Les trouvailles de la presse algérienne; Ciel, le DRS veut faire la peau à Bouteflika !

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Said Radjef

Selon la presse algérienne, le DRS fait tout son possible pour empêcher Bouteflika de se succéder à lui-même, pour un quatrième mandat. Rien que cela ! On nous parle comme si Bouteflika et le DRS n’étaient pas les instruments actifs d’un même système, d’une même oligarchie. Mais ou est donc la différence entre Bouteflika et le bras politique de l’ANP, le DRS ? Y aurait-il une ligne de démarcation entre Bouteflika et l’armée ? A lire la presse algérienne et certains sites, oui !

Cependant, comme à son accoutumée, la presse ne souffle pas un traitre mot sur cette ligne de démarcation qui sépare désormais le président de l’armée. Bouteflika aurait-il failli aux engagements de ceux qui l’ont ramené dans un char ? Aurait-il tourné casaque et compromis du coup les intérêts supérieurs de l’armée ? L’armée aurait-elle trouvé quelqu’un de plus compétent que Bouteflika, pour défendre ses intérêts et assurer la pérennité du pouvoir qu’elle détient depuis le 1er novembre à ce jour ? Qui est donc cet heureux candidat sur lequel l’armée vient de jeter son dévolu ? A moins de 11 mois du scrutin présidentiel, le peuple algérien ignore tout des candidats en lice à cette échéance, du candidat qui va présider aux plus hautes destinées du pays dés avril 2014.

Est ce par amour au peuple que le DRS veut chasser Bouteflika de son poste de président, que le DRS veut ressusciter les aarouchs et d’autres mouvements de protestation ? Le peuple n’a pas demandé le départ de Bouteflika. Faute de visibilité politique et de transparence, le peuple refuse de s’exprimer. Par ailleurs, conscient, le peuple sait qu’il est désarmé : il n’a aucune alternative entre ses mains pour pouvoir exiger le départ de Bouteflika et le départ du système. Le peuple n’a ni de candidat ni de parti politique et encore moins un quelconque Thomas Sankara à proposer en guise de changement au régime en place.

Depuis 90, même si le pays donne l’impression d’être un véritable funérarium dont ont été calcinés les derniers ossements politiques de l’élite algérienne, le peuple a beaucoup muri. Il s’est assagi. Il refuse de s’engager dans des aventures dont il ignore les tenants et les aboutissants. Le peuple veut donner une autre chance aux partis politiques et aux élites pour se refaire de leur inconséquence politique.

Le départ de Bouteflika ne signifie rien. Le départ de Bouteflika ne signifie pas la fin de ce régime occulte, de ce pouvoir sans identité qui a privé la nation d’un Etat. Du reste, pourquoi le DRS voudrait-il faire la peau à un président qui lui a permis de fortifier son pouvoir, à un président qui a éliminé tous les adversaires de l’armée et assurer l’amnistie aux généraux ? A toutes ces questions largement débattues sur les places publiques, par des citoyens anonymes, la presse n’apporte aucune réponse, aucun éclairage.

Les expériences passées ont forgé le caractère du peuple algérien. Désormais, il refuse la violence et l’anarchie comme mode d’expression. Il sait que le temps qui est compté au régime, est son allié. Le peuple veut se reconstruire et reconstruire tous ses repères, son imaginaire collectif et son conscience collective. Il n’a cure des chakhchouka d’une presse qui a les mains jusqu’aux coudes dans l’ignorance et le sang.

Said Radjef

Algerie Network


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