La Tunisie et l’Algérie face aux défis de l’internationale salafiste

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La montée en puissance des salafistes en Tunisie, même si elle est contrée vigoureusement par le gouvernement tunisien, est concomitante à celle des salafistes libyens qui ont désorganisé une autorité très fragile. En Algérie, encouragé sans doute par les exemples tunisiens et libyens, ils tentent de se renforcer, sous couvert de légalité, en déposant une demande d’agrément d’un parti politique et en faisant passer,à travers des relais médiatiques qui leurs sont largement acquis, un message de moralisation, voire de réislamisation de la société.

Pour notre pays et ainsi que le soulignait récemment le premier ministre, M Sellal lors d’un entretien avec le président de l’Assemblée nationale constituante tunisienne (ANC), Mustapha Ben Jaafar, «La Tunisie est un partenaire stratégique de l’Algérie. Sa sécurité dépend de celle de l’Algérie et la sécurité de l’Algérie dépend de celle de la Tunisie». Abdelmalek Sellal a réaffirmé ainsi, avec force, que «l’Algérie accomplira son devoir envers la Tunisie en assurant la sécurité des frontières communes».

Un engagement sans équivoque qui s’explique par une volonté commune de couper la tête de l’Hydre terroriste avant qu’elle n’étende ses tentacules, aidée et encouragée par des pays tiers dont l’objectif est de déstabiliser l’Algérie en créant des pôles de terrorisme à ses frontières, allant même jusqu’à planifier des attaques terroristes pour mettre à genoux l’économie nationale dépendante des hydrocarbures. Forte de son expérience, issue de la lutte sans merci contre le terrorisme, un combat qui ne connait pas de pause, notre pays sait parfaitement qu’Il n’est pas aisé de combattre le terrorisme surtout quand il a de considérables moyens à sa disposition. D’autant qu’il se nourrit des profits liés à l’émigration clandestine, à la contrebande, au crime organisé et au trafic d’armes. Ce qui implique une coordination sécuritaire entre la Tunisie et l’Algérie ainsi que l’instauration d’une stratégie sécuritaire commune à l’échelle maghrébine.

D’autant que L’Algérie occupe une place-pivot à l’échelle régionale et possède une grande expérience en matière de lutte contre le terrorisme ainsi que d’une connaissance approfondie des conflits dans la région du Sahel. C’est pourquoi, et au grand dam de ceux qui n’ont à cœur que de créer la zizanie entre les deux pays, la Tunisie ne craint pas de déclarer, haut et fort, par la voix du président de son assemblée constituante :«Nous comptons sur l’Algérie et nous sommes convaincus qu’elle ne ménagera aucun effort pour renforcer la sécurité régionale et préserver la paix dans la région». Une demande hautement justifiée quand on sait que le courant salafiste djihadiste en Tunisie projette de concrétiser un agenda lié aux desseins de l’organisation d’Al Qaida dans le but d’ « intimider » l’Etat tunisien et ses institutions, et, du même coup, de « déstabiliser » l’Algérie.

Le dérapage sécuritaire qui a prévalu en Tunisie après la chute de Benali, notamment la libération des détenus salafistes, ont constitué un facteur essentiel dans la consolidation du courant religieux extrémiste qui est parvenu à se procurer des armes en Libye, de contrôler les mosquées pour propager son idéologie destructrice et de créer des maquis et des camps d’entrainement militaires dans le massif montagneux du Chaambi, difficile d’accès, à la frontière avec l’ Algérie. Pour ces groupes extrémistes, outre le défi lancé à l’Etat tunisien qu’ils veulent prendre en otage, l’Algérie est désormais l’ennemi stratégique de l’ensemble des courants salafistes, même si pour le moment et conformément aux plans de leurs commanditaires, la Syrie demeure la priorité de la mouvance salafiste internationale.

Faut-il s’étonner donc que le chef du groupe salafiste tunisien Ançar Al-Charia, Seyfeddine Ibn El-Husseïn, dit Abou Ayadh, demande à ses partisans de se tenir prêts à la «grande bataille» contre ceux qui « se drapent derrière l’islam», allusion claire au mouvement islamiste Ennahda. C’est la première fois que le Chef du mouvement Ançar Al-Charia,vétéran de l’Afghanistan, se revendique d’Al-Qaïda, alors que le gouvernement tunisien a toujours nié l’existence d’Al-Qaïda sur son territoire et le leader d’Ennahda, Rached El-Ghannouchi, lui-même, a récemment promis de ramener ces «groupes rebelles» au dialogue et tenter de les convaincre de s’intégrer dans le processus politique. Une tentative vouée par avance à l’échec lorsqu’on sait que ces groupes n’ont aucune maitrise de leur agenda et sont en réalité une internationale de mercenaires agissant sous couvert d’un Islam des origines et dont l’objectif immédiat-en ont-ils seulement conscience ?-la destruction de la Nation arabe, stratégie jamais démentie, d’Israël.

Mourad B

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