Développement durable et participation citoyenne ; réelle volonté de changement ou mimétisme avéré

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Comme la plupart des pays en voie de développement, l’Algérie adhère depuis quelques années aux protocoles liés au développement durable ; et tente de répondre aux injonctions à la bonne gouvernance faites par des institutions internationales tel que le FMI et la banque mondiale.
Dans le cadre de ce protocole, la dimension sociale, est présente et ce par l’application de politiques participatives principalement, dans des projets de requalification urbaine à l’échelle nationale, voire locale.

L’Algérie a mis en place entre 1998 et 2007 des programmes d’aménagement ou réaménagement des territoires, engageant essentiellement des espaces urbains périphériques.
Il en est un qui a attiré notre attention de par son importance et sa durée dans le temps. Ce dernier concerne la réhabilitation de quartiers d’habitats dans 5 wilayas du pays ( Alger, Boumerdes, Tizi-Ouzou, Oran, Béchar) relevant d’une collaboration entre la GTZ/GIZ (organisme de coopération allemande pour le développement), le ministère de l’habitat et l’OPGI.
Ce programme considéré comme un cas d’école, débute en 1998 et prend fin en 2004. Il met en exergue un principe très important du développement durable ou gestion intégrée des territoires lorsqu’il s’agit de transformation socio spatiales ; ce principe n’est autre que la participation des populations aux projets de requalification de leur espace de vie et de leur environnement immédiat (logement), mais également à une échelle plus large (quartier, agglomération, ville…).
Nous nous sommes penchés sur le cas d’Alger, où ce programme de réhabilitation a concerné la cité Soummam à Bab Ezzouar. Il était intéressant de soulever plusieurs points :
• Le degré d’intégration et de compréhension de la notion de durabilité aussi bien auprès des populations que des décideurs.
• L’évaluation de la pertinence opérationnelle de ce type de programmes à l’échelle locale puis nationale
• L’impact du système participatif sur les politiques de gestion urbaine, et éventuellement sur le long terme voir l’émergence d’un nouveau type de gouvernance où le citoyen serait pleinement impliqué.
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Cette expérience révèle plusieurs résultats. Le plus important est que l’Algérie tente d’associer de nouveaux modèles de développement à ces politiques locales, même si ces modèles posent de nombreux problème d’adaptabilité.
A l’échelle du quartier, et celui de la Soummam tout particulièrement, le mode participatif a pris place dans des conditions difficiles. En cause, la taille de la cité et la difficulté de mettre tout les habitants d’accord sur les décisions à prendre (Les entretiens auprès de la population ont révélé, les différences de statut social, et le régionalisme très présent dans cette cité).
La prise en charge d’une forme de durabilité sociale, devait garantir l’intégration d’une durabilité environnementale visant à améliorer au quotidien la vie des habitants. Or, cette durabilité devait d’abord faire l’objet d’un consensus au niveau des administrations. En effet lors de cette enquête, nous avons relevé que les membres des groupes de travail, n’avaient pas le même avis sur l’objectif réel de cette requalification.
Certains nous ont expliqué que ce projet était un cas d’école, pour tester les capacités de l’Algérie en matière de développement urbain durable ; et d’autres ont insisté sur les aspects opérationnels du projet en précisant qu’il était destiné à être reproduit, à des échelles territoriales qui vont au-delà du quartier. Pour d’autres encore, la durabilité est apparue sous sa forme la plus basique, se limitant à la réhabilitation architecturale, négligeant les microsociologies des différents îlots sélectionnés pour la rénovation.
Pour les habitants, la durabilité n’a pas été intégrée comme un élément essentiel du projet. Pour cause, la communication autour de cette question a été négligée, ajoutée à une réticence accrue à l’égard d’un programme à nouveau géré par l’Etat, et le manque de médiation dû à l’absence d’experts dans le domaine des sciences humaines et sociales. Les répercussions sur le terrain notamment sur le site de la Soummam, ont été une adhésion très timorée et une participation plutôt faible de la population.
Ce programme, qui était destiné à faire évoluer politiquement les modes de gestions, et socialement influer sur les comportements des citoyens, en les associant à une dynamique de concertation et de négociation, afin qu’ils puissent trouver leur place et devenir l’élément actif et utile, transformant et modelant la ville algérienne de demain.
Source:  La prise en charge de la dimension sociale dans les programmes de développement-
                la question du développement urbain durable en périphérie d’Alger-
               Boussaïd Khadidja (Magister soutenu en sociologie urbaine 2010-Université d’Alger 2)
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