L’Algérie en guerre contre les réseaux de recrutement pour la Syrie
Les réseaux djihadistes qui recrutent des jeunes du Maghreb pour les envoyer combattre en Syrie et dans le Nord-Mali ont trouvé un nouveau front. Ils portent désormais leurs visées sur l’Algérie.
Les services de sécurité algériens ont arrêté quatre individus affiliés à l’Armée islamique du salut (AIS) dans la province de Chlef pour leurs liens présumés avec des groupes djihadistes en Syrie, a fait savoir le quotidien Echourouk.
Ils ont été accusés d’avoir recruté des Algériens pour aller combattre sous la bannière de Jabhat al-Nusra, qui a récemment déclaré son allégeance à al-Qaida en Irak.
Le leader de l’AIS, le bras armé du Front islamique du salut (FIS) aujourd’hui interdit, se trouve parmi ces quatre inculpés. Il est également soupçonné d’avoir établi des liens avec des groupes djihadistes en Libye et en Tunisie, selon le quotidien algérien.
« Les réseaux qui recrutent des Algériens, et des jeunes du Maghreb en général, utilisent le discours religieux et les hadiths concernant les avantages du djihad au Levant pour tenter de convaincre les jeunes de partir pour la Syrie », a commenté Mohamed Saadi, chercheur en science islamique.
La guerre en Syrie a ravivé les cellules dormantes qui organisaient l’entrée des djihadistes en Irak en passant par la Syrie, a-t-il ajouté. Ils utilisent désormais pratiquement les mêmes réseaux et les mêmes intermédiaires pour emmener des Algériens et des Tunisiens en Syrie, en tirant parti de relations vieilles de plusieurs décennies.
Depuis plus d’un an maintenant, les agences de sécurité algériennes mènent la guerre contre les éléments engagés dans le recrutement de djihadistes pour la Syrie. L’année dernière, les forces de sécurité avaient arrêté une personne soupçonnée d’avoir emmené des Algériens en passant par la Libye.
Les enquêtes portent sur des réseaux qui opèrent dans huit provinces : Alger, Ghardaïa, Tebessa, Tlemcen, Oued Souf, Djelfa, Tiaret, Biskara, et IIlizi.
Les Algériens partis pour la Syrie ont été pour l’essentiel recrutés sur des forums Internet, ont découvert les enquêteurs.
Les responsables de la sécurité ont établi une liste de dix Algériens qui se sont rendus durant cette période en Syrie en passant par la Turquie, et avant cela par la Libye et la Tunisie, avait expliqué le quotidien El Khabar en juillet dernier. Ils avaient également été avertis de la disparition de sept Algériens en l’espace de deux mois.
« Les réseaux qui recrutent des djihadistes pour aller combattre en Syrie tentent d’envoyer des combattants possédant une expérience militaire, notamment des Algériens après les années de terrorisme qu’a connues le pays », explique Mohamed Smiem, universitaire spécialisé dans les questions de sécurité.
« Ces réseaux utilisent d’abord le discours religieux puis des incitations financières pour envoyer des combattants en Syrie », précise-t-il.
Bien que le nombre de combattants algériens en Syrie reste encore inconnu, le quotidien libanais Al Diyar a laissé entendre que près de dix mille Algériens combattaient le régime de Bashar al-Assad.
Les observateurs algériens mettent toutefois en doute un tel chiffre.
« Il est improbable, si ce n’est impossible, que dix mille Algériens se trouvent en Syrie. Le nombre d’Algériens y est bien moins élevé », explique Smiem. Il critique certains organes de presse qui, selon lui, « s’empressent de diffuser des informations sans fondement », sans même les vérifier.
Il n’en reste pas moins que tenter de mettre fin aux cellules de recrutement de djihadistes en Syrie « exige une coordination entre les services de sécurité algériens, tunisiens et libyens », ajoute cet analyste.
Selon lui, cette coopération permettra « d’identifier les réseaux qui recrutent de jeunes Maghrébins et leur donnent l’argent et les documents nécessaires pour se rendre en Syrie ».
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La Tunisie en guerre contre les recruteurs djihadistes
La Tunisie a ouvert une enquête judiciaire sur les réseaux de recrutement des jeunes du pays pour aller combattre en Syrie.
Le procureur de la République a demandé à toutes les personnes disposant d’informations sur le sujet de les communiquer aux autorités.
Cette enquête a été ouverte après que plusieurs familles tunisiennes aient manifesté devant le siège de l’assemblée constituante en début de mois, pour demander aux autorités de rapatrier leurs fils et de mettre un terme aux réseaux qui recrutent des jeunes pour le djihad en Syrie.
