Ahmed Halfaoui
Du Front national et des groupuscules fascistes, où il se confinait, le discours contre les immigrés et les » Français pas de souche » est porté sans aucune honte par des hommes politiques de plus en plus nombreux. En même temps qu’il engrosse la société devenue féconde à sa semence. Tout avait commencé avec le débat sur l’identité, après que la communautarisation de la minorité » musulmane » fut officiellement décrétée. Ensuite ce fut le discours islamophobe et anti-rom qui a fleuri. Deux dangers majeurs devaient être fabriqués et implantés dans les cerveaux.
Le premier est représenté par la menace de la remise en cause des » valeurs françaises « , dites judéo-chrétiennes, accessoirement laïques et républicaines, le second par le déséquilibre démographique que provoqueraient les flux d’immigrants. En ce temps-là, comme par pure coïncidence, ce sont surtout les valeurs de la libre-entreprise, du libéralisme et du marché tout puissant qui se sont mises à faire du mal à la vie de la majorité des Français. Mais le grand débat n’a pas eu lieu sur ces bases.
La classe politique, les médias et ceux dont le discours a des espaces offerts, n’en avaient que pour la » préservation de l’identité en péril « . Pendant que des dénis détruisaient les fondements de ce que les Français d’en bas ont mis deux siècles et plus à bâtir, face à la férocité du profit.
C’est-à-dire les acquis sociaux et des conditions de travail sécurisantes pour le plus grand nombre. Aujourd’hui, la bête est allée plus loin. Comme si elle sentait que le fruit était mûr. Elle s’attaque au » droit du sol « , celui qui a fait que, selon un ancien ministre, » plus de 25 % des Français ont au moins un grand-parent de nationalité étrangère « .
Eh bien ce droit est ouvertement remis en cause. Ce qui constitue en soi, la chute d’un autre tabou. Dans un contexte très favorable à la chose, où les » socialistes » au pouvoir font la chasse aux étrangers et à leurs enfants. Dans un contexte où 72 % des Français sont d’accord avec l’abolition du » droit du sol « , en tant que droit automatique. C’est-à-dire de confier, pour ce, la décision à l’administration de faire ou de ne pas faire qu’un enfant né en France soit Français.
Du côté des fascistes qui s’assument c’est du pain béni. Bientôt, une fois le principe acquis, qui pourra être revendiqué en tant que réponse à une demande populaire, les » Français pas de souche » ne seront plus, de droit, des français comme les autres. Un autre registre sera ouvert les concernant. Surtout quand il s’agira de modifier un peu plus les rapports sociaux en vigueur, voire de tout remettre à plat.
Ce jour-là, le » droit du sang » lui-même ne servira pas à grand-chose et l’ordre qui sera alors établi, ne se formalisera pas du droit en général.



