SAGUENAY – Une substance, qui pourrait être du sang de porc, a été lancée sur la façade de la mosquée de Saguenay samedi soir. L’acte est considéré comme un geste à caractère haineux de nature raciale par la police de Saguenay.
L’événement est survenu en début de soirée, samedi. Selon le lieutenant Denis Harvey, de la police de Saguenay, un responsable de la mosquée, dont on n’a pu obtenir l’identité, aurait alerté les autorités vers 18 h.
«Il disait qu’un ou des suspects avaient lancé contre le mur ce qui serait probablement du sang», a précisé le lieutenant Harvey. Le sang, qui provient d’un animal, ne serait toutefois pas nécessairement celui d’un porc. La façade de la mosquée a été nettoyée. Le lieutenant a indiqué d’emblée que le sang lancé contre la façade ne serait pas analysé.
Toujours selon le lieutenant Harvey, les responsables de la mosquée n’ont pas porté plainte.
Inquiétante missive
Une missive aux propos haineux envers les «islamiques» a également été déposée à la mosquée le soir même où a été commis le geste. Les propos ont été lus intégralement au par le lieutenant Harvey. Il était notamment écrit : «Pourquoi venez-vous dans notre pays, si ce n’est que pour tenter de le changer à l’image du pays que vous avez fui? » La lettre se terminait par une courte phrase qui laisse perplexe. «À suivre…» est-il écrit à la fin du message.
La police de Saguenay a ouvert une enquête, puisque l’acte de vandalisme et les propos tenus dans la lettre constituent des gestes haineux de nature raciale et une incitation publique à la haine.
«On a fait un dossier et il sera envoyé aux enquêteurs dès leur retour demain», a laissé savoir le lieutenant Harvey, dimanche.
Le geste a fait beaucoup réagir sur les réseaux sociaux. Sur son compte Twitter, le ministre responsable des Institutions démocratiques, Bernard Drainville, a dit : «Au Québec, toute forme de violence doit être rejetée. Je condamne vigoureusement ce geste.»
«Déplorable»
Le Journal de Québec a rejoint le président de l’Association islamique de Chicoutimi, Mustapha Elayoubi, qui était à l’extérieur de la ville lors des événements. Avare de commentaires, l’homme précise qu’il ne savait pas exactement ce qui était arrivé. «Un produit a été versé, je ne sais pas c’est quoi, a-t-il commenté. Je ne peux pas répéter», a-t-il ajouté. Il a toutefois fini par avancer «qu’il y a eu un acte haineux à la mosquée.»
Questionné sur la nature du geste, M. Elayoubi s’expliquait mal ce qui s’est passé. «Je trouve ça niaiseux. On n’a pas de problème avec personne dans la région. C’est bizarre», a-t-il dit.
Selon lui, il n’y a aucune raison qu’une telle chose se produise. «Il n’y a pas de problème qui pourrait justifier [le geste]», se désole-t-il en se permettant l’hypothèse d’un geste possiblement isolé. «C’est déplorable», a conclu M. Elayoubi, qui n’était pas en mesure de confirmer si une plainte sera déposée.
Selon le lieutenant Harvey, la mosquée de Chicoutimi est un «lieu très discret, pas nécessairement identifiable».


