Les procureurs ont également lancé une enquête parallèle sur un ressortissant tunisien, identifié seulement sous le nom de « Abou Zeid Ettounsi », a indiqué le quotidien al-Chourouk dans sa livraison de ce mercredi 27 mars. Cet islamiste est accusé d’incitation à des actes terroristes après avoir, semble-t-il, utilisé une apparition sur la chaîne de télévision Ettounsiya pour appeler à aller combattre en Syrie.
Les autorités tunisiennes n’ont fourni aucun chiffre officiel sur le nombre d’islamistes tunisiens combattant en Syrie, mais selon les sites web des mouvements djihadistes, plusieurs dizaines d’entre eux auraient été tués au cours des deux dernières années, a précisé l’AFP.
Face à la gravité de la question, le Premier ministre Ali Larayedh a déclaré que son gouvernement envisageait de suivre le dossier des Tunisiens combattant en Syrie. Il a ajouté que nombre de jeunes tunisiens avaient été empêchés de quitter le pays en empruntant la frontière tuniso-libyenne parce qu’ils envisageaient de se rendre en Syrie pour y rejoindre l’opposition armée.
« En réponse aux demandes des familles et des proches, nous avons empêché ces jeunes tunisiens de partir pour des aventures aux risques incalculables », a déclaré Larayedh samedi sur France24.
Larayedh a expliqué que bien qu’elles soient conscientes de la gravité de la situation, les autorités ne pouvaient légalement empêcher les citoyens de voyager.
« Des Tunisiens se rendent dans un autre pays, comme la Libye ou la Turquie, prétextant un déplacement professionnel ou de tourisme, puis continuent ensuite vers la Syrie », a-t-il indiqué. « Mais nous n’avons pas le droit de les empêcher de partir. »
« Bien que nous en ayons empêché certains dont nous pensions qu’ils allaient s’embarquer dans une aventure aux conséquences insoupçonnées sur la base d’informations obtenues auprès de leurs familles, nous ne pouvons légalement empêcher quiconque de partir pour un travail ou du tourisme dans un autre pays, en dépit des dangers et du côté tragique de la question », a-t-il poursuivi.
Il a par ailleurs confirmé que les autorités comptaient suivre ce dossier sous ses aspects humanitaire, sociaux et sécuritaires.
Pour sa part, l’assemblée constituante s’est également intéressée à ce phénomène. Plusieurs de ses membres ont souligné la nécessité pour les autorités tunisiennes d’assumer leurs responsabilités en révélant les entités et les partis impliqués dans ce recrutement de jeunes tunisiens et leur envoi en Syrie pour y mener le djihad.
Le recrutement de jeunes tunisiens pour le djihad en Syrie est « un pêché envers ces jeunes et le peuple tunisien », selon le député Mahmoud al-Baroudi, qui a demandé une grande fermeté dans le traitement de ce phénomène.
Des personnaités de l’opposition ont accusé le gouvernement dirigé par Ennahda de connaître les réseaux de recrutement qui envoient de jeunes tunisiens en Syrie et de cacher leur identité. Mais le dirigeant d’Ennahda Rachid Ghannouchi a réfuté de telles accusations.
« Ces jeunes tunisiens se rendent en Syrie pour participer au djihad, mais nous ne sommes ni n’avons été partie à cette opération, dont nous ne savons comment elle se déroule », a-t-il déclaré le 15 mars.
Dans un discours prononcé lors de la Journée de l’Indépendance le 20 mars, le Président tunisien Moncef Marzouki a mis en garde contre l’impact négatif de la présence de Tunisiens dans le djihad en Syrie.
« Nous craignons que ces Tunisiens ne reviennent constituer une menace pour leur propre pays », a-t-il déclaré. « Ils doivent être convaincus que le véritable djihad dans leur pays consiste à lutter contre la pauvreté, le chômage et l’ignorance. »
Depuis le début du conflit en Syrie, plusieurs djihadistes du Maghreb, en particulier de Tunisie et de Libye, ont rejoint la lutte contre le régime en réponse à des appels extrémistes.
En Tunisie, le ministère de la Condition féminine et de la Famille a déclaré dans un communiqué publié en février dernier que l’on avait constaté « de nombreuses disparitions d’adolescents, après que des réseaux spécialisés visant les jeunes et les enfants des deux sexes soient apparus pour les recruter par le biais d’une mobilisation intellectuelle et doctrinale ».
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Syrie : Au cœur de la filière jihadiste marocaine
Plus de quarante Marocains ont réalisé leur « rêve jihadiste ». Ces jeunes ont rejoint le nouveau « front du jihad mondial » : la Syrie. Dans leur majorité, ces jihadistes sont issus du Nord du Maroc. Tétouan, Fnideq et l’enclave occupée de Sebta sont de véritables zones d’exportation du jihad en terre syrienne. L’Observateur du Maroc reconstitue le puzzle de cette filière.
