Jean-Louis Hurst : un Juste

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jean-louis-hurstFrançais de naissance, il s’est plutôt reconnu dans la révolte contre l’injustice qu’était le colonialisme. Le fait que cela soit du fait de son propre pays ne l’a pas fait hésiter, quitte à « trahir » au sens commun. Une qualité si rare dans un monde qui cultive l’individualisme. Il fera partie des réseaux des « porteurs de valises », comme de nombreux autres militants acquis aux idéaux de justice. Né le 18 septembre 1935 à Nancy, en France, il meurt le 13 mai dernier, à l’âge de 79 ans.

C’est grâce à un Algérien, employé de son père, qu’encore adolescent il est imprégné des exactions des colonialistes en Algérie. Au point d’être écœuré que son père, en bon nationaliste, soit affecté par la défaite française de Dien Bien Phu, face à l’armée vietnamienne dirigée par le général Giap. Grâce à une bourse d’étude, il effectue un périple au Moyen-Orient où il s’imprègne de la question palestinienne surtout.

Revenu au pays, il se forme en tant qu’instituteur en 1955 et adhère, une fois en poste, au Syndicat national des instituteurs (SNI), puis au Parti communiste, pour s’opposer à la féroce répression en Algérie. Sursitaire du service militaire, il demande à le faire en 1957. Plus radical que la direction du PCF, il juge qu’il faut passer aux actes en soutenant le FLN et non se contenter du slogan « paix en Algérie ».

Affecté en Allemagne, dans les transmissions, il réussit à prendre contact avec l’anticolonialiste André Mandouze, grâce auquel il plonge dans le militantisme d’aide à la libération de l’Algérie. Et lorsque, en septembre 1958, l’armée décide de l’affecter en Algérie il déserte et avec deux de ses camarades militants, Gérard Meïer et Louis Orhant, il fonde, en 1959, le mouvement Jeune Résistance, une «tribune mise à la disposition de la jeunesse française résistant à la guerre d’Algérie et au fascisme » et un moyen d’organiser les désertions et les insoumissions des appelés sous les drapeaux, de l’armée coloniale.

Le mouvement connaît un granA. Halfaoaouid succès et a pu drainer des milliers de militants. Des figures intellectuelles, dont Jean-Paul Sartre et François Maspero, signeront, le 6 septembre 1960, le « Manifeste des 121 » qui se conclut par trois sentences fondamentales :

« Nous respectons et jugeons justifié le refus de prendre les armes contre le peuple algérien », « Nous respectons et jugeons justifiée la conduite des Français qui estiment de leur devoir d’apporter aide et protection aux Algériens opprimés au nom du peuple français » et « La cause du peuple algérien, qui contribue de façon décisive à ruiner le système colonial, est la cause de tous les hommes libres ».

En Avril 1960, Hurst avait publié son livre « Le Déserteur », interdit en France. A l’indépendance de l’Algérie il sera un « pied-rouge » qui apporte son aide à la jeune nation.

A. Halfaoui

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