Manuel Valls et le respect de la souveraineté !

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Le Premier ministre français, Manuel Valls, faisant allusion à l’Union européenne a dit :  » Il faut respecter la France, c’est un grand pays. Je n’accepte pas de leçons de bonne gestion. Je demande à chacun beaucoup de sangfroid, beaucoup de respect, surtout de la part de partenaires européens « .

Légitime réaction, mais sachant la mise sous tutelle des banquiers de la France et à l’oligarchie atlantiste, initiée par Nicolas Sarkozy et confirmée par François Hollande, la phrase est beaucoup plus destinée au petit peuple qu’à exprimer un sursaut de dignité. Le fait est que, désormais, il n’y a pas plus de république qu’il n’y a de démocratie. Les décisions se prennent dans les salons de la ploutocratie et sont dictées à Bruxelles, qui les répercutent sur les Etats.

Et là, il s’agit de l’un des pays donneurs de leçons de  » bonne conduite « . Un pays qui a produit la  » Déclaration des droits de l’homme et du citoyen  » et qui considère, dans sa Constitution, que  » la Souveraineté nationale appartient au peuple… » et que la République est le  » gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».

Principes sur lesquels ses gouvernants fondent, depuis quelques années, leur interventionnisme débridé, sans qu’ils aient, eux-mêmes, le moindre respect pour leur peuple.

L’Algérie, elle, qui n’est pas en position de donner des leçons à qui que ce soit et qui n’a pas fait figurer la chose dans sa politique diplomatique, n’en vit pas moins le syndrome. Même si elle a refusé de faire chorus avec les  » amis des peuples « , sous la bannière de l’OTAN, cela dans un monde où il devient de plus en plus risqué de se distinguer.

Si elle a pu, c’est parce qu’elle tient cette attitude, en tant que survivance, de ce qui s’est produit il y a 60 années. Lorsque le peuple, qui survivait telle une ombre dans son propre pays, a décidé de se libérer de l’oppression et de la tutelle étouffante qu’il subissait. Il a fini par y parvenir. La souveraineté nationale a été conquise dans d’abominables souffrances. Mais, elle commence à être sérieusement malmenée, si elle n’est pas déjà fortement entamée.

Il faut en trouver la raison dans le fait que le peuple, au sens où ce concept implique une mobilisation consciente, n’est plus ce qu’il fut lorsqu’il fallait détruire le colonialisme. Aujourd’hui, ses multiples expressions, du moins celles qui portent assez fort pour se faire entendre et qui s’en prétendent, sont toutes d’accord pour s’aligner sur la nouvelle religion qui domine le monde. Tant pis si les politiques sont élaborées à Wall-Street ou par le FMI, on ne les remet pas en cause, on les négocie, tout au plus. Juste pour que garder ce qui permet un semblant de présence de l’Etat, un semblant de gestion des préoccupations de base des Algériens.

Et il se trouve des voix, de l’intérieur, qui combattent férocement ce reste de souveraineté, plus fort que les inquisiteurs du capitalisme mondial. On ne sait donc pas encore les limites qui sont mises et à quel moment il sera dit :  » il faut respecter l’Algérie  » et que  » les leçons de bonne gestion  » sont les malvenues.

Ahmed Halfaoui

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