jeudi, juin 24, 2021

La décérébration a porté ses fruits

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Lorsque le grand capital a été bousculé dans ses certitudes, par la révolution communiste en Europe et par les luttes anticolonialistes en Afrique et en Asie, il a été pris de panique. Pas très longtemps.

Il a très vite compris qu’il valait mieux prévenir que guérir. Il faut dire, que l’idée était déjà dans l’air.

Ce fut, au 19ème siècle, la Fondation Andrew Carnegie qui a senti la nécessité de contrôler les mouvements sociaux au sein des aciéries éponymes. Notamment en investissant dans la promotion de formules « réformistes » alternatives aux idées anticapitalistes.

Professeur au Département d’Histoire de l’Université Laval, Pierre-Yves Saunier lève un coin du voile sur le sujet. Il nous décrit le rôle de l’une des institutions qui ont travaillé, d’abord dans les universités, au règne d’une pensée acquise au capitalisme.

Il s’agit de la Ford Foundation qui est, selon sa définition, « un des acteurs des guerres froides intellectuelles, celles qui opposent ouvertement les blocs occidentaux et soviétiques, et celles qui, plus discrètes, ont pour enjeu la pénétration des valeurs états-uniennes dans ce qui n’était pas encore la « Vieille Europe ».

En 1950, assisté de la CIA, la Fondation Ford a créé le « Congrès pour la liberté de la Culture », renommé plus tard « Association internationale pour la liberté de la culture », qui sera dirigé, à ses débuts, par Raymond Aron (célèbre « nouveau-philosophe », anticommuniste notoire). Divers organismes du même acabit vont parsemer la planète.

Des dizaines de millions de dollars ont été et sont encore investis dans le formatage des élites instruites, en faveur d’une vision pro-étatsunienne, en particulier, et capitaliste en général.

Le monde de l’édition n’échappe pas, loin s’en faut, à l’offensive. La revue Diogène, publiée par l’UNESCO, fait partie du lot. L’Institut de Recherche et de débat sur la Gouvernance (IRG) qui collabore avec Sciences Po (IEP) Paris ou l’Institut Français des Relations Internationales, le célèbre IFRI cité par les médias, connu pour ses « analyses » géostratégiques et la situation dans le monde, sont parmi les institutions où la Fondation Ford est active.

Si l’on ajoute les menées de plusieurs autres fondations du même type, dont la Fondation Rockefeller, on peut comprendre l’effondrement de intelligentsia, européenne en particulier, après la disparition des dernières grandes figures au cours des dernières décennies.

On comprend que la plupart des éditeurs qui ne transigeaient pas avec la liberté de conscience aient été obligés de mettre la clé sous la porte.

On peut comprendre que la philosophie et la pensée, en général, soient devenues l’apanage d’individus dont la seule compétence relève de la servilité vis-à-vis de l’ordre politique dominant, du sionisme et de l’atlantisme.

On comprend que la littérature ne soit primée qu’en vertu de sa proximité avec l’idéologie régnante.
On comprend, que rien ne dépasse sur la scène culturelle, si le produit ne correspond pas aux normes édictées par des faiseurs, bien pensants, de célébrités.

On comprend que le racisme et le fascisme connaissent une expansion.

Ahmed Halfaoui

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