Avec : Pierfrancesco Favino, Filippo Nigro, Marco Giallini
Nationalité : Italien, français
ACAB, où « All Cops are Bastards ”, était un slogan initialement utilisé en Angleterre dans les années 1970 par les skinheads. Rapidement il s’est propagé dans les rues et les stades, propices aux guérillas urbaines. Cobra, Nero et Mazinga sont 3 « flics bâtards » qui, à force d’affronter le mépris quotidien, ont pris l’habitude d’être les cibles de cette violence, reflet d’une société chaotique dictée par la haine. Leur unique but est de rétablir l’ordre et de faire appliquer les lois, même s’il faut utiliser la force…
Sollima choisit ici de laisser s’exprimer flics, fascistes, citoyens lambda. On voit de façon assez cohérente comment s’articule l’idéologie qui pousse les CRS dans une fuite en avant, détestés par ceux qu’ils sont censés protéger, brutalisant des innocents, ayant le sentiment d’être lâchés par un état incapable. Leur rhétorique de droite dure est servie avec beaucoup de justesse. Les policiers se perçoivent comme des héros, des légionnaires modernes ne pouvant « compter que sur leurs frères ». Si le gouvernement est corrompu, ils n’en défendent pas moins une répression de plus en plus dure. La légalité ne compte pas – seul importe ce qu’eux jugent légitime.
VOIR LE FILM INTÉGRAL ICI
https://docs.google.com/file/d/0B9mCrhDb_K-HNEVZSjB0MGgtWUE/edit
Le contexte est actuel, les évènements récents ayant marqué l’évolution de la répression dans la péninsule sont présents, ce qui renforce le réalisme du film: le carnage aveugle perpétré contre des militants pacifiques à l’école Diaz pendant le G8 de Gênes (en 2001, et pour lequel certains hauts responsables viennent tout juste d’être condamnés), la mort d’un ultra suite à un match, puis celle d’un flic. Mais également les violences racistes ayant visé les Tsiganes après une affaire de viol (qui s’est révélée être une manipulation)…
Le propos du film est simple en apparence. On y voit 4 flics italiens dans leurs œuvres, présentées dès le début avec leurs particularités. Il y a Mazinga, le gars en place, confronté à la rébellion adolescente de son fils néofasciste. Cobra (Pierfrancesco Favino, excellent), le plus violent, l’agité. Négro, en plein divorce avec sa femme immigrée cubaine. Et le petit dernier, Costantini, venant des quartiers populaires. Il est à la fois attiré par l’esprit de corps et la violence, et a du mal à assumer son rôle social haïs, extrêmement brutal – physiquement comme moralement, comme lors d’une expulsion d’immeuble.
Si le film évoque dans ce genre de scène la répression des mouvements sociaux effectuée par les celerini, il se concentre plus par la suite sur d’autres formes de violence, reliées à la corruption, à l’extra-légalité des actions, et surtout au racisme omniprésent.
Source Feu de Prairie


