Un vent doux souffle sur la côte de Fnideq. La Méditerranée est bleue, calme et ne fait pas de vagues. La ville de 60.000 habitants se remet de ses émotions. Elle vient d’être secouée par l’arrestation de douze habitants accusés d’appartenir à « une cellule terroriste d’embrigadement pour la Syrie ».
La BNPJ à Castillejos
Dans la nuit du 19 janvier, des équipes de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) débarquent à Castillejos (nom espagnol de Fnideq). De bon matin, vers 4h, les hommes de Abdelhak Khayyam, frappent à la porte de neuf maisons de la ville. Ils procèdent à l’arrestation de neuf suspects. Cette opération « coup de poing » se déroule sans dérapages. Aucune des personnes arrêtées n’opposera une résistance lors de son interpellation. H. E. K, 22 ans, commerçant au marché Ben Omar à Fnideq, est une des personnes arrêtées. Son frère nous replonge dans le « film » de son interpellation : « A l’arrivée des huit membres de la police, mon frère dormait. Ils ont demandé la permission de fouiller dans ses affaires et ils n’ont rien trouvé. Ils étaient courtois et très bien renseignés sur notre famille ». Il clame l’innocense de son frère. Le lendemain, la BNBJ procède à l’arrestation de trois autres personnes dans le cadre de la même enquête. La ville a peur. Et c’est motus et bouche cousue pour les salafistes de Castillejos.
Les Souk de Ben Omar et Massira El Khadra à Fnideq sont prisés par les clients pour leurs produits de contrebande qui proviennent en grande quantité de Sebta. Entre business et petits trafics, des commerçants ont fait de ces marchés leur terrain de chasse pour la filière jihadiste en Syrie. Des sergents recruteurs ayant pignons sur rue officient depuis une année pour le compte d’une nébuleuse bien organisée. « Je connais plusieurs personnes qui sont parties pour la Syrie », nous murmure un salafiste, commerçant parmi les autres commerçants du marché. Il assure avoir pris ses distances de ce réseau. « Je n’approuve pas cette démarche car ceux qui partent loin laissent ici derrière-eux des familles », argumente notre interlocuteur. Fébrile, cet homme met un terme rapidement à notre discussion.
Dans le milieu salafiste, la question des jihadistes qui se rendent en Syrie est abordée avec précaution. Un des chefs de file de ce courant accepte malgré tout de nous parler : « Chez les salafistes, le jihad est une obligation religieuse comme la prière ou le pèlerinage. Dès le début de la répression du régime d’Assad, des salafistes au Maroc ont commencé à envisager d’aller combattre en Syrie. Début 2012, les choses se sont précisées ». Pour cet homme, il ne comprend pas la position officielle marocaine qui « interdit aux jeunes d’aller combattre alors que le Royaume soutient l’opposition qui fait face au régime de Damas ».
Au marché de Ben Omar, nous sommes vite repérés par les salafistes de Fnideq. Le chef de file de cette mouvance est un ex-détenu dans une affaire de terrorisme. Celui-ci donne ses ordres pour que les familles et les amis des jihadistes en Syrie gardent le silence. Après le dernier coup de filet de la BNPJ, l’heure est grave. Les deux marchés de la ville font l’objet d’une surveillance rapprochée de la part des services de renseignements.
La filière lingerie fine
De mars 2012 jusqu’à aujourd’hui, le marché de Ben Omar a exporté vers la Syrie plusieurs jihadistes. Fouad Salhi, 28 ans et son grand frère sont parmi eux. Le périple de ces deux commerçants, propriétaires d’un magasin de lingerie fine, commence début 2012. C’est l’aîné qui part le premier. Il est rejoint en mars par Fouad, qui laisse derrière lui sa femme et ses deux enfants. Deux jours avant son départ, il informe sa famille qu’il voyage à Al Houceima. Le lendemain, il les appelle de Casablanca pour les informer qu’il part en Syrie. Le frère de Fouad refuse de parler du voyage de ces frères. Ce sujet le met hors de lui.
Peu après le départ des frères Salhi, ces derniers sont rejoints par d’autres commerçants de Ben Omar dont Abdelaziz Haddad et Abdelaziz Al Mahdani. Ce dernier a étudié jusqu’à la deuxième année du collège. Aujourd’hui âgé de 27 ans, il est marié et père de deux enfants. Il résidait dans le quartier Rass Loutta dont sont issue plusieurs des ses « frères ». Il quitte le Maroc en mars 2012 destination la Turquie, laissant sa femme enceinte. Lui aussi informe sa famille qu’il a un petit déplacement à Casablanca. En réalité, son déplacement se révèlera beaucoup plus « grand ».
Au deuxième étage du marché Ben Omar, nous retrouvons le père d’Abdelaziz dans le magasin de son fils. Plongé dans la lecture du Coran, cet homme âgé à la barbe blanche semble totalement désintéressé de son commerce.
