vendredi, juillet 30, 2021

Marianne Vs Antigone ! Entre Raison d’Etat et religion individuelle

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Aziz Cheboub

« Être libre, c’est aussi ne pas agir en fonction d’autrui » Frédéric Lenoir

Il ne s’agit nullement d’opposer des valeurs, celles de l’Hexagone contre ceux de la Grèce Antique, sa république ou sa démocratie, bien que les deux soient partiales sur beaucoup de plans, en fait l’objectif est seulement d’établir une distinction plus ou moins fine, de celle que l’on nommait héroïne morte pour ses croyances, et à cause de la Raison d’Etat.

Contrairement à Marianne qui été un symbole de la majestueuse république, autrefois subliminale, déflorée pour des raisons que la raison, elle-même déshonore.

Deux personnages mythiques de la littérature classiques subsistent encore et toujours, Antigone est une héroïne de la mythologie hellénique. Quant à Marianne, elle considérée comme étant une figure symbolique de la République française durant la moitié du XIX siècle.

La première (Antigone) est la fille d’Œdipe, roi de Thèbes, et de la reine Jocaste. Dans la tragédie Antigone de Sophocle qui se situe en 441 avant J.C. Où elle s’insurge jusqu’à la mort contre le Roi Créon (Son oncle qui a succédé à son père) qui avait interdit d’inhumer son frère Polynice pour des raisons politiques.

La seconde, a une origine confuse, d’abord le nom serait une contraction de deux prénoms, Marie et Anne. Ce prénom apparait dans la chanson révolutionnaire qui s’intitule La guérison de Marianne composée par Guillaume Lavabre, fin XVIII siècle où il raconte les métamorphoses de leur nouveau régime. Une autre version suppose que le prénom de Marianne résulte, non pas de la contraction de Marie et de Anne, mais il aurait pris comme modèle Marie Anne Mouhat, épouse de Jean-François Reubell (Homme politique et diplomate français). L’appellation de Marianne, on la retrouve aussi dans L’avare de Molière qui serait sa première occurrence, une pièce de 1668, dont elle est un personnage et où elle représente l’exemple du libre arbitre.

« Ils ont essayé de nous enterrer, ils ne savent pas que nous étions des graines » proverbe mexicain.

La Marianne qui incarnait l’égalité, la liberté et la fraternité n’est plus qu’un vieux souvenir, elle n’est, désormais, qu’une réminiscence du patrimoine culturel. La loi de 1905, adoptée le 9 décembre de la même année, qui stipulait la séparation l’église de l’Etat n’a pas cessé d’être discréditée, par des remaniements qui vont à l’encontre des valeurs dites républicaines et/ou démocratiques. Depuis ces dernières décennies les musulmans de France sont pointés du doigt. Quand on entend à la radio les propos tenus par Philipe Tesson sur les musulmans, on ne peut que se demander : Quand est-ce qu’ils leur interdiront d’aller à la mosquée ?

Qui se rappel de la fameuse citation, que l’on peut considérer comme un vœu humaniste : « Je veux vivre dans un monde où les êtres seront seulement humains, sans autre titre que celui-ci ».

Claude-Henry du Bord disait que la France peine à définir la laïcité, enfin, sa laïcité, car les modèles abondent, celle du Royaume-Uni n’est en aucun cas semblable à celle de l’Hexagone et bien d’autres exemples Européens. Cette laïcité est devenue une sorte de laïcisme, une religion rivale, qui impose ses idéaux au détriment des autres religions, de fait, le serpent se mord la queue. Même Alain de Libera soutient que l’Islam a fait la distinction dans le droit (séparation de la religion de l’Etat). Coluche disait : « croire que la véritable motivation d’un attentat puisse être religieuse c’est comme croire que la vraie motivation des médias est de nous informer ».

Une République bannière et une démocratie d’apparence comme l’explique Aldous Huxley dans Le meilleur des mondes
« L’égalité peut produit, en effet, deux tendances : l’une mène directement les hommes vers l’indépendance et peut les pousser jusqu’à l’Anarchie ; l’autre les conduit par un chemin plus long, plus secret, mais plus sûr, vers la servitude » Alexis de Tocqueville.

Au demeurant, il faut rappeler les propos tenus par le ministre finlandais des Affaires étrangères, Erkki Tuomioja lors d’une conférence de presse en 2015, quant à la stigmatisation de communauté musulmane en Europe, principalement en France, il a déclaré : « Je ne comprends plus rien. Quand on se moque d’un noir c’est du racisme. Quand on se moque d’un juif c’est de l’antisémitisme, quand on se moque même des femmes c’est du sexisme. Et quand on se moque d’un musulman, c’est… la liberté d’expression ! ».

Le politologue Américain et professeur Norman Fiklestein a réagit quant à l’interdiction du voile en disant : « « Lorsque les Européens sont arrivés en Amérique du Nord, ce qu’ils ont déclaré à propos des Amérindiens, c’est qu’ils étaient vraiment barbares, parce qu’ils marchaient tout nus. Les femmes européennes portaient alors trois couches de vêtements. Puis ils sont venus en Amérique du Nord, et ont décrété que les Amérindiens étaient arriérés parce qu’ils marchaient tous nus. Et maintenant, nous marchons tout nus, et nous proclamons musulmans sont arriérés parce qu’ils portent tant de vêtements. Pouvez-vous imaginer quelque chose de plus barbare que cela ? Exclure les femmes qui portent le voile ? »

Il ne s’agit nullement de faire l’apologie du voile, mais de laisser le libre arbitre à tout un chacun de se saper à sa guise. Fondamentalement, beaucoup rejettent l’idée selon laquelle, le voile est intrinsèque à la tradition islamique, mais il existe bien avant, et serait une coutume zoroastrienne.

Dans Sociologie de la fatwa – La femme et les arts comme modèles , Haïdar Ibrahim Ali, il expliquait que ce voile est : « est l’obéissance première du vécu et de la mentalité arabe »

Ce n’est pas par hasard que la question du voile arrive en tête des sujets, ajouta-t-il. Le courant islamiste s’appuie essentiellement sur un hadith, sujet à caution ! Car il émane que d’une seule et unique source, Abou Daoud, celui-ci reconnaît même son manque de fiabilité, vu qu’il s’appuie, comme il le précise, sur un certain Ibn Derrik, qui n’a jamais côtoyé, ni même rencontré Aïcha. Sans pour autant s’étaler sur la date de naissance, de ce rapporteur (Abou Daoud) né en 202 de l’Hegire, soit 192 ans après la mort du prophète. Un bon nombre de penseur tel que Mohammed Chahrour ou Djamal Al-Bana considèrent son apport de hadith comme peu crédible.

Dans cette France qui ne reconnaît plus ses valeurs. Louis-Ferdinand Céline disait : « Cet Etat français judéo-maçonnique constitue bien la plus ignoble escroquerie que l’on puisse rêver »
Somme toute, les femmes de confessions musulmanes ne devraient pas suivre l’exemple d’Antigone courageux, mais dépourvu, malheureusement de malice, en particulier la ruse féminine ! Par contre, suivre celui de Shéhérazade de Les mille et une nuit, lui, serait un bon exemple à méditer !

Aziz Cheboub

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