Ghaza entre la gageure frériste et la férocité sioniste

à lire

Tout semblait aller pour le mieux, pour le Hamas, et un avenir radieux se dessinait, illustré par la jovialité de Khaled Mechaal, lors de son retour triomphal à Ghaza, en Palestine qu’il avait quitté à l’âge de 11 ans. C’était le vendredi 7 décembre 2012. « Du point de vue israélien, Khaled Mechaal joue aujourd’hui un rôle plus positif » a jugé Shlomo Brom, chercheur à l’Institute for National Security Studies (INSS) de Tel Aviv cité par l’AFP. Une quinzaine de jours auparavant, le 21 novembre au Caire, sous la houlette du président égyptien Mohamed Morsi et le parrainage des Etats-Unis, sont signés des accords de cessez-le-feu entre l’entité sioniste et son mouvement.

C’était le temps où l’ascension des Frères musulmans paraissait inéluctable, partout chez les arabes et assimilés, grâce au vent favorable que promettait le dit « printemps arabe ». Un « printemps » où le Hamas avait décidé de se mettre du côté de la « communauté internationale », contre les « dictateurs ». En janvier 2012, il avait rompu son alliance avec la Syrie et son leader Mechaal s’est installé à Doha, dans le giron de l’émir du Qatar. Le 24 février 2012, au Caire, le Premier ministre du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, a donné le ton : « Je salue le peuple héroïque de Syrie qui aspire à la liberté, la démocratie et la réforme » a-t-il dit, dans la mosquée d’Al-Azhar. En ce moment, si tout allait bien, les Frères devaient être assurés d’avoir, enfin, leurs objectifs, ceux qu’ils ont nourris et qui en feraient les maîtres du monde dit arabe.

Donc, rien ne s’opposait plus à ce que le Hamas soit lavé de l’inculpation impérialo-sioniste d’organisation terroriste. En tous les cas c’était ce qui se dessinait. Mais se posait plusieurs questions, la première par les sionistes qui se sont interrogés sur sa capacité à ne pas se laisser déborder par les groupes qui prônent la résistance, les « factions radicales » selon la définition consacrée.
En accompagnement du nouveau visage arboré, l’émir du Qatar, cheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani, avait effectué le 23 octobre une visite officielle, dite historique, dans la bande de Ghaza. Sans égard, notons-le, pour le protocole diplomatique qui aurait voulu que l’émir se rende à Ramallah, en Cisjordanie, chez Mahmoud Abbès, celui qui fait office de président en titre de la Palestine. Des centaines de millions de dollars ont été promis par le pétromonarque, les Frères du Hamas attendent toujours d’en voir le premier billet. Passons.

Il en est surtout que le Hamas a, ce faisant, bouleversé son système d’alliance, pour tenter une gageure qui s’avère perdante, avec l’effondrement des Frères en Egypte, l’échec du « printemps » syrien et la montée d’une concurrence en termes de radicalité islamiste sunnite, sous le label de Daech. Déboires auxquels il faut ajouter les désillusions des masses palestiniennes. Pendant ce temps, les sionistes ont obtenu ce qu’ils ont escompté. L’isolement du mouvement de résistance le plus important, après ses ruptures avec la Syrie et l’Egypte. Alors que dans leur camp, ils sont toujours soutenus, au point d’obtenir la vice-présidence de la Quatrième Commission de l’Assemblée générale chargée, notamment, de….la décolonisation et des réfugiés palestiniens. Reste à espérer que les tirs de roquettes puissent parvenir à arrêter la machine de mort de Benyamin Netanyahu.

Nazim Rochd

- Advertisement -spot_img
- Advertisement -spot_img

Dernières Nouvelles

- Advertisement -spot_img

More Articles Like This

- Advertisement -spot_img