Triste anniversaire que celui, le 20 mars dernier, des 10 ans de l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis : 2,5 millions d’Irakiens tués entre 1991 et 2013, entre 250.000 et plus d’un million de disparus, et 2,8 millions de personnes déplacées à l’intérieur de l’Irak. Par ailleurs, les destructions systématiques par l’armée américaine d’usines, d’écoles, d’hôpitaux, de musées, de centrales d’énergie et d’installations de purification des eaux continuent de valoir à la capitale, Bagdad, le titre peu glorieux de «ville la moins vivable de la planète».
Immanquablement, cette catastrophe en rappelle une autre, qui avait, en son temps, profondément marqué la conscience des peuples d’Islam : le sac de Bagdad, la capitale de l’empire arabo-musulman, par les armées mongols sous la conduite d’Houlagou Khan, petit-fils de Gengis Khan. C’était le 10 février 1258. Le déclin de la ville la plus peuplée et la plus riche du monde était déjà bien amorcé au moment de la chute. Le siège n’aura ainsi duré que trois semaines, à l’issue desquelles, le calife abbasside al-Musta‘sim, qui avait vainement essayé de négocier, vint en personne donner sa reddition. Houlagou ne s’en est pas contenté : il exigea que les habitants déposent les armes et quittent la ville, leur promettant la vie sauve s’ils acceptaient de se rendre. Al-Musta‘sim n’eut d’autre choix que de se soumettre : les habitants se livrèrent ainsi sans armes aux Mongols qui les passèrent au fil de l’épée. Trois jours plus tard, Houlagou investit la ville et procéda à un nouveau massacre.



























