Wikileaks ; la France tente de régler ses comptes avec l’Algérie « en appuyant le Maroc »

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Les révélations de Wikileaks sur le Maghreb ont porté, sans grande surprise, sur les relations mouvementées entre l’Algérie et le Maroc. Elles confirment que le dossier du Sahara Occidental empoisonnent le climat entre les deux pays et entre eux et leur principal partenaire la France.

La position algérienne est clairement exprimée dans le compte-rendu d’une audience (d’une durée de 3 heures 30) accordée en mai 2007 par le président algérien Abdelaziz Bouteflik à Frances Fragos Townsend, la conseillère du président Bush pour les affaires de sécurité, obtenu par Wikileaks et révélé par Le Monde. Les Français, confiera-t-il à une autre occasion, « du fait du poids de leur histoire coloniale au Maghreb, sont incapables de jouer un rôle constructif dans le conflit ». « la France n’a jamais vraiment accepté l’indépendance algérienne ».

Maroc-Algérie, les notes de Wikileaks

la France tente de régler ses comptes avec l’Algérie « en appuyant le Maroc » ajoute-t-il. Le président Bouteflika semble penser que les Etats-Unis sont mieux placés que les Français pour aider dans le conflit . »Si je pouvais résoudre le problème je le ferais, affirme le président algérien. Mais je ne peux pas parler à la place des Sahraouis . » Ce qu’il faut c’est que « le Maroc et le Polisario trouvent une solution, et ils peuvent le faire avec l’aide des Américains. Côté marocain, les choses ne vont guère mieux.

Les proches de Mohamed VI sont persuadés que la solution du dossier du Sahara occidental se trouve non entre les mains du Polisario, mais à Alger.Plus précisement expliquent-ils en juin 2009 au représentant personnel du secrétaire général de l’ONU, Christopher Ross, « entre les mains de généraux dogmatiques, incapables de bouger et « pétrifiés » à l’idée du plan d’autonomie présenté par Rabat. A propos justement de ce plan d’autonomie les notes diplomatiques consignent en fevrier 2008 que le président algérien dénonce « le plan d’autonomie » .

Celui-ci n’offre qu’un semblant d’autonomie. Lors de ce même entretien avec un diplomate américain le président Bouteflika estime qu’ au lieu de faire preuve d’une approche « élégante » en acceptant une indépendance du Sahara occidental qu’ils auraient pu « contrôler » ou « superviser », ils veulent « un Anschluss, comme Saddam Hussein avec le Koweït ». S’ils n’avaient pas été aussi maladroits, les Marocains « auraient pu obtenir ce qu’ils voulaient ».

L’année suivante, en novembre 2009, devant le chef du commandement américain pour l’Afrique (Africom), le général William Ward, le chef de l’Etat algérien revient à la charge. Selon lui, le projet d’autonomie est à rejeter. « Vous ne pouvez pas défendre l’application d’un principe pour la Palestine et un autre principe pour le Sahara occidental », fait valoir le président algérien.

Les choses sont d’autant plus compliquées que le courant ne passe pas avec Mohammed VI. « Il n’est pas ouvert, et manque d’expérience », se plaint-il. Pour M. Bouteflika, aucun dialogue n’est possible entre lui et le roi du Maroc.Et la France dans tout ceci ? Nicolas Sarkozy avait pour sa part mal démarré sa relation avec le Palais.Tout juste élu président de la République, il réserve au Maghreb son premier déplacement hors d’Europe, comme avant lui Jacques Chirac. Cette fois, le premier pays visité ne sera pas le Maroc.

L’Algérie passera avant le royaume chérifien. Paris a beau expliquer à ses interlocuteurs marocains que le roi Mohammed VI a tout à gagner à ce que la visite se termine à Rabat, et qu’ainsi il aura « le dernier mot ». En vain .Les Marocains s’estiment trahis et annulent la visite à Rabat du président français en avançant des « considérations d’agenda, un prétexte vide à la mesure de l’affront subi », peut-on lire dans un télégramme du département d’Etat américain obtenu par WikiLeaks et révélé par Le Monde.

La relation retrouvera cependant son cours normal au point où Rabat conseille amicalement à Sarkozy de leurrer Alger et de faire en sorte « de n’être pas perçu, comme par le passé comme aussi pro-marocain sur le Sahara occidental ».A la diplomatie américaine du président Obama il est « conseillé » en 2009 de ne pas « abandonner ses vrais amis au profit du pétrole » ,le pétrole étant algérien et les « amis » marocains.

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