« Depuis le départ de mon fils, il nous a appelés deux fois pour nous dire qu’il se porte bien », nous révèle Al Mahdani. Mais à la question de savoir si son rejeton est bien en Syrie, il botte en touche. « Je ne sais pas s’il est en Syrie ou ailleurs, personne ne sait vraiment où il se trouve actuellement », rectifie-t-il. Pourtant, le nom de ce commerçant a été plusieurs fois cité par les services de renseignements dans l’affaire de djihadistes marocains partis en Syrie. On le présente même comme étant l’un des chefs opérationnels sur le front syrien. Un commerçant, qui a requis l’anonymat, a côtoyé ces jeunes avant leur départ vers la Syrie. « Tout le souk ne parle que de ce sujet. Du jour au lendemain, l’un d’entre eux fermait boutique puis quelques jours plus tard on a appris qu’il est arrivé en Syrie pour combattre », nous confie ce jeune. Réunis le jour dans la mosquée du marché et le soir dans les quartiers de Brarek et Rass Loutta, les candidats au jihad fournissent leurs armes idéologiques grâce aux enregistrements vidéos de groupes jihadistes syriens tels Jabha anoussra, Ahrar cham, Liwaâ Tawhid et Fajr al islam.
Avec un modus opérandi bien rôdé, durant des mois, cette filière a pu recruter, embrigader et envoyer pour le jihad en Syrie plusieurs jeunes marocains issus de Fnideq et Tétouan. La découverte de ce stratagème a été le fruit du…hasard.
Grand coup de filet
Nous sommes en avril 2012, un homme se présente à une agence de voyage à Tétouan. Il réserve deux billets pour un vol aller Casa-Istanbul au nom de Hicham et Mohamed Assrih. Trois semaines plus tard, la même personne achète deux billets retour pour d’autres personnes. Un mois après, il acquiert un billet aller pour Istanbul. Ces achats mettent la puce à l’oreille du personnel de l’agence. L’un d’eux contacte les Renseignements généraux (RG) de Tétouan pour les avertir. A partir de ce moment, l’enquête sur la filière de recrutement pour la Syrie démarre. La police de Tétouan demande la liste des hommes ayant réservés des billets pour la Turquie. Un listing des personnes suspectes est établi. La filière est surveillée de près, avant qu’un événement inattendu ne vienne précipiter les choses.
Le 20 août 2012, le réseau Anssar al moujahidine, une des nombreuses agences de presse de la galaxie jihadiste, publie une vidéo de 8 min et 40 secondes. Sur cette vidéo, on voit un jeune homme lire son testament avant de « devenir martyr » dans un attentat suicide contre l’armée syrienne à Neirab, proche de Idlib. Ce kamikaze de 32 ans s’appelle Rachid Ouahbi. C’est un taximan à Sebta. Bien connu des services de renseignements espagnols et marocains, il évitait de rentrer au Maroc de crainte de se faire arrêter. Il a rejoint la Syrie en compagnie des Marocains Mohamed El Ayachi et Mohamed Abdeslam. Son « coming out » tragique confirme la présence de la filière de l’autre côté de la frontière, spécialement autour de la mosquée Ould al Hamra, située dans le quartier chaud d’El Principe Alfonso dans l’enclave occupée. La machine policière se met alors en branle pour un démantèlement rapide de la filière marocaine.
Le 16 août, la BNPJ arrête Mhamed Ouled Omar. Lui aussi est un commerçant au marché Ben Omar. Des sources à Fnideq le décrivent comme « radical » et « peu sociable ». Il est présenté comme la plaque tournante de cette filière. À la même période, la police de l’Aéroport Mohammed V à Casablanca accueille un revenant de la Syrie. Il s’agit de Mohamed Yassine Chaîri, une des pièces maîtresses dans ce puzzle. Le 26 novembre, la BNPJ réalise une autre grosse prise. La police de l’Aéroport
Mohammed V intercepte le salafiste tangérois Redouane Tabet. Ce vendeur ambulant dans le quartier tangérois de Béni Makada se défend. Il assure s’être déplacé en Turquie « pour acheter de la marchandise ». Tabet, un des leaders des salafistes de la ville du Détroit, n’est pas à sa première tentative pour rejoindre un front du Jihad. Il y a quelques années, il a essayé de rejoindre les rangs d’Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI), avant d’être arrêté par les autorités algériennes et transféré au Maroc. Il a purgé deux ans de prison dans le cadre de cette affaire. Les procès de ces trois suspects ainsi que celui des membres de la cellule récemment démantelée devraient livrer encore plus de détails sur cette filière.
En attendant, nombre de Marocains continuent de rejoindre le « front du jihad » en Syrie à partir de Sebta. D’autres, déçus par leur périple jihadiste demeurent en Turquie. Ils attendent que les choses se calment pour revenir au Maroc sans être cueillis par les services.z
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