\/jamouli\/ad-feminam-un-regard-post-shakespearien-de-yano-las\/","title":{"rendered":"ad feminam ; un regard post shakespearien de Yano Las"},"content":{"rendered":"<p>D\u00e8s la premi\u00e8re page, que dis-je d\u00e8s les premiers mots, on est emport\u00e9 dans le tourbillon des mots, des sens, des genres, des formes, des espaces et des temps.<\/p>\n<p>On est emport\u00e9 dans une intimit\u00e9 pudique qui se voile et se d\u00e9voile dans des transparences &nbsp;avec des jeux d\u2019ombres et lumi\u00e8res, des gris sans couleurs, des spleens, des \u00e9chos et des silences qui mugissent une blessure caverneuse.<\/p>\n<p>Un essai d\u2019exorcisme qui nous emporte dans des possessions shakespeariennes, ce p\u00e8re, ce spectre absent dont on parle pas qui vous hante, vous poss\u00e8de et vous d\u00e9poss\u00e8de .<\/p>\n<p>NON! May n\u2019est pas schizophr\u00e8ne, elle est juste poss\u00e9d\u00e9e ! Ce n\u2019est plus elle qui s\u2019\u00e9crit, c\u2019est une autre qui l\u2019\u00e9crit.<\/p>\n<p>On assiste \u00e0 une s\u00e9ance d\u2019auto- psychanalyse \u00e0 la recherche de sens dans des symboles enfouis, des d\u00e9lires de culpabilit\u00e9s, un viol incestueux. Elle se parle beaucoup pour ne pas se dire. On a affaire \u00e0 une May qui se divise en deux et ensuite en plusieurs avec le m\u00eame visage et le m\u00eame nom. Elle s\u2019invente un univers parall\u00e8le, un vide qu\u2019elle veut combler par des esprits, des mots et des symphonies ou le temps et l\u2019espace s\u2019enroulent comme un ruban de M\u00f6bius.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est plus Mey qui est n\u00e9e d\u2019un p\u00e8re inconnu, mais l\u2019humain qui est n\u00e9 d\u2019un dieu inconnu. &nbsp;Elle pensait le connaitre ce dieu, mais finalement ce n\u2019est pas lui. Et comme l\u2019humain qui doute de l\u2019existence d\u2019un dieu d\u2019amour, elle se sent viol\u00e9e, perdue, d\u00e9poss\u00e9d\u00e9 de ce qui fait elle ; sa cr\u00e9ation, son amour son destin ! Tous ses rep\u00e8res et ses croyances s\u2019effondrent dans les abimes sans fond. Tous les autres ont des p\u00e8res et des dieux mais Mey NON \u2026 elle est sans origine, sans source et sans embouchure.<\/p>\n<p>Comme Hamlet, Elle va crier \u00e0 l\u2019univers sa rage \u2026 &nbsp;mais contrairement \u00e0 Hamlet &nbsp;et sa douleur, le p\u00e8re de Mey n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9, C\u2019\u00e9tait un autre qu\u2019elle n\u2019a jamais vu \u2026 qui lui \u00e9tait interdit par un p\u00e9ch\u00e9 de vivre ensemble. Un dieu qui vous cr\u00e9e et qui vous abandonne dans un univers qui devient d\u00e9peupl\u00e9 sans cet amour divin.<\/p>\n<p>Pour Mey, Dieu n\u2019est pas mort. Dieu existe bien de part sa cr\u00e9ation, il est vivant mais c\u2019est un inconnu. Son absence devient notre angoisse obsessionnelle et mortif\u00e8re !<\/p>\n<p>La maman toujours pr\u00e9sente ne pouvait prendre la place du p\u00e8re; ce complexe \u0153dipien \u00e9tait insens\u00e9 pour la femme qu\u2019\u00e9tait Mey qui, dans un tic, s\u2019arrachait les cheveux dans l\u2019angoisse de la mort de sa m\u00e8re.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la douleur de la perte de sa m\u00e8re, vient le plus grand des supplices ; le choc, L\u2019outrage et la rage &nbsp;! Quand son p\u00e8re lui avoue qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas son p\u00e8re. Le jour ou on l\u2019a marie sans sa volont\u00e9 ..le ciel tombe \u2026 et elle implore sourat el ikhlas \u2026<\/p>\n<p>\u201dDis : \u00ab C\u2019est Lui, Dieu l\u2019Unique, Dieu le Supr\u00eame Refuge, qui n\u2019a jamais engendr\u00e9 et qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 engendr\u00e9, et que nul n\u2019est en mesure d\u2019\u00e9galer !\u00bb \u201d.<\/p>\n<p>Elle recherchait alors dans Dieu le p\u00e8re l\u2019ultime p\u00e8re ; celui de l\u2019humanit\u00e9 qui seul pouvait la r\u00e9concilier avec elle m\u00eame !<\/p>\n<p>Sans cet amour, la vie est monotone, sans gout, sans passions et sans caresses. La chimie mol\u00e9culaire lui procura cette d\u00e9viation. Seul l\u2019oubli et l\u2019amn\u00e9sie pouvait enlever cette douleur. Mais la m\u00e9moire est toujours l\u00e0 pr\u00eate \u00e0 rejaillir et \u00e0 l\u2019emporter \u2026 encore et toujours dans son torrent \u2026 son gouffre, sa m\u00e9lancolie \u2026<\/p>\n<p>Elle va partir dans le monde pour oublier et pour voir les humains et toujours elle rechercha dans leur yeux ce regard paternel. Sa vie sera une qu\u00eate pour cet homme ; cet amour paternel, de celui qui vous engendre, vous renait \u00e0 vous m\u00eame dans le plus grand des amours ; l\u2019amour divin qui descend sur terre !<\/p>\n<p>Mey n\u2019aimait pas dormir dans la nuit, elle aimait vivre dans le jour. Entre solitude, d\u00e9lire et d\u00e9cr\u00e9pitude, l\u2019entropie la gagne mais la vie doit continuer et sa passion se calme dans l\u2019habitude des jours et du temps qui passe.<\/p>\n<p>Mey est la version f\u00e9minine de Hamlet qui part \u00e0 la recherche de son myst\u00e8re mais sans commettre de crime ou de suicide. Une \u00e2me sensible et sensuelle qui part \u00e0 la qu\u00eate de soi dans une passion d\u00e9mesur\u00e9e qui rappelle \u00e0 l\u2019humain le miracle de la vie, l\u2019angoisse du n\u00e9ant mais surtout la qu\u00eate de l\u2019autre ; regard, caresse et amour divin . Un amour infini qui donne, qui partage et qui passionne ! Un amour dans le regard de l\u2019autre \u2026 qui lui rappelle Dieu !<\/p>\n<p>Jamouli Ouzidane<\/p>\n<p>Cliquez ici pour lire le livre sur <a href=\"http:\/\/www.wobook.com\/WBGc69g5c00Q\/Yano-Las\/Ad-feminam.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">WOBOOK<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e8s la premi\u00e8re page, que dis-je d\u00e8s les premiers mots, on est emport\u00e9 dans le tourbillon des mots, des sens, des genres, des formes, des espaces et des temps. 